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Plan Neige

Publié le 22/03/2018

L’expression « Plan Neige » regroupe plusieurs séries de politiques publiques d’aménagement des montagnes françaises dans le but d’y encourager le tourisme hivernal de masse. Les premières décisions sont prises en 1964, et le discours de la Vallouise du président Valéry Giscard d’Estaing en 1977 est souvent considéré comme le coup d’arrêt de cette politique.

S’inscrivant dans la rationalisation de l'aménagement touristique, le Plan Neige prévoyait la construction de 350 000 lits en montagne entre 1971 et 1975 ; 150 000 furent au total réalisés. Il induit donc une profonde rupture avec les démarches ponctuelles et progressives menées dans les stations d'avant la Seconde Guerre mondiale.

Son objectif économique est tout aussi important. Il entend créer une filière de sports d'hiver en France, assurer la renommée internationale des stations alpines renforcée par les Xe Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble (1968) et, enfin, appuyer la constitution d'un secteur économique novateur.

Le bilan en 1977 (vidéo des archives de l'INA)
 

Claude Francillon, journal télévisé du 29 décembre 1977 (3 minutes 32). Avec interviews de Roger Godino et Pierre Schnebelen : « Nos conceptions sont des conceptions parfaitement intégrées, qui s’harmonisent le mieux possible à la montagne ». Plus d'informations sur fresques.ina.fr.

 

Le Plan Neige promeut une doctrine d'aménagement de la montagne qui consacre le modèle des stations intégrées, transférant les modèles d’urbanisme de son époque à des petites communes de montagne. Ses effets territoriaux sont considérables. Au total, 23 stations nouvelles (Tignes, Les Arcs, Avoriaz, Flaine, Super-Dévoluy, Isola 2000…) ont été créées, souvent ex nihilo, et 20 stations préexistantes en ont aussi bénéficié. Le « promoteur aménageur », désigné maître d’œuvre unique de ces stations, joue un rôle-clé. Il assure la création du complexe : maîtrise foncière, équipement et exploitation du domaine skiable, construction des ensembles immobiliers, des commerces, hôtels et services, réalisation des réseaux et équipements collectifs, animation et publicité, gestion de l’accueil par tour-opérateur…

Les opérations reposent sur une forte implication d’acteurs extérieurs aux territoires concernés : entreprises du Bâtiment Travaux, acteurs économiques, acteurs politiques et services de l’État qui animent et contrôlent les projets. Mais elles marginalisent en retour largement les populations locales, les collectivités territoriales concédant l’exclusivité de l’aménagement par cession des terrains, à l’amiable ou par expropriation.

Les critiques à l’égard du Plan Neige, à partir de la fin des années 1970, se sont faites aussi vives que sa réalisation fut rapide. Elles portent en particulier sur ses conséquences environnementales et paysagères de la construction des stations intégrées dans des milieux fragiles de haute montagne.

D’après Daniel Gilbert et Philippe Viguier


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