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Le développement durable, approches géographiques

Quelles images pour sensibiliser aux grands débats environnementaux ?

Publié le 27/11/2008
Auteur(s) : Sylviane Tabarly, professeure agrégée de géographie, responsable éditoriale de Géoconfluences de 2002 à 2012 - Dgesco et École normale supérieure de Lyon
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NB. Le contenu de cet article donne des informations disponibles au moment de sa publication en 2008.

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L'exemple de la "crise des déchets" en Campanie italienne

Certaines causes environnementales sont plus particulièrement l'objet de diverses formes de médiatisations et de productions culturelles passionnées voire passionnelles. Leur utilisation raisonnée et argumentée dans le cadre d'activités pédagogiques peut faciliter la motivation et l'implication des élèves à une époque où les possibilités d'accès à l'image et où ses supports se démultiplient à vive allure. Avec les narrations de la fiction, du documentaire, du reportage, des genres mixtes que sont les "docu-fictions", et l'apparition d'un foisonnement de productions vidéos de statut très variable sur des plateformes de mise en ligne, les possibilités sont multiples.

Cette page est à mettre en relation avec, en corpus documentaire de ce dossier :

 

Du roman au film de fiction

Le roman - enquête de Roberto Saviano, "Gomorra. Dans l'empire de la camorra" (2006, traduction de l'italien, Gallimard, 2007) a rapidement été adapté au cinéma par le réalisateur Matteo Garrone, dont le film, "Gomorra", utilise des procédés proches du "docu-fiction". Ce film a reçu le Grand prix du jury, palme d'or au Festival de Cannes 2008.

On pourra analyser les choix, les modes de transfert et d'adaptation, les libertés prises par le réalisateur en comparant film et roman.

Du livre au film, un marketing différent ...

Synopsis

Adapté du livre de Roberto Saviano, inspiré de faits réels, Gomorra rompt la loi du silence pour dénoncer le fonctionnement de la mafia napolitaine. Matteo Garrone a retenu une dizaine de personnages représentatifs de la façon dont le crime organisé influe sur la vie quotidienne des Napolitains. Nous assistons à quelques jours de la vie des habitants de ce monde impitoyable. Sur fond de guerres de clans et de trafics en tous genres, le film raconte les destins croisés de : Toto, Don Ciro et Maria, Franco et Roberto, Pasquale, Marco et Ciro.

Tout est bon pour s'enrichir : prostitution, drogue, contrefaçon, racket, armes, travaux publics, ordures ménagères et déchets toxiques… À la limite du documentaire, Gomorra nous offre un tableau réaliste des activités de la Camorra. À la périphérie de la métropole, dans de grands ensembles délabrés terriblement anxiogènes, le réalisateur glisse sa caméra dans les ateliers clandestins, les entrepôts surchargés, les bars sordides, les appartements fanés, les carrières abandonnées.

Pour inspirer des exploitations pédagogiques possibles

Quels sont les lieux de tournage, les principes de mise en scène ? Que penser des choix opérés ? D'autres auraient-ils été possibles, techniquement, esthétiquement, pour les besoins de la narration ?

 

Des documentaires et des reportages, entre courts et longs métrages

Biutiful Cauntri, un long métrage documentaire d'Esmeralda Calabria Le synopsis, par la maison de production, Chrysalis :

"Depuis bientôt 15 ans, le problème des déchets à Naples détruit l'une des régions les plus fertiles d'Italie. Il est intimement lié à la politique, l'économie, la santé publique et ne concerne pas seulement la Campanie - la région de Naples - mais tout le pays. Les auteurs ont tenté de le raconter (...) en suivant Raffaele del Giudice*, un responsable de Legambiente** pour la Campanie ... (...)

1 200 décharges abusives de déchets toxiques, des brebis empoisonnées sur des terrains infectés, des tomates, des pêches, des bufflonnes contaminées par le "percolat" (ou lixiviat qui est le liquide résiduel qui provient de la percolation de l'eau à travers les déchets) et une région entière en train de mourir à petit feu. (...)

* Raffaele del Giudice se bat depuis des années contre les écomafias, les décharges abusives et la spéculation.

** Legambiente est une association environnementale apolitique créée en 1980. Avec plus de 115 000 partisans et 1 000 cercles locaux Legambiente est l'association écologique la plus importante d'Italie. Elle est reconnue par le Ministère de l'environnement et fait partie de l'Office européen de l'environnement et de l'Union internationale pour la conservation de la nature.

www.legambiente.eu

Des ressources à propos de Biutiful Cauntri

 

Court métrage : le documentaire - reportage

"Les décharges de la mort", un documentaire de Bruno Gex, dans le cadre des "grands reportages" de France 24, (14 mars 2008) : "Les images des immondices envahissant les trottoirs de Naples ont fait le tour du monde. Pour parer au plus urgent, le gouvernement italien a fait rouvrir des décharges soupçonnées d'abriter des déchets toxiques et radioactifs" (Bruno Gex).

www.france24.com/fr/20080314-reporters-italie-campanie/.../environnement

 
Des images pour analyser le "jeu d'acteurs"

Ce documentaire peut permettre d'analyser le jeu d'acteurs : le gouvernement représenté par le Commissaire spécial, les carabinieri, les entreprises, la Camorra, les associations et leurs modes de mobilisation, etc.

Commentaire sur France 24, extraits

" (...) Les images des montagnes d'immondices envahissant les trottoirs de Naples ont fait le tour du monde. Pour parer au plus urgent, le gouvernement italien a fait rouvrir des anciennes décharges soupçonnées d'abriter des déchets toxiques et radioactifs. Comment le verger de l'Italie est-il devenu la poubelle du monde ? La mafia napolitaine est un des acteurs de cette crise sanitaire qui menace la santé des habitants et l'environnement. (...)

Aujourd'hui en Campanie, il y a 5 000 décharges illégales gérées par la Camorra qui contiennent des déchets industriels. Elles sont fermées par la justice car elles sont hautement toxiques et représentent un danger pour la population. C'est le cas de Pianura située dans une localité à l'Est de Naples qui est la plus grande décharge illégale de toute l'Europe. C'est une véritable montagne qui mesure 200 mètres de hauteur, le résultat de l'accumulation de 45 années de déchets industriels. (...)

Pourtant les autorités ont décidé de rouvrir la zone de stockage de Pianura, ignorant les inquiétudes et la colère des 250 000 habitants qui vivent autour de cette décharge. Le seul espoir pour la Campanie sont ses sept usines de traitement de déchets urbains, capables de produire de l'électricité à partir de la combustion de déchets. Elles ont été récemment rouvertes après avoir été fermées par la justice, après leur infiltration par la Camorra.

Le temps presse, et l'Europe fait pression. Bruxelles menace l'Italie d'une amende journalière de 700 000 euros si elle ne se débarrasse pas de ses ordures au plus vite."

www.france24.com/fr/20080314-reporters-italie-campanie/.../environnement

Pour alimenter la réflexion sur les documentaires vidéos ou cinématographiques et pour les utiliser

 

Une nouvelle génération d'images et de productions à la croisée des supports

L'offre de documents vidéo, souvent en libre accès sur le web, s'est démultipliée. Il peut être envisageable d'en exploiter certains à des fins éducatives. On observe la fusion, au sein de même plateformes, entre les productions spontanées de particuliers et celles de journalistes reporters professionnels et de médias installés. Certains évoquent l'émergence d'un "journalisme participatif" ou "citoyen" qui est à la recherche de ses modes de régulation et de validation.

Tout d'abord les pionniers, dont les vidéos sont de durée, d'origine et d'intérêt variables :

 

Certains de ces documents sont des rediffusions d'extraits de journaux ou d'émissions télévisés à l'origine, d'autres sont le fait d'auteurs vidéastes amateurs dont les identités ne sont pas souvent transparentes. On gardera donc à l'esprit les interrogations essentielles sur l'authenticité et la validité, le statut, la légitimité, le point de vue des auteurs et des documents ainsi mis à disposition de tous.

Pour faire une recherche on peut utiliser des mots clefs inspirés de ces pages, par exemple :

  • déchets, résidus, recyclable, camorra, gomorra, incinérateur, incinération, décharge, triangle de la mort, éco-mafia, ouverture, dioxine, etc.
  • ainsi que les noms de lieux évoqués : Naples, Caserta, Pianura, Acerra, Nola, Giugliano-Villaricca, etc.

 

Ces recherches pourront aussi être effectuées en italien, en anglais, ...

Dailymotion, un exemple : Les Napolitains ne supportent plus de vivre dans les ordures

Sur les panneaux : "Non à la décharge" / www.pianura.org

www.dailymotion.com/../napolitains-supportent-plus

Dans la galaxie de ce qu'on appelle les "webTV" (diffuseurs de vidéos) l'offre devient abondante et résulte du métissage entre la télévision numérisée et l'Internet. Il s'agit d'initiatives provenant de chaînes, publiques ou privées, de télévision traditionnelle qui diversifient leur offre en direction du web. Mais également de créations directement dédiées au web.

Ainsi, faisant figure de pionnière, Current.com (en anglais ou en italien, 33 millions de pages vues par jour fin 2008) propose des revues de presse et l'indexation de nombreux documents vidéos (Current TV ) de provenance variée (journalistes, reporters et particuliers). Current TV a été lancée en août 2005 aux Etats-Unis par l'ancien vice-président démocrate Al Gore, associé à l'avocat Joel Hyatt, avec le soutien d'une équipe d'industriels, ce qui explique que les questions de l'environnement et du développement durable y soient assez largement représentées, elle offre d'ailleurs une rubrique "Earth and Science".

Fin 2008, environ le tiers de la grille des programmes de Current TV est alimenté par des vidéos, dont la durée est limitée à 15 minutes, proposées par les internautes qui peuvent être rétribués en fonction de la popularité de leur production. Les contributeurs les plus réguliers sont des étudiants en cinéma et en journalisme. Des concours, généreusement primés, stimulent la création. http://current.com

Propositions : Sylviane Tabarly, 18 novembre 2008

 

Mise à jour partielle:   27-11-2008

 

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Pour citer cet article :  

Sylviane Tabarly, « Quelles images pour sensibiliser aux grands débats environnementaux ? », Géoconfluences, novembre 2008.
https://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/transv/DevDur/DevdurFaire3.htm