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Croissance économique

Publié le 18/10/2018

La croissance économique, souvent abrégée, à tort, en croissance tout court, est l'augmentation du produit intérieur brut (PIB) d'un espace dans le temps.

Alors que la pertinence du produit intérieur brut est contestée depuis très longtemps pour rendre compte du progrès humain, la croissance économique est parfois encore considérée comme un objectif désirable en soi, et non comme un simple indicateur économique.

En effet, les corolaires positifs de la croissance sont bien connus : la croissance va de pair avec un accroissement de la production, une plus grande offre d'emploi entraînant une consommation accrue qui elle-même stimule la production, ce cercle vertueux abondant à chaque étape les recettes publiques via la fiscalité, et permettant de financer les politiques sociales, de santé, d'éducation. Dans ce cas, la croissance conduit au développement économique et humain. La croissance a également un rôle performatif : elle rassure les investisseurs et les incite à injecter des liquidités dans le système.

Lorsqu'elle s'accompagne de l'essor du marché intérieur, du développement d'une classe moyenne, et de la mise en capacité d'un État de mettre ces deux mouvements au service de sa puissance (dure ou douce, régionale ou mondiale), on peut parler d'émergence.

Pourtant, cette mécanique est loin de s'appliquer à tous les espaces concernés par la croissance économique. L'écart entre développement  humain et croissance économique a été maintes fois souligné : s'il est difficile d'imaginer un développement sans croissance, il existe de nombreux cas de croissance sans développement. La croissance peut se faire avec peu d'emplois (activités extractives), la fiscalité peut ne pas fonctionner pour diverses raisons (évasion, dumping, « optimisation » fiscale, corruption...), et la redistribution des fruits de la croissance économique n'aura pas lieu.

La croissance économique peut donc s'accompagner d'une aggravation des écarts de richesse, mesurée par exemple par le coefficient de Gini. La pauvreté en devient alors d'autant plus insupportable qu'elle est toujours un phénomène subjectif et relatif : les pauvres se sentent donc (et sont réellement) plus pauvres, lorsque l'écart se creuse avec les plus riches.

La croissance économique s'accompagne d'externalités négatives qu'il faut toujours prendre en compte lorsqu'on l'utilise comme indicateur de développement. Parmi celles-ci, les conséquences environnementales sont les plus évidentes. La croissance économique, jusqu'à aujourd'hui, a toujours eu pour corollaire l'augmentation des rejets de GES, la production de déchets supplémentaires, et une consommation  accrue d'énergies fossiles et de ressources. Le projet politique visant à instaurer un développement durable prônait la prise en compte des dimensions environnementale et sociale dans tous les projets de développement. Il est souvent resté lettre morte, en tout cas aux autres échelles que locale. Par ailleurs, l'idée d'une croissance verte, qui permettrait une croissance économique et un développement humain basés sur les secteurs de la transition énergétique et agricole, la gestion durable des ressources et des déchets, n'a pour l'instant pas d'application à vaste échelle, voire se résume à un simple verdissement de la croissance économique.

(JBB) octobre 2018