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Corpus documentaire
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Risques, incertitudes
et précaution :
la planète des Organismes génétiquement
modifiés (OGM)
Les progrès
fantastiques des biotechnologies au cours des
dernières décennies permettent à
l'homme de modifier génétiquement
tous les organismes vivants, animaux ou végétaux,
en intervenant directement sur l'ADN des cellules
reproductrices. Ces modifications sont transmises
à la descendance. Une directive de l'UE
définit un OGM comme "un organisme
dont le matériel génétique
a été modifié d'une manière
qui ne s'effectue pas naturellement par multiplication
et/ou par recombinaison naturelle".
Les multiples applications, effectives ou potentielles,
de ces biotechnologies, dans les domaines de la
santé, de l'agriculture et de l'alimentation
notamment, nourrissent, tout à la fois,
espoirs et craintes. Les OGM représentent
un volet important des discussions relatives au
principe de précaution. Il ne s'agit pas
d'aborder ici les dimensions proprement scientifiques
du débat sur les OGM, d'autres sites experts
le font (voir la sélection de ressources
ci-dessous), mais plutôt de dresser un panorama
de la "planète OGM" en 2004.
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Pour télécharger graphiques et données
(format .xls)
La biologie moléculaire,
qui a donné naissance aux OGM, est née
en 1953 avec la découverte de la structure
de l'ADN. Les premières bactéries
génétiquement modifiées en
laboratoire le furent en Californie en 1972 (Paul
Berg et son équipe). Les premières
plantes OGM furent des plants de tabac dotés
d'un gène de résistance à
un antibiotique, créés en Belgique
en 1983. Les OGM commercialisés sont en
général obtenus par les jeux de
construction d'ADN relativement court. Cette construction
est considérée comme une invention
brevetable, et le brevet s'applique lorsque l'être
vivant se reproduit lui-même. L'enjeu économique
devient alors considérable.
Le développement des cultures
transgéniques est rapide, les logiques
spatiales en sont originales. Sur
la scène internationale, les enjeux
géopolitiques et géoéconomiques
sont considérables compte tenu
des distorsions, en termes de concurrence
et d'avantages comparatifs, que les différences
législatives et réglementaires
font apparaître : entre Europe et
États-Unis, entre pays du Nord
et du Sud, entre pays membres d'ensembles
régionaux (Amérique du Sud
par exemple), entre pays producteurs et
pays consommateurs.
Certains exemples montrent à quel
point la situation est mouvante à
l'échelle internationale. Ainsi,
au Brésil, l'État du Rio
Grande do Sul est devenu le principal
producteur de soja transgénique
du pays. En 2003, le gouvernement Lula
a successivement autorisé la vente
de soja transgénique puis sa culture,
alors que l'opposition aux OGM faisait
partie de son programme de campagne.
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De manière pragmatique,
il prend ainsi acte de la culture clandestine
du soja transgénique (depuis 1997 environ),
à partir de semences importées illégalement
d'Argentine ou du Paraguay. Le taux réel
d'OGM dans le soja brésilien dépasserait
ainsi les 25% en 2004. Le Brésil était,
en 2003, le 2e producteur mondial de soja (27,2%
de la production mondiale) ce qui représentait
13% des exportations brésiliennes en 2003,
en direction de l'UE et de la Chine notamment.
La levée de l'interdiction des cultures
OGM pourrait poser des problèmes pour certains
flux d'exportation, vers l'UE par exemple, le
Brésil ne pouvant plus jouer sur sa qualification
non-OGM, pour laquelle les pays européens
acceptent de payer plus cher certaines productions.
La République populaire de Chine, de son
côté, se soucie peu de savoir si
le soja qu'elle produit ou importe contient ou
non des OGM. La croissance de la production et
de la consommation d'OGM dans le pays est très
rapide. (Cf. Daniel Vernet - Libres OGM
- Le Monde Horizons du 25 novembre 2003).
Les caractères transgéniques des
OGM végétaux cultivés actuellement
dans le monde portent sur : la tolérance
à un herbicide pour 75% ; la production
d'un insecticide pour 25% ; les deux à
la fois pour 8%.
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Les végétaux fournissent
la grande majorité des OGM dans
l'environnement. En superficie, il s'agit,
principalement, en 2004, à 59,8%
de soja, 23,8% de maïs, 11% de
coton, 5,3% de colza. Mais d'autres
cultures devraient être concernées
à court ou moyen terme, et se
développer plus ou moins vite
: le riz, la papaye par exemple.
Par exemple, un riz transgénique
enrichi en bêta-carotène
(un précurseur de la vitamine
A) a été conçu
par les chercheurs Ingo Potrykus (Suisse)
et Peter Beyer (Allemagne). On peut
penser qu'il puisse contribuer à
pallier les carences en vitamine A (facteur
de cécité par exemple)
dans des pays où sévit
la malnutrition. Ce serait alors la
première application commercialisée
de la transgénèse végétale
dans le domaine des "aliments -
médicaments" OGM. La couleur
jaune foncé de ce riz lui a valu
le nom de Golden rice ou riz
doré.
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Sur l'évolution et l'état
des cultures OGM aux États-Unis,
voir la page et les documents (texte,
graphiques et cartes) proposés
par la Maison de l'agriculture de l'Aisne
:
www.agri02.com/pages/Dossier/dossier_detail.php?IdD=322
À télécharger en
.pdf, CulturesOGM aux États-Unis
: le point en 2004 :
www.agri02.com/_Documents/Telecharge/ogm.pdf?SSID=...
Résumé : "Les premières
variétés OGM commerciales
ont été diffusées
en 1996. Les agriculteurs américains
sont de loin ceux qui ont le plus adopté
ces cultures dans le monde (63 % des surfaces
totales en 2003). De 1996 à 2003,
la surface OGM aux États-Unis a
été multipliée par
28,5 (dans le même temps la surface
mondiale de cultures commerciales d’OGM
a été multipliée
par 39). Les variétés OGM
cultivées aux États-Unis
sont le maïs, le coton, le soja,
le colza, et la papaye."
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La difficulté
à trouver des zones agricoles exemptes
d'OGM dans le monde s'accroît donc chaque
jour. Les fournisseurs de produits
non OGM devront s'assurer à chaque étape
que la matière achetée et utilisée
est garantie sans OGM, soit par le biais de
tests onéreux, soit en contrôlant
toute la filière, de la semence jusqu'à
la livraison des produits agricoles. D'après
une étude du cabinet de conseil bruxellois
Arcadia International, les grandes
firmes agro-alimentaires seraient bénéficiaires
de l'organisation de la filière non OGM.
En revanche, les petites ou moyennes entreprises
agricoles des pays producteurs seraient pénalisées
par les surcoûts qui pèsent essentiellement
en amont de la chaîne. L'organisation
de filières garanties sans OGM pourrait,
paradoxalement, donner un avantage aux grands
opérateurs internationaux comme, par
exemple, les américains Cargill ou Adem
: ils sont en mesure de dédier quelques
silos au stockage sélectif et d'organiser
des filières d'exportation de produits
sans OGM ; ils peuvent en faire pousser les
quantités suffisantes en étant
assurés de la qualité car ils
travaillent déjà avec des agriculteurs
sous contrat ; enfin, ils ont les moyens de
s'assurer contre le risque de dissémination
fortuite.
Les problèmes législatifs
et réglementaires se situent
à plusieurs niveaux :
- celui des modalités de la mise sur
le marché de produits qui peuvent être
importés,
- celui de la production en plein champ elle-même,
- celui de l'expérimentation et de ses
modalités.
À l'heure actuelle, les réponses
de l'UE consistent à se doter
d'un dispositif légistlatif s'efforçant
d'assurer rigueur et transparence dans la circultation
des OGM, en garantissant un étiquetage
clair et une traçabilité contrôlée.
En 1999, sept pays européens (France,
Belgique, Luxembourg, Autriche, Italie, Grèce,
Danemark) imposaient un moratoire de fait sur
l'autorisation de mise sur le marché
de nouvelles plantes génétiquement
modifiées, tant que l'UE ne disposerait
pas d'une législation complète
sur l'étiquetage et la traçabilité
des OGM. La Commission a décidé
de seuils d'étiquetage des aliments destinés
aux humains et aux animaux contenant des OGM
au delà de 0,9% de composés transgéniques.
Le moratoire a été levé
en 2004 et divers OGM (variétés
de maïs, soja, colza, coton) sont autorisés,
au terme de procédures longues et complexes,
à l'importation et à la culture.
Le 4 février 2005, 20 régions
européennes (dont cinq françaises
: Aquitaine, Bretagne, Ile-de-France, Poitou-Charentes
et Limousin) signaient, à Florence, une
"Charte des régions et des autorités
locales d'Europe sur la coexistence entre les
OGM et les cultures traditionnelles et biologiques".
À ce stade, si les OGM sont peu présents
directement dans les aliments proposés
à la consommation humaine, ils le sont
beaucoup plus largement dans l'alimentation
animale.
En France, une mission parlementaire
a été constituée pour étudier,
initialement, les "conséquences
environnementales et sanitaires des autorisations
d'essais OGM" puis les "enjeux des
essais et l'utilisation des OGM". Son dernier
rapport, remis le 14 avril
2005, propose une "stratégie
du pas à pas". Il présente
une vision positive des OGM mais propose d'encadrer
plus strictement les expérimentations
en plein champ. Il tente de trouver des solutions
au départ des équipes de recherche
scientifique à l'étranger.
Quelques premiers litiges et procès
mettent en jeu les principaux acteurs des filières
des OGM. Ainsi, le 6 décembre 2002, le
Ministère (Department) de l'agriculture
américain (USDA) a infligé une
amende de 3 millions de dollars à la
compagnie de biotechnologie texane ProdiGene,
lui reprochant d'avoir contaminé du maïs
et du soja destinés à la consommation
humaine avec des organismes génétiquement
modifiés pour produire un vaccin animal.
L'USDA s'est appuyée sur le Plant
Protection Act, loi fédérale
adoptée en 2000 pour encadrer la production
et le transport des OGM. L'affaire a relancé
le débat sur la coexistence entre les
"pharmers", contraction américaine
de pharmacien et agriculteurs (farmers)
tentés par cette production à
haute valeur ajoutée avec l'agriculture
traditionnelle.
Quelques autres sources et ressources en ligne
Il existe de nombreux documents informatifs
et scientifiques en ligne pour alimenter le
débat. En voici quelques uns.
Sites experts, sites scientifiques
- Dossier de l'INRA consacré à
la génomique : www.inra.fr/genomique
- Différents dossiers de Science
& Décision (Unité de
service de l'université d'Evry Val d'Essonne
et du CNRS, avec le soutien du centre de ressources
national Infobiogen) :
www.science-decision.net/cgi-bin/topic.php?topic=BIO
- Dossier du Centre de coopération internationale
en recherche agronomique pour le développement
(CIRAD) : www.cirad.fr/fr/web_savoir/dossier/index.php
- Le débat sur le site de la Mission
d'Animation des Agrobiosciences (MAA), centre
de débats publics d'initiative institutionnelle
: www.agrobiosciences.org/recherche.php3?recherche=OGM
- Le Centre de sociologie de l'innovation de
l'École nationale supérieure des
mines de Paris accueille, entre autre, le cours
"Description de controverses" du sociologue
Bruno Latour :
www.csi.ensmp.fr/csi/B4/admin/index.php
- Certaines conférences sur le web télévision
de l'enseignement supérieur et de la
recherche :
http://colloquesetconferences.u-strasbg.fr/recherche.asp
Sites experts et documentaires de source institutionnelle
- Dans "Vie publique" un dossier sur
la sécurité alimentaire
réalisé par La Documentation française :
www.vie-publique.fr/dossier_polpublic/securite_alimentaire/index.shtml
- L'Assemblée nationale française
: www.assemblee-nationale.fr/index.asp
> Mission d'information parlementaire Enjeux
des essais et de l'utilisation des OGM
(15 avril 2005)
www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/ogm.asp
> Office parlementaire d'évaluation
des choix scientifiques et technologiques (OPECST)
- La place des biotechnologies en France et
en Europe - rapport n° 158 du 27 janvier
2005 :
www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i2046.asp
- Site interministériel
sur les OGM : www.ogm.gouv.fr/index.htm
- Enjeux des recherches
sur les OGM : www.recherche.gouv.fr/brochure/ogm.pdf
> La Commission du génie biomoléculaire
(CGB), composée d'experts scientifiques
et de représentants de la société
civile, a pour mission d'évaluer, au
cas par cas et avant toute autorisation, les
risques pour la santé publique et l'environnement,
liés à la dissémination
d'organismes génétiquement modifiés
(OGM).
www.ogm.gouv.fr/experimentations/evaluation_scientifique/cgb/CGB.htm
- Un rapport de l'Agence française de
sécurité sanitaire des aliments
(AFSSA - www.afssa.fr
) :
OGM et alimentation : peut-on identifier
et évaluer des bénéfices
pour la santé ?
www.afssa.fr/ftp/afssa/2004-SA-0246-Bénéfices-OGM.pdf
- L’Autorité
européene de sécurité des
aliments (EFSA) : www.efsa.eu.int/index_fr.html
- Par la FAO, une documentation
autour du thème : La révolution
génétique: un grand potentiel
pour les pauvres, mais pas une panacée.
("Seuls quelques pays en ont bénéficié
jusqu'ici. Les cultures vivrières des
laissés-pour-compte méritent plus
d'attention") - www.fao.org/newsroom/fr/news/2004/41714
- Site d'information sur les OGM par le gouvernement
canadien : www.ogm.gouv.qc.ca/index.htm
Autres, divers
On pourra faire des recherches sur les nombreux
acteurs du débat : associatifs ; semenciers
des firmes agro-alimentaires (le suisse Syngenta,
l'américain Monsanto par exemple) ; producteurs
; etc. En voici une sélection très
partielle :
- Novethic : www.novethic.fr/novethic/site/recherche/rech_resultat.jsp?thesaurus=82
- Dossier d'Agrisalon : www.agrisalon.com/07-dossiers/dossier-9.php
- L’International Service for the
Acquisition of Agri-Biotech Applications (ISAAA),
groupe de promotion des OGM : www.isaaa.org
- Les OGM, une clef pour l'avenir (des données)
: www.ogm.org
- Inf'OGM : www.infogm.org
- Le site du réassureur
Munich Re (Münchener Rück / Munich
Reinsurance Company), à la rubrique biosciences,
observe que, si de nombreuses avancées
de la recherche génétique sont
fascinantes, quelques unes paraissent effrayantes.
Il conclut que, personne ne sachant dans quelle
direction certaines recherches s'orienteront,
une chose est sûre : les services de l'assurance
seront directement concernés.
www.munichre.com
Conception et mise en page web : Sylviane Tabarly
Documentation graphique et cartographique réalisée
par Hervé Parmentier

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| Mise
à jour : 13-05-2005
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