Des données à la carte

Publié le 19/01/2006

Prenons l'exemple, concret, du PIB/hab. des États d'Afrique subsaharienne. C'est une donnée très accessible, que l'on retrouve à travers de nombreuses sources.

La nature de la donnée étudiée

Il convient tout d'abord de réfléchir à la nature de la donnée traitée. Que représente le PIB/hab. pour des Etats où l'économie informelle, parfois illégale, représente une part considérable des revenus ?
Par ailleurs, on pourra s'informer sur les possibilités de création de richesses en Afrique subsaharienne : à partir de quels systèmes économiques, de quelles ressources naturelles, de quelles aides ?

La réflexion sur les données

Après avoir classé (trié) les données par ordre croissant ou décroissant, on pourra faire des repérages préliminaires sur la distribution de la série : à quels types de pays appartiennent ceux qui affichent de faibles ou de forts PIB/hab. ?

Le choix du mode de seuillage (discrétisation)

Il s'agit, pour les valeurs d'une variable donnée (ici le PIB/hab.) de répartir les États (individus, objets pour les statisticiens) en classes délimitées par des bornes (seuils). Cette opération de seuillage est appelée discrétisation. Certaines méthodes de discrétisation sont simples à mettre en œuvre, soit manuellement, soit à l'aide d'un logiciel de "cartographie assistée par ordinateur".

Trois méthodes, parmi beaucoup d'autres...



en isoamplitude



en classes d'effectifs égaux

La distribution (répartition) des données

Les trois méthodes utilisées ici (discrétisation en 4 classes) sont :
- par égale étendue ou isoamplitude : l'amplitude totale (différence entre valeur maximum et valeur minimum) est divisée en quatre classes d'ampleur égale,
- par équipopulation (en quantiles, en classes d'effectifs égaux) : chaque classe regroupe le même effectif (ici, le même nombre de pays) et les restes sont répartis.
- par seuils observés, ou seuillage "manuel" : les seuils sont librement fixés (on fait varier le "curseur") au vu de la distribution des valeurs et en fonction des objectifs de la carte.

Quelle méthode choisir ?

La variété des cartes obtenues souligne l'importance du choix de la méthode de discrétisation. Ce choix dépendra des objectifs : que veut-on dire, montrer ? L'accompagnement textuel, le commentaire, doivent être pensés parallèlement à la conception de la carte.

Pour aller plus loin 

Il existe bien d'autres méthodes de seuillage, nous n'avons présenté que les plus facilement utilisables avec des élèves de classes de collège et lycée. D'autres méthodes sont souvent employées, parfois plus sophistiquées. La collaboration avec un enseignant de mathématiques par exemple pourra être utile.
Par exemple, la méthode fondée sur la standardisation consiste à définir une première classe centrée sur la moyenne et d'une amplitude d'une valeur de 1 écart-type. Les autres classes sont ensuite incrémentées selon un pas d'une valeur de 1 écart-type de part et d'autre de cette classe centrale.

Des compléments sont disponibles en ligne, par exemple, parmi de nombreuses ressources :

- Des ressources proposées à partir du Pôle de ressources cartographiques du département de Géographie - Aménagement de l'Université de Toulouse : www.univ-tlse2.fr/geoprdc
- Les explications associées à la prise en main du logiciel Philcarto : http://philgeo.club.fr/Index.html
- Des exemples de cartes à travers la cartothèque de Sciences Po :
www.sciences-po.fr/cartographie/index.html
- Les cours en ligne de Pierre Dumolard, Professeur à l'Institut de géographie alpine, UFR de l'Université Joseph Fourier : http://iga.ujf-grenoble.fr/CoursEnLigne.HTM
- Initiation à la statistique descriptive - La cartographie statistique, par Dominique Laffly, maître de conférences à l'Université de Pau :
www.univ-pau.fr/RECHERCHE/SET/LAFFLY/docs_laffly/cartographie_statistique.pdf

Pour s'entraîner en ligne, Géoclip, un outil de cartographie interactive sur Internet : www.geoclip.fr/fr
Des exemples : www.geoclip.fr/fr/p243_galerie3.htm

Proposition : Sylviane Tabarly

Mise à jour :   19-01-2006

 


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