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Thermalisme

Publié le 13/03/2013

Lorsque la mobilité de santé prend de l'ampleur, à partir du XVIIIe siècle, et plus encore à partir du XIXe siècle, le thermalisme en est l’élément majeur. De manière générale, le développement important que connurent les stations thermales à partir de cette époque est à mettre en relation avec l’idéologie anti-urbaine qui était alors véhiculée. Plus précisément, l’environnement urbain était alors présenté comme un espace pollué, voire même englué dans ses miasmes, concentrant des masses démographiques importantes et réunissant des classes sociales très hétérogènes. Les citadins des classes sociales favorisées étaient alors demandeurs de lieux qui puissent constituer une sorte d’échappatoire à ce mal-être urbain. Ces stations thermales répondaient à la fois à un besoin de régénération mais aussi à une recherche de neutralité sociale, à un besoin de prise de distance vis-à-vis de la mixité sociale qui caractérise l’espace urbain (recherche de l’entre-soi). Ces lieux de cure permettaient donc à de petits groupes de privilégiés de parvenir à un mieux-être physique, psychologique et aussi social, car c’était là également des lieux de socialisation et de mise en scène de sa position sociale (Gesler, 1998). Il était donc de bon ton, pour les classes sociales favorisées, d’aller "prendre les eaux" dans les stations thermales, comme celle de Baden-Baden par exemple. Mais le succès de ces lieux et leur passage au statut de lieux touristiques tint à l’afflux des bien portants et au développement d’une vie mondaine dégagée des impératifs médicaux (Équipe MIT, 2005).

Au tournant des années 1980, le thermalisme a beaucoup souffert de la concurrence d'autres lieux de détente et de ressourcement fondés sur l'élément aquatique : thalassotérapie, SPA ou tourisme balnéaire tout simplement. Le thermalisme comme cure de santé a pâti également des désengagements des systèmes de prise en charge (sécurité sociale, mutuelles). De nombreuses stations ont disparu ou sont en léthargie. Ainsi, par exemple, dans certaines vallées des Pyrénées, spécialisées dans le thermalisme, certaines stations sont sinistrées,véritables friches du thermalisme.

Mais d'autres lieux ont su s'adapter en diversifiant leur offre, comme Evian ou Vichy qui sont davantage que des stations thermales et sont devenues des villes. On assiste en effet aujourd'hui à un renouveau du thermalisme qui a su évoluer en conjuguant tourisme, santé et bien-être pour proposer, parallèlement à la classique rhumatologie, de la remise en forme médicalisée et de nouvelles cures en phase avec les problèmes des sociétés contemporaines : stress, obésité, divers troubles musculo- squelettiques, etc. En 2010, pour la première fois depuis quinze ans, les 104 stations thermales françaises ont connu une légère hausse de leur fréquentation (+ 3% par rapport à 2009) avec environ 500 000 curistes.

Pour prolonger, pour compléter
- Se déplacer pour se faire soigner : une mobilité en expansion, généralement appelée "tourisme médical" (Virginie Chasles)

Mise à jour : janvier 2011