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Urbicide

Publié le 04/04/2017

D'après Bénédicte Tratnjek, le concept d'urbicide a été forgé sur le modèle de « génocide », par Bogdan Bogdanovic, l'ancien marie de Belgrade, architecte et enseignant de profession, pour désigner le « meurtre rituel des villes ». L'urbicide désigne « les violences qui visent la destruction d'une ville non en tant qu'objectif stratégique, mais en tant qu'objectif identitaire » (Tratnjek, 2008). C'est le multiculturalisme et l'entente entre des communautés différentes, propre à certaines villes, qui excite la haine des destructeurs « comme si la ville était l'ennemi parce qu'elle permettait la cohabitation de populations différentes et valorisait le cosmopolitisme » (Chaslin, 1997, cité par Tratnjek, 2008.)

La notion d'urbicide a été réactivée, y compris dans la presse, lors de la flambée de violence provoquée par l'essor de Daech (Organisation de l'État Islamique) au Moyen-Orient et par la répression du régime de Bachar El-Assad en Syrie. C'est le titre d'un éditorial de Marc Semo et Jean-Pierre Perrin dans Libération, le 10 mars 2016, dont le contenu est cependant assez éloigné de son titre. La frénésie destructrice touchant le patrimoine culturel et cultuel de certaines villes contrôlées par Daech, comme Mossoul en Irak, peut être qualifiée d'urbicide (Ingiusto, 2017). 

Pour compléter : 


(JBB) avril 2017