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Amazonie brésilienne (légale)

Publié le 26/02/2013

L'Amazonie brésilienne, ou Amazonie légale, est un territoire délimité en 1953 pour déterminer les régions éligibles aux aides de développement programmées pour l'Amazonie. Elle comprend les États correspondant à la région Nord (Acre, Amapá, Amazonas, Pará, Rondônia et Roraima), et les États du Mato Grosso au nord du 16e parallèle, du Goias au nord du 13e parallèle et du Maranhão à l’ouest du 44e méridien. Ce territoire couvre 500 millions d'ha (soit 5 millions de km²) dont 330 millions sont forestiers.
Face aux critiques internationales sur la gestion de l'Amazonie et sur le rythme de sa déforestation, le président Lula rappelait qu'en 2008 l'Amazonie brésilienne conservait encore 66% de sa superficie originelle. Globalement, les aires protégées (unités de conservation et réserves indiennes) et les parcelles allouées aux petits propriétaires dans le cadre de la réforme agraire couvrent près de 40% de l'Amazonie brésilienne en 2009. Les terres indiennes occupent en Amazonie légale une superficie de 97 millions d'ha (deux fois la superficie de la France). Le statut des 60% restant est flou et l'appropriation des terres y est largement soumise aux lois du plus fort ou de la corruption, en l'absence d'un cadastre digne de ce nom.
Les questions environnementales relatives à la forêt amazonienne ne porte pas tant sur son rôle, en fait assez ambivalent, de "poumon de la planète", que sur la réduction de ses réservoirs de biodiversité et sur les incendies qu'elle subit, pour mise en pâturages ou en culture. Ces derniers seraient responsables des 3/4 de l'émission annuelle de CO2 par le Brésil (environ 1 milliard de tonnes). Par ailleurs, 60 à 80% du bois exporté le serait de manière plus ou moins illégale. Le président Lula a lancé, le 8 mai 2008, le Programme Amazonie durable (PAS) pour offrir un nouveau modèle de développement à la région. Ce programme prévoit de nouveaux critères pour l'occupation et l'appropriation des terres, des amendes renforcées pour irrégularités dans l'exploitation de la forêt. Le Brésil s'est aussi doté d'un "Fonds amazonien" destiné à l'investissement pour la préservation de la forêt.
Mais ces engagements ne sont pas sans contradictions et sans limites. Les capacités réelles de surveillance et de contrainte sur un territoire aussi vaste sont réduites. Et les objectifs, légitimes, de développement du pays doivent aussi être pris en considération. Ainsi les programmes de planification pluriannuels Avança Brasil 2000-2003 lancé par le gouvernement Cardoso ainsi que "Brasil para todos" du gouvernement Lula visent à "l'intégration nationale" par la construction massive d'infrastructures de transport et de communications (ports, routes, aménagement des cours d'eau). En Amazonie, le corollaire au désenclavement qui facilite l'accès et l'exploitation de zones auparavant "vierges" est la déforestation. Le bitumage de la Transamazonienne – voie dont la construction a commencé sous la présidence du Général Médici (1969-1974), qui doit relier le Pérou à l'Atlantique et traverser la forêt brésilienne d'est en ouest, en longeant l'Amazone par le sud – lancé par le programme Avança Brasil est un exemple des dynamiques de colonisation et de déforestation engendrées par la construction de routes.
L'accès aux techniques d'observation et de surveillance par satellite de la forêt amazonienne permet désormais d'assurer un suivi plus précis des réalités de la déforestation. C'est ainsi que l'Institut national de recherches spatiales (INPE) peut mesurer la déforestation en utilisant les 229 images Landsat qui couvrent les régions de forêt primaire. Le rythme de cette déforestation, qui ne tient pas compte des coupes sélectives d'arbres, est en large partie corrélé aux cours des matières premières telles que le soja ou la canne à sucre destinée à produire de l'éthanol. L'opinion publique, brésilienne ou internationale et les ONG se sont emparées du débat de longue date et neuf ONG ont élaboré un Pacte pour la valorisation de l'Amazonie au nom de la préservation de la biodiversité et des objectifs internationaux en matière climatique. Sous leur pression et malgré leur caractère assez exogène et une implantation réelle assez limitée dans les sociétés amazoniennes, le Brésil du président Lula cherche à faire bonne figure pour mériter la place qu'il revendique dans le "concert des nations".

Pour prolonger :
- Les dynamiques des fronts pionniers amazoniens (Marie-Françoise Fleury)
- Identifier et analyser les marqueurs spatiaux des fronts pionniers brésiliens  (P. Gautreau, S. Tabarly)