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Écologie profonde (deep ecology)

Publié le 09/07/2020
Auteur(s) : Imane Nya

L’écologie profonde est un mouvement qui prône l’instauration de changements radicaux et un basculement vers un nouveau paradigme dans le rapport des sociétés à leurs environnements, en opposition avec le modèle dominant. Elle appelle ainsi à la rupture avec la relation d’instrumentalisation de la nature et à la reconstruction du lien social en intégrant des valeurs telles que la solidarité, l’équité, l’égalitarisme, la symbiose. Son nom français est une transposition de l’anglais deep ecology. D’autres traductions possibles auraient été « écologie radicale » ou « intégrale » (→ voir l’entrée « écologie intégrale »).

Dans un cadre de crises à multiples facettes (environnementales, sociales et culturelles), l’écologie profonde prône la diversité et des modes de vie communautaires et personnels  (Devall, 2001) et met l’accent sur la nécessité de renouement avec d’autres cultures.

Elle est d’abord une réponse à ce que ses tenants appellent l’écologie superficielle, qui se focalise sur la lutte contre la pollution et l’épuisement des ressources. Cette approche considère que la compatibilité entre les motivations économiques et environnementales et le recours à la technologie sont à même de résoudre les questions environnementales.

Les promoteurs de l’écologie profonde exigent l’adoption de mesures plus radicales. Arne Næss, l’un des principaux fondateurs du mouvement, et d’autres auteurs tels Bill Devall et Gorges Sessions, s’opposent à une écologie qu’ils estiment anthropocentrique et utilitariste, et à ses réformes insuffisantes, ponctuelles et limitées à des remèdes superficiels (Næss, 1973).

L’écologie profonde a fait l’objet d’oppositions. Ainsi, Luc Ferry (1992) a sévèrement critiqué ce courant et notamment les travaux d’Arne Næss (1973). Pour cet auteur, le courant de l’écologie profonde représente une « idéologie totalitaire », en opposition avec la modernité (Flipo, 2010). Luc Ferry considère que dans le cadre de l’écologie profonde, l’homme est dévalué au profit d’autres êtres (pour lui, la préférence pour la nature se fait au détriment d’un sacrifice de celui-ci). Il va encore plus loin, la considérant comme une forme de fanatisme (ibid.).  D’autres critiques présentent l’écologie profonde comme un mouvement utopique, difficilement applicable et aux contours flous (Van Parijs, 1990) ou encore comme un « retour du religieux » et un « retour en arrière ».

Pour les auteurs qui s’en revendiquent, l’écologie profonde permet au contraire de mettre en évidence les causes des souffrances écologiques et sociales, en prenant en compte les aspects sociaux, culturels, environnementaux.  Ce faisant elle ouvre une pluralité de choix pour le devenir des sociétés et leurs rapports à l’environnement, permettant de dépasser l’imposition d’un seul et unique modèle.

 

Imane NYA
Doctorante à la faculté des sciences économiques, juridiques, sociales Souissi, Rabat, Maroc.

 


Références citées
Pour compléter

 

 

 

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