OGM (Organismes génétiquement modifiés)
Un OGM (organisme génétiquement modifié) est, selon le ministère de l’Agriculture français, un organisme vivant (végétal, animal, bactérie) dont le patrimoine génétique a été modifié par une technique dite de « génie génétique ».
Il s’agit notamment de semences de plantes cultivées modifiées par l’adjonction d’un gène leur donnant par exemple une meilleure résistance à une maladie, un parasite ou encore au stress hydrique.
Cette technique s’est développée depuis une trentaine d’années : la première tomate OGM fut commercialisée dès 1994 (tomate flavr savr, conçue pour rester ferme plus longtemps). Depuis le début des années 2000, les quatre plantes les plus cultivées en OGM sont le coton, le soja, le maïs, et le colza. Elles représentent la quasi-totalité des terres cultivées en OGM, soit environ 190 millions d’hectares (10 % des surfaces totales cultivées mondiales).
Ce type de culture pose de nombreuses questions :
- des incertitudes sanitaires et environnementales sur le long terme, soulignées par les associations environnementales, les Forums sociaux mondiaux et des syndicats agricoles (Confédération paysanne en France). À l’inverse, les partisans des OGM évoquent la diminution corollaire des pesticides liée aux OGM. Ces derniers auraient donc, selon eux, un rôle écologique.
- Les OGM entraînent, selon leurs détracteurs, une « privatisation du vivant » qui contribuerait à une destruction de l’agriculture traditionnelle. En effet, de nombreux plants d’OGM sont des hybrides qui ne se réensemencent pas. Les agriculteurs, qui gardaient des grains de leur récolte passée pour réensemencer, doivent désormais acheter des plants aux firmes détentrices des brevets, telles que la FTN allemande Bayer (qui a absorbé en 2018 la FTN américaine Monsanto, pionnière dans le domaine des OGM) ou encore la firme pharmaceutique suisse Novartis. Le risque est donc celui d’un appauvrissement, voire d’une disparition programmée de variétés locales.
- la diffusion de ces semences renforce la domination de quelques pays producteurs et notamment des États-Unis (40 % des surfaces mondiales plantées en OGM en 2016). Le Brésil, l’Argentine, l’Inde et le Canada sont les autres grands producteurs.
En France, l’utilisation d’OGM dans un but commercial est interdite ; les cultures expérimentales sont autorisées sous condition d’un accord de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) et du ministère de l’Agriculture. En revanche, la Commission européenne a autorisé en 2023 une nouvelle technique de modification de l'ADN des plantes : les NGT (new genomic/breeding techniques, nouvelles techniques génomiques en français), qui visent à modifier directement le génome, sans laisser aucune trace. D'après l'Autorité européenne de sécurité des aliments, ces techniquent « permettent de modifier l’ADN de manière plus précise et plus rapide que les méthodes de sélection conventionnelle ou les techniques génomiques établies ou mises au point avant 2001 » (EFSA, 2024).
(ST) 2005, entièrement réécrit en septembre 2022 (SB et CB). Dernière mise à jour : septembre 2024.
Référence citée
- EFSA (2024) – Autorité européenne de sécurité des aliments : Nouvelles techniques génomiques, 10 juillet 2024
Pour compléter avec Géoconfluences
- Sylviane Tabarly, « Archive. Risques, incertitudes et précaution : la planète des Organismes génétiquement modifiés (OGM) », Géoconfluences, 2005.
Liens externes
- Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire : « Qu’est-ce qu’un OGM ? »
- Ministère de la transition écologique : « Les organismes génétiquement modifiés ».
- Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire : « Les nouvelles technologies de sélection », 3 janvier 2023.