|
Exprimer,
questionner, rechercher, définir
Un glossaire pour : questionner, problématiser
; identifier et comprendre des mots-clefs ; faire
des recherches en ligne. En complément
du glossaire
des notions générales proposé
sur le site
Assez large remaniement du glossaire en avril 2007.
Agri-environnemental
Est qualifié
d'agri-environnemental ce qui doit permettre
d'assurer, dans les activités et
politiques agricoles, respect et protection
de l'environnement, des espaces naturels,
des paysages et de la biodiversité.
Dans le contexte d'élargissement de l'UE et sous la pression des négociations internationales (OMC, cycle de Doha), la Politique agricole commune de l'UE (PAC) a été réformée en prenant davantage en compte les dimensions environnementales de cette activité. Dans le cadre de la multifonctionnalité, différentes mesures ont pour objectif d'inciter les agriculteurs
à intégrer le respect de l'environnement
et des paysages dans leurs pratiques agricoles, notamment :
- des aides à la protection de l’environnement ou au développement rural,
- des plans
de développement durable (PDD) impliquant
les Contrats territoriaux d'exploitation (CTE)
qui permettent d'aider les agriculteurs s’engageant, entre autre, à produire des produits de qualité, à gérer le patrimoine naturel et culturel, à mener des actions en faveur de la prévention des risques naturels et des incendies, ou à changer de pratiques agricoles pour protéger l’environnement.
Voir sur Géoconfluences (nouvelle fenêtre) le dossier :
Le développement durable, approches géographiques. |
| Aménités
Ensemble d'éléments contribuant
à l'agrément d'un lieu pour
ceux qui y vivent : climat, paysage, ambiance. |
Anthropisé
(anthropique)
Soumis à l'influence humaine, transformé
par elle : aménagements,
dégradations, exploitations des ressources,
etc... Fait provoqué ou accentué
par l'action de l'homme.
Est anthropique un phénomène
géographique attribuable à
l'action de l'homme.
|
Archéologie
Le patrimoine archéologique
de la France, sa préservation et
(ou) son inventaire, peuvent avoir des effets
sur les décisions paysagères.
L'Institut national de recherches
archéologiques préventives
(Inrap) a été créé
en 2001. Cet établissement public
placé sous la tutelle des ministères
de la culture et de la recherche a pour
vocation de préserver le patrimoine
archéologique national susceptible
d'être menacé par les chantiers
d'aménagement du territoire. Jean-Paul
Dumoulin, son président en septembre
2002, donnait les précisions suivantes
(Le Monde du 11-09-2002) : "on compte
aujourd'hui plus de 2 000 fouilles préventives
par an. En effet l'ensemble des travaux
d'aménagement représente en
France 350 km² par an soit près de
1km² par jour." Certains reprochent
à ces fouilles de ralentir, voire
de rendre impossible les travaux programmés.
Les Services Régionaux de
l'Archéologie sont chargés
de l'application de la législation
en vigueur (lois de 1941, 1945, 1980 etc…)
et de la mise en place de mesures de conservation
qui peuvent s'imposer (fouilles préventives).
|
Archéologie
(histoire) du paysage et "archéologie industrielle"
Il n'est pas de lieu sans histoire. Aussi
s'agit-il de mettre à jour les superpositions
des mémoires inscrites dans le paysage
: affectations passées des objets
observables, succession des usages, etc.
Elle pourra ainsi participer à un
"diagnostic territorial" destiné
à évaluer, déterminer
ce qui doit être protégé,
de quelle manière, ce qui peut, dans
un paysage donné, avoir valeur patrimoniale.
"L'histoire du paysage contribue à
son intelligence globale, fait saisir sa
diversité dans le temps et la complexité
des liens qui le solidarisent avec les pratiques
symboliques et techniques des sociétés
passées et présentes."
(Dictionnaire de l'urbanisme et de l'aménagement
- P. Merlin, F. Choay).
Ce sont d’abord des historiens britanniques (Michael Rix, Robert Angus Buchanan, Kenneth Hudson) des universités de Birmingham, d’Edimbourg et de Hull qui ont pris conscience de l’intérêt du patrimoine industriel et minier. Dès le milieu des années 1950, ils créent une nouvelle discipline appelée "archéologie industrielle" (Hudson 1971, Buchanan 1972, Falconier 1980), dont l’objet est d’étudier les constructions ou les ouvrages fixes illustrant les débuts et l’évolution des développements industriels et techniques.
Partant du Royaume-Uni, cette discipline nouvelle s'est diffusée dans tous les pays anciennement industrialisés. Elle s'est progressivement organisée et tint son premier congrès international en 1973 à Ironbridge (Shropshire au Royaume-Uni), haut lieu et berceau de la Révolution industrielle. Le Comité international pour la conservation du patrimoine industriel (The International Comittee for the Conservation of the Industrial Heritage / TICCIH : www.ticcih.org), fondé dès le troisième congrès à Stockholm en 1978, œuvre notamment pour qu’un certain nombre de sites industriels entrent au Patrimoine mondial de l’Unesco. Le premier site classé au titre de "the industrial heritage" est la mine de sel de Wieliczka en Pologne (inscrite en 1978), suivie en 1980 par l’ancienne ville minière de Røros en Norvège. Depuis lors, 32 autres sites "industriels" ont été inscrits au Patrimoine de l’Unesco ( http://whc.unesco.org/sites/1027.htm ), qui comporte désormais douze anciens sites miniers ou villes minières. D’abord limitée aux ouvrages et aux bâtiments légués par la révolution industrielle du XVIIIe et du début du XIXe siècle, si nombreux au Royaume-Uni, la curiosité des chercheurs s’élargit ensuite aux héritages techniques de périodes plus récentes à travers la grande variété d’objets (anciennes usines, forges, moulins, barrages, systèmes d’irrigation, canaux, voies ferrées, ponts, etc…) étudiés par l’archéologie industrielle.
Cependant, ce n’est que très progressivement que l’archéologie industrielle a commencé à s’intéresser à l’ensemble du paysage de régions marquées par l’industrie ou l’exploitation minière (R. Slotta, 2000).
Cet élargissement de l’optique s’est traduit aussi dans la conception de patrimoine, qui englobe désormais non seulement un site en particulier, mais aussi tout un paysage. À ce titre, les paysages de trois anciennes régions minières ont été récemment inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco : le paysage culturel de Hallstatt et du Salzkammergut en Autriche (ancienne exploitation du sel de l’âge du bronze), le paysage industriel de Blaenavon, berceau de l’exploitation charbonnière au Pays de Galles et la région minière du Koppaberg à Falun en Suède.
Voir, sur le patrimoine "industriel", l'article de Michel Deshaies :
Les bassins houillers d'Europe : des paysages entre héritages et renouveau
|
| Archétype
paysager
Une typologie des paysages consiste, dans
un premier temps, à élaborer
un inventaire des composants du paysage
puis, dans une seconde étape, à
analyser leurs agencements, leurs fonctionnements
et leurs dynamiques d'évolution.
Mais dégager des archétypes
suppose d'identifier plutôt les caractères
de stabilité, dotés d'une
relative permanence. Ainsi par exemple,
l'archétype paysager : des pays de
grande culture ; des pays de vignoble ;
des pays bocager ; de la banlieue pavillonnaire,
etc.
|
| Artificialisation
Ensemble des transformations dues à
l'homme, plus ou moins volontaires et raisonnées,
qui modifient en tout ou partie la physionomie
et les fonctionnements d'un milieu ou d'un
paysage.
|
Beau
Dans une acception courante de la notion
de paysage, celui-ci ne peut-être
que jugé "beau" ou esthétique.
Et, s'il ne l'est pas, il n'y a plus de
paysage. Voir, par exemple, cette page d'accueil
de l'association "Paysages de France"
: http://paysagesdefrance.free.fr/pdf/index.htm
Comme nous y invitent "les mots de
la Géographie", relisons Voltaire
(Dictionnaire philosophique) "Il conclut,
après bien des réflexions,
que le beau est très relatif, comme
ce qui est décent au Japon est indécent
à Rome, et ce qui est de mode à
Paris ne l'est pas à Pékin
; et il s'épargna de composer un
long traité sur le beau".
On pourra donc, sans complexe, juger beau
certains paysages de la production industrielle ou énergétique (de la raffinerie à l'éolienne), les paysages
de l'échange (aéroports, terminaux
portuaires par exemple), etc. Jacques Lacarrière
nous invitait à partager certains de ses
enthousiasmes à l'égard des
pylônes Beaubourg et autres raffineries
dans "Ce bel aujourd'hui".
On remarquera que ce qui fait la valeur d'un paysage, d'un site, est variable
dans le temps et dépendante des usages
socio-économiques, des pratiques
culturelles de ceux qui y vivent ou de ceux
qui le visitent et le découvrent. |
| Biodiversité et habitat
La biodiversité renvoie à la diversité des être vivants, animaux ou végétaux, sur un territoire donné qui en constitue l'habitat, au sens écologique du terme.
En France, divers dispositifs ont des objectifs
de protection environnementale des territoires
et de préservation de la biodiversité. Par exemple :
- Les Réserves naturelles, créées par
la loi du 1er juillet 1957 (modifiée
par celle du 10 juillet 1976), sont des
parties du territoire d'une ou plusieurs
communes pour lesquelles des mesures spéciales
de protection sont adoptées afin
d'y conserver des espèces animales
ou végétales ou des milieux
menacés. Elles sont gérées
par une association ou par un syndicat
de communes. Le classement en réserve
naturelle résulte d'un décret,
après enquête publique, à
la demande d'une administration, d'une
collectivité territoriale, d'une
association.
- Les Zones naturelles d’intérêt
écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) ont été
instituées en 1982 dans la perspective
d’un recensement général
des richesses naturelles du territoire
français. L'inventaire est réalisé
à l'échelle régionale.
Les ZNIEFF sont entièrement cartographiées.
Si elles ne sont pas opposables à
des tiers, elles sont, la plupart du temps,
prises en compte dans les projets d'aménagement
du territoire (SCoT / PLU par exemple).
Par ailleurs, le Conseil européen
du 21 mai 1992 (92/43/CEE) a engagé la constitution
d'un réseau écologique de
zones spéciales protégées dénommé "Natura
2000".
Consulter :
- Paul Arnould : "Biodiversité : de la confusion des chiffres et des territoires" (document à consulter en pop-up)
- Voir aussi :
-
un dossier sur un site ressources du réseau ENS/DGESCO (sciences de la vie) : La biodiversité - www.snv.jussieu.fr/vie/dossiers/biodiversite/index.htm
- L'UICN (IUCN, World Conservation
Union) : www.iucn.org |
| Bloc-diagramme
Représentation graphique en perspective
et en coupe d'une portion d'espace. Les
éléments de l'occupation du
sol qui y sont représentés
dépendent des objectifs de la représentation
: préoccupations centrées
sur les paramètres bio-géo-physiques
; sur les dimensions anthropiques ; sur
un projet d'aménagement ? Le bloc-diagramme
peut être réalisé à
partir d'un modèle numérique
de terrain (MNT).
Voir, sur Cybergéo, l'article de
Y. Michelin : Le bloc-diagramme : une clé
de compréhension des représentations
du paysage chez les agriculteurs ? Mise
au point d’une méthode d’enquête
préalable à une gestion concertée
du paysage en Artense (Massif central français)
:
www.cybergeo.presse.fr/paysenvi/texte/michelin.htm
|
Carte
mentale
On appelle carte mentale la représentation
que tout individu ou tout collectif se fait
d'un espace donné. Elle varie en
fonction des usages, des pratiques de l'espace
et donc de l'âge, de la situation
socio-professionnelle, etc. Elle influe
sur la perception que chacun peut avoir
du paysage.
|
| Climax,
climacique
Désigne un état d'équilibre
atteint par la végétation
spontanée dans un milieu donné
et stable, en excluant l'action humaine.
Le climax serait donc ce vers quoi tend
spontanément la nature en l'absence
d'anthropisation, d'artificialisation |
Conservatoire
du littoral et des rivages lacustres
Établissement public à caractère
administratif créé par une
loi de 1975, ayant pour mission de "mener
dans les cantons côtiers et dans les
communes riveraines des lacs et des plans
d'eau d'une superficie au moins égale
à 1 000 ha, une politique foncière
de sauvegarde de l'espace littoral, de respect
des sites naturels et de l'équilibre
écologique"
Le Conservatoire agit principalement grâce
à ses capacités foncières
: il acquiert des terrains littoraux ou
peut les recevoir sous forme de donation. De 1975 à 2007, le domaine relevant du Conservatoire du littoral représente 103 000 hectares, 880 km de rivages, 400 sites naturels.
Le site du Conservatoire : www.conservatoire-du-littoral.fr |
Déprise
(agricole, industrielle .. )
Diminution de l'intensité ou de l'extension
d'une activité socio-économique
dont les effets sont perceptibles dans l'occupation
humaine de l'espace : déclin démographique
et ses conséquqences, paysages d'abandon,
équipements obsolètes, etc..
Dans la monde agricole, rural, il se traduit
par l'abandon des terres, la sous-utilisation
de certaines parcelles.
La déprise agricole est une composante de l'évolution des territoires ruraux. Elle contribue à transformer certaines campagnes en profondeur : apparition de friches, reboisements, réaffectation à d'autres usages (tourisme, zones de protection de la nature - parcs ou autres), arrivée de néo-ruraux profitant d'espaces aux disponibilités foncières attractives. "La France du vide", selon l'expression du géographe poitevin Roger Béteille* en 1981), est celle des faibles densités, inférieures à 45 hab/km² en moyenne (voire de 25 ou 20 hab/km² selon certains géographes spécialistes de ce champ d'étude) pour les densités des espaces à dominante rurale. Ils se concentrent, majoritairement , sur une diagonale Nord-est / Sud-ouest (qualifiée parfois de "diagonale du vide") incluant des zones de montagne comme la Lozère, département le moins densément peuplé de la France métropolitaine (14 hab/km²). Cette "diagonale" a cependant tendance à se fractionner. Ainsi, l’étalement urbain toulousain gagne l’arrière-pays ariégeois, bien au-delà de la seconde couronne de périurbanisation.
Dans les espaces ruraux profonds, l'exode rural est un processus ancien. Il a parfois commencé dès 1846, qui aurait été l'année du maximum démographique des campagnes françaises. Il en résulte des transformations profondes des paysages : dégradation de l'habitat rural, ruines, mais parfois aussi reprises et restauration par des nouveaux propriétaires urbains français ou européens.
Les territoires les plus touchés par la déprise peuvent bénéficier de mesures particulières telles que le dispositif des Zones de revitalisation rurale (ZRR) et celui des Territoires Ruraux de développement prioritaire mis en place par la LOADT de 1995. Des opérations de reboisement ont pu être entreprises, parfois financées dans le cadre de la PAC.
- Roger Béteille : La crise rurale - PUF - 1995 / La France du vide - Litec - 1981
|
Directions
départementales et régionales
Chacune à son niveau de compétence,
compte tenu de ses missions, ces Directions
peuvent jouer des rôles plus ou moins
importants en matière paysagère.
Citons :
- de l'agriculture et des forêts -
DRAF - DDAF
- de l'environnement - DIREN
- de l'équipement |
Directives
européennes
Différentes directives
européennes ont des impacts sur
les politiques paysagères, environnementales
des États membres et elles doivent être transposées dans leurs lois et réglementations. Elles nécessitent de procéder à
des inventaires et à des délimitations
spatiales. Les plans de gestion et les mesures
de protection qui en découlent sont
l'objet, localement, de négociations,
voire de tensions, entre les principaux
acteurs et les principaux usages concernés
(tourisme, chasse, pêche, écologisme,
projets d'aménagement industriels
et urbains).
Voir (nouvelle fenêtre) le cas du réseau Natura 2000, la situation en France en 2007 une page du dossier France, des territoires en mutation.
 |
|
École de Besançon
Dans les années
70, l' "École de Besançon"
(J.C. Wieber) cherche à concilier
l'objectif et le subjectif que comporte
l'étude des paysages. Ses géographes
distinguent trois types de sous-systèmes
dans le complexe paysager : le sous-système
producteur du paysage composé d'éléments
à la fois naturels et anthropiques
; le sous-système d'utilisateurs
(créations de l'oeil et de l'esprit,
domaine d'appréciation de la dimension
esthétique et culturelle) ; le sous-système
du paysage visible, niveau intermédiaire
entre les deux précédents
: ses images-spectacles résultent
du premier et donnent la matière
au second. |
Écologie du paysage ( Landscape
ecology)
L'écologie du paysage s'intéresse
à l'interaction entre l'organisation
de l'espace et les processus écologiques.
Cette approche est apparue avec l'étude
des photographies aériennes et le
terme est d'origine allemande (landschaft
Ocologie). Cependant c'est au cours des
années 80 qu'elle s'est organisée
à travers : la création de
l'IALE (International Association for Landscape
Ecology) en 1982 ; un séminaire et
un manifeste fondateurs (1984 aux États-Unis).
Deux revues thématiques (Landscape
Ecology et Landscape and Urban Planning)
lui sont plus particulièrement dédiées.
Certains géographes français
considérent que cette école
proposait, jusqu'à présent,
une vision réductrice de l'étude
du paysage peut-être en voie de réévaluation. |
Enquête
(d'utilité) publique
Phase au cours de laquelle
un projet de décision administrative
est soumis aux observations du public, dans
le but d'assurer l'information des personnes
concernées, de garantir les droits
de propriétaires et de favoriser
la concertation. Les types de projets concernés
ont souvent des effets paysagers notables,
par exemple : documents d'urbanisme tels
que les POS - PLU, certains projets d'aménagements
urbains spécifiques, les projets
d'équipements publics d'infrastructure
ou de travaux surtout lorsqu'ils supposent
des expropriations, les créations
de parcs nationaux, etc.
Les conclusions de l'enquête n'ont
qu'une valeur indicative et ne s'imposent
pas à la décision administrative
finale. |
Friches
Les friches renvoient à des images
d'abandon et de déprise dans ses
représentations courantes. Mais aucune
définition ne fait vraiment l'unanimité
des spécialistes, surtout dans les
espaces ruraux.
On peut considérer que Les friches sont des terrains qui ont perdu leur fonction, leur vocation, qu’elle soit initiale ou non : friche urbaine, friche industrielle, friche commerciale, friche agricole. Laissées momentanément à l'abandon, ces surfaces peuvent fournir l'opportunité de repenser l'aménagement du territoire, tant en milieu rural qu'urbain. La situation n'a pas de caractère
irréversible : la friche peut être
réaffectée à une activité
comparable ou être réaffectée
à une autre activité (anciennes
usines réhabilitées en ensembles
résidentiels, de bureaux ; terrils
en espaces de loisir, etc.). Il s'agit donc
souvent d'un temps d'attente, d'une situation
transitoire entre un usage et un autre.
En milieu rural, la définition de la friche est assez ambiguë, polysémique, variable en fonction des spécialistes. On peut s'accorder sur le fait qu'elle désigne un espace agricole récemment abandonné, qui a été cultivé. Il est donc, statistiquement, sorti de la Surface agricole utilisée (SAU) et laissé à la végétation spontanée. La friche est une situation temporaire car elle est destinée à devenir un bois, une forêt, des landes, etc. ou à être cultivée à nouveau. Il faut se méfier des statistiques sur la friche, tantôt attribuée aux formations forestières, tantôt à des usages agricoles, ce qui provoque des biais de lecture et d'interprétation. À partir de quand la désaffection
devient-elle abandon ? Pour l'agriculture,
l'INRA distingue des friches "jeunes"
(de moins de 10 ans) et des friches "âgées".
Dans la mesure où les limites sont
floues, l'inventaire des friches est difficile
à réaliser.
Il arrive que l'on confonde la jachère, pratique de mise en repos de la terre pour des raisons biologiques ou économiques (dans le cadre de la politique de la PAC par exemple), avec la friche.
La friche est souvent connotée péjorativement, associée à des terrains à fortes contraintes (pente, sol, etc.). L'ouvrage du journaliste Éric Fottorino, "la France en friche", publié en 1989, témoignait d'une forme de psychose, la nature ayant horreur du vide. Il existe de fait des visions contrastées de la friche. Par exemple, pour les agriculteurs, c'est le symbole de l'abandon, de la désolation, du renoncement. Pour les écologues, c'est un milieu aux riches potentialités biologiques.
En milieu urbain, on peut distinguer différents types de friches. Les friches de la périphérie urbaine, désaffectées par les activités agricoles, industrielles ou logistiques (penser aux vastes emprises de la SNCF), sont en attente d'une utilisation de type urbain et d'une valorisation sous l'effet de la pression foncière. Les friches urbaines en espace bâti, sont en réserve et en attente de réaffectation et de projet d'urbanisme de rénovation ou de réhabilitation. Ces friches peuvent résulter de la démolition d'espaces résidentiels déclassés ou d'espaces d'activités industrielles ou commerciales désaffectées. Des quartiers entiers font l'objet d'opérations mixtes État, collectivités et UE par le biais d’établissements publics en charge des opérations de réaffectation (portage financier, maîtrise d’ouvrage, appui technique, etc). La rénovation de certaines friches industrielles a pu se faire en bénéficiant des fonds structurels de l'UE. Par exemple, dans ce cadre, en région Île-de-France , le ratio des friches industrielles par habitant sur une zone éligible de 100 000 hab. est passé de 21,5 ha/hab en 2000 à 16 ha/hab en 2006.
- Concernant les friches et les accrus forestiers,
on peut prendre connaissance des documents
proposés en ligne par Pierre Dérioz
(Université d'Avignon et des Pays
de Vaucluse - UMR Espace / Laboratoire Structures
et Dynamiques Spatiales) à partir
de :
www.geo.univ-avignon.fr/Site%20Avignon/pages/labo/Ac%20DERIOZ.html
- Différents articles de Pierre Dérioz (Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse) :
http://iga.ujf-grenoble.fr/territoires/membres/chercheurs/Derioz_publis.htm et
www.geo.univ-avignon.fr/Site%20Avignon/pages/labo/Ac%20DERIOZ.html
|
Géosystème
paysager
Pour les géographes de Besançon,
le paysage se lit à travers un filtre
perceptif et se décompose en trois
systèmes interdépendants :
le système producteur ; le système
du paysage visible ; le système utilisateur.
Georges Bertrand explique que "c'est
le système de production au sens
large, c'est-à-dire produisant des
biens matériels et culturels, qui,
à l'intérieur d'un groupe
social défini et dans un espace donné,
dessine le contenu matériel et culturel
d'un paysage". Aussi, pour saisir cette
complexité, il propose une démarche
qui s'appuie sur des scénarios paysagers
et la combinaison de trois unités
: temps, espace, action et qui repose sur
l'analyse des modes de production dans leur
dimension sociale et écologique.
Ce qui aboutit au "système de
référence paysager" considéré
comme l'interface entre nature et société.
De son côté, partant de l'observation
des paysages végétaux du sud-est
de la Vieille Castille, Vincent Clément
propose de distinguer trois grands types
de géosystèmes anthropiques,
correspondant aux grandes tendances évolutives
des paysages : géosystèmes
de dégradation ; géosystèmes
de substitution ; géosystèmes
de margination.
|
Habitat
En géographie,
l'habitat peut être défini
comme l'organisation des habitations sur
un espace donné. L'habiter renvoie
à la capacité des acteurs
à organiser leur habitat, aux pratiques
de vie qu'en ont les individus et les groupes
qui l'occupent.
L'habitat est l'objet de mutations
permanentes qui transforment rapidement les paysages et on peut observer des phénomènes
complexes, parfois paradoxaux. Tout d'abord,
l'étalement des zones résidentielles
en périphérie urbaine et en rural périurbain
traduit un phénomène généralisé
de desserrement. Mais aussi,
parfois, les densifications des centres,
variables selon les types de concentration urbaine. La situation peut
fortement varier selon la taille des agglomérations,
entre la situation francilienne, les métropoles
régionales et les villes petites et moyennes.
On observe aussi la désaffection généralisée à l'égard des "grands ensembles" qui font l'objet d'opérations de démolition parfois spectaculaires au profit de rénovations et de formules résidentielles de type lotissement pavillonnaire ou petits collectifs.
La résidence pavillonnaire est une forme spécifique de la résidence individuelle qui s'est particulièrement développée en France alors que d'autres pays développés ne connaissent pas le même phénomène. La pavillon est doté d'attributs emblématiques : la maison en elle-même, qui condense les valeurs de la vie intime et familiale, et qui, derrière une revendication de personnalisation, répond à des standards précis ; le jardin, au cœur de l'image et de l'imaginaire attachés au pavillon.
Ces approches sont à distinguer de l'habitat, au sens des écologues, c'est à dire des espaces de vie des espèces animales ou végétales. Par souci de biodiversité, leur protection peut s'imposer lorsqu'il s'agit d'espèces menacées. D'où des pratiques d'inventaire et la délimiation de zones de protection impactant alors la préservation et la conservation des paysages. On pourra prendre l'exemple des effets de l'application de la directive européenne Natura 2000.
Voir (nouvelles fenêtres) :
> le glossaire du dossier France, des territoires en mutation ainsi que le cas du réseau Natura 2000 en France.
> La politique de la ville en France : Les étapes de la politique de la ville en France / Aspects de la rénovation urbaine / Les Zones urbaines sensibles : quelques indicateurs
|
Institut
français de l'environnement (IFEN)
Service statistique du
Ministère de l'écologie et
du développement durable et point
focal de l'Agence européenne pour
l'environnement qui s'intéresse à
l'ensemble des thèmes environnementaux.
Son site - www.ifen.fr/
- donne accès à :
- des chiffres clés : www.ifen.fr/chifcle/chiffres.htm
- la base de données "Corine
land cover" qui comporte des statistiques
et cartographies de l'occupation du sol
en France réalisées à
partir d'imagerie satellitale. www.ifen.fr/pages/2corin.htm
L'Ifen diffuse diverses publications
concernant son champ d'observation. Dont,
tous les deux ou trois ans, un rapport sur
"L'environnement en France" - www.ifen.fr/pages/2pub.htm . Le dernier, pour 2002, est présenté
en trois parties : L’état des
milieux et des territoires ; Les pressions
exercées sur l’environnement
; Les réponses des acteurs |
Image (du paysage)
- Droit de l'image, droit à l'image
Un exemple devenu emblématique
du conflit entre "propriétaires"
des lieux et photographes, publicistes
porte sur le puy Pariou en Auvergne. Le
23 janvier 2002 le tribunal de grande
instance de Clermont-Ferrand a débouté
six associations de propriétaires
du Pariou qui estimaient que l'utilisation
commerciale de son image par l'hypermarché
Géant constituait une atteinte
au droit de propriété. Les
propriétaires invoquaient le "trouble
de jouissance" provoqué par
une surfréquentation du site ainsi
que la dégradation induite.
De même, en Bretagne, l'utilisation,
dans le cadre d'une campagne de promotion
à l'initiative du Comité
régional de tourisme de Bretagne
(CRTB), de la photographie de l'îlot
de Roch Arhon incita le propriétaire
des lieux à intenter un procès.
On pourrait aussi multiplier les exemples
de procès relatifs au "droit
à l'image" portant sur les
œuvres d'architectes. Différents
sites de nature diverse se font l'écho
de ces problèmes, par exemple,
celui des anciens élèves
de l'École Nationale Supérieure
Vaugirard - Louis Lumière
: www.aevll.org/index.htm
|
| Impact
(Étude d'impact)
Étude préalable
à la réalisation d'aménagements
ou d'ouvrages qui, par l'importance de leurs
dimensions ou leurs incidences sur le milieu
naturel, peuvent porter atteinte à
ce dernier. Elle comporte une évaluation
de leurs conséquences sur l'environnement
et a un rôle d'aide à la conception
du projet, à la prise de décision
et d'information du public. Elle est exigée,
depuis la loi du 10 juillet 1976 sur la
protection de la nature, pour "les
travaux entrepris par les collectivités
publiques ou qui nécessitent une
autorisation" dès qu'ils dépassent
un certain coût ou qu'ils correspondent
à certains travaux précis
: lignes haute tension, barrages, mines,
installations classées, etc. L'étude
d'impact est incluse dans le dossier d'enquête d'utilité publique lorsqu'il y en
a une.
|
| Jachère
La Communauté européenne a,
en 1985 - 1988, adopté une politique
de mise en jachère afin de maîtriser
les excédents et donc le coût
de la PAC. Différents types de jachères
sont possibles, certains n'ayant pas de
conséquence sensible ni durable pour
le paysage. Ce qui n'est pas le cas des
jachères "faune sauvage"
en mode fixe dont le but est de laisser
se développer un couvert végétal
favorable à la faune. Ces jachères
posent des problèmes lorsqu'elles
jouxtent des zones de culture (divers risques de
contamination biologique et dégats occasionnés
par la faune : cervidés, sangliers,
etc.) |
Loi "littoral"
Loi de janvier 1986 relative
à l'aménagement, la protection
et la mise en valeur du littoral. Elle
s'impose aux documents d'urbanisme et
s'applique aux communes littorales (y
compris autour des plans d'eau intérieurs
de plus de 1 000 ha., le long des estuaires
et des deltas). Elle prévoit notamment
: l'interdiction des constructions et
installations (sauf pour besoins impératifs
du service public) dans une bande de 100
m. à partir du rivage ; la protection
des espaces terrestres et marins, sites
et paysages remarquables ou caractéristiques
du patrimoine naturel et culturel, du
littoral ; l'interdiction de construire
des routes de transit à moins de
2 000 m du rivage, sauf nécessité
liée à la configuration
des lieux ; la confirmation et la précision
de la servitude de passage des piétons
(sentier du douanier).
Un regard critique sur
les limites de la loi "Littoral"
: "Près de 15 ans après
la loi "Littoral", on peut cependant
constater que son application a été
modeste. Il est significatif que ce ne
soit qu'en 1999 que l'administration en
ait publié un bilan (NDLR : rapport
Gressier). Aucune prescription particulière
régionale n'est venue préciser
les dispositions générales
de la loi en matière de proetection
(...) La protection du littoral n'est
pas davantage assurée par les schémas
directeurs, procédure tombée
en quasi déshérence depuis
la décentralisation. Comme ailleurs,
la pratique de modification incessante
des POS, aggravée par un contrôle
insuffisant par les préfets du
respect de la loi "Littoral",
traduit plus un recul qu'une avancée
dans la politique de préservation
du littoral, à l'exception notable
de l'action du Conservatoire de l'espace
littoral et des rivages lacustres."
Dictionnaire de l'urbanisme et de
l'aménagement - P. Merlin et F.
Choay - PUF - 2000
Le rapport Gressier remis en février
1999 relevait que la loi "a permis
de mettre un terme sévère
aux dérives" et a bien "constitué
un frein à l'urbanisation diffuse
et incontrôlée". Mais,
s'il notait que plus de "82% des
communes littorales couvertes par un POS
(soit 88% de l'ensemble des communes littorales)
(...) sont aujourd'hui en compatibilité
avec les principes et les règles
posés par la loi" il observait
aussi qu'une "reprise de l'activité
BTP sur le littoral semble cependant se
dessiner depuis le début de l'année
1998. En effet, de sérieux coups
de canif ont été portés
à la protection des zones sensibles
régies par la loi Littoral.
Par amendements successifs, députés
et sénateurs ont introduit des
dispositions dérogatoires. Ainsi,
dans la bande des 300 mètres jouxtant
les espaces lacustres, il est désormais
possible de réaliser "un équipement
culturel dont l'objet est directement
lié au caractère lacustre
des lieux". Il est également
possible de construire des "routes
de transit à moins de 2 000 mègtres
des rives des plans d'eau intérieurs,
auparavant prohibés. La loi (de
Robien) "Urbanisme, habitat et construction",
adoptée le 28 mai 2003 contribue
aussi à desserrer ce que certains
considéraient comme un "carcan
environnemental".
Voir Le Monde du 31 mai 2003.
- Un rapport d'information du Sénat (21/07/2004), L'application de la "loi littoral" : pour une mutualisation de l'aménagement du territoire : www.senat.fr/rap/r03-421/r03-421.html
|
| Loi
"montagne"
Publiée en janvier
1985, elle repose sur quelques principes
: assurer la maîtrise, par les montagnards
eux-mêmes, d'un développement
d'initiative locale ; concilier aménagement
(y compris touristique) et protection dans
le cadre d'un mécanisme décentralisé.
La loi reconnaît ainsi la spécificité
des massifs montagneux. Un Fonds d'intervention
pour l'autodéveloppement en montagne
(FIAM), intégré depuis au
Fonds national d'aménagement et de
développement du territoire (FNADT)
peut être mobilisé.
Comme la loi "Littoral", la loi
"Montagne" a été
appliquée a minima. (Par
exemple,) les comitiés de massif
n'ont établi aucune recommandation
particulière comme ils pouvaient
le faire. (...) une évaluation de
la politique de la montagne a été
établie dans le cadre du Commissariat
général du plan en 1999 :
s'il souligne la diminution de l'engagement
financier de l'État , il note des
évolutions positives : 30% de la
zone de montagne est protégée
; la crise de la construction et le fléchissement
de la demande en sports d'hiver a contribué
à limiter le "mitage" des
vallées et des versants.
D'après le : Dictionnaire de
l'urbanisme et de l'aménagement -
P. Merlin et F. Choay - PUF - 2000
Mais quel en sera l'avenir ? Par amendements
successifs, députés et sénateurs
ont introduit des dispositions dérogatoires
à la loi montagne afin de relancer
la construction d'infrastuctures et d'habitations
dans des zones auparavant sanctuarisées
en montagne. Ainsi, l'urbanisation y est-elle
désormais acceptable non seulement
"en continuité des bourgs, villages
et hameaux" mais également en
"groupes de constructions traditionnelles
ou d'habitations existantes". Les chalets
d'estive peuvent être agrandis et
on peut en changer l'affectation.
|
Loi "paysage"
Quel doit être
le juste équilibre entre les mesures
conservatoires destinées à
préserver des traditions, des identités,
un patrimoine et l'accompagnement des évolutions
sociétales et de leurs traductions
paysagères ? Cette problématique
est au cœur des débats législatifs,
tout particulièrement de cette loi
paysage de 1993 qui propose une série
de mesures destinées à une
meilleure intégration des aménagements.
Cette loi, qui donne un statut officiel
au paysage, comporte trois volets. Elle
modifie les dispositions législatives
en matière d'enquête d'utilité
publique afin de proposer une meilleure
concertation autour des projets d'aménagement,
et élargit ainsi les possibilités
de débat autour des projets publics.
Elle complète le code d'urbanisme
en matière de permis de construire,
demandant une étude de l'insertion
dans l'environnement et de l'impact visuel
des nouveaux bâtiments et de leurs
abords. Ces dispositions, assorties de mesures
d'incitations fiscales et réglementaires,
visent à préserver la "qualité
paysagère" dans les campagnes
lors des opérations de remembrement,
aux abords des villes en expansion, sur
le rivage ou en montagne. Enfin, la loi
complète les dispositifs de protection,
élargissant les compétences
du Conservatoire du littoral, renforçant
les chartes des parcs naturels régionaux,
et définissant des Zones
de protection du patrimoine architectural,
urbain et paysager (ZPPAUP). Elle
implique un inventaire régional du
patrimoine paysager, sans toutefois proposer
des critères d'évaluation
des zones à protéger. Elle
ouvre la voie à une politique de
préservation et de reconquête
des paysages. Les textes ultérieurs
proposent l'établissement de "contrats
de paysage" avec les collectivités
locales permettant l'insertion des constructions
nouvelles et la valorisation du décor
rural (...) D'après Charles Le Coeur
- TDC "Le paysage, décor ou
enfer ?" - juin 1997 - Retrouver le
texte de la loi paysage :
www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ENVX9200202L
Cette loi traduit le glissement d'une analyse
des grands paysages, des grands sites touristiques
vers le "tout" paysage. Tout espace
rural ou urbain devient un paysage à
prendre en compte dans l'aménagement.
(Y. Veyret)
|
| Mitage
Éparpillement, sans plan d'urbanisme
réellement cohérent, d'infrastructures,
de zones d'habitat, de zones d'activité,
dans des espaces ruraux (forestiers ou agricoles).
Le phénomène de mitage s'observe
en zone périurbaine, sous l'effet
de fortes pressions foncières ou
(et) touristiques et en l'absence d'une
réglementation d'occupation du sol
suffisamment cohérente et contraignante.
|
Natura
2000
Le Conseil européen
du 21 mai 1992 (92/43/CEE) a engagé la constitution
d'un réseau écologique de
zones spéciales protégées dénommé "Natura
2000". Celui-ci est avant tout destinéà préserver l'habitat naturel d'espèces animales et végétales menacées dans l'Union européenne et recensées dans les directives "oiseaux" de 1979 (zones ZPS) et "habitat" de 1992 (zones pSIC / ZSC). Le classement en zone Natura 2000 n'interdit pas la poursuite d'activités économiques ou de loisirs compatibles avec leur protection et le zonage des sites du réseau, en ZPS ou en pSIC/ZSC, doit être un compromis entre les impératifs scientifiques, socio-professionnels et politiques.
Ce label de protection
est attribué pour six ans renouvelables et il constitue un réseau sur l'ensemble du territoire des États membres de l'UE. En mai 2006, l'UE comptait 4 772 ZPS, pour une superficie de 476 020 km², et 21 832 ZSC d'une superficie totale de 628 494 km². Mais de nombreux sites ont été désignés, dans leur totalité ou en partie, selon les deux directives. On ne peut donc pas additionner ces surfaces pour obtenir un chiffre global pour l'ensemble du réseau Natura 2000.
Voir aussi :
- dans le dossier France, des territoires en mutation :"Natura 2000, où en sommes-nous ?" (nouvelle fenêtre)
-
La préservation de la biodiversité dans l'Union européenne, le réseau Natura 2000 :
http://europa.eu.int/scadplus/leg/fr/s15006.htm
|
| Nature
et culture
Selon certaines approches naturalistes,
la nature préexiste à l'homme,
elle désigne un état primitif
par opposition aux effets de l'anthropisation. Mais la nature est pour d'autres un concept
à fort contenu culturel : selon Augustin
Berque, "la nature est forcément
traduite en termes propres à une
culture ; elle est intégrée
au monde que l'homme est capable de concevoir,
de percevoir et d'aménager. Dans
ce cas, la nature ne se définit pas
sans ou contre l'homme mais par l'homme. |
Orientalisme
L'orientalisme désigne
ce qui a pour objet l'étude des civilisations
orientales. Plus précisément,
il est associé au courant artistique
et littéraire du XIXe inspiré
par le Moyen-Orient : les campagnes égyptiennes
de Napoléon, le mouvement de colonisation
contribuent à en développer
le goût, l'intérêt. On
le rencontre à travers divers mouvements
sans qu'il corresponde à un style
très identifié.
Picturalement, il se traduit souvent par
des scènes exotiques et colorées.
Les voyages en Afrique du Nord seront déterminants
pour le développement de l'orientalisme
en France : Delacroix voyage au Maroc en
1832 (Femmes d'Alger , 1834, Louvre), Chassériau
en Algérie en 1846 (il en rapportera
une série de croquis). Ces voyages
donneront un ton plus sensuel et plus coloré
à leur peinture. Eugène
Fromentin (1820-1876) est, avec Alexandre
Decamps, le grand représentant de
l'orientalisme au milieu du XIXe siècle
(la Halte de Cavaliers arabes dans la plaine
, 1870). L'orientalisme manifestera davantage
de réalisme et de nuances à
travers les premiers reportages photographiques
(1852) de Maxime Du Camp (1822-1894). Grand
voyageur, Du Camp parcourra avec Gustave
Flaubert l'Égypte et la Palestine
entre 1849 et 1852. Les accents de cet Orient
ressurgissent différemment dans l'œuvre
de Flaubert, Salammbô (1862) et dans
un courant mythologique et symboliste, illustrée,
notamment, par l'œuvre de Gustave Moreau.
Voir en ligne :
- l'exposition virtuelle de la Bnf, "Voyage
en Orient" plus particulièrement
consacrée aux photographes et écrivains
: http://expositions.bnf.fr/veo
- la fiche pédagogique proposée
par le musée d'Orsay sur l'orientalisme
:
www.musee-orsay.fr:8081/ORSAY/orsayNews/FipedagO.nsf
|
Orthophotographie
Il s'agit d'une image photographique dont
on a corrigé les déformations
dues au relief du terrain, à l'inclinaison
de l'axe de prise de vues et à la
distorsion de l'objectif. Une orthophotographie
est donc un produit superposable à
une carte (géoréférencé)
et facilement intégrable dans un
Système d'Information Géographique (SIG),
dans des logiciels de DAO, PAO ... Elle
permet de mesurer la longueur, la surface
de tout objet du sol, visible à l'écran,
tels que route, champ...
Par extension, le terme "orthophotographie"
désigner une mosaïque de photographies
aériennes verticales ainsi traitées.
Voir aussi le terme "photographie aérienne"
et la documentation proposée par
l'AFIGéO (Association Française
pour l’Information Géographique
- association loi 1901)
www.afigeo.asso.fr/frame.php?label=documentation
|
Palimpseste
À la manière de ces
parchemins qui gardent la trace des anciens
textes imparfaitement grattés, le
paysage garde la trace d'héritages
produits par l'action successive, sur un
même espace, d'agents naturels et
d'actions anthropiques. Ainsi témoigne-t-il
des anciens chemins d'exploitation, des
voies romaines encore visibles et inscrites,
des voies ferrées et des gares désaffectées,
etc.
|
Parcs nationaux et Parcs naturels
régionaux (PNR)
Les Parcs nationaux ont
été initiés par la
loi du 22 juillet 1960. Il s'agit de territoires
de protection de la nature, gérés
par l'État, inspirés par
les préconisations de l'UICN (IUCN,
World Conservation Union) qui les
décrit ainsi : "territoires
relativement étendus, qui présentent
un ou plusieurs écosystèmes
généralement peu ou pas
transformés par l'exploitation
et l'occupation humaine, où les
espèces végétales
et animales offrent un intérêt
spécial du point de vue scientifique
et récréatif".
Ils font l'objet de mesures de préservation,
de protection.
Les Parcs nationaux sont des
dispositifs complexes à monter
pour tenir compte équitablement
des acteurs locaux. Il existe, en 2007,
neuf Parcs nationaux aux superficies variables
: Vanoise, Port-Cros, Pyrénées occidentales, Cévennes, Écrins, Mercantour, Guadeloupe, amazonien de Guyane (3,4 millions d'ha avec une zone cœur de 2 millions d'ha) et Hauts de l'île de la Réunion. Ces deux derniers ont été créés en mars 2007. Restent à l'étude et en débats
plus
ou moins délicats, voire houleux
: la mer d'Iroise, la Corse,
les calanques à l'est de Marseille.
Un Parc national stricto sensu se compose d’une "zone centrale" ou "cœur" (ou "parc proprement dit" selon la terminologie officielle), où une réglementation stricte protège les milieux (faune, flore, paysage) et d’une "zone périphérique" ("pré-parc"). Ces deux composantes sont doublées d’autres mesures de protection, comme les sites inscrits ou classés, les ZNIEFF. Au-delà de ces deux zones, une zone de "libre adhésion" est laissée à l'appréciation des collectivités.
Des Réserves naturelles peuvent être associées aux deux "zones", comme forme de transition de l’une vers l’autre ; elles se situent bien souvent sur les pourtours de la zone centrale. Moins strictes en termes de protection, elles sont plus restrictives en termes d’interdictions que la zone périphérique.
Les Parcs naturels régionaux
(PNR) sont des territoires
protégés et habités,
majoritairement situés dans des
zones fragiles à haute valeur environnementale.
Ils ont une double vocation : la protection
et le développement économique
"durable". Ils sont régis
par décrets (1967, 1988) mais les
lois de décentralisation, puis
la loi du 8 janvier 1993 sur la protection
et la mise en valeur des paysages, leur
ont donné une base législative.
Elle pose le principe que, sur le territoire d'un PNR, "les documents d'urbanisme doivent être compatibles avec les orientations et les mesures de la charte" des parcs qui concourent "à la politique
de protection de l'environnement, d'aménagement
du territoire, de développement
économique et social et d'éducation
et de formation du public".
Leur appellation, proche de celle de Parc national, peut porter à confusion.
Ce sont des territoires de projet et d'aménagement beaucoup plus que de protection, dotés d'une
charte constitutive adoptée par
décret, qui en fixe les limites
spatiales, en détermine les objectifs,
les programmes d'équipements, les
mesures à adopter, les règles
de fonctionnement et de gestion. Les PNR
peuvent être créés
à l'initiative des communes, des
départements ou des régions.
Leur agrément est valable dix ans,
renouvelable mais aussi révocable
en cas de non-respect de la charte. Ce
fut, par exemple, le cas du Marais poitevin,
labellisé dès 1979, mais
déclassé fin 1996 pour sa
complaisance à l'égard de
l'agriculture intensive. Depuis, il est
un simple parc interrégional et
s'efforce de reconquérir son label
de PNR.
Il y a, en 2007, en France, 45 PNR sur environ 13% du territoire métropolitain, le dernier arrivé étant celui des Alpilles (décret du 30 janvier 2007).
La loi de 1960
sur les Parcs nationaux avait vieilli car leur modèle ne correspondait plus
aux enjeux contemporains d'un développement
durable des territoires. En mars 2006 une "loi relative aux Parcs nationaux, aux Parcs naturels marins
et aux Parcs naturels régionaux" introduit un nouvel esprit de la conservation
de la nature cherchant à
protéger les sites mais en impliquant
davantage les populations locales. Cette nouvelle loi renforce la protection juridique des Parcs nationaux. Elle modifie les dispositions des articles L. 331-1 du code de l'environnement et suivant relatifs aux Parcs naturels nationaux, parcs qui peuvent être crées à partir d'espaces terrestres ou maritimes quand ils comportent un intérêt spécial et qu'il faut en assurer la protection.
Elle crée des instruments spécifiques de protection pour les espaces marins comme "l'Agence des aires marines protégées".
De plus, elle aménage le régime des Parcs naturels régionaux.
Enfin, elle institue un établissement public coordonnateur nommé "Parcs nationaux de France".
.
Pour compléter sur Géoconfluences
:
- dans le dossier France, des territoires en mutation (nouvelle fenêtre) :
"Autour de la nouvelle loi sur les Parcs nationaux français : enjeux et conflits (Lionel Laslaz, 2007)
- dans le dossier L'aménagement
régional et la forêt (nouvelle fenêtre) :
le cas du PNR du Vexin français (d'après la thèse d'Antoine Da Lage)
- Parmi les articles indépendants : La forêt guyanaise française, entre valorisation et protection (Patrick Blancodini)
Voir aussi :
- la Fédération
des Parcs naturels régionaux : www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr
- Le Syndicat mixte du Parc interrégional
du Marais Poitevin : www.parc-marais-poitevin.fr
- les Parcs nationaux de France : www.parcsnationaux-fr.com
|
Patrimoine
(mondial, de l'Unesco)
Adoptée
en 1972 par la 17e conférence de
l'Unesco la "Convention pour la protection
du patrimoine mondial, culturel et naturel"
(Convention de Grenade) vise à
organiser la solidarité internationale
pour sauvegarder des biens culturels et
naturels. Les sites candidats et retenus
sont inscrits sur la Liste du patrimoine
mondial.
Extraits de la Convention :
"... certains biens du patrimoine culturel et naturel présentent un intérêt exceptionnel qui nécessite leur préservation en tant qu'élément du patrimoine mondial de l'humanité tout entière.
... devant l'ampleur et la gravité des dangers nouveaux qui (...) menacent [le patrimoine mondial], il incombe à la collectivité internationale tout entière de participer à la protection du patrimoine culturel et naturel de valeur universelle exceptionnelle.
... Il est institué auprès de l'Unesco un Comité intergouvernemental de la protection du patrimoine culturel et naturel de valeur universelle exceptionnelle dénommé "le Comité du patrimoine mondial".
... le Comité établit (...) sous le nom de "liste du patrimoine mondial", une liste des biens du patrimoine culturel et du patrimoine naturel (...) qu'il considère comme ayant une valeur universelle exceptionnelle.
Le patrimoine culturel concerne les monuments, constructions et sites avec des valeurs historiques, esthétiques, archéologiques, scientifiques, ethnologiques ou anthropologiques. Le patrimoine naturel concerne les formations physiques, biologiques et géologiques remarquables, les habitats d'espèces animales et végétales menacées et les aires d'une valeur exceptionnelle du point de vue de la science, de l'environnement ou de la beauté naturelle. Les sites mixtes sont une association des deux.
Voir :
-
sur Géoconfluences (nouvelle fenêtre) :
l'exemple de l'inscription de territoires viti-vinicoles au patrimoine mondial de l'Unesco
- sur le patrimoine "industriel", l'article de Michel Deshaies :
Les bassins houillers d'Europe : des paysages entre héritages et renouveau
- et le site officiel en ligne à partir duquel on pourra retrouver l'inventaire des sites classés par pays :
www.unesco.org/whc/nwhc.fr/pages/sites/main.htm
|
|
Pays
Le pays est une notion ancienne en géographie. En France, on assisterait de nos jours au "retour des pays", le pays se définissant alors comme une catégorie constitutive de l’imaginaire nationale (Sylvestre, 2002). Quelles sont les dimensions et les enjeux paysagers du terme ?
1) Dans le langage courant, le plus souvent
associé à l'idée de
patrie, de terre natale. Par extension,
est devenu synonyme de nation et d'État
... sans qu'il y ait unité paysagère
a priori.
2) Dans un sens plus originel, un pays est
une petite région reconnaissable
dans son paysage, "une unité
de vie, d'action et de relation, (...) un
des niveaux d'agrégation systémique
de l'espace géographique ("Les
mots de la Géographie"). Le
pays, entité visible, "couvre
un espace : paysages naturels et paysages
anthropiques se fondent ainsi dans un territoire
aménagé progressivement au
cours de l'histoire suivant les possibilités
des sociétés. (...) L'individualité
des pays, façonnée par les
sociétés paysannes, est quelque
peu estompée par la banalisation
actuelle des paysages, mais la pratique
du développement local, à
l'intérieur des grands programmes
nationaux ou régionaux, s'effectue
dans le cadre de (contrats de pays), qui
restent des unités de vie sociale."
(d'après C. Le Cœur - TDC - 1997)
3)
Concrètement, les pays font leur retour en 1975, dans le cadre des Contrats de pays, définis par l'ex-DATAR, afin d’enrayer le dépérissement de certaines zones rurales et de répondre aux besoins de proximité immédiate. Les lois successives d’aménagement du territoire (loi Pasqua, 1995, loi Voynet, 1999) en font une entité et un outil de dynamisation des territoires. Cette évolution consacre, d’une part, l’élargissement des acteurs institutionnels en matière d’aménagement et de développement du territoire et, d’autre part, la procédure contractuelle qui ira dorénavant en se généralisant.
L’État entend par "pays", "un ensemble formé d’une petite ville (généralement entre 5 et 15 000 habitants) et sa zone d’influence géographique, soit un ou plusieurs cantons". Parmi les thèmes d’action privilégiés on relèvera ici plus particulièrement celui du cadre de vie avec des opérations en direction du tourisme, de l’environnement, et de l’ habitat.
Pour compléter, voir l'entrée pays du glossaire France, des territoires en mutation
|
Paysage
Le paysage "étendue d'un pays
s'offrant à l'observateur" ;
derrière cette définition
qui peut paraître simpliste, se cache
une notion qui a donné lieu à
une abondante bibliographie et à
de multiples approches. En France, les géographes
ont d'abord étudié le paysage
de façon segmentée (paysages
urbains, ruraux, industriels, etc.). Trois
écoles en ont renouvelé l'approche
dans un sens systémique et historique
: celle de Toulouse représentée
par Georges Bertrand ; celle de Paris illustrée
par les publications de Jean-Robert Pitte
; celle de Besançon autour de J.C.
Wieber. Une synthèse de ces différents
courants et leur mise en perspective internationale
(recherches anglo-saxonnes, allemandes,
russes) a été réalisée
par G. Rougerie et N. Beroutchachvili
Depuis sa création au XVIème
siècle pour désigner l'arrière
plan des tableaux, la signification du terme
paysage a beaucoup évolué,
jusqu'à devenir excessivement complexe.
Aujourd'hui, la notion de paysage prend
en compte, à la fois des aspects
objectifs (d'ordre fonctionnel, technique
et scientifique) et des aspects subjectifs
(qui relèvent de la sensibilité,
de la perception de chacun). Il faut penser
le paysage comme un système complexe
de relations (approche systémique)
articulant au moins trois composantes interdépendantes
: le paysage espace-support : il s'agit
d'une portion d'espace soumis à la
vue, remplie d'objets, appropriée
par différents groupes sociaux ;
le paysage espace-visible ; le paysage-représentation
ou espace vécu (les individus perçoivent
le paysage selon leur propre sensibilité).
(d'après V. Clément)
Le paysage est constitué par l'ensemble
des éléments observables à
partir d'un lieu précis. Il ne se
confond pas avec le milieu géographique,
qui comprend des éléments
invisibles. C'est l'aspect visible de l'espace
géographique. Le paysage est un lieu
privilégié d'intégrations,
de synthèses des diverses "couches"
de l'information géographique : héritages
historiques (paysage "palimpseste"),
aménagements et diverses formes d'exploitation
anthropiques, nature géomorphologique
et bio-pédologique, effets climatiques
etc... Il renvoie aux cinq usages de l'espace
: approprier, exploiter, communiquer, habiter,
gérer. (...) D'après J. Maréchal.
L'étude géographique du "paysage"
porte ses propres limites (cf. Vincent Clément)
: elle réduit l'analyse au visible
; elle restreint l'échelle des champs
d'étude (inadéquate pour les
grandes et petites échelles) ; elle
recouvre à la fois des faits objectifs
et subjectifs. L'évolution des paysages
obéit à trois principaux types
de dynamiques : la continuité, la
rupture et la flexibilité.
On notera enfin que l'étude paysagère
:
- ne doit pas être réservée
aux espaces perçus comme "naturels"
(montagne, littoraux, espaces ruraux ou
espaces extrêmes à faible présence
humaine, etc.) car les espaces industriels,
urbains offrent aussi des paysages dont
l'analyse mérite d'être faite.
- doit prendre en compte les dynamiques,
les évolutions passées mais
aussi à venir pour faire du paysage
un objet d'étude vivant dont l'approche
ne soit pas muséifiée, fossilisée
à l'excès.
En complément, les définitions
proposées par :
- G. Bertrand : "Le plus simple et
le plus banal des paysages est à
la fois social et naturel, subjectif et
objectif, spatial et temporel, production
matérielle et culturelle, réel
et symbolique. Le paysage est un système
qui chevauche le naturel et le social. Il
est une interprétation sociale de
la nature.
- Jean Robert Pitte : "Le paysage est
l'expression observable par les sens à
la surface de la Terre de la combinaison
entre la nature, les techniques et la culture
des hommes . Il est essentiellement changeant
et ne peut être appréhendé
que dans sa dynamique, c'est-à-dire
dans le cadre de l'Histoire qui lui restitue
sa quatrième dimension. Le paysage
est acte de liberté".
- Sur Géoconfluences, un "remue-méninges" du 30 janvier 2002 (nouvelle fenêtre) :
Jean-Claude Wieber - Le paysage, objet
géographique obscur ou trop évident
?
- Voir aussi le long développement
consacré au mot paysage dans "Les
mots de la Géographie" |
| Paysage
ouvert / fermé
Un paysage est ouvert
lorsque la vue peut se développer
largement à l'inverse d'un paysage
fermé où elle est réduite,
interceptée par un écran minéral
ou végétal, naturel ou construit
: barre d'immeubles, lisière, haie,
etc. En France divers territoires, abandonnés par les agriculteurs, sont progressivement conquis ou reconquis, de manière spontannée ou raisonnée, par la forêt, ce qui a pour effet de "fermer" un certain nombre de paysages.
|
Perception
(du paysage) et subjectivité
Toute perception est la prise de conscience
d'un objet par un sujet. C'est une réponse
phénoménale à un stimulus
qui se trouve influencée par le sujet
lui-même. Au paysage - objet, le spectateur
applique ses filtres, interprétations,
symbolisations. "La description du paysage, surtout
si elle est réussie, nous apprend
bien plus sur son auteur que sur le paysage
même. Elle dit un état d'âme
plus qu'un état du lieu" (Les
mots de la Géographie).
Par ailleurs, le paysage est perçu de façons très diverses, selon le point de vue, l’échelle, le moment. Les perceptions artistiques du paysage (littérature, peinture, etc.) sont d'une infinie variété et évoluent en fonction des époques.
Voir, par exemple, l'article de Jacques Bethemont, Anne Honegger-Rivière, Yves-François Le Lay :
Les paysages des eaux douces
|
Périurbain
Les paysages des espaces périurbains sont certainement parmi les plus mobiles et volatiles dans notre monde contemporain. Ils sont ceux du mouvement et de la fluidité. Les limites avec l'espace rural sont souvent difficiles à tracer. La périurbanisation se traduit généralement par un étalement urbain autour de la ville ou de l'agglomération. Au terme de périurbanisation, devenu parfois ambigu, on peut préférer celui d'étalement urbain ( urban sprawl) qui traduit la densification d'espaces situés autour du cœur de la ville ou de l'agglomération. Cet étalement urbain se mesure dans la couronne périurbaine ou dans l'extension territoriale de l'aire urbaine entre deux recensements.
Voir le glossaire du dossier (nouvelle fenêtre) De villes en métropoles
|
| Permis
de construire
Défini d'après
l'article L. 421-1 et suivants du Code de
l'urbanisme :
- il est délivré, selon les
cas, par le maire, par le maire et le préfet,
par le ministre,
- il doit être conforme aux dispositions
contenues dans les PLU, à la
législation sur les monuments historiques
et les sites, aux ZPPAUP,
- son obtention tient compte aussi du "volet
paysager" qui vise à appréhender
"l'insertion dans l'environnement et
l'impact visuel des bâtiments".
|
Photographie
aérienne
Pour l'Institut géographique national (IGN), il s'agit d'une photographie prise à
l'aide d'une chambre métrique installée
à bord d'un avion en vue d'utilisations
scientifiques. On la dit "verticale"
si l'axe de l'appareil de prise de vues
fait avec la verticale un angle inférieur
à 5 grades environ.
L'offre en imagerie aérienne s'est considérablement amplifiée avec la mise à disposition du grand public d'outils tels que Google Earth ou la Géoportail de l'IGN.
D'autres plate-formes peuvent être utilisées pour obtenir des photographies des paysages, par exemple les drones, les satellites.
Voir :
- en corpus documentaire, "Le drone Pixy, une nouvelle plate-forme aéroportée pour l’étude des dynamiques paysagères"
- en rubrique "Savoir faire", " Le rêve d'Icare à domicile"
- le lexique proposé
sur le site éducatif de l'IGN :
http://pse.ensg.ign.fr/sommlexi.php3?RPHP=&RCO=&RCH=&RF=&RPF=&RPC=
|
Pittoresque
Étymologiquement, "qui est à
peindre". Encore une notion bien relative
en fonction des goûts et pratiques
culturelles (voir l'article beau)
|
Remembrement
La loi qui a instauré le remembrement
en France date de 1941 mais c'est en 1954
qu'apparaît, dans un décret,
le terme "aménagement foncier"
associé au remembrement. Destinées à favoriser les gains
de productivité dans l'agriculture,
les opérations de remembrement visaient à regrouper les parcellaires
dispersés des exploitations, à
faire disparaître les gênes,
obstacles à la mécanisation
(bosquets, haies par exemple), à
repenser les voies de desserte, etc..
Les Opérations groupées d'aménagement
foncier (OGAF) créées par
décret en 1970, regroupaient localement les agriculteurs souhaitant intervenir ensemble sur le foncier (desserte, échanges de parcelles) pour répondre
aux modifications des structures foncières
et aux conséquences de l'exode rural.
La notion
de protection de l'environnement apparaît
à travers la loi de juillet 1975
portant sur l'aménagement rural. La loi du 10 juillet 1976 relative à
la protection de la nature impose la réalisation
d'une étude d' impact avant la réalisation
du remembrement. Ce document est une pièce
obligatoire de l' enquête publique.
Les lois de 1985 sur l'aménagement
foncier ont confié la maîtrise
d'ouvrage et le financement des opértions de remembrement aux départements (DDA).
Et à partir de la loi paysage de 1993, l'État
redevient un acteur important en confortant
la place de l'étude d'impact.
Les paysages ruraux, dans les principales
régions concernées, ont été
profondément transformés par
les opérations de remembrement. Les excès du remembrement et des arrachages de haies qui lui sont associés, leurs effets péjoratifs sur l'environnement (maintien de la biodiversité, préservation de la ressource en eau) ont pu, ça et là, inciter à mener des opérations de réembocagement.
|
Systèmes d'information géographique (SIG) et géomatique
Les SIG (GIS, Geographic
Information System en anglais) permettent d'analyser sous forme de
"couches" les différentes
informations numériques disponibles
sur un territoire géoréférencé.
Structurées sous forme de "bases
de données", elles
peuvent être extraites, triées,
traitées à partir des requêtes de leur utilisateur. Ces systèmes
facilitent donc les opérations de
superposition, comparaison, simulation des
données sur un espace. Ils permettent, en particulier, de réaliser des Modèles numériques de terrain (MNT) et d'avoir une vision 3D de restitution et de simulation paysagère des espaces étudiés. Ils facilitent les études
d'anticipation des transformations d'un
paysage : impact visuel de certains travaux
et projets d'aménagement (autoroute,
ligne TGV, projets immobiliers, aménagements
paysagers, forestiers) ; évolutions
spontanées.
Voir en rubrique "Savoir faire" : Le rêve d'Icare à domicile
|
Société
de Géographie
Au XIXe siècle, voyageurs et explorateurs géographes ont accompagné l'expansion coloniale française. Ils ont contribué à
forger les images, les sensibilités et les représentations
des espaces "du lointain" à
une époque où les supports
d'information visuelle
étaient encore peu développés et les Sociétés de Géographie ont relayé leurs témoignages et leurs études.
Celle de Paris est l’une
des plus vieilles Sociétés
savantes françaises (fondée
en 1821 et reconnue d’utilité
publique depuis 1827) et la plus ancienne
Société de Géographie
au monde. Sa création avait été
envisagée dès 1785 par Jean-Nicolas
Buache (1741-1825) premier géographe
et cartographe de Louis XVI, le roi protecteur
de Lapérouse. Les autres sociétés
sont plus jeunes : Berlin (1828), Londres
(1830), Francfort (1836), Mexico (1859),
St-Pétersbourg (1845), New York (1852),
Vienne (1856), Genève (1858) etc.
Chaque pays en a au moins une et elles sont
aujourd’hui une centaine.
Parmi les anciens présidents et (ou)
sociétaires, relevons quelques noms
illustres : Laplace, Cuvier, Chateaubriand,
Guizot, de Humboldt, de Lesseps, de Martonne, Elisée Reclus, Jules
Verne, Anatole France, Jean Charcot, etc.
Voir le site en ligne de la Société
de Géographie qui en retrace l'histoire,
le patrimoine :
www.socgeo.org ainsi que, concernant
les sociétaires photographes :
- sur le site du ministère des :
www.france.diplomatie.fr/archives/dossiers/regards/texte1.html
- sur le site Gallica de la Bnf : http://gallica.bnf.fr/themes/ImaXVIIII8.htm |
Spatialisation
"Les groupes humains façonnent
les paysages en fonction d'un projet de
mise en espace prédéterminé.
(...) Les différentes modalités
de structuration du territoire ont une influence
directe sur les processus d'humanisation
et leur intensité. La maîtrise
de l'espace est assurée par des points
forts, des noeuds, des carrefours, mais
aussi par des lieux de passage obligés,
des points de rupture de charge, des axes
de contrôle et de circulation. (...
) Plus la spatialisation est intense, plus
l'humanisation des paysages l'est aussi"
(Vincent Clément - Pays et paysages
de Vieille Castille)
|
| Terroir
Parmi les nouveaux modèles envisagés
pour le développement des zones rurales
fragiles, l'élaboration de produits
du terroir apparaît bien souvent comme
une solution miracle. Ce qui suppose des
opérations de labellisation souvent
lourdes, à forte dimension procédurale
: par exemple, les Appellations d'origine contrôlée (AOC).
En termes d'image, le produit du terroir
est souvent "vendu" à travers
les paysages ou les coutumes qui lui sont associées.
De telles démarches, bien menées,
peuvent poser les bases d'un diagnostic
territorial, rassembler les énergies,
être l'occasion d'une réflexion
de fond sur les objectifs d'une production,
d'une filière, d'une entité
socio-spatiale. La fonction cathartique
n'est pas la moindre de leur vertus.
Mais elles comportent aussi des risques,
dont celui d'enfermer le territoire dans
des images évoquant la tradition
plus que l'évolution, la permanence
plus que l'adaptation.
D'après Serge Ormaux - Propos sur
le paysage - HDR - 1999
|
| Ter-Uti
- Enquête sur l'utilisation du territoire
Ter-Uti est une enquête
statistique organisée par le service
central des enquêtes et études
statistiques (le SCEES) reconduite
tous les ans. Cet outil donne des informations
sur l'occupation et l'utilisation des sols.
Les points de sondage sont répartis
à travers un réseau de 4 700
mailles qui couvre le territoire français.
Chaque maille est couverte par des photographies
aériennes (4) sur lesquels sont disposés
36 points d'enquête. Cet outil donne
des informations sur l'occupation et l'utilisation
des sols. L'observation physique du territoire
à partir d’une grille de points
sélectionnés sur des photos
aériennes est complétée
par la mention d’une ou plusieurs
fonctions socio-économiques à
laquelle participe chaque portion de territoire
observée.
Mise en place à partir de 1969, l'enquête
TERUTI n'est réellement stabilisée
et fiable dans ses résultats longitudinaux
qu'à partir des années 1980. L’enquête
permet de connaître et de suivre la
répartition des surfaces du territoire
suivant une nomenclature physique en 81
postes. Mais elle a des limites car elle
est orientée essentiellement vers
l’utilisation agricole et de plus
les zones importantes pour l’environnement
sont souvent de petite taille et recoupent
rarement les zonages administratifs. Eventuellement
l’observation d’aspects plus
environnementaux par cette enquête
de terrain, comme la biodiversité
ou la qualité paysagère, serait
intéressante. Cette
démarche permet cependant d'appréhender
les grandes évolutions dans l'occupation
du sol.
Voir :
- sur le site de l'IFEN, une fiche méthodologique
"Paysages et occupation du sol"
:
www.ifen.fr/acquilac/fiche6.htm
- les éléments méthodologiques
de cette "note rapide sur l'occupation
du sol" diffusée par l'IAURIF
en février 2000 :
www.iaurif.org/fr/ressources_doc/publications/
publicationsrecentes/notesrapides/occupasol.htm |
| Transect
Traversée, selon une ligne imaginaire,
d'un espace géographique afin d'en
analyser les composantes paysagères
: ce qui peut se traduire par une coupe,
un profil, l'analyse de valeurs rencontrées
(dans le cas de données numériques
d'une image par exemple), etc. |
| Transition
paysagère
Inspirée du modèle de la transition
démographique, (...) une transition
paysagère est une phase de l'évolution
des paysages qui part d'une certaine situation
caractérisée par des processus
d'humanisation dominants dans le cadre d'un
système spatial déterminé
et qui aboutit à d'autres processus
d'humanisation dominants, correspondant
à un autre système spatial.
Aux deux extrêmités d'une transition
paysagère, il y a une situation de
concordance entre l'humanisation et la spatialisation.
(..) Contrairement aux "crises paysagères",
une transition paysagère s'inscrit
sur la longue durée, généralement
plus d'un siècle. (Vincent Clément
- Pays et paysages de Vieille Castille) |
| Unité
paysagère
Portion de l'espace constituant un ensemble
relativement homogène sur le plan
de la topographie, de l'utilisation de l'espace
et de la couverture végétale
ou de l'occupation humaine. Les opérations de zonage consistent à décomposer
l'espace paysager observé en unités
paysagères homogènes
auxquelles il est possible d'appliquer des
critères de description objectifs. |
Urbains (paysages)
Les grandes mutations contemporaines des paysages urbains datent, en France mais aussi dans la plupart des pays du monde développé, de la période des "trente glorieuses" (années 1960 et 1970) où l'on a vu se multiplier les "grands ensembles" (barres, immeubles) dans le cadre des ZUP par exemple. Il s'agissait alors de traiter une situation d'urgence.
Mais ces grands programmes et leur environnement se sont par la suite dégradés.
Au tournant des années 1980, la politique d'urbanisation s'est infléchie : les premières démolitions d'immeubles ont suivi les émeutes des Minguettes à Vénissieux en 1981. Entre 1983 et 1989, un Fonds social urbain (FSU) a permis d'améliorer l'image de certaines banlieues en les aménageant (Orly par exemple).
À partir de 1994, les Grands projets urbains (GPU) ont concentré les actions sur des sites particulièrement difficiles (quartiers nord de Marseille, le Val Fourré à Mantes, les friches industrielles de la plaine Saint-Denis, Roubaix-Tourcoing, Dreux, etc.).
Le Comité interministériel des villes (CIV) de décembre 1999 lance les Grands projets de ville (GPV) destinés à intervenir sur des secteurs urbains dont le degré de disqualification et de dégradation urbaine, mais aussi sociale et économique, ne peuvent être résolus par les seules "procédures classiques de la politique de la ville".
La loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbains (SRU, 13 décembre 2000) introduit de nouveaux outils d'aménagement et intègre les notions de développement durable, de solidarité, particulièrement en matière d’habitat et de territoires de projet. Elle institue de nouveaux documents d’urbanisme : les Schémas de cohérence territoriale ( SCOT) et les Plans locaux d'urbanisme ( PLU) qui remplacent les SDAU et les POS de 1967 et doivent être compatibles avec les Directives territoriales d'aménagement (DTA).
Pour approfondir :
-
dans le corpus documentaire de ce dossier, par Emmanuel Boutefeu,
La nature en ville : des enjeux paysagers et sociétaux
- dans le dossier La France, des territoires en mutation (nouvelle fenêtre) :
La politique de la ville en France (Les étapes de la politique de la ville en France / Aspects de la rénovation urbaine)
|
Vue (angles et points de vue) et plans
Un point de vue découvre au regard
une étendue qui ne correspond qu'à
une partie de l'espace où se situe
l'observateur mais forme un ensemble immédiatement
perceptible. (M. Collot, L'horizon du paysage).
Il est dans le champ du regard mais comporte
ses parts d'ombre, des espaces cachés.
Le point de vue de la carte postale laisse
soigneusement hors-champ les pylônes,
silos ou autres hangars jugés disgracieux.
En fonction du point
de vue, la restitution visuelle du paysage
sera fort différente :
- dans le cas d'une vue verticale : applatissement
du relief, absence d'échelle des
plans mais meilleure vue synoptique, des
grandes unités paysagères,
- dans le cas d'une vue oblique : hiérarchisation
des plans mais des effets de rideaux,
de barrière qui peuvent interdire
une vue d'ensemble de la région
observée.
En fonction des objectifs, on privilégiera
l'une ou l'autre des méthodes.
Par rapport à l'observateur et à son point de vue, le plan désigne
une surface perpendiculaire à la direction
(axe) du regard et de la photographie. Dans ce sens,
un plan est un repère spatial : on
parle de premier plan, d'arrière-plan.
Il peut y avoir une succesion de plans distincts
dans la profondeur de l'espace (ou du champ).
|
Webcam
Caméra fixe placée à
un endroit précis n'importe où
dans le monde qui permet d'observer à
distance un lieu, un paysage. Le pas du
renouvellement de l'image consultable en
ligne est variable (de l'ordre de la minute,
les 30 minutes, l'heure ou seulement quelques
fois dans la journée). Ainsi peut-on
faire le tour de la planète en quelques
minutes.
De nombreux sites d'information
sont ainsi équipés. Parmi
des annuaires de webcam :
www.annucam.com
ou www.comfm.com/webcam/?ma=1 |
| Zonages d'inventaire ou de protection et sauvegarde
Différents types de zonages contribuent à inventorier et parfois à "protéger" habitats et paysages.
Par exemple :
- Les Zones
du patrimoine architectural,
urbain et paysager
(ZPPAUP) qui ont remplacé, en 1993 (loi
"paysage") les ZPPAU créées en 1983. Les Commissions
régionale du patrimoine et des sites
(CRPS) donnent leur avis sur les permis de
construire ou de démolir aux abords
et en covisibilité d'un monument
historique, d'un secteur sauvegardé
ou d'une ZPPAUP.
- Les
Zones naturelles d'intérêt écologique,
faunistique et floristique (ZNIEFF) qui correspondent à un territoire remarquable par les espèces ou les habitats qu’il
abrite mais elles ne sont pas, en elles-mêmes, une protection réglementaire. L’inventaire des
ZNIEFF est un document d’alerte. On distingue les
ZNIEFF
de type I : Secteurs de superficie en général
limitée, caractérisés par
leur intérêt biologique remarquable / les ZNIEFF de type II : Grands ensembles naturels
qui offrent des potentialités biologiques
importantes. |
Glossaire proposé et assemblé par Sylviane Tabarly

Retour haut de page
| Mise
à jour partielle : 28-04-2007
|
|
|