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Agéoda

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Au coeur du Pacifique : territoires et horizons géographiques

Publié le 16/02/2026
Journée de formation

Journée de formation

  • Le 27/02/2026,
    de 09:00 à 17:00
  • Pau, UPPA, salle du conseil B11 (bâtiment du collège SSH, campus de Pau)
  • UPPA / APHG Aquitaine
  • Avec : Sarah Bernard, Benjamin Dufour, Mélissa Kodituwakku, Florence Mury
  • Journée en présentiel : salle du conseil B11 (bâtiment du collège SSH, campus de Pau)
  • Journée accessible en distanciel

Journée organisée par les enseignantes de géographie du master MEEF histoire-géographie : Gabrielle Brochard (enseignante à l’université et dans le secondaire) et Clara Lyonnais Voutaz (ATER en géographie, UPPA). UPPA / APHG Aquitaine.

N.B. Les conférences commencent à l’heure précise.

8h45 : Accueil café

9h : Mots d’accueil et introduction de la journée

9h30 « La nucléarité persistante du Pacifique : legs commun, trajectoires territoriales multiples », Florence Mury, postdoctorante en géographie (CNRS, MSH-P, EASTCO, SOSI « Observatoire des héritages du CEP »)

L’étude de la dénucléarisation du Pacifique révèle la persistance d’une nucléarité des territoires ainsi qu’une hétérogénéité marquée dans les trajectoires des espaces concernés. Le nucléaire apparaît ainsi comme un système socio-technique produisant, en Océanie, des effets territoriaux différenciés, multiscalaires et de longue durée. Les trajectoires post-nucléaires sont alors façonnées par les rapports qu’entretiennent les populations habitantes et les ancien·ne·s travailleur·euse·s avec l’État et les anciennes puissances impériales, dans un contexte marqué par des asymétries de pouvoir héritées de la colonisation. Ces trajectoires sont associées à des expériences de délaissement, lorsque les politiques de reconversion économique et territoriale sont conçues de manière centralisée et déconnectée des géographies vécues de la nucléarisation ; de déclassement, à travers la réduction des services publics, de l’accessibilité et la perte de centralité ; voire d’effacement, lorsque le démantèlement matériel des infrastructures apparaît comme un réflexe de l’action étatique visant à refermer le chapitre nucléaire sans reconnaissance pleine de ses effets territoriaux, sanitaires et sociaux. Face à ces dynamiques, il s'agira de comprendre comment des pratiques de réappropriation territoriale, matérielle et mémorielle se développent, participant à la requalification du legs nucléaire. Loin d’être neutres, ces pratiques contribuent à la production de récits concurrents du passé nucléaire et à la redéfinition des rapports de pouvoir.

10h45 Pause 11h « Mobilités et recompositions territoriales en Polynésie française », Sarah Bernard, docteure en géographie (UPPA, laboratoire TREE)

L’Océanie est depuis toujours un espace de mobilités. La circulation est même consubstantielle de l’identité océanienne. Fondée sur une territorialité réticulaire, elle a pris au cours du temps des sens (au sens propre et figuré du terme) différents. Plus particulièrement en Polynésie française il est possible de distinguer quatre grandes périodes dans l’histoire des mobilités : les circulations liées au périple océanien au moment de la colonisation des îles ; les mobilités issues de la colonisation occidentale des îles, des mobilités souvent contraintes et forcées qui ont alimenté un processus de déterritorialisation ; les mobilités liées à l’ouverture du Centre d’Expérimentation du Pacifique (CEP) ; et les mobilités contemporaines qui semblent induire de nouvelles recompositions territoriales au sein de l’espace océanien. Cette communication s’attachera à retracer l’histoire de la Polynésie française par le prisme des mobilités, considérées ici dans une acception élargie tant ce terme est polysémique (Bambridge, 2004).

12h30 Déjeuner libre

14h « Oubli et réveil culturel au Henua Enata (îles Marquises) », Mélissa Kodituwakku, doctorante à l'EHESS (EHESS, CREDO)

Au Henua Enana (Îles Marquises), le contact avec les Occidentaux à la fin du XVIIIe siècle provoque une chute démographique d’au moins 95 % de la population qui s’accompagne, comme dans beaucoup de territoires colonisés, d’une perte importante de la transmission d’éléments culturels, renforcée par les tabous et interdits imposés par les missionnaires et l’administration. Mais dans les années 1960, les processus de décolonisation en Océanie vont placer les questions d’affirmations culturelles au coeur des enjeux politiques contemporains. Dans ce contexte apparaissent des formes de manifestations culturelles et identitaires dans le Pacifique qualifiées par les chercheurs de « renouveaux culturels », dont la forme la plus répandue est celle des « festivals culturels indigènes ». Longtemps négligés par les anthropologues, car considérés comme « nonauthentiques », ces festivals vont susciter un intérêt scientifique croissant dans les années 1990. Au cours de cette présentation, je propose d’étudier la manière dont s'est mis en place le festival du Matava’a o te Henua Enana, lancé en 1987 au Henua Enata (Îles Marquises). Ayant lieu tous les deux ans, il est devenu l’événement central du « réveil culturel marquisien », rassemblant la population autour d’éléments unificateurs tels que la langue, la danse, le chant, l’artisanat, les rites ancestraux, dans une volonté de « sauvegarde d’une culture en voie d’effacement ». En m'intéressant notamment aux réseaux d'acteur·ices qui participent à cet évènement, je propose de porter un nouveau regard sur l'étude des festivals, en cherchant à saisir comment les réalités sociales se construisent à travers ces manifestations, et à interroger la manière dont les relations qu’entretiennent les différents acteur·ices autour de cet événement participent à recréer des manières de faire société dans un contexte colonial.

15h15 Pause

15h30 « Welcome to Brisbane / Meeanjin : les enjeux de la diversité linguistique en Australie et en Nouvelle-Zélande », Benjamin Dufour, docteur en linguistique et agrégé de grammaire (Université de Tours, laboratoire CeTHIS)

Cette présentation vise à proposer un panorama de la diversité linguistique de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande et interroge la matérialisation de cette diversité dans l'espace, notamment dans la toponymie. Les langues autochtones seront au coeur de cette présentation. La première partie de cette intervention sera consacrée au rappel de quelques données générales sur ces langues (nombre de locuteurs, familles linguistiques, ancienneté approximative...), en insistant tout particulièrement sur la distinction entre la Nouvelle-Zélande, où les langues anglaise et maori s'apparentent à une situation de bilinguisme, et l'Australie, qui compte plus de trois cents langues autochtones distinctes. Cette présentation soulignera ensuite quelques étapes fondamentales dans l'évolution de la politique linguistique des deux pays (utilisation de langues autres que l'anglais dans l'espace public et dans l'enseignement, statut juridique, politique de sauvegarde des langues dans une logique patrimoniale...), toujours dans une optique de comparaison entre les deux nations. Par exemple, si l'hymne néo-zélandais est généralement chanté dans les deux langues, l'hymne australien n'est chanté dans une langue autre que l'anglais qu'à titre exceptionnel. Enfin, la dernière partie de cette présentation sera consacrée à la question de la représentation des langues dans l'espace, dans une logique de paysage linguistique. Une attention particulière sera accordée à la toponymie, et plusieurs études de cas seront proposées, par exemple concernant les débats liés au nom de Brisbane-Meaanjin.

16h45 Conclusion de la journée.

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