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Le développement durable, approches géographiques

Quelles équités pour l'approvisionnement en eau des populations au Maroc ? L'exemple des fontaines à Marrakech

Publié le 18/10/2011
Auteur(s) : Lise Desvallées, étudiante en master à l'Ecole normale supérieure de Lyon, 2010,
Anne Rivière-Honegger, directrice de recherche CNRS, UMR 5600 Environnement, Ville, Société,
Sylviane Tabarly, professeure agrégée de géographie, ENS de Lyon / Dgesco

À Marrakech, 17% des habitants ne bénéficient pas du réseau d'eau municipal, principalement parce que le coût du branchement au réseau d'eau qui est à leur charge est trop élevé. Ils se trouvent aussi bien dans le centre que dans les périphéries de la ville. Cette situation se retrouve dans d'autres grandes villes marocaines dont la croissance récente et importante a devancé l'extension des réseaux, laissant en-dehors du service public entre 8% à Fez et 38% à Agadir de la population urbaine (graphique ci-dessous). Ces habitants ont recours à d'autres sources d'eau comme des puits, des marchands d'eau ou des fontaines. La particularité du réseau d'eau de Marrakech, comme de quelques autres villes, est qu'il est géré par une régie publique, alors que les autres grandes villes du Maroc ont fait appel à des concessionnaires.

Distribution et systèmes de gestion de l'eau au Maroc

La RADEEMA, la RADEEF, la RAMSA et la RADEM sont en régie publique, les autres sont en régie privée.

Les deux principaux systèmes de gestion de l'eau :

  1. La gestion publique, lorsque l'État, la municipalité conserve la gestion de l'eau, on parle alors de système en régie. C'est le cas à Marrakech, à Fès, à Agadir et à Meknès.
  2. La délégation de service public (gestion déléguée) lorsqu'une personne de droit moral (une mairie, un État) confie la gestion d'un service public dont elle est responsable à un délégataire. La Lyonnaise des eaux à Casablanca (Lydec) et Veolia (Rabat, Tanger, Salé) ont établi des contrats de concession avec les collectivités : elles se chargent des investissements, exploitent le réseau et se rémunèrent auprès des usagers.
  • Recensement général de la population et de l'habitat : www.hcp.ma
  • Régie autonome de l'eau et de l'électricité de Marrakech : www.radeema.ma

Les fontaines desservent les habitants de Marrakech qui n'ont pas l'eau courante à domicile. Contrairement aux branchements individuels, l'eau n'est pas facturée aux utilisateurs mais aux mairies de la ville. Qu'il s'agisse de fontaines anciennes et décorées liées à l'histoire de Marrakech (seqquayat), ou de bornes-fontaines en béton, elles sont 124 à approvisionner 70 932 personnes sur environ un million d'habitants dans la province urbaine de Marrakech (recensement de 2004).

Les fontaines sont progressivement fermées par la régie de la ville, parce qu'elles ne correspondent pas aux objectifs actuels du gouvernement marocain : une distribution de l'eau urbaine tarifée et individuelle. En fermant les fontaines, la régie de la ville de Marrakech applique l'un des axes principaux de la législation sur l'eau de 1995 [2]. Il s'agit d'une refondation importante de la politique marocaine en matière d'utilisation, de protection, de conservation de la ressource en eau. Cette loi a été adoptée dans la perspective d'une pénurie d'eau à l'horizon 2015 et de l'avènement d'une situation de crise : 41% des ressources potentielles mobilisables sont utilisées, principalement par l'agriculture qui consomme neuf dixièmes de l'eau.

La loi pose des principes de gestion de l'eau : sa planification au niveau national ; la création d'agences de bassin sur le modèle des agences françaises, ce qui correspond à une décentralisation de la gestion de l'eau (carte ci-contre) ; la reconnaissance de la valeur économique de l'eau.

Les périmètres des Agences de bassin au Maroc

Pour économiser la ressource et pour financer les infrastructures, le consommateur doit payer l'eau qu'il consomme. Les fontaines, qui sont un mode d'approvisionnement collectif, ne rentrent pas dans ce cadre. Quelles sont les conséquences sociales de ces fermetures ? Une enquête menée à Marrakech en 2010 [3] permet une description des fontaines et de leurs utilisateurs, puis une réflexion sur le réseau d'eau à Marrakech, révélateur du contexte urbain et des politiques de la ville.

Les fontaines dans leurs contextes

La plaine du Haouz où se situe Marrakech s'étend d'est en ouest. Elle est limitée par le Haut-Atlas au sud et par les montagnes des Jbilet au nord (carte ci-dessous). Parcourue par des oueds (réseau de l'oued Tensift) elle est qualifiée par Jean-François Troin de "poche de sécheresse" (2002). La moyenne des précipitations à Marrakech est de 237mm/an (en comparaison, celle de la ville de Marseille est de 554mm/an). Leur répartition annuelle oppose une saison pluvieuse d'octobre à avril - mai, avec des maxima en novembre - décembre et mars - avril, à une sécheresse quasi absolue en été avec des vents desséchants (chergui, sirocco). L'évaporation moyenne annuelle est d'environ 2 300 mm, elle atteint près de 340 mm en juillet - août.

La plaine du Haouz : données climatiques et hydrologiques générales

La plaine du Haouz connait un développement hydro-agricole conséquent : ainsi, le pompage, jadis d'appoint, est devenu structurel à la suite du développement des superficies irriguées de plus de 100% de 1988 à 2008. Il existe actuellement quelques 11 500 stations de pompage dans le Haouz, soit 2,2 par km², et le nombre des stations double pratiquement en quinze ans ! Cette exploitation intensive des eaux souterraines conjuguée aux effets de la sécheresse qui sévit sur la zone depuis les années 1970, a engendré une baisse du niveau de la nappe (graphique ci-dessous à gauche).

La surface libre de la nappe s'établit en moyenne à 30 m sous le niveau du sol, mais se situe entre 5 à 10 m le long de l'oued Tensift et peut descendre jusqu'à 80 m le long du piémont de l'Atlas. Dans les zones où l'eau souterraine fait l'objet d'une exploitation intensive, elle s'établit aux environs de 40  à 50 m.  Les productivités de la nappe sont généralement bonnes : de quelques litres par seconde elles peuvent atteindre par endroit 50 l/s.

Les prélèvements sur la ressource en eau par l'agriculture (irrigation) dominent, mais une large partie est restituée à la nappe.

 

Les premiers aménagements hydrauliques vont de pair avec la fondation de la ville de Marrakech en 1070 après J.-C. Progressivement, les habitants construisent un réseau de conduites souterraines, les khettaras, pour drainer l'eau de la nappe phréatique, ainsi que des canaux de dérivation sur les oueds qui descendent de l'Atlas. Ces travaux font partie d'un vaste et ancien aménagement hydro-agricole de la plaine semi-aride du Haouz qu'ils ont transformée en jardin cultivé (Deverdun, 1959). L'approvisionnement en eau de la ville fait partie de ce complexe.

Les khettaras d'hier à aujourd'hui

Réalisation : L. Desvallées d'après Wilbaux, 2000

Les tracés tiretés sont les khettaras qui traversent les jardins de l'Agdal (partie inférieure en forme de rectangle). En réalité, il s'agit de trous creusés linéairement, bien visibles encore sur l'imagerie Google Earth ci-contre.

 

Les traits pleins correspondent au passage des khettaras en conduite fermée sous la médina (partie supérieure du schéma) qui arrivent jusqu'aux fontaines.

 

Image Google Earth des jardins de l'Agdal

Pour visualiser le site avec Google Earth, le fichier .kmz et ses coordonnées : 31°35'42.66"N / 7°59'5.27"O

Cette khettara est aujourd'hui un terrain vague entre les murs d'enclos de l'oliveraie de l'Agdal (à l'est) et des résidences touristiques du quartier de l'Hermitage (à l'ouest).

Certaines khettaras arrivent jusqu'aux remparts de la ville ancienne, la médina, puis sont canalisées sous terre et amènent l'eau aux fontaines (El Faïz, 2005). Dans l'organisation traditionnelle de la ville de Marrakech, les fontaines sont associées aux lieux centraux. Les canaux sont aujourd'hui tous détruits à l'intérieur de la ville, mais les fontaines les plus grandes existent toujours. Leurs dimensions imposantes témoignent de l'importance de l'accès à l'eau et de leur lien avec le pouvoir et la religion. Construire une fontaine était un signe de puissance et de foi.

L'exemple d'une grande fontaine associée à un complexe religieux

La fontaine de Mouassine a ainsi été bâtie par la dynastie des Saadiens (1562 - 1572). Elle fait partie d'un complexe religieux qui rassemblait une mosquée, des latrines et un hammam. Son fronton est décoré de stuc et de bois ouvragé, et une fine inscription coranique est visible en blanc sur l'un des encorbellements.

Ces fontaines spectaculaires sont conservées pour leur intérêt touristique, elles ne sont pas raccordées au nouveau réseau et ne fonctionnent plus du tout.

Cliché : Lise Desvallées, 2010

L'ancien réseau d'eau approvisionnait aussi des fontaines plus petites. Certaines étaient collectives. Le quartier (derb, groupe de maisons centrées autour d'une rue principale) s'organisait parfois autour d'elles, car le plan des rues semble suivre le tracé des canalisations (Wilbaux, 2002). D'autres étaient privées et apportaient directement l'eau dans les habitations. Il s'agissait alors d'une faveur due au rang du propriétaire ou à ses liens avec les Habous qui géraient l'approvisionnement en eau. Cette institution à caractère religieux a pour fonction, entre autres, de gérer les dons pieux qui lui sont faits et les fontaines en faisaient partie.

La répartition des eaux dans le droit musulman

La répartition des eaux fait l'objet de règles précises. Le droit de l'eau est constitué d'apports successifs où se mêlent le droit musulman et les droits coutumiers. Le droit canonique ou fiqh a ses racines dans le Coran. Il a été définitivement établi à la fin du VIIIe siècle. Le droit coutumier est un mélange de coutumes préislamiques et d'élaborations postérieures au droit musulman. Ce dernier a une visée égalitaire. La libre disposition de l'eau en est le principe fondamental : "Au moyen de l'eau nous avons donné vie à toute chose" Le Coran (Sourate XXI, 30). Foncièrement, l'eau est commune (mubah). "Le fiqh a codifié ce principe en deux points essentiels" précise  Jean-Jacques Pérennès (1993, p. 107) :

  • " le droit de la soif (ou droit de chafa) qui appartient à tous et ménage à chacun la possibilité de se désaltérer et de faire boire ses animaux (…) ;
  • Le droit d'irrigation (ou droit de chirb) qui permet à tous d'employer l'eau à l'arrosage de la terre, des arbres et des plantes". Diverses modalités d'appropriation individuelle de l'eau sont définies selon, par exemple, la localisation sur l'oued. Cela concerne plus des appropriations de l'usage de l'eau que de la ressource elle-même. Des limites d'application sont données : "nécessité de donner le superflu, d'éviter le gaspillage…" (Pérennès, 1993, p. 108).

Le droit coutumier tient compte de la diversité des situations et du niveau de la rareté de l'eau. On observe donc selon les régions des pratiques très variées.

Source : Pérennès J.-J. - L'eau et les hommes au Maghreb. Contribution à une politique de l'eau en Méditerranée, Karthala, 641 p., 1993

Anne Honegger, pour Géoconfluences, 13 octobre 2011

La disparition de ce système s'est faite progressivement, à partir du Protectorat. Durant la tutelle française, de 1912 à 1956 sur le royaume du Maroc (le nord excepté, sous protectorat espagnol), la structure des grandes villes est modifiée. L'urbaniste Prost dessine une ville européenne à côté de la médina, Guéliz, et fait construire une nouvelle voirie, d'abord pour les quartiers occidentaux, puis, à partir de 1929, pour la médina (Jelidi, 2007).

Le contexte urbain actuel est bien différent de cette époque. Marrakech est aujourd'hui une ville d'un million d'habitants qui s'est largement étendue au-delà des limites de la médina et de la ville occidentale. Les fontaines ont suivi cette extension, elles existent aussi bien dans la médina que dans les autres arrondissements de la ville. La ville est confrontée à une extension urbaine informelle (les douars [4]) et à une augmentation de l'habitat insalubre en centre ville (médina et quartier de Sidi Youssef Ben Ali). Elle fait l'objet d'une stratégie d'intervention à l'échelle nationale : l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH [5]).

Les fontaines dans le cadre administratif de la ville de Marrakech

Au niveau administratif et depuis 2003, la ville de Marrakech est une seule entité administrative. Elle était auparavant divisée en cinq arrondissements, ou municipalités (carte infra).

La Médina, au centre correspond à la ville ancienne. L'habitat y est dense et traditionnel. Gueliz, la ville européenne et la Ménara, où se trouvent les jardins et les hôtels à l'Ouest. La limite entre les deux arrondissements ne figure pas sur la carte car elle n'est pas indiquée sur la carte de référence, un plan urbain fourni par l'agence urbaine de Marrakech. Sidi Youssed Ben Ali, un quartier d'anciens douars durcifiés au Sud-Est et Annakhil, le quartier de la Palmeraie où l'habitat est de type rural.

 

Pour pallier les grandes disparités entre ces municipalités, une réforme des collectivités territoriales, en 2002, les a réunies en un unique "Conseil de la Ville". Cette réforme concernait quatorze grandes villes du Maroc dont la population est supérieure à 500 000 habitants. Le conseil élu exerce toutes les responsabilités municipales.

 

Les arrondissements sont maintenus, mais n'ont plus de personnalité juridique, ils gèrent les affaires de proximité, comme le règlement de l'eau des fontaines.

 

La commune urbaine de Mechouar-kasbah, située au Sud de la Médina est une commune indépendante. Ce statut particulier provient du fait qu'elle abrite le palais royal de Marrakech.

 

À ces communes s'ajoutent trois préfectures sous l'autorité d'un gouverneur, celle de Marrakech-menara, celle de Marrakech-medina et celle de Sidi Youssef Ben Ali.

 

La notion de "quartiers", l'échelle inférieure de ce découpage administratif, n'a pas de limites géographiques précises. Il s'agit d'un ensemble de constructions qui présentent une unité architecturale ou sociale. La première étape de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH [5]), une vaste opération menée pour réduire l'habitat insalubre, était de délimiter officiellement ces quartiers.

- Charte communale du Maroc, 2002 http://padmaroc.org/IMG/Charte_communale_fr.pdf

La grande majorité des fontaines actuelles sont de petite taille et elles sont utilisées quotidiennement par la population. Elles se trouvent aussi bien dans les vieux quartiers de la médina que dans les douars raccordés ou non raccordés au réseau de distribution d'eau. L'enquête menée en 2010 sur les populations qui utilisent les fontaines comportait des repérages par GPS et l'utilisation d'un questionnaire [6] concernant le lieu de vie, les modes de consommation et les attentes des utilisateurs des fontaines.

Pour une typologie des fontaines : les contextes sociaux et urbains

1 - La fontaine de Chroub wa Chouf

3 - Au douar de Fekhara

2 - Une fontaine à Tabhirt, quartier des tanneurs

4 - Fontaine de la palmeraie dans le douar de Ben Chekroune

Clichés Lise Desvallées, 2010. Commentaires ci-dessous.

  1. Dans le centre touristique de la vieille ville, les fontaines sont utilisées par les artisans et par les habitants des fondouks [7]. On y trouve la dernière fontaine historique reliée au réseau d'eau. De taille et de décor ressemblant à celle de Mouassine, son élégance lui a valu le nom de "Chroub wa chouf" ("bois et admire"). L'entrée sombre à gauche de l'image mène à un fondouk investi par des habitants pauvres qui s'approvisionnent à la fontaine. Ils y côtoient les artisans de la vieille ville, forgerons, ébénistes, tanneurs qui prennent de l'eau pour laver leurs ateliers.
  2. Le quartier des tanneurs (Tabhirt) est un quartier d'habitat dense, entrecoupé d'ateliers de tanneurs qui pompent l'eau de la nappe phréatique pour leur travail. L'intérêt de ce quartier est qu'il présente un autre type d'habitat précaire que celui des fondouks : autour de la place représentée sur la photographie, au moins trois immeubles habités ne sont pas raccordés au réseau d'eau. Tous leurs habitants prennent l'eau de cette fontaine ainsi que les tanneurs qui travaillent dans une grande tannerie de l'autre côté de la rue. D'après les réponses au questionnaire, cette fontaine a déjà été fermée, puis rouverte suite aux protestations des habitants auprès des autorités, ce qui pose la question des conditions dans lesquelles la voix des habitants est entendue par le Conseil de la Ville et du poids de la société civile dans le maintien des fontaines.
  3. Le douar de Fekhara, un faubourg à l'Est de la médina, est décrit par les habitants de la médina comme un quartier dangereux et insalubre. La photographie montre un exemple de "borne-fontaine", un bloc de béton sans décorations situé entre des habitations et un terrain vague. Deux enfants remplissent des bidons d'eau d'une dizaine de litres, récipients les plus utilisés pour transporter l'eau des fontaines. Les palmiers visibles sur l'image témoignent de la présence ancienne de la palmeraie de Marrakech, aujourd'hui abandonnée, à cet endroit.
  4. Dans le verger de palmiers qui faisait une ceinture verte autour de Marrakech, les constructions progressent à côté des douars anciennement ruraux. Les résidences touristiques (Club Méditerranée, Pierre et Vacances) côtoient des douars comme celui de Ben Chekroune qui a la particularité de n'être relié au réseau que par une fontaine construite en 2009. Elle est adaptée aux pratiques des habitants : un bac large et une margelle permettent de laver le linge et l'espace autour de la fontaine est aménagé pour pouvoir l'étendre. Il s'agit d'un lieu de convivialité, surtout fréquenté par les femmes et les enfants. Auparavant, les trente habitants du douar prenaient de l'eau parfois salée dans un puits mis à disposition par un restaurateur voisin.

Le traitement des questionnaires renseignés dans ces quatre quartiers montre que la quasi-totalité des utilisateurs des fontaines n'ont pas l'eau à domicile et vont quotidiennement chercher de l'eau pour les besoins du ménage, de la cuisine, de l'hygiène. Les hommes, les femmes de tous âges et les enfants s'y côtoient. Pour tous, il s'agit d'une corvée longue et pénible, surtout lors des coupures d'eau de quartier qui imposent de faire un trajet plus long vers la fontaine d'un autre quartier où le réseau d'eau fonctionne.

Quelles sont les intentions des autorités à l'égard de ces fontaines ? Au vu des usages et des pratiques autour de ces points d'approvisionnement en eau, quelles seraient les conséquences sociales de leur abandon ?

Un marqueur des politiques urbaines

D'après la régie des eaux (Régie autonome de distribution d'eau et d'électricité de Marrakech, RADEEMA), la rationalisation du réseau d'eau urbain passe par la fermeture des fontaines. Cela permet d'éviter le gaspillage, une utilisation non régulée de la ressource, les impayés (certaines mairies d'arrondissement règlent irrégulièrement leurs factures) ainsi que d'entraver les branchements pirates sur les conduites d'amenée d'eau aux fontaines qui génèrent d'importantes pertes.

La fermeture d'une fontaine laisse les populations qui l'utilisaient dans l'embarras. Le Conseil de Ville en est conscient mais on peut formuler l'hypothèse que la fermeture des fontaines peut inciter les habitants à quitter les locaux insalubres.

La régie de l'eau de Marrakech, suivant la politique du Conseil de la Ville, prévoit donc de fermer 86 fontaines sur les 124 que compte la ville dans les quartiers reliés au réseau d'eau. Dans les quartiers non reliés au réseau, comme le douar Benchekroune, les fontaines existantes sont maintenues et de nouvelles sont construites.

Les fontaines de Marrakech : répartition, débits, avenir

Conception, réalisation : Lise Desvallées, 2011

La carte ci-dessus à gauche représente l'ensemble des fontaines, leur débit, et les prévisions de la RADEEMA à leur égard : une fermeture pour la majorité d'entre elles.

La carte de droite représente les débits des fontaines de la médina.

Quelles sont les conséquences socio-spatiales de la fermeture des fontaines ? On peut analyser l'exemple, dans la médina, du fondouk Zeitoun. C'est un ancien caravansérail investi par une trentaine de personnes qui habitent dans des baraques contiguës d'une à deux pièces sans branchement au réseau d'eau. Un mois de loyer y coûte environ trente euros.

Jusqu'à 2009, ces habitants prenaient de l'eau pour leurs besoins quotidiens à la fontaine la plus proche. Avec sa fermeture, ils dépendent de l'eau apportée par des camions-citernes pour leurs besoins domestiques et de la charité des commerces voisins pour l'eau potable. L'eau est stockée dans les bidons visibles sur la photographie ci-contre. Ils disent avoir beaucoup de difficultés à obtenir le raccordement du fondouk au réseau d'eau. Un entretien avec le service de gestion des fontaines de la RADEEMA a montré que les autorités sont conscientes de ce problème, mais que ce fondouk est destiné à être détruit pour faire place à des immeubles salubres. Couper l'arrivée d'eau à la fontaine est donc une incitation au départ.

Ce cas de dépendance à l'eau des fontaines n'est pas isolé. Les réponses aux questionnaires montrent qu'en cas de fermeture la plupart des usagers ne savent pas quelle autre source d'eau utiliser, en particulier ceux qui emploient l'eau pour leurs besoins domestiques. Une solution souvent proposée est de faire appel aux autorités pour rouvrir la fontaine, comme cela a eu lieu dans le quartier des tanneurs (voir supra).

Même si on les accuse d'entraîner un gaspillage de l'eau, il y a un véritable besoin des fontaines. Et elles ne représentent qu'une petite partie de la consommation en eau de la ville, loin derrière celle du tourisme.

Stockage d'eau dans le fondouk Zeitoun

Les consommations en eau liées au tourisme sont beaucoup plus importantes que celles des fontaines. L'exemple des terrains de golf est parlant. L'ensemble des fontaines de Marrakech consomme 390 000 m³ d'eau par an. Un golf de 18 trous à Marrakech, autour de 1,3 millions de m³, soit près de quatre fois plus. Ils sont au nombre de trois aujourd'hui, et le Conseil de Ville a donné son autorisation pour la construction de 17 nouveaux terrains. En centre-ville, les riyads, maisons traditionnelles transformées en résidences pour touristes ou acquises par des résidents saisonniers (dont certains sont célèbres), sont de plus en plus équipées de piscines. Dans la palmeraie, le développement de résidences de luxe aussi appelées "riyads" entraine une consommation importante d'eau pour l'arrosage des jardins, les piscines, etc.

Un golf et son environnement : quels prélèvements sur la ressource en eau ?

L'exemple de l'Argan Golf Resort

Source : Prestigia (le promoteur), www.prestigia-morocco.com/.../golf-exception

Le développement des greens (parcours de golf), entre pari économique fondé sur le développement touristique et soutenabilité sociale et environnementale. Ci-dessous, quelques ressources pour un débat autour des points suivants : évaluation des niveaux de prélèvement et comparaisons ; mesure de l'ampleur du phénomène ; acteurs et réactions ; solutions pour une atténuation.

Les impératifs tout-puissants du tourisme et de la modernisation de la cité rendent les autorités peu sensibles au mauvais partage de la ressource en eau et à son accaparement par une partie de la population ou de résidents et touristes étrangers. Cependant, dans un contexte de pauvreté urbaine où il est quasiment impossible d'équiper toute la population avec un système coûteux d'approvisionnement individuel en eau, les fontaines, héritages d'une organisation sociale obsolète, peuvent être une solution durable dans les quartiers où il n'est pas encore envisagé de branchement individuel pour tous.

L'accès à l'eau pour tous : quelles équités ?

Est-il possible de garantir l'accès à l'eau à tous alors que les ressources sont limitées et que leur mobilisation est couteuse ? Le problème se pose au-delà de Marrakech et du Maroc. L'accès à l'eau et à son assainissement est souvent considéré comme un droit humain, indépendant des capacités financières des individus. L'Assemblée générale des Nations Unies reconnaît le droit à l'eau potable comme un droit humain. La Convention des Nations Unies le reconnaît comme un droit de l'enfant. Le Conseil économique et social des Nations unies comme un droit à l'eau indispensable à la dignité humaine [8].

Mais amener et distribuer l'eau en ville est coûteux. Les investissements en eau potable de la RADEEMA s'élevaient à 89 millions d'euros en 2010. Le rendement, qui tient compte des pertes du réseau, n'est que de 74% et les fontaines génèrent des pertes d'eau et représentent un manque à gagner pour la régie car les municipalités qui les financent payent irrégulièrement. Dans le même temps, les ressources en eau diminuent, aussi est-il impératif de réguler la consommation.

À Marrakech, il semble difficile d'interdire l'accès à l'eau des usagers des fontaines sans risquer une importante contestation sociale et des problèmes de santé publique. Les fermetures annoncées des 86 fontaines pourraient être abandonnées à la suite des protestations des utilisateurs, comme cela a été le cas dans le quartier des tanneurs (voir supra).

Comment concilier l'exploitation d'une ressource et sa préservation ? Que faire lorsque cette ressource est à la fois indispensable et fragile ? Comment en assurer une répartition équitable pour l'ensemble de la communauté ? Ces dilemmes sont posés par Garret Hardin dans sa réflexion sur la tragédie des communs ("The Tragédy of the commons", 1968), où il affirme que laisser la gestion de l'eau à l'initiative privée peut conduire à des situations sous-optimales dues à la surexploitation de la ressource" (Larceneux, 2007). Cette théorie a été soumise à de nombreuses controverses menées par les anthropologues, les historiens, les sociologues, les politistes.

Le bien commun : des approches pour alimenter la réflexion

Comment concilier l'exploitation d'une ressource essentielle pour la vie humaine, sa préservation et sa distribution ? Comment en assurer une répartition équitable pour l'ensemble de la communauté ?

Les travaux d'Elinor Ostrom (prix nobel d'économie 2009), situés dans la sphère de la nouvelle économie institutionnelle, ont renouvelé la réflexion sur ces questions dans les années 1990 en particulier à partir de son ouvrage "Governing the commons" (1990). Elle interroge particulièrement le rôle des institutions dans la vie économique. Ses travaux mettent l'accent sur les formes de régulation entre acteurs et portent sur la gestion des "Common Pool resources", c'est à dire les ressources dont l'accès doit être garanti à toute la population. Les notions de self-governance, d'auto-organisation des communautés sont centrales dans ses analyses.

Telle qu'elle est formulée par Elinor Ostrom, l'existence de "common pool resources" suppose l'existence de valeurs partagées, de compréhension commune, d'un haut niveau de confiance dans les autres membres de la communauté, pour pouvoir s'investir sans craindre que les autres ne détournent les efforts communs à leur profit. Elle souligne que l'efficacité de la gestion commune ne dépend pas d'une règle universelle que l'on pourrait appliquer partout. Au contraire, il est nécessaire de passer du temps à comprendre les mécanismes de chaque communauté, à "observer comment les règles institutionnelles affectent le comportement humain" pour élaborer une gestion commune efficace (Bravo et Marinelli, 2008). Elle s'efforce donc de résoudre les tensions inévitables entre l'accès pour tous à la ressource et la préservation de cette ressource.

Comme le résume ce tableau reprenant les définitions de l'économiste Paul Samuelson et le terme d'"exclusion impossible" d'Elinor Ostrom, l'eau est un "bien commun" dans la mesure où il existe une rivalité pour l'accès à l'eau, mais où il est difficile d'exclure ses utilisateurs.

  Exclusion possible Exclusion impossible
(ou très coûteuse)
Rivalité* Biens privés "purs"
Ex : automobile
Biens communs
Ex : l'eau
Non rivalité** Biens mixtes
Ex : émission de télévision
Biens publics purs
Ex : l'air

Selon Elinor Ostrom et Paul Samuelson

 

Aloys Rigaut, biens publics et externalités, 2001

 

* Rivalité : deux ou plusieurs personnes se disputent le bien.

** Non rivalité : un bien peut être consommé simultanément par un ensemble d'individus sans que la quantité et/ou la qualité bénéficiant à un consommateur réduise celle(s) consommée(s) par les autres.

Les travaux d'Olson (1965) qui s'interroge sur la logique de l'action collective trouvent là un écho. Pour lui les individus ayant des intérêts communs agiraient volontairement en vue de les poursuivre. Les systèmes irrigués sont reconnus en cela comme un modèle de réussite de coordination des actions individuelles et du bien commun qui peut amener à parler de conscience commune (Rivière-Honegger, 2008 ; Ghiotti, Rivière-Honegger, 2009).

Emmanuelle Hellier-Renaud précise ainsi qu' "en Europe continentale, la ressource est souvent considérée comme un bien commun (common property)" (Renaud-Hellier, 2007). Elle pose la question du collectif dans la gestion de l'eau "et, ainsi, celle des formes de coordination des actions individuelles" (Ingold, 2008). Poids respectif et articulation du savoir, du pouvoir et de la loi dans l'institution de la société sont ainsi interrogés à diverses échelles du national au local, essentiellement par les historiens de l'économie et du droit, les économistes et les politistes. Pour beaucoup la crise écologique contemporaine pose "avec une acuité et une urgence nouvelles la question de l'agir ensemble" notent Brédif et Christin (2009, p. 5). L'un des textes les plus connus est celui de G. Hardin "The Tragédy of the commons" (1968) lequel porte une théorie : "laisser la gestion de l'eau à l'initiative privée peut conduire à des situations sous-optimales dues à la surexploitation de la ressource" (Larceneux, 2007) qui depuis a été soumise à de nombreuses controverses menées par les anthropologues, les historiens, les sociologues, les politistes. Ces discussions ont amené à reformuler la question de la propriété mais aussi les modalités de l'action collective. L'étude du fonctionnement concret des communs conduits à voir que "dans le gouvernement des communs, se combinent ainsi des règles d'accès et des règles d'usage, des formes d'exclusion et des formes de gouvernance" (Ingold, 2008).

La notion de biens communs a aussi suscité des critiques, des controverses dans sa traduction en français : doit-on parler de biens communs ? De biens publics ? De biens collectifs ? A-t'on le droit de parler de "biens" alors qu'il s'agit de ressources non marchandes ? De même pour la réalité qu'ils désignent : une expérience partagée peut-elle aussi être un bien commun ? (Flahaut, 2008). Il semble que l'intérêt de la notion de bien commun en géographie est à mettre à l'épreuve du terrain, en particulier à propos de l'eau : si la ressource n'appartient à personne, qu'en est-il des infrastructures qui l'amènent au champ, au robinet ? qu'en est-il de la prise en charge de sa qualité (traitement, épuration, protection des captages, etc.).

Ressources bibliographiques : voir infra, la partie ressources

Au Maroc, la gestion des systèmes d'adduction d'eau en ville est couramment assurée par les services publics de l'État (gestion en régie) ou par des entreprises (gestion déléguée) et non par des communautés. Pourtant, il est possible d'imaginer des associations d'utilisateurs, comme c'est le cas dans certains villages. À Marrakech par exemple, elles se chargeraient du nettoyage de la fontaine et peut-être du règlement de tout ou partie de l'eau. La moitié des utilisateurs interrogés dans le cadre de l'enquête se disent prêts à payer l'eau des fontaines pour en éviter la fermeture. Les travaux d'Olson (encadré supra) qui s'interroge sur la logique de l'action collective trouvent là un écho. Pour lui les individus ayant des intérêts communs agiraient volontairement en vue de les poursuivre.

Conclusion

L'approvisionnement en eau en milieu urbain, individuel et tarifé, tel qu'il existe dans les pays développés, est difficile à appliquer partout au Maroc. En cause, la faiblesse des revenus d'une grande partie de la population urbaine et suburbaine. Dans un contexte où la norme est à l'approvisionnement individuel et payant, il existera toujours des barrières qui empêchent le branchement des quartiers les plus pauvres. Cela vaut au-delà de Marrakech, pour l'ensemble des populations pauvres urbaines.

Dans ces conditions, les fontaines ne sont pas le mode d'approvisionnement idéal, mais plutôt le plus adapté à des quartiers pauvres dans un contexte donné. Dans l'attente des effets des projets urbains de grande envergure, comme l'INDH, et d'une implication plus importante de l'État dans l'accès à l'eau des populations pauvres, il paraît important de ne pas les supprimer.

Notes

[1] Lise Desvallées, étudiante en master à l'Ecole normale supérieure de Lyon, 2010,

Anne Rivière-Honegger, directrice de recherche CNRS, UMR 5600 Environnement, Ville, Société

Sylviane Tabarly, responsable éditoriale, professeure agrégée de géographie, ENS de Lyon / Dgesco

Avec tous nos remerciements au professeur Saïd Boujrouf, université de Cadi Ayyad de Marrakech (département de géographie) pour son aide précieuse ainsi qu'à Hassan Baich, étudiant en géographie qui a contribué à la réalisation des enquêtes.

[2] La loi n°10-95 sur l'eau :

[3] D'après un master de recherche "Les fontaines de Marrakech, entre bien commun et marchandisation de l'eau" soutenu à l'ENS de Lyon en 2010, sous la direction d'Anne Honegger, directrice de recherche CNRS.

[4] Le terme de douars est générique pour désigner un village au Maroc. Mais dans le contexte de Marrakech, il s'agit d'une forme d'habitat particulière. Ce sont des constructions sommaires, sans infrastructure ni équipement, on en dénombre 256 qui abritent environ 130 000 personnes. Certains sont anciens et leurs habitants ont gardé une organisation sociale villageoise. C'est pourquoi les géographes spécialistes de la ville, comme Mohammed Sebti, préfèrent ce terme à celui de "bidonville" dans la mesure où, à Marrakech, ces douars ne sont pas nés de l'urbanisation (2009).

[5] L'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) correspond à un ensemble de programmes lancé en 2005 pour lutter contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion au Maroc. L'échelle d'action est celle du quartier en ville et de la commune dans les milieux ruraux. 264 quartiers urbains, dont 19 à Marrakech, et 403 communes rurales parmi les plus pauvres ont été choisis dans ce programme.

[6] 80 personnes on été interrogées dans quatre quartiers de Marrakech.

[7] Les fondouks à Marrakech sont d'anciens caravansérails qui servaient à la fois d'entrepôt, de marché, d'auberge. Le plus souvent de forme carrée, avec un espace central, entouré par une coursive et un à deux étages de chambres, ils ont été investis par des populations pauvres qui y louent des chambres, souvent sans eau ni électricité. Ce phénomène est si répandu que l'économiste Mohammed El-Faïz parle de fondoukisation de la médina (El-Faïz, 2002).

[8] L'Assemblée générale des Nation-Unies : www.un.org/News/fr-press/docs/2010/AG10967.doc.htm ;

Sources et ressources bibliographiques

Ressources générales
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  •  Alexandre O. - "Le territoire dans les stratégies de gestion de l'eau. De l'intégration sectorielle à l'intégration des territoires au Maroc", Géocarrefour, vol. 79/2, 2004, mis en ligne le 25 octobre 2007, http://geocarrefour.revues.org/609
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Ressources autour de la notion de "bien commun"
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  • Brédif H., Christin D. - "La construction du commun dans la prise en charge des problèmes environnementaux : menace ou opportunité pour la démocratie ?", VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement, vol. 9, n°1, 2009. Disponible sur http://vertigo.revues.org/8489
  • Flahaut F. - "Les biens communs vécus, une finalité non utilitaire", Développement durable et territoires, Dossier 10 : Biens communs et propriété, 2008
  • Ghiotti S., & Rivière-Honegger, A. - "Eaux sous "pressions" et développement des territoires périurbains en Méditerranée occidentale (Languedoc-Roussillon). La vigne, le Sphaeromide raymondi et les piscines". Norois, n° 211, p. 37-52, 2009. Disponible surhttp://developpementdurable.revues.org/index5173.html
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  • Orange et Vatteville, 2009, communication du colloque : La gestion démocratique des biens publics, Huitièmes rencontres "Villes-management" (VM8), 15-19 Mars 2008, Marrakech, organisé par la Cidegef et par l'université Mohammed Souissi de Rabat.
  • Ostrom E. - Governing the commons. The evolution of institutions for collective action, Cambridge, Cambridge university press, 298 p., 1990
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Sources de terrain
  • Liste des bornes-fontaines de Marrakech, gérées par le service des grosses consommations de la RADEEMA, actualisée en Mars 2010.
  • Plan urbain de Marrakech, 1996; Echelle 1:10 000

Ressources web

pour Géoconfluences le 18 octobre 2011

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Mise à jour : 18-10-2011

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