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Résilience

Publié le 13/12/2012

Les origines de la notion sont principalement liées à la physique, à la psychologie et à l’écologie. Quel que soit son champ d'application, la notion est née de l'analyse systémique. Pour les écologues, la résilience exprime, d'une part, la capacité de récupération ou de régénération d'un organisme ou d'une population, et, d'autre part, l'aptitude d'un écosystème à se reconstituer à la suite d'une perturbation (la reconstitution d'une forêt après un incendie, par exemple).
Dans le cadre de l'analyse socio-spatiale, la résilience désigne la capacité d’un système à assimiler, voire à tirer profit, d’une perturbation extérieure. Dans ce cas, il s'agit de capacités d'adaptation, plus que de retour à un état initial, telles qu'elles permettront au système socio-spatial de fonctionner après un désastre, en présence d'un stress continu ou plus couramment d'une bifurcation géopolitique, économique, environnementale.
La notion de résilience ne fait toutefois pas consensus. Promue depuis le début de ce siècle par les institutions internationales, comme l’UNISDR (United Nations International Strategy for Disaster Reduction) ou la Banque mondiale. la notion est contestée par nombre de chercheurs, qui peuvent y voir des tentatives de manipulation idéologique d’inspiration néolibérale.

L’UNISDR définit la résilience comme « la capacité d’un système, une communauté ou une société exposée aux risques, de résister, d’absorber, d’accueillir et de corriger les effets d’un danger (...), notamment par la préservation et la restauration de ses structures essentielles et de ses fonctions de base ». Dans cette définition, la résilience reconnaît les limites de la résistance, et essaie de les dépasser. La résistance cherche, par des travaux de correction, comme un paravalanche ou une digue, « à s’opposer à l’aléa », tandis que la résilience « vise à en réduire au maximum les impacts ». La résistance prétend éliminer les risques en éliminant les aléas, la résilience admet que ce n’est pas possible. On doit vivre avec l’impossibilité d’éliminer les dommages, tout en essayant de les limiter. De ce fait, la résilience reconnaît que le dommage n’est plus lié à une relation entre deux facteurs, comme entre aléa et vulnérabilité, mais à un ensemble de facteurs en interaction, à un système.
Les chercheurs de Resilience Alliance définissent, quant à eux, la résilience comme la capacité des systèmes à conserver leurs structures fondamentales en cas de perturbation.


Voir :
- Patrick Pigeon, Notion à la une : résilience, 2014
- Christopher Gomez, Franck Lavigne, Raphaël Paris et Sylviane Tabarly : Séisme et tsunami à Sumatra, 2004 - 2010 : de la catastrophe environnementale et humaine à la reconstruction, 2010
- et pour la résilience d'un système urbain, Joël Querci & Sébastien Oliveau, « Le système urbain indien : une construction ancienne en changement rapide », 2015.

Mise à jour : avril 2015