Savoir faire
Mesures,
normes et transports
Étude
d'un réseau : initiation à l'analyse
topologique et à l'étude des graphes.
Des applications
Recherche
et suivi d'itinéraires, suivi de déplacements
Mesures,
normes et transports
Il peut être
utile de faire le point sur les unités
de mesure le plus souvent employées dans
le monde des déplacements et du transport.
Les capacités
de charge
La capacité de charge d'un moyen
de transport est le poids maximal autorisé
qu'il est habilité à transporter.
Pour les navires, c'est la
capacité cubique intérieure ou
la capacité de transport. On parle de
jauge ou de tonnage, elle est exprimée
en tonneaux. 1 tonneau équivaut à
100 pieds cube ou 2,83 m3.
La capacité peut être totale :
la jauge brute ou tonnage brut (tonneaux de
jauge brute ou tjb) désigne le volume
des espaces fermés du navire à
l'exception du double fond. La capacité
peut être "utile", c'est la
jauge nette (tjn) ou tonnage net qui désigne
le volume de la capacité commerciale
du navire.
On évoque aussi le déplacement
d'un navire qui est le volume d'eau déplacé
par sa carène, rigoureusement égal
à sa masse totale. On distinguera le
déplacement en charge du déplacement
lège. Le port en lourd (tonnes de port
en lourd, tpl) désigne la capacité
de chargement d'un navire, le poids maximum
qu'il peut transporter, incluant équipage,
soutes, vivres, etc.
Pour un véhicule, un avion, la
capacité autorisée désigne
le nombre maximum de passagers, ou le poids
du fret, autorisés à bord compte
tenu de la réglementation.
Les
mesures de la conteneurisation
L'unité de base employée couramment
est l' "Equivalent vingt pieds" (EVP
ou Twenty feet equivalent unit, TEU)
qui est une mesure nominale de capacité
des navires porte-conteneurs, calculée
en nombre de conteneurs de 20 pieds pour la
longueur, 8,6 pieds pour la hauteur, 8 pieds
pour la largeur. Cette norme correspond à
la taille la plus courante des conteneurs. Mais
il existe également des 45 pieds. Et,
de plus en plus, la capacité d'un porte-conteneur
s'évalue en terme de cellules (ou slots)
offertes.
La nécessité de passer le canal
de Panama impose des normes aux navires porte-conteneurs.
Ils ne peuvent alors dépasser 70 000
tpl (tonnes de port en lourd), 32,30 m de large,
274,50 m de long, 12 m de tirant d'eau. Les
navires plus grands (les
porte-conteneurs de 8 000 EVP ont un tirant
d'eau de 15 m) sont
dits Overpanamax ou Post-panamax.
Récemment des navires de 12 000
EVP ont été mis en service (Suezmax)
et les New Post Panamax (NPP) ont une
capacité de 15 000 EVP
La
mesure des flux
Pour mesurer les flux, il faut tenir compte
de la quantité transportée et
de la distance franchie : passagers/km ou tonnes/km.
Lorsque l'on rapporte cette quantité
à une unité de temps on obtient
un débit : megabits/seconde ou bauds/seconde
pour les télécommunications informatiques,
Unité Véhicule Particulier (UVP)/heure
pour le trafic routier, etc. Le "Passager
- kilomètre transporté" (pkt)
est une unité de mesure correspondant
au transport d'un passager sur une distance
d'1 km.
Le nombre de km/avion est la distance moyenne
annuelle parcourue par un aéronef. Il
permet de mesurer l'efficacité d'une
flotte aérienne : il devrait avoir doublé,
en moyenne, sur la période 1995 - 2005.
Le kilomètre passager réalisé
(kpr) est une unité utilisée aussi
en transport aérien pour mesurer le trafic
passager réalisé.
Dans le transport aérien toujours, le
Work Load Unit (WLU) est une unité
qui correspond à un passager ou 0,1 tonne
de fret, ce qui permet de quantifier l’ensemble
du trafic.
Étude
d'un réseau : initiation à l'analyse
topologique et à l'étude des graphes
L'étude
des réseaux de transport peut être
prolongée par la prise en compte des
connaissances mathématiques sur les graphes.
Elle est particulièrement propice à
des travaux en partenariat avec les enseignants
de mathématiques (classes de terminale
"sciences économiques et sociales"),
voir :
www.eduscol.education.fr/index.php?./D0015/Intentions.htm
Pour connaître objectivement et analyser
la structure d'un réseau (sa topologie),
il doit être représenté
sous forme de graphe. On fait remonter la théorie
des graphes au problème dit "des
ponts de Königsberg" résolu
par Leonhard Euler en 1736. Il s'énonçait
ainsi : est-il possible, en partant d'une zone
de la ville, de retourner dans la même
zone en traversant chacun de ses sept ponts
une fois et une seule ? En 1822, le mot "graphe"
est introduit par l'anglais J.J. Sylvester et,
en 1936, paraît un premier livre sur la
théorie des graphes écrit par
D. König.
De nos jours, la théorie des graphes
sert à représenter et à
organiser spatialement des tâches (transports,
tournées de livraison, par exemple mais
tous les modes de communication peuvent être
concernés) de manière optimale.
Un graphe est un ensemble de points (nœuds
ou sommets ) reliés ou non entre eux
par des liens orientés (flèches
pour un graphe dit orienté) ou non orientés
(arêtes ou arcs). Les nœuds sont
à l'origine d'une ou plusieurs lignes
(confluence, bifurcation, carrefour). L'étude
du graphe d'un réseau permet d'en déterminer
les caractéristiques topologiques à
partir de paramètres tels que le nombre
de nœuds (N), de liens (L) et le nombre
de ses composantes connexes (C).
Un graphe est dit complet
lorsque deux sommets quelconques et distincts
sont reliés par une et une seule arête.
Il est dit connexe
si l'on peut relier deux sommets quelconques
du graphe par une suite continue d'arêtes
: ainsi, la connexité indique la possibilité
de se rendre de chaque point du réseau
à tous les autres par une série
de liens. Enfin, la connectivité
reflète la complexité d'un réseau
lorsqu'il offre plusieurs choix pour aller d'un
point à un autre.
Les indices de connectivité
permettent d'évaluer les
possibilités alternatives d'atteindre
les divers sommets d'un réseau. Ils facilitent
les comparaisons entre les réseaux et
donnent une idée du degré d'achèvement
d'un réseau ou des possibilités
qui demeurent pour l'étoffer.
Plusieurs indices peuvent être proposés
parmi lesquels :
- L'indice ß (bêta) = L/N exprime
la complexité d'un réseau, qui
s'élève avec le nombre de liens
pour un nombre donné de nœuds.
- L'indice g (gamma) est une version standardisée
de l'indice précédent, avec une
valeur comprise entre 0 et 1. Il exprime le
rapport entre le nombre de liens observé
et le nombre maximal de liens possibles. Dans
le cas d'un graphe planaire, le nombre maximal
de lien est égal à 3(N-2), ce
qui donne la formule suivante : g (gamma) =
L/[3(N-2)]
- Le nombre cyclomatique µ = L-N+C. Il
est nul pour un territoire desservi par une
série de voies de pénétration
sans lien entre elles, il est élevé
pour un réseau fortement maillé.
- L'indice a (alpha) est une version standardisée
de µ, avec une valeur comprise entre 0
et 1. Cet indice exprime le rapport entre le
nombre observé de circuits indépendants
et sa valeur maximale. Dans le cas d'un graphe
planaire, le nombre maximal de circuits est
égal à (2N-5), ce qui donne la
formule suivante :
a = (L-N+C)/(2N-5)
Plusieurs autres indices
prennent en compte la surface du territoire
(S), la longueur du réseau (l) et le
trafic (T) calculé d'après le
tonnage de marchandises ou le nombre de passagers.
La densité du réseau est calculée
classiquement par la formule l/S ou par le rapport
N/S.
L'indice e (eta) = l/L donne la longueur moyenne
des liens (par exemple, de diverses lignes d'une
compagnie aérienne).
L'indice i (iota) = T/l exprime le nombre moyen
d'unités de trafic (voyageurs ou marchandises)
transportées par km.
Les indicateurs locaux de position
permettent de mesurer la centralité ou
l'accessibilité des différents
sommets à l'intérieur d'un graphe.
Par exemple :
- La centralité de degré (CD)
correspond au nombre de liaisons directes qui
partent d'un sommet. Elle correspond en géographie
à la notion de carrefour.
- La centralité d'éloignement
moyen (CE) correspond à la
distance moyenne entre un sommet et l'ensemble
des autres sommets. Le calcul de cette mesure
de centralité implique la construction
d'une matrice de distances de plus court chemin
à l'intérieur du graphe.
D'après :
- Maurice Wolkdwitsch - Géographie
des transports : aménagement et environnement
- A. Colin - 1992
- François Plassard - Les réseaux
de transport et de communication in Encyclopédie
de Géographie, Economica - 1992.
- le cours de Claude Grasland - Université
Paris VII / UFR GHSS, année 2000-2001
- Analyse spatiale et modélisation
des phénomènes géographiques
:
www.grasland.cicrp.jussieu.fr/grasland/go303/ch2/doc_ch2.htm
- les pages du département de Géographie
de l'Université Laval (Québec,
Canada) > Méthodes d'analyse spatiale,
analyse de réseaux : www.ggr.ulaval.ca/Cours/ggr-13470/htm/Semaine09.htm
- Pour compléter, en mathématiques,
la théorie des graphes (analyse mathématique
des réseaux) à travers le programme
de classe terminale de la série ES :
www.eduscol.education.fr/index.php?./D0015/Intentions.htm
Application
à l'étude topologique d'exemples
concrets de réseaux
L'analyse topologique
fondée sur des données objectives
permet de comparer les réseaux de divers
territoires. Elle permet aussi de comparer des
réseaux à diverses périodes
de leur évolution et de réaliser
des simulations.
Il s'agit ici de prendre des exemples simples
pour comprendre les démarches. On pourra
prendre l'exemple de réseaux de métros
lorsqu'ils ne sont pas trop complexes. On peut
aussi utiliser les réseaux de tramway,
les liaisons ferroviaires à grande vitesse,
par exemple. Les exemples
dépendent de l'échelle
des territoires que l'on se propose d'étudier.
Lorsque les réseaux deviennent plus complexes,
les traitements de l'information et les calculs
doivent être informatisés.
Métros
: des exemples de réseaux (Athènes,
Lyon, Le Caire et Tunis)
Remarque : les
réseaux représentés ci-dessous
ne tiennent pas compte de toute l'offre de transport
en commun en sites propres (TCSP) des villes
concernées qui peut également
comporter des lignes de tramways par exemple.
Source :
UrbanRail.Net - www.urbanrail.net
Avec l'aimable autorisation de Robert Schwandl
Verlag - www.robert-schwandl.de
Calculs d'indices de connectivité
| |
L |
N |
C |
µ
L-N+C |
ß
(Bêta)
L/N |
g (Gamma)
L/[3(N-2)] |
a (Alpha)
(L-N+C)/(2N-5) |
| Lyon (sans le réseau de tramway) |
13 |
13 |
1 |
1 |
1 |
0,39 |
0,05 |
Le Caire avant
l'extension de réseau |
6 |
6 |
1 |
1 |
1 |
0,5 |
0,14 |
| Le Caire après l'extension de réseau
|
13 |
10 |
1 |
4 |
1,3 |
0,54 |
0,27 |
Rappel : N =
nombre de nœuds ; L = nombre de liens ;
C = nombre de ses composantes connexes.
Des données complémentaires (longueurs
totales des réseaux, flux, superficies)
sont nécessaires pour calculer les indices
eta et iota.
Exemples de réseaux en ligne
- les métros du monde : www.urbanrail.net/index.htm
- ou par les "Panoramas des marchés"
> Liens utiles du site Interex : www.interex.fr
- ou par www.subwaynavigator.com/subway_site/eng/accueil/fset_subway.htm
Au sujet des mobilités dans les
grandes villes d'Égypte, Le
Caire plus particulièrement, on pourra
consulter différents documents à
partir de :
- Conduites urbaines et risques routiers - France
- Égypte : http://conduites-urbaines.ens-lsh.fr
- L'observatoire urbain du Caire contemporain
(OUCC) : www.cedej.org.eg/rubrique.php3?id_rubrique=35
Accessible à partir de : www.cedej.org.eg
Sélection
et mise en page web : Sylviane Tabarly

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