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Lotissement

Publié le 30/09/2015

Bien qu’il soit couramment employé, le mot « lotissement » et les notions qu’il recouvre restent particulièrement ambigus.
Dans le langage commun, il signifie le plus souvent un quartier uniforme et monotone en bordure de ville, constitué d’un habitat individuel pavillonnaire construit au XXe siècle, et qui a fait l’objet d’une conception et d’une réalisation limitées dans le temps. Il s'adresse à des classes sociales aux revenus modestes et moyens, en accord avec le niveau de l’ambition architecturale. En revanche, dans les travaux savants, il peut avoir des sens très différents selon les disciplines qui le convoquent, qu’il s’agisse de la définition du mot (qu’est-ce que lotir ?), de sa chronologie (à quand remonte la technique du lotissement ?), et des différentes formes qu’il prend (comment lotit-on et quelles en sont les conséquences formelles ?).

Lotir désigne l’acte de diviser et d’urbaniser un terrain d’une échelle relativement importante (plus de 2 parcelles en moins de 10 ans précise le code de l’urbanisme, art. R-315-2) appartenant à un seul propriétaire foncier. Il comprend une dimension collective qui exclut l’acte individuel d’occupation d’une parcelle. Le lotissement, à caractère souvent privé et s’appliquant sur le terrain d’un seul propriétaire, doit être clairement distingué d’un plan d’alignement et d’extension de ville ou d’agglomération, qui émane en général de collectivités publiques et concerne une multitude de propriétaires fonciers.
Dans cette acception large, le lotissement désigne un des processus fondamentaux de la fabrication des villes et de l’urbain en général, et cela sans doute depuis les toutes premières agglomérations. Une caractéristique essentielle du lotissement, c'est la très grande diversité du degré de planification, qui engendre donc une très grande diversité des solutions formelles. Les formes urbaines du lotissement sont extrêmement diverses : des plus planifiés, résultat de la projection d’un objet urbain fini dont les trois composants, viaire, parcellaire et bâti, sont imposés au même moment et en général réalisés dans un durée limitée, aux moins planifiés, ceux dont seul le réseau viaire est pensé, et qui se structurent ensuite très progressivement sur le temps long. Entre ces deux extrêmes, que l'on pourrait nommer à la suite de l'archéologue J-C Ezéchiel, lotissements « a maxima » et « a minima », tous les cas de figure existent.

Définition : Anne-Sophie  CLÉMENÇON,
historienne de l’architecture et des formes urbaines,
chargée de recherche au CNRS, Université de Lyon, UMR CNRS 5600 Environnement Ville Société, à l’ENS de Lyon.

Pour compléter :
A.-S. Clémençon, « Du peu planifié au tout planifié : une typologie du lotissement », chapitre d’ouvrage dans Archives et Architecture. Mélanges en mémoire de François-Régis Cottin, Études réunies et éditées par Gérard Bruyère et Daniel Régnier‑Roux, Lyon, Société d'Histoire de Lyon, 2015.

Mise à jour : septembre 2015