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Érème

Publié le 13/12/2021

L’érème (nom masculin) désigne l’espace situé hors de l’écoumène, c’est-à-dire ni urbain, ni rural. Si on considère qu’il n’existe plus d’espace qui ne soient habités, au sens géographique, au moins de façon très diffuse ou temporaire, l’érème recouvre alors les espaces les moins anthropisés. Du grec ἔρημος, lieu solitaire, désert, le terme a donné en français ermite.

Augustin Berque (2011) souligne que si l’opposition entre écoumène et érème est une réalité objective, elle est aussi une représentation : certes l’érème préexiste à l’écoumène, mais c’est en définissant son espace habité qu’une société définit en négatif l’érème, et celui-ci varie selon les points de vue : l’érème des colonisateurs européens en Amérique était l’écoumène des civilisations qui y vivaient. De même qu’il n’y a de sauvage que par méconnaissance (Depraz, 2019), il n’y a d’érème que vu depuis le couple ville-campagne.

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« Car, si, en principe, l’érème précède les deux autres termes dans le temps et dans l’espace, en réalité, il n’y a eu d’érème qu’à partir du moment où il y a eu des campagnes et, plus tard, des villes. De même, il n’y a eu d’érème qu’à partir d’une limite que la plupart des personnes ne franchissaient pas, donc une limite sans étendue ni profondeur, si ce n’est dans l’imagination. Ce paradoxe n’est-il qu’un jeu intellectuel ? Tel qu’on vient de le présenter, il semble que oui ; mais, dans la réalité concrète de l’écoumène et de l’histoire humaine, on verra que c’est bien à partir de la campagne et de la ville que se sont institués les espaces sauvages, que, pourtant, nous croyons premiers. »

Augustin Berque, « Le rural, le sauvage, l'urbain », Études rurales, 2011/1 (n° 187), p. 51-52.

»

(JBB) avril 2021.


Sources

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