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Quilombo (Brésil)

Publié le 26/02/2013

Les origines du peuple brésilien sont étroitement liées à la traite des esclaves. Entre le XVIe et le XIXe siècles près de 4 millions d’esclaves africains seraient arrivés au Brésil, or, en 1872, la population esclave y était estimée à 1,5 million ! Ce qui montre la dureté particulière de leur condition (par comparaison, les États-Unis ont reçu environ 400 000 esclaves africains pendant toute la période de la traite atlantique et comptaient, en 1860, plus de 4 millions d’esclaves). Les esclaves débarquaient dans les ports de Rio de Janeiro, Salvador, Recife et São Luis, où ils étaient entassés dans des baraques en attendant d’être vendus.

Des mouvements de rébellion se sont organisés en communautés d’esclaves marrons appelées quilombos. Leurs habitants sont les quilombolas. Le quilombo le plus important, celui de Palmares à l’intérieur de l’État d’Alagoas, fut fondé au XVIIe siècle et devint, avec la figure légendaire de Zumbi (arrêté et exécuté en 1695), le centre de la résistance contre l’esclavage. La traite des esclaves fut interdite en 1850 mais, d'étape en étape, il fallut attendre 1888 pour que l'esclavage soit totalement aboli (lei Aurea). Ainsi, le Brésil aura été l’un des derniers pays au monde à abolir l’esclavage et, au début du XXIe siècle, différentes formes de travail forcé y subsistent encore, surtout dans le monde rural. La Commission pastorale de la terre (CPT) est particulièrement active pour dénoncer ces pratiques d'un autre temps, par ses enquêtes et ses signalements du travail esclave.

Les quilombos sont aujourd'hui, au même titre que les communautés amérindiennes, des interlocuteurs locaux pour la mise en place de politiques environnementales ou de développement.

(dernière mise à jour : juin 2018)