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Le paysage dans tous ses états

Géoconfluences - Le paysage dans tous ses états

Publié le 10/01/2013

 

 

 

 

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Exprimer, questionner, rechercher, définir

Un glossaire pour : questionner, problématiser ; identifier et comprendre des mots-clefs ; faire des recherches en ligne. En complément du glossaire des notions générales proposé sur le site

Assez large remaniement du glossaire en avril 2007.

A à D E à L M à Q R à Z

Agri-environnemental

Est qualifié d'agri-environnemental ce qui doit permettre d'assurer, dans les activités et politiques agricoles, respect et protection de l'environnement, des espaces naturels, des paysages et de la biodiversité.
Dans le contexte d'élargissement de l'UE et sous la pression des négociations internationales (OMC, cycle de Doha), la Politique agricole commune de l'UE (PAC) a été réformée en prenant davantage en compte les dimensions environnementales de cette activité. Dans le cadre de la multifonctionnalité, différentes mesures ont pour objectif d'inciter les agriculteurs à intégrer le respect de l'environnement et des paysages dans leurs pratiques agricoles, notamment :
- des aides à la protection de l'environnement ou au développement rural,
- des plans de développement durable (PDD) impliquant les Contrats territoriaux d'exploitation (CTE) qui permettent d'aider les agriculteurs s'engageant, entre autre, à produire des produits de qualité, à gérer le patrimoine naturel et culturel, à mener des actions en faveur de la prévention des risques naturels et des incendies, ou à changer de pratiques agricoles pour protéger l'environnement.

Voir sur Géoconfluences (nouvelle fenêtre) le dossier :
Le développement durable, approches géographiques.

Aménités

Ensemble d'éléments contribuant à l'agrément d'un lieu pour ceux qui y vivent : climat, paysage, ambiance.

Anthropisé (anthropique)

Soumis à l'influence humaine, transformé par elle : aménagements, dégradations, exploitations des ressources, etc... Fait provoqué ou accentué par l'action de l'homme. Est anthropique un phénomène géographique attribuable à l'action de l'homme.

Archéologie

Le patrimoine archéologique de la France, sa préservation et (ou) son inventaire, peuvent avoir des effets sur les décisions paysagères.
L'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a été créé en 2001. Cet établissement public placé sous la tutelle des ministères de la culture et de la recherche a pour vocation de préserver le patrimoine archéologique national susceptible d'être menacé par les chantiers d'aménagement du territoire. Jean-Paul Dumoulin, son président en septembre 2002, donnait les précisions suivantes (Le Monde du 11-09-2002) : "on compte aujourd'hui plus de 2 000 fouilles préventives par an. En effet l'ensemble des travaux d'aménagement représente en France 350 km² par an soit près de 1km² par jour." Certains reprochent à ces fouilles de ralentir, voire de rendre impossible les travaux programmés. Les Services Régionaux de l'Archéologie sont chargés de l'application de la législation en vigueur (lois de 1941, 1945, 1980 etc…) et de la mise en place de mesures de conservation qui peuvent s'imposer (fouilles préventives).

 
Archéologie (histoire) du paysage et "archéologie industrielle"

Il n'est pas de lieu sans histoire. Aussi s'agit-il de mettre à jour les superpositions des mémoires inscrites dans le paysage : affectations passées des objets observables, succession des usages, etc. Elle pourra ainsi participer à un "diagnostic territorial" destiné à évaluer, déterminer ce qui doit être protégé, de quelle manière, ce qui peut, dans un paysage donné, avoir valeur patrimoniale. "L'histoire du paysage contribue à son intelligence globale, fait saisir sa diversité dans le temps et la complexité des liens qui le solidarisent avec les pratiques symboliques et techniques des sociétés passées et présentes." (Dictionnaire de l'urbanisme et de l'aménagement - P. Merlin, F. Choay).

Ce sont d'abord des historiens britanniques (Michael Rix, Robert Angus Buchanan, Kenneth Hudson) des universités de Birmingham, d'Edimbourg et de Hull qui ont pris conscience de l'intérêt du patrimoine industriel et minier. Dès le milieu des années 1950, ils créent une nouvelle discipline appelée "archéologie industrielle" (Hudson 1971, Buchanan 1972, Falconier 1980), dont l'objet est d'étudier les constructions ou les ouvrages fixes illustrant les débuts et l'évolution des développements industriels et techniques.
Partant du Royaume-Uni, cette discipline nouvelle s'est diffusée dans tous les pays anciennement industrialisés. Elle s'est progressivement organisée et tint son premier congrès international en 1973 à Ironbridge (Shropshire au Royaume-Uni), haut lieu et berceau de la Révolution industrielle. Le Comité international pour la conservation du patrimoine industriel (The International Comittee for the Conservation of the Industrial Heritage / TICCIH : www.ticcih.org), fondé dès le troisième congrès à Stockholm en 1978, œuvre notamment pour qu'un certain nombre de sites industriels entrent au Patrimoine mondial de l'Unesco. Le premier site classé au titre de "the industrial heritage" est la mine de sel de Wieliczka en Pologne (inscrite en 1978), suivie en 1980 par l'ancienne ville minière de Røros en Norvège. Depuis lors, 32 autres sites "industriels" ont été inscrits au Patrimoine de l'Unesco (http://whc.unesco.org/sites/1027.htm ), qui comporte désormais douze anciens sites miniers ou villes minières. D'abord limitée aux ouvrages et aux bâtiments légués par la révolution industrielle du XVIIIe et du début du XIXe siècle, si nombreux au Royaume-Uni, la curiosité des chercheurs s'élargit ensuite aux héritages techniques de périodes plus récentes à travers la grande variété d'objets (anciennes usines, forges, moulins, barrages, systèmes d'irrigation, canaux, voies ferrées, ponts, etc…) étudiés par l'archéologie industrielle.

Cependant, ce n'est que très progressivement que l'archéologie industrielle a commencé à s'intéresser à l'ensemble du paysage de régions marquées par l'industrie ou l'exploitation minière (R. Slotta, 2000). Cet élargissement de l'optique s'est traduit aussi dans la conception de patrimoine, qui englobe désormais non seulement un site en particulier, mais aussi tout un paysage. À ce titre, les paysages de trois anciennes régions minières ont été récemment inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco : le paysage culturel de Hallstatt et du Salzkammergut en Autriche (ancienne exploitation du sel de l'âge du bronze), le paysage industriel de Blaenavon, berceau de l'exploitation charbonnière au Pays de Galles et la région minière du Koppaberg à Falun en Suède.

Voir, sur le patrimoine "industriel", l'article de Michel Deshaies :
Les bassins houillers d'Europe : des paysages entre héritages et renouveau
 
Archétype paysager

Une typologie des paysages consiste, dans un premier temps, à élaborer un inventaire des composants du paysage puis, dans une seconde étape, à analyser leurs agencements, leurs fonctionnements et leurs dynamiques d'évolution. Mais dégager des archétypes suppose d'identifier plutôt les caractères de stabilité, dotés d'une relative permanence. Ainsi par exemple, l'archétype paysager : des pays de grande culture ; des pays de vignoble ; des pays bocager ; de la banlieue pavillonnaire, etc.
Artificialisation

Ensemble des transformations dues à l'homme, plus ou moins volontaires et raisonnées, qui modifient en tout ou partie la physionomie et les fonctionnements d'un milieu ou d'un paysage.
 
Beau

Dans une acception courante de la notion de paysage, celui-ci ne peut-être que jugé "beau" ou esthétique. Et, s'il ne l'est pas, il n'y a plus de paysage. Voir, par exemple, cette page d'accueil de l'association "Paysages de France" : http://paysagesdefrance.free.fr/pdf/index.htm Comme nous y invitent "les mots de la Géographie", relisons Voltaire (Dictionnaire philosophique) "Il conclut, après bien des réflexions, que le beau est très relatif, comme ce qui est décent au Japon est indécent à Rome, et ce qui est de mode à Paris ne l'est pas à Pékin ; et il s'épargna de composer un long traité sur le beau".
On pourra donc, sans complexe, juger beau certains paysages de la production industrielle ou énergétique (de la raffinerie à l'éolienne), les paysages de l'échange (aéroports, terminaux portuaires par exemple), etc. Jacques Lacarrière nous invitait à partager certains de ses enthousiasmes à l'égard des pylônes Beaubourg et autres raffineries dans "Ce bel aujourd'hui".
On remarquera que ce qui fait la valeur d'un paysage, d'un site, est variable dans le temps et dépendante des usages socio-économiques, des pratiques culturelles de ceux qui y vivent ou de ceux qui le visitent et le découvrent.

Biodiversité et habitat

La biodiversité renvoie à la diversité des être vivants, animaux ou végétaux, sur un territoire donné qui en constitue l'habitat, au sens écologique du terme.
En France, divers dispositifs ont des objectifs de protection environnementale des territoires et de préservation de la biodiversité. Par exemple :
- Les Réserves naturelles, créées par la loi du 1er juillet 1957 (modifiée par celle du 10 juillet 1976), sont des parties du territoire d'une ou plusieurs communes pour lesquelles des mesures spéciales de protection sont adoptées afin d'y conserver des espèces animales ou végétales ou des milieux menacés. Elles sont gérées par une association ou par un syndicat de communes. Le classement en réserve naturelle résulte d'un décret, après enquête publique, à la demande d'une administration, d'une collectivité territoriale, d'une association.
- Les Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) ont été instituées en 1982 dans la perspective d’un recensement général des richesses naturelles du territoire français. L'inventaire est réalisé à l'échelle régionale. Les ZNIEFF sont entièrement cartographiées. Si elles ne sont pas opposables à des tiers, elles sont, la plupart du temps, prises en compte dans les projets d'aménagement du territoire (SCoT / PLU par exemple).

Par ailleurs, le Conseil européen du 21 mai 1992 (92/43/CEE) a engagé la constitution d'un réseau écologique de zones spéciales protégées dénommé "Natura 2000".

Consulter :
- Paul Arnould : "Biodiversité : de la confusion des chiffres et des territoires" (document à consulter)
- Voir aussi :
- un dossier sur un site ressources du réseau ENS/DGESCO (sciences de la vie) : La biodiversité - www.snv.jussieu.fr/vie/dossiers/biodiversite/index.htm
- L'UICN (IUCN, World Conservation Union) : www.iucn.org

Bloc-diagramme

Représentation graphique en perspective et en coupe d'une portion d'espace. Les éléments de l'occupation du sol qui y sont représentés dépendent des objectifs de la représentation : préoccupations centrées sur les paramètres bio-géo-physiques ; sur les dimensions anthropiques ; sur un projet d'aménagement ? Le bloc-diagramme peut être réalisé à partir d'un modèle numérique de terrain (MNT).
Voir, sur Cybergéo, l'article de Y. Michelin : Le bloc-diagramme : une clé de compréhension des représentations du paysage chez les agriculteurs ? Mise au point d’une méthode d’enquête préalable à une gestion concertée du paysage en Artense (Massif central français) :
www.cybergeo.presse.fr/paysenvi/texte/michelin.htm

Carte mentale

On appelle carte mentale la représentation que tout individu ou tout collectif se fait d'un espace donné. Elle varie en fonction des usages, des pratiques de l'espace et donc de l'âge, de la situation socio-professionnelle, etc. Elle influe sur la perception que chacun peut avoir du paysage.
Climax, climacique

Désigne un état d'équilibre atteint par la végétation spontanée dans un milieu donné et stable, en excluant l'action humaine. Le climax serait donc ce vers quoi tend spontanément la nature en l'absence d'anthropisation, d'artificialisation
Conservatoire du littoral et des rivages lacustres

Établissement public à caractère administratif créé par une loi de 1975, ayant pour mission de "mener dans les cantons côtiers et dans les communes riveraines des lacs et des plans d'eau d'une superficie au moins égale à 1 000 ha, une politique foncière de sauvegarde de l'espace littoral, de respect des sites naturels et de l'équilibre écologique"
Le Conservatoire agit principalement grâce à ses capacités foncières : il acquiert des terrains littoraux ou peut les recevoir sous forme de donation. De 1975 à 2007, le domaine relevant du Conservatoire du littoral représente 103 000 hectares, 880 km de rivages, 400 sites naturels.

Le site du Conservatoire : www.conservatoire-du-littoral.fr
Déprise (agricole, industrielle .. )

Diminution de l'intensité ou de l'extension d'une activité socio-économique dont les effets sont perceptibles dans l'occupation humaine de l'espace : déclin démographique et ses conséquqences, paysages d'abandon, équipements obsolètes, etc.. Dans la monde agricole, rural, il se traduit par l'abandon des terres, la sous-utilisation de certaines parcelles.
La déprise agricole est une composante de l'évolution des territoires ruraux. Elle contribue à transformer certaines campagnes en profondeur : apparition de friches, reboisements, réaffectation à d'autres usages (tourisme, zones de protection de la nature - parcs ou autres), arrivée de néo-ruraux profitant d'espaces aux disponibilités foncières attractives. "La France du vide", selon l'expression du géographe poitevin Roger Béteille* en 1981), est celle des faibles densités, inférieures à 45 hab/km² en moyenne (voire de 25 ou 20 hab/km² selon certains géographes spécialistes de ce champ d'étude) pour les densités des espaces à dominante rurale. Ils se concentrent, majoritairement , sur une diagonale Nord-est / Sud-ouest (qualifiée parfois de "diagonale du vide") incluant des zones de montagne comme la Lozère, département le moins densément peuplé de la France métropolitaine (14 hab/km²). Cette "diagonale" a cependant tendance à se fractionner. Ainsi, l'étalement urbain toulousain gagne l'arrière-pays ariégeois, bien au-delà de la seconde couronne de périurbanisation.
Dans les espaces ruraux profonds, l'exode rural est un processus ancien. Il a parfois commencé dès 1846, qui aurait été l'année du maximum démographique des campagnes françaises. Il en résulte des transformations profondes des paysages : dégradation de l'habitat rural, ruines, mais parfois aussi reprises et restauration par des nouveaux propriétaires urbains français ou européens.
Les territoires les plus touchés par la déprise peuvent bénéficier de mesures particulières telles que le dispositif des Zones de revitalisation rurale (ZRR) et celui des Territoires Ruraux de développement prioritaire mis en place par la LOADT de 1995. Des opérations de reboisement ont pu être entreprises, parfois financées dans le cadre de la PAC.

- Roger Béteille : La crise rurale - PUF - 1995 / La France du vide - Litec - 1981

 
Directions départementales et régionales

Chacune à son niveau de compétence, compte tenu de ses missions, ces Directions peuvent jouer des rôles plus ou moins importants en matière paysagère. Citons :
- de l'agriculture et des forêts - DRAF - DDAF
- de l'environnement - DIREN
- de l'équipement
Directives européennes

Différentes directives européennes ont des impacts sur les politiques paysagères, environnementales des États membres et elles doivent être transposées dans leurs lois et réglementations. Elles nécessitent de procéder à des inventaires et à des délimitations spatiales. Les plans de gestion et les mesures de protection qui en découlent sont l'objet, localement, de négociations, voire de tensions, entre les principaux acteurs et les principaux usages concernés (tourisme, chasse, pêche, écologisme, projets d'aménagement industriels et urbains).
Voir (nouvelle fenêtre) le cas du réseau Natura 2000, la situation en France en 2007 une page du dossier France, des territoires en mutation.


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École de Besançon

Dans les années 70, l' "École de Besançon" (J.C. Wieber) cherche à concilier l'objectif et le subjectif que comporte l'étude des paysages. Ses géographes distinguent trois types de sous-systèmes dans le complexe paysager : le sous-système producteur du paysage composé d'éléments à la fois naturels et anthropiques ; le sous-système d'utilisateurs (créations de l'oeil et de l'esprit, domaine d'appréciation de la dimension esthétique et culturelle) ; le sous-système du paysage visible, niveau intermédiaire entre les deux précédents : ses images-spectacles résultent du premier et donnent la matière au second.
Écologie du paysage ( Landscape ecology)

L'écologie du paysage s'intéresse à l'interaction entre l'organisation de l'espace et les processus écologiques. Cette approche est apparue avec l'étude des photographies aériennes et le terme est d'origine allemande (landschaft Ocologie). Cependant c'est au cours des années 80 qu'elle s'est organisée à travers : la création de l'IALE (International Association for Landscape Ecology) en 1982 ; un séminaire et un manifeste fondateurs (1984 aux États-Unis). Deux revues thématiques (Landscape Ecology et Landscape and Urban Planning) lui sont plus particulièrement dédiées.
Certains géographes français considérent que cette école proposait, jusqu'à présent, une vision réductrice de l'étude du paysage peut-être en voie de réévaluation.

Enquête (d'utilité) publique

Phase au cours de laquelle un projet de décision administrative est soumis aux observations du public, dans le but d'assurer l'information des personnes concernées, de garantir les droits de propriétaires et de favoriser la concertation. Les types de projets concernés ont souvent des effets paysagers notables, par exemple : documents d'urbanisme tels que les POS - PLU, certains projets d'aménagements urbains spécifiques, les projets d'équipements publics d'infrastructure ou de travaux surtout lorsqu'ils supposent des expropriations, les créations de parcs nationaux, etc.
Les conclusions de l'enquête n'ont qu'une valeur indicative et ne s'imposent pas à la décision administrative finale.

Friches

Les friches renvoient à des images d'abandon et de déprise dans ses représentations courantes. Mais aucune définition ne fait vraiment l'unanimité des spécialistes, surtout dans les espaces ruraux.
On peut considérer que Les friches sont des terrains qui ont perdu leur fonction, leur vocation, qu'elle soit initiale ou non : friche urbaine, friche industrielle, friche commerciale, friche agricole. Laissées momentanément à l'abandon, ces surfaces peuvent fournir l'opportunité de repenser l'aménagement du territoire, tant en milieu rural qu'urbain. La situation n'a pas de caractère irréversible : la friche peut être réaffectée à une activité comparable ou être réaffectée à une autre activité (anciennes usines réhabilitées en ensembles résidentiels, de bureaux ; terrils en espaces de loisir, etc.). Il s'agit donc souvent d'un temps d'attente, d'une situation transitoire entre un usage et un autre.
En milieu rural, la définition de la friche est assez ambiguë, polysémique, variable en fonction des spécialistes. On peut s'accorder sur le fait qu'elle désigne un espace agricole récemment abandonné, qui a été cultivé. Il est donc, statistiquement, sorti de la Surface agricole utilisée (SAU) et laissé à la végétation spontanée. La friche est une situation temporaire car elle est destinée à devenir un bois, une forêt, des landes, etc. ou à être cultivée à nouveau. Il faut se méfier des statistiques sur la friche, tantôt attribuée aux formations forestières, tantôt à des usages agricoles, ce qui provoque des biais de lecture et d'interprétation. À partir de quand la désaffection devient-elle abandon ? Pour l'agriculture, l'INRA distingue des friches "jeunes" (de moins de 10 ans) et des friches "âgées". Dans la mesure où les limites sont floues, l'inventaire des friches est difficile à réaliser.
Il arrive que l'on confonde la jachère, pratique de mise en repos de la terre pour des raisons biologiques ou économiques (dans le cadre de la politique de la PAC par exemple), avec la friche.
La friche est souvent connotée péjorativement, associée à des terrains à fortes contraintes (pente, sol, etc.). L'ouvrage du journaliste Éric Fottorino, "la France en friche", publié en 1989, témoignait d'une forme de psychose, la nature ayant horreur du vide. Il existe de fait des visions contrastées de la friche. Par exemple, pour les agriculteurs, c'est le symbole de l'abandon, de la désolation, du renoncement. Pour les écologues, c'est un milieu aux riches potentialités biologiques.
En milieu urbain, on peut distinguer différents types de friches. Les friches de la périphérie urbaine, désaffectées par les activités agricoles, industrielles ou logistiques (penser aux vastes emprises de la SNCF), sont en attente d'une utilisation de type urbain et d'une valorisation sous l'effet de la pression foncière. Les friches urbaines en espace bâti, sont en réserve et en attente de réaffectation et de projet d'urbanisme de rénovation ou de réhabilitation. Ces friches peuvent résulter de la démolition d'espaces résidentiels déclassés ou d'espaces d'activités industrielles ou commerciales désaffectées. Des quartiers entiers font l'objet d'opérations mixtes État, collectivités et UE par le biais d'établissements publics en charge des opérations de réaffectation (portage financier, maîtrise d'ouvrage, appui technique, etc). La rénovation de certaines friches industrielles a pu se faire en bénéficiant des fonds structurels de l'UE. Par exemple, dans ce cadre, en région Île-de-France , le ratio des friches industrielles par habitant sur une zone éligible de 100 000 hab. est passé de 21,5 ha/hab en 2000 à 16 ha/hab en 2006.

- Concernant les friches et les accrus forestiers, on peut prendre connaissance des documents proposés en ligne par Pierre Dérioz (Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse - UMR Espace / Laboratoire Structures et Dynamiques Spatiales) à partir de :
www.geo.univ-avignon.fr/Site%20Avignon/pages/labo/Ac%20DERIOZ.html
- Différents articles de Pierre Dérioz (Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse) :
http://iga.ujf-grenoble.fr/territoires/membres/chercheurs/Derioz_publis.htm et
www.geo.univ-avignon.fr/Site%20Avignon/pages/labo/Ac%20DERIOZ.html

Géosystème paysager

Pour les géographes de Besançon, le paysage se lit à travers un filtre perceptif et se décompose en trois systèmes interdépendants : le système producteur ; le système du paysage visible ; le système utilisateur.

Georges Bertrand explique que "c'est le système de production au sens large, c'est-à-dire produisant des biens matériels et culturels, qui, à l'intérieur d'un groupe social défini et dans un espace donné, dessine le contenu matériel et culturel d'un paysage". Aussi, pour saisir cette complexité, il propose une démarche qui s'appuie sur des scénarios paysagers et la combinaison de trois unités : temps, espace, action et qui repose sur l'analyse des modes de production dans leur dimension sociale et écologique. Ce qui aboutit au "système de référence paysager" considéré comme l'interface entre nature et société.

De son côté, partant de l'observation des paysages végétaux du sud-est de la Vieille Castille, Vincent Clément propose de distinguer trois grands types de géosystèmes anthropiques, correspondant aux grandes tendances évolutives des paysages : géosystèmes de dégradation ; géosystèmes de substitution ; géosystèmes de margination.
 

Habitat

En géographie, l'habitat peut être défini comme l'organisation des habitations sur un espace donné. L'habiter renvoie à la capacité des acteurs à organiser leur habitat, aux pratiques de vie qu'en ont les individus et les groupes qui l'occupent. L'habitat est l'objet de mutations permanentes qui transforment rapidement les paysages et on peut observer des phénomènes complexes, parfois paradoxaux. Tout d'abord, l'étalement des zones résidentielles en périphérie urbaine et en rural périurbain traduit un phénomène généralisé de desserrement. Mais aussi, parfois, les densifications des centres, variables selon les types de concentration urbaine. La situation peut fortement varier selon la taille des agglomérations, entre la situation francilienne, les métropoles régionales et les villes petites et moyennes.
On observe aussi la désaffection généralisée à l'égard des "grands ensembles" qui font l'objet d'opérations de démolition parfois spectaculaires au profit de rénovations et de formules résidentielles de type lotissement pavillonnaire ou petits collectifs. La résidence pavillonnaire est une forme spécifique de la résidence individuelle qui s'est particulièrement développée en France alors que d'autres pays développés ne connaissent pas le même phénomène. La pavillon est doté d'attributs emblématiques : la maison en elle-même, qui condense les valeurs de la vie intime et familiale, et qui, derrière une revendication de personnalisation, répond à des standards précis ; le jardin, au cœur de l'image et de l'imaginaire attachés au pavillon.

Ces approches sont à distinguer de l'habitat, au sens des écologues, c'est à dire des espaces de vie des espèces animales ou végétales. Par souci de biodiversité, leur protection peut s'imposer lorsqu'il s'agit d'espèces menacées. D'où des pratiques d'inventaire et la délimiation de zones de protection impactant alors la préservation et la conservation des paysages. On pourra prendre l'exemple des effets de l'application de la directive européenne Natura 2000.

Voir (nouvelles fenêtres) :
> le glossaire du dossier France, des territoires en mutation ainsi que le cas du réseau Natura 2000 en France.
> La politique de la ville en France : Les étapes de la politique de la ville en France / Aspects de la rénovation urbaine / Les Zones urbaines sensibles : quelques indicateurs

Institut français de l'environnement (IFEN)

Service statistique du Ministère de l'écologie et du développement durable et point focal de l'Agence européenne pour l'environnement qui s'intéresse à l'ensemble des thèmes environnementaux. Son site - www.ifen.fr/ - donne accès à :
- des chiffres clés : www.ifen.fr/chifcle/chiffres.htm
- la base de données "Corine land cover" qui comporte des statistiques et cartographies de l'occupation du sol en France réalisées à partir d'imagerie satellitale. www.ifen.fr/pages/2corin.htm
L'Ifen diffuse diverses publications concernant son champ d'observation. Dont, tous les deux ou trois ans, un rapport sur "L'environnement en France" - www.ifen.fr/pages/2pub.htm . Le dernier, pour 2002, est présenté en trois parties : L’état des milieux et des territoires ; Les pressions exercées sur l’environnement ; Les réponses des acteurs

Image (du paysage) - Droit de l'image, droit à l'image

Un exemple devenu emblématique du conflit entre "propriétaires" des lieux et photographes, publicistes porte sur le puy Pariou en Auvergne. Le 23 janvier 2002 le tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand a débouté six associations de propriétaires du Pariou qui estimaient que l'utilisation commerciale de son image par l'hypermarché Géant constituait une atteinte au droit de propriété. Les propriétaires invoquaient le "trouble de jouissance" provoqué par une surfréquentation du site ainsi que la dégradation induite.

De même, en Bretagne, l'utilisation, dans le cadre d'une campagne de promotion à l'initiative du Comité régional de tourisme de Bretagne (CRTB), de la photographie de l'îlot de Roch Arhon incita le propriétaire des lieux à intenter un procès.

On pourrait aussi multiplier les exemples de procès relatifs au "droit à l'image" portant sur les œuvres d'architectes. Différents sites de nature diverse se font l'écho de ces problèmes, par exemple, celui des anciens élèves de l'École Nationale Supérieure   Vaugirard - Louis Lumière :  www.aevll.org/index.htm

Impact (Étude d'impact)

Étude préalable à la réalisation d'aménagements ou d'ouvrages qui, par l'importance de leurs dimensions ou leurs incidences sur le milieu naturel, peuvent porter atteinte à ce dernier. Elle comporte une évaluation de leurs conséquences sur l'environnement et a un rôle d'aide à la conception du projet, à la prise de décision et d'information du public. Elle est exigée, depuis la loi du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature, pour "les travaux entrepris par les collectivités publiques ou qui nécessitent une autorisation" dès qu'ils dépassent un certain coût ou qu'ils correspondent à certains travaux précis : lignes haute tension, barrages, mines, installations classées, etc. L'étude d'impact est incluse dans le dossier d'enquête d'utilité publique lorsqu'il y en a une.
 
Jachère

La Communauté européenne a, en 1985 - 1988, adopté une politique de mise en jachère afin de maîtriser les excédents et donc le coût de la PAC. Différents types de jachères sont possibles, certains n'ayant pas de conséquence sensible ni durable pour le paysage. Ce qui n'est pas le cas des jachères "faune sauvage" en mode fixe dont le but est de laisser se développer un couvert végétal favorable à la faune. Ces jachères posent des problèmes lorsqu'elles jouxtent des zones de culture (divers risques de contamination biologique et dégats occasionnés par la faune : cervidés, sangliers, etc.)

Loi "littoral"

Loi de janvier 1986 relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral. Elle s'impose aux documents d'urbanisme et s'applique aux communes littorales (y compris autour des plans d'eau intérieurs de plus de 1 000 ha., le long des estuaires et des deltas). Elle prévoit notamment : l'interdiction des constructions et installations (sauf pour besoins impératifs du service public) dans une bande de 100 m. à partir du rivage ; la protection des espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel, du littoral ; l'interdiction de construire des routes de transit à moins de 2 000 m du rivage, sauf nécessité liée à la configuration des lieux ; la confirmation et la précision de la servitude de passage des piétons (sentier du douanier).

Un regard critique sur les limites de la loi "Littoral" : "Près de 15 ans après la loi "Littoral", on peut cependant constater que son application a été modeste. Il est significatif que ce ne soit qu'en 1999 que l'administration en ait publié un bilan (NDLR : rapport Gressier). Aucune prescription particulière régionale n'est venue préciser les dispositions générales de la loi en matière de proetection (...) La protection du littoral n'est pas davantage assurée par les schémas directeurs, procédure tombée en quasi déshérence depuis la décentralisation. Comme ailleurs, la pratique de modification incessante des POS, aggravée par un contrôle insuffisant par les préfets du respect de la loi "Littoral", traduit plus un recul qu'une avancée dans la politique de préservation du littoral, à l'exception notable de l'action du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres." Dictionnaire de l'urbanisme et de l'aménagement - P. Merlin et F. Choay - PUF - 2000

Le rapport Gressier remis en février 1999 relevait que la loi "a permis de mettre un terme sévère aux dérives" et a bien "constitué un frein à l'urbanisation diffuse et incontrôlée". Mais, s'il notait que plus de "82% des communes littorales couvertes par un POS (soit 88% de l'ensemble des communes littorales) (...) sont aujourd'hui en compatibilité avec les principes et les règles posés par la loi" il observait aussi qu'une "reprise de l'activité BTP sur le littoral semble cependant se dessiner depuis le début de l'année 1998. En effet, de sérieux coups de canif ont été portés à la protection des zones sensibles régies par la loi Littoral. Par amendements successifs, députés et sénateurs ont introduit des dispositions dérogatoires. Ainsi, dans la bande des 300 mètres jouxtant les espaces lacustres, il est désormais possible de réaliser "un équipement culturel dont l'objet est directement lié au caractère lacustre des lieux". Il est également possible de construire des "routes de transit à moins de 2 000 mègtres des rives des plans d'eau intérieurs, auparavant prohibés. La loi (de Robien) "Urbanisme, habitat et construction", adoptée le 28 mai 2003 contribue aussi à desserrer ce que certains considéraient comme un "carcan environnemental". Voir Le Monde du 31 mai 2003.

- Un rapport d'information du Sénat (21/07/2004), L'application de la "loi littoral" : pour une mutualisation de l'aménagement du territoire : www.senat.fr/rap/r03-421/r03-421.html

Loi "montagne"

Publiée en janvier 1985, elle repose sur quelques principes : assurer la maîtrise, par les montagnards eux-mêmes, d'un développement d'initiative locale ; concilier aménagement (y compris touristique) et protection dans le cadre d'un mécanisme décentralisé. La loi reconnaît ainsi la spécificité des massifs montagneux. Un Fonds d'intervention pour l'autodéveloppement en montagne (FIAM), intégré depuis au Fonds national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT) peut être mobilisé.
Comme la loi "Littoral", la loi "Montagne" a été appliquée a minima. (Par exemple,) les comitiés de massif n'ont établi aucune recommandation particulière comme ils pouvaient le faire. (...) une évaluation de la politique de la montagne a été établie dans le cadre du Commissariat général du plan en 1999 : s'il souligne la diminution de l'engagement financier de l'État , il note des évolutions positives : 30% de la zone de montagne est protégée ; la crise de la construction et le fléchissement de la demande en sports d'hiver a contribué à limiter le "mitage" des vallées et des versants.
D'après le : Dictionnaire de l'urbanisme et de l'aménagement - P. Merlin et F. Choay - PUF - 2000

Mais quel en sera l'avenir ? Par amendements successifs, députés et sénateurs ont introduit des dispositions dérogatoires à la loi montagne afin de relancer la construction d'infrastuctures et d'habitations dans des zones auparavant sanctuarisées en montagne. Ainsi, l'urbanisation y est-elle désormais acceptable non seulement "en continuité des bourgs, villages et hameaux" mais également en "groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existantes". Les chalets d'estive peuvent être agrandis et on peut en changer l'affectation.

Loi "paysage"

Quel doit être le juste équilibre entre les mesures conservatoires destinées à préserver des traditions, des identités, un patrimoine et l'accompagnement des évolutions sociétales et de leurs traductions paysagères ? Cette problématique est au cœur des débats législatifs, tout particulièrement de cette loi paysage de 1993 qui propose une série de mesures destinées à une meilleure intégration des aménagements. Cette loi, qui donne un statut officiel au paysage, comporte trois volets. Elle modifie les dispositions législatives en matière d'enquête d'utilité publique afin de proposer une meilleure concertation autour des projets d'aménagement, et élargit ainsi les possibilités de débat autour des projets publics. Elle complète le code d'urbanisme en matière de permis de construire, demandant une étude de l'insertion dans l'environnement et de l'impact visuel des nouveaux bâtiments et de leurs abords. Ces dispositions, assorties de mesures d'incitations fiscales et réglementaires, visent à préserver la "qualité paysagère" dans les campagnes lors des opérations de remembrement, aux abords des villes en expansion, sur le rivage ou en montagne. Enfin, la loi complète les dispositifs de protection, élargissant les compétences du Conservatoire du littoral, renforçant les chartes des parcs naturels régionaux, et définissant des Zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP). Elle implique un inventaire régional du patrimoine paysager, sans toutefois proposer des critères d'évaluation des zones à protéger. Elle ouvre la voie à une politique de préservation et de reconquête des paysages. Les textes ultérieurs proposent l'établissement de "contrats de paysage" avec les collectivités locales permettant l'insertion des constructions nouvelles et la valorisation du décor rural (...) D'après Charles Le Coeur - TDC "Le paysage, décor ou enfer ?" - juin 1997 - Retrouver le texte de la loi paysage :
www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ENVX9200202L

Cette loi traduit le glissement d'une analyse des grands paysages, des grands sites touristiques vers le "tout" paysage. Tout espace rural ou urbain devient un paysage à prendre en compte dans l'aménagement. (Y. Veyret)
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Mitage

Éparpillement, sans plan d'urbanisme réellement cohérent, d'infrastructures, de zones d'habitat, de zones d'activité, dans des espaces ruraux (forestiers ou agricoles). Le phénomène de mitage s'observe en zone périurbaine, sous l'effet de fortes pressions foncières ou (et) touristiques et en l'absence d'une réglementation d'occupation du sol suffisamment cohérente et contraignante.
Natura 2000

Le Conseil européen du 21 mai 1992 (92/43/CEE) a engagé la constitution d'un réseau écologique de zones spéciales protégées dénommé "Natura 2000". Celui-ci est avant tout destinéà préserver l'habitat naturel d'espèces animales et végétales menacées dans l'Union européenne et recensées dans les directives "oiseaux" de 1979 (zones ZPS) et "habitat" de 1992 (zones pSIC / ZSC). Le classement en zone Natura 2000 n'interdit pas la poursuite d'activités économiques ou de loisirs compatibles avec leur protection et le zonage des sites du réseau, en ZPS ou en pSIC/ZSC, doit être un compromis entre les impératifs scientifiques, socio-professionnels et politiques.
Ce label de protection est attribué pour six ans renouvelables et il constitue un réseau sur l'ensemble du territoire des États membres de l'UE. En mai 2006, l'UE comptait 4 772 ZPS, pour une superficie de 476 020 km², et 21 832 ZSC d'une superficie totale de 628 494 km². Mais de nombreux sites ont été désignés, dans leur totalité ou en partie, selon les deux directives. On ne peut donc pas additionner ces surfaces pour obtenir un chiffre global pour l'ensemble du réseau Natura 2000.

Voir aussi :
- dans le dossier France, des territoires en mutation :"Natura 2000, où en sommes-nous ?" (nouvelle fenêtre)
- La préservation de la biodiversité dans l'Union européenne, le réseau Natura 2000 :
http://europa.eu.int/scadplus/leg/fr/s15006.htm

 
Nature et culture

Selon certaines approches naturalistes, la nature préexiste à l'homme, elle désigne un état primitif par opposition aux effets de l'anthropisation. Mais la nature est pour d'autres un concept à fort contenu culturel : selon Augustin Berque, "la nature est forcément traduite en termes propres à une culture ; elle est intégrée au monde que l'homme est capable de concevoir, de percevoir et d'aménager. Dans ce cas, la nature ne se définit pas sans ou contre l'homme mais par l'homme.
Orientalisme

L'orientalisme désigne ce qui a pour objet l'étude des civilisations orientales. Plus précisément, il est associé au courant artistique et littéraire du XIXe inspiré par le Moyen-Orient : les campagnes égyptiennes de Napoléon, le mouvement de colonisation contribuent à en développer le goût, l'intérêt. On le rencontre à travers divers mouvements sans qu'il corresponde à un style très identifié.
Picturalement, il se traduit souvent par des scènes exotiques et colorées. Les voyages en Afrique du Nord seront déterminants pour le développement de l'orientalisme en France : Delacroix voyage au Maroc en 1832 (Femmes d'Alger , 1834, Louvre), Chassériau en Algérie en 1846 (il en rapportera une série de croquis). Ces voyages donneront un ton plus sensuel et plus coloré à leur peinture.
Eugène Fromentin (1820-1876) est, avec Alexandre Decamps, le grand représentant de l'orientalisme au milieu du XIXe siècle (la Halte de Cavaliers arabes dans la plaine , 1870). L'orientalisme manifestera davantage de réalisme et de nuances à travers les premiers reportages photographiques (1852) de Maxime Du Camp (1822-1894). Grand voyageur, Du Camp parcourra avec Gustave Flaubert l'Égypte et la Palestine entre 1849 et 1852. Les accents de cet Orient ressurgissent différemment dans l'œuvre de Flaubert, Salammbô (1862) et dans un courant mythologique et symboliste, illustrée, notamment, par l'œuvre de Gustave Moreau.

Voir en ligne :
- l'exposition virtuelle de la Bnf, "Voyage en Orient" plus particulièrement consacrée aux photographes et écrivains :
http://expositions.bnf.fr/veo
- la fiche pédagogique proposée par le musée d'Orsay sur l'orientalisme :
www.musee-orsay.fr:8081/ORSAY/orsayNews/FipedagO.nsf
Orthophotographie

Il s'agit d'une image photographique dont on a corrigé les déformations dues au relief du terrain, à l'inclinaison de l'axe de prise de vues et à la distorsion de l'objectif. Une orthophotographie est donc un produit superposable à une carte (géoréférencé) et facilement intégrable dans un Système d'Information Géographique (SIG), dans des logiciels de DAO, PAO ... Elle permet de mesurer la longueur, la surface de tout objet du sol, visible à l'écran, tels que route, champ...
Par extension, le terme "orthophotographie" désigner une mosaïque de photographies aériennes verticales ainsi traitées.

Voir aussi le terme "photographie aérienne" et la documentation proposée par l'AFIGéO (Association Française pour l’Information Géographique - association loi 1901)
www.afigeo.asso.fr/frame.php?label=documentation
Palimpseste

À la manière de ces parchemins qui gardent la trace des anciens textes imparfaitement grattés, le paysage garde la trace d'héritages produits par l'action successive, sur un même espace, d'agents naturels et d'actions anthropiques. Ainsi témoigne-t-il des anciens chemins d'exploitation, des voies romaines encore visibles et inscrites, des voies ferrées et des gares désaffectées, etc.

Parcs nationaux et Parcs naturels régionaux (PNR)

Les Parcs nationaux ont été initiés par la loi du 22 juillet 1960. Il s'agit de territoires de protection de la nature, gérés par l'État, inspirés par les préconisations de l'UICN (IUCN, World Conservation Union) qui les décrit ainsi : "territoires relativement étendus, qui présentent un ou plusieurs écosystèmes généralement peu ou pas transformés par l'exploitation et l'occupation humaine, où les espèces végétales et animales offrent un intérêt spécial du point de vue scientifique et récréatif". Ils font l'objet de mesures de préservation, de protection.
Les Parcs nationaux sont des dispositifs complexes à monter pour tenir compte équitablement des acteurs locaux. Il existe, en 2007, neuf Parcs nationaux aux superficies variables : Vanoise, Port-Cros, Pyrénées occidentales, Cévennes, Écrins, Mercantour, Guadeloupe, amazonien de Guyane (3,4 millions d'ha avec une zone cœur de 2 millions d'ha) et Hauts de l'île de la Réunion. Ces deux derniers ont été créés en mars 2007. Restent à l'étude et en débats plus ou moins délicats, voire houleux : la mer d'Iroise, la Corse, les calanques à l'est de Marseille.
Un Parc national stricto sensu se compose d'une "zone centrale" ou "cœur" (ou "parc proprement dit" selon la terminologie officielle), où une réglementation stricte protège les milieux (faune, flore, paysage) et d'une "zone périphérique" ("pré-parc"). Ces deux composantes sont doublées d'autres mesures de protection, comme les sites inscrits ou classés, les ZNIEFF. Au-delà de ces deux zones, une zone de "libre adhésion" est laissée à l'appréciation des collectivités.
Des Réserves naturelles peuvent être associées aux deux "zones", comme forme de transition de l'une vers l'autre ; elles se situent bien souvent sur les pourtours de la zone centrale. Moins strictes en termes de protection, elles sont plus restrictives en termes d'interdictions que la zone périphérique.

Les Parcs naturels régionaux (PNR) sont des territoires protégés et habités, majoritairement situés dans des zones fragiles à haute valeur environnementale. Ils ont une double vocation : la protection et le développement économique "durable". Ils sont régis par décrets (1967, 1988) mais les lois de décentralisation, puis la loi du 8 janvier 1993 sur la protection et la mise en valeur des paysages, leur ont donné une base législative. Elle pose le principe que, sur le territoire d'un PNR, "les documents d'urbanisme doivent être compatibles avec les orientations et les mesures de la charte" des parcs qui concourent "à la politique de protection de l'environnement, d'aménagement du territoire, de développement économique et social et d'éducation et de formation du public".
Leur appellation, proche de celle de Parc national, peut porter à confusion. Ce sont des territoires de projet et d'aménagement beaucoup plus que de protection, dotés d'une charte constitutive adoptée par décret, qui en fixe les limites spatiales, en détermine les objectifs, les programmes d'équipements, les mesures à adopter, les règles de fonctionnement et de gestion. Les PNR peuvent être créés à l'initiative des communes, des départements ou des régions. Leur agrément est valable dix ans, renouvelable mais aussi révocable en cas de non-respect de la charte. Ce fut, par exemple, le cas du Marais poitevin, labellisé dès 1979, mais déclassé fin 1996 pour sa complaisance à l'égard de l'agriculture intensive. Depuis, il est un simple parc interrégional et s'efforce de reconquérir son label de PNR.
Il y a, en 2007, en France, 45 PNR sur environ 13% du territoire métropolitain, le dernier arrivé étant celui des Alpilles (décret du 30 janvier 2007).

La loi de 1960 sur les Parcs nationaux avait vieilli car leur modèle ne correspondait plus aux enjeux contemporains d'un développement durable des territoires. En mars 2006 une "loi relative aux Parcs nationaux, aux Parcs naturels marins et aux Parcs naturels régionaux" introduit un nouvel esprit de la conservation de la nature cherchant à protéger les sites mais en impliquant davantage les populations locales. Cette nouvelle loi renforce la protection juridique des Parcs nationaux. Elle modifie les dispositions des articles L. 331-1 du code de l'environnement et suivant relatifs aux Parcs naturels nationaux, parcs qui peuvent être crées à partir d'espaces terrestres ou maritimes quand ils comportent un intérêt spécial et qu'il faut en assurer la protection. Elle crée des instruments spécifiques de protection pour les espaces marins comme "l'Agence des aires marines protégées". De plus, elle aménage le régime des Parcs naturels régionaux. Enfin, elle institue un établissement public coordonnateur nommé "Parcs nationaux de France". .

Pour compléter sur Géoconfluences :
- dans le dossier France, des territoires en mutation (nouvelle fenêtre) :
"Autour de la nouvelle loi sur les Parcs nationaux français : enjeux et conflits (Lionel Laslaz, 2007)
- dans le dossier L'aménagement régional et la forêt (nouvelle fenêtre) :
le cas du PNR du Vexin français (d'après la thèse d'Antoine Da Lage)
- Parmi les articles indépendants : La forêt guyanaise française, entre valorisation et protection (Patrick Blancodini)

Voir aussi :
- la Fédération des Parcs naturels régionaux : www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr
- Le Syndicat mixte du Parc interrégional du Marais Poitevin : www.parc-marais-poitevin.fr
- les Parcs nationaux de France : www.parcsnationaux-fr.com
 

Patrimoine (mondial, de l'Unesco)

Adoptée en 1972 par la 17e conférence de l'Unesco la "Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel" (Convention de Grenade) vise à organiser la solidarité internationale pour sauvegarder des biens culturels et naturels. Les sites candidats et retenus sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

Extraits de la Convention :
"... certains biens du patrimoine culturel et naturel présentent un intérêt exceptionnel qui nécessite leur préservation en tant qu'élément du patrimoine mondial de l'humanité tout entière.
... devant l'ampleur et la gravité des dangers nouveaux qui (...) menacent [le patrimoine mondial], il incombe à la collectivité internationale tout entière de participer à la protection du patrimoine culturel et naturel de valeur universelle exceptionnelle.
... Il est institué auprès de l'Unesco un Comité intergouvernemental de la protection du patrimoine culturel et naturel de valeur universelle exceptionnelle dénommé "le Comité du patrimoine mondial".
... le Comité établit (...) sous le nom de "liste du patrimoine mondial", une liste des biens du patrimoine culturel et du patrimoine naturel (...) qu'il considère comme ayant une valeur universelle exceptionnelle.

Le patrimoine culturel concerne les monuments, constructions et sites avec des valeurs historiques, esthétiques, archéologiques, scientifiques, ethnologiques ou anthropologiques. Le patrimoine naturel concerne les formations physiques, biologiques et géologiques remarquables, les habitats d'espèces animales et végétales menacées et les aires d'une valeur exceptionnelle du point de vue de la science, de l'environnement ou de la beauté naturelle. Les sites mixtes sont une association des deux.

Voir :
- sur Géoconfluences (nouvelle fenêtre) :
l'exemple de l'inscription de territoires viti-vinicoles au patrimoine mondial de l'Unesco

- sur le patrimoine "industriel", l'article de Michel Deshaies :
Les bassins houillers d'Europe : des paysages entre héritages et renouveau

- et le site officiel en ligne à partir duquel on pourra retrouver l'inventaire des sites classés par pays :

www.unesco.org/whc/nwhc.fr/pages/sites/main.htm

Patrimoine et mémoire

Le paysage est souvent un "lieu de mémoire" pour reprendre le titre de l'ouvrage réalisé sous la direction de Pierre Nora.

Voir : www.france.diplomatie.fr/label_france/FRANCE/IDEES/memoire/memoire.html et
www.histoire.fr/bleu/html/histoireshistoriens/nora.htm
Pays

Le pays est une notion ancienne en géographie. En France, on assisterait de nos jours au "retour des pays", le pays se définissant alors comme une catégorie constitutive de l'imaginaire nationale (Sylvestre, 2002). Quelles sont les dimensions et les enjeux paysagers du terme ?

1) Dans le langage courant, le plus souvent associé à l'idée de patrie, de terre natale. Par extension, est devenu synonyme de nation et d'État ... sans qu'il y ait unité paysagère a priori.

2) Dans un sens plus originel, un pays est une petite région reconnaissable dans son paysage, "une unité de vie, d'action et de relation, (...) un des niveaux d'agrégation systémique de l'espace géographique ("Les mots de la Géographie"). Le pays, entité visible, "couvre un espace : paysages naturels et paysages anthropiques se fondent ainsi dans un territoire aménagé progressivement au cours de l'histoire suivant les possibilités des sociétés. (...) L'individualité des pays, façonnée par les sociétés paysannes, est quelque peu estompée par la banalisation actuelle des paysages, mais la pratique du développement local, à l'intérieur des grands programmes nationaux ou régionaux, s'effectue dans le cadre de (contrats de pays), qui restent des unités de vie sociale." (d'après C. Le Cœur - TDC - 1997)

3) Concrètement, les pays font leur retour en 1975, dans le cadre des Contrats de pays, définis par l'ex-DATAR, afin d'enrayer le dépérissement de certaines zones rurales et de répondre aux besoins de proximité immédiate. Les lois successives d'aménagement du territoire (loi Pasqua, 1995, loi Voynet, 1999) en font une entité et un outil de dynamisation des territoires. Cette évolution consacre, d'une part, l'élargissement des acteurs institutionnels en matière d'aménagement et de développement du territoire et, d'autre part, la procédure contractuelle qui ira dorénavant en se généralisant. L'État entend par "pays", "un ensemble formé d'une petite ville (généralement entre 5 et 15 000 habitants) et sa zone d'influence géographique, soit un ou plusieurs cantons". Parmi les thèmes d'action privilégiés on relèvera ici plus particulièrement celui du cadre de vie avec des opérations en direction du tourisme, de l'environnement, et de l'habitat.

Pour compléter, voir l'entrée pays du glossaire France, des territoires en mutation
Paysage

Le paysage "étendue d'un pays s'offrant à l'observateur" ; derrière cette définition qui peut paraître simpliste, se cache une notion qui a donné lieu à une abondante bibliographie et à de multiples approches. En France, les géographes ont d'abord étudié le paysage de façon segmentée (paysages urbains, ruraux, industriels, etc.). Trois écoles en ont renouvelé l'approche dans un sens systémique et historique : celle de Toulouse représentée par Georges Bertrand ; celle de Paris illustrée par les publications de Jean-Robert Pitte ; celle de Besançon autour de J.C. Wieber. Une synthèse de ces différents courants et leur mise en perspective internationale (recherches anglo-saxonnes, allemandes, russes) a été réalisée par G. Rougerie et N. Beroutchachvili

Depuis sa création au XVIème siècle pour désigner l'arrière plan des tableaux, la signification du terme paysage a beaucoup évolué, jusqu'à devenir excessivement complexe. Aujourd'hui, la notion de paysage prend en compte, à la fois des aspects objectifs (d'ordre fonctionnel, technique et scientifique) et des aspects subjectifs (qui relèvent de la sensibilité, de la perception de chacun). Il faut penser le paysage comme un système complexe de relations (approche systémique) articulant au moins trois composantes interdépendantes : le paysage espace-support : il s'agit d'une portion d'espace soumis à la vue, remplie d'objets, appropriée par différents groupes sociaux ; le paysage espace-visible ; le paysage-représentation ou espace vécu (les individus perçoivent le paysage selon leur propre sensibilité). (d'après V. Clément)

Le paysage est constitué par l'ensemble des éléments observables à partir d'un lieu précis. Il ne se confond pas avec le milieu géographique, qui comprend des éléments invisibles. C'est l'aspect visible de l'espace géographique. Le paysage est un lieu privilégié d'intégrations, de synthèses des diverses "couches" de l'information géographique : héritages historiques (paysage "palimpseste"), aménagements et diverses formes d'exploitation anthropiques, nature géomorphologique et bio-pédologique, effets climatiques etc... Il renvoie aux cinq usages de l'espace : approprier, exploiter, communiquer, habiter, gérer. (...) D'après J. Maréchal.

L'étude géographique du "paysage" porte ses propres limites (cf. Vincent Clément) : elle réduit l'analyse au visible ; elle restreint l'échelle des champs d'étude (inadéquate pour les grandes et petites échelles) ; elle recouvre à la fois des faits objectifs et subjectifs. L'évolution des paysages obéit à trois principaux types de dynamiques : la continuité, la rupture et la flexibilité.

On notera enfin que l'étude paysagère :
- ne doit pas être réservée aux espaces perçus comme "naturels" (montagne, littoraux, espaces ruraux ou espaces extrêmes à faible présence humaine, etc.) car les espaces industriels, urbains offrent aussi des paysages dont l'analyse mérite d'être faite.
- doit prendre en compte les dynamiques, les évolutions passées mais aussi à venir pour faire du paysage un objet d'étude vivant dont l'approche ne soit pas muséifiée, fossilisée à l'excès.

En complément, les définitions proposées par :
- G. Bertrand : "Le plus simple et le plus banal des paysages est à la fois social et naturel, subjectif et objectif, spatial et temporel, production matérielle et culturelle, réel et symbolique. Le paysage est un système qui chevauche le naturel et le social. Il est une interprétation sociale de la nature.
- Jean Robert Pitte : "Le paysage est l'expression observable par les sens à la surface de la Terre de la combinaison entre la nature, les techniques et la culture des hommes . Il est essentiellement changeant et ne peut être appréhendé que dans sa dynamique, c'est-à-dire dans le cadre de l'Histoire qui lui restitue sa quatrième dimension. Le paysage est acte de liberté".

- Sur Géoconfluences, un "remue-méninges" du 30 janvier 2002 (nouvelle fenêtre) :
Jean-Claude Wieber - Le paysage, objet géographique obscur ou trop évident ?

- Voir aussi le long développement consacré au mot paysage dans "Les mots de la Géographie"
Paysage ouvert / fermé

Un paysage est ouvert lorsque la vue peut se développer largement à l'inverse d'un paysage fermé où elle est réduite, interceptée par un écran minéral ou végétal, naturel ou construit : barre d'immeubles, lisière, haie, etc. En France divers territoires, abandonnés par les agriculteurs, sont progressivement conquis ou reconquis, de manière spontannée ou raisonnée, par la forêt, ce qui a pour effet de "fermer" un certain nombre de paysages.
Perception (du paysage) et subjectivité

Toute perception est la prise de conscience d'un objet par un sujet. C'est une réponse phénoménale à un stimulus qui se trouve influencée par le sujet lui-même. Au paysage - objet, le spectateur applique ses filtres, interprétations, symbolisations. "La description du paysage, surtout si elle est réussie, nous apprend bien plus sur son auteur que sur le paysage même. Elle dit un état d'âme plus qu'un état du lieu" (Les mots de la Géographie).
Par ailleurs, le paysage est perçu de façons très diverses, selon le point de vue, l'échelle, le moment. Les perceptions artistiques du paysage (littérature, peinture, etc.) sont d'une infinie variété et évoluent en fonction des époques.

Voir, par exemple, l'article de Jacques Bethemont, Anne Honegger-Rivière, Yves-François Le Lay :
Les paysages des eaux douces
Périurbain

Les paysages des espaces périurbains sont certainement parmi les plus mobiles et volatiles dans notre monde contemporain. Ils sont ceux du mouvement et de la fluidité. Les limites avec l'espace rural sont souvent difficiles à tracer. La périurbanisation se traduit généralement par un étalement urbain autour de la ville ou de l'agglomération. Au terme de périurbanisation, devenu parfois ambigu, on peut préférer celui d'étalement urbain (urban sprawl) qui traduit la densification d'espaces situés autour du cœur de la ville ou de l'agglomération. Cet étalement urbain se mesure dans la couronne périurbaine ou dans l'extension territoriale de l'aire urbaine entre deux recensements.

Voir le glossaire du dossier (nouvelle fenêtre) De villes en métropoles
 
Permis de construire

Défini d'après l'article L. 421-1 et suivants du Code de l'urbanisme :
- il est délivré, selon les cas, par le maire, par le maire et le préfet, par le ministre,
- il doit être conforme aux dispositions contenues dans les PLU, à la législation sur les monuments historiques et les sites, aux ZPPAUP,
- son obtention tient compte aussi du "volet paysager" qui vise à appréhender "l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments".
Photographie aérienne

Pour l'Institut géographique national (IGN), il s'agit d'une photographie prise à l'aide d'une chambre métrique installée à bord d'un avion en vue d'utilisations scientifiques. On la dit "verticale" si l'axe de l'appareil de prise de vues fait avec la verticale un angle inférieur à 5 grades environ.
L'offre en imagerie aérienne s'est considérablement amplifiée avec la mise à disposition du grand public d'outils tels que Google Earth ou la Géoportail de l'IGN.
D'autres plate-formes peuvent être utilisées pour obtenir des photographies des paysages, par exemple les drones, les satellites.

Voir :
- en corpus documentaire, "Le drone Pixy, une nouvelle plate-forme aéroportée pour l'étude des dynamiques paysagères"
- en
rubrique "Savoir faire", " Le rêve d'Icare à domicile"
- le lexique proposé sur le site éducatif de l'IGN :
http://pse.ensg.ign.fr/sommlexi.php3?RPHP=&RCO=&RCH=&RF=&RPF=&RPC=
Pittoresque

Étymologiquement, "qui est à peindre". Encore une notion bien relative en fonction des goûts et pratiques culturelles (voir l'article beau)

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Remembrement

La loi qui a instauré le remembrement en France date de 1941 mais c'est en 1954 qu'apparaît, dans un décret, le terme "aménagement foncier" associé au remembrement. Destinées à favoriser les gains de productivité dans l'agriculture, les opérations de remembrement visaient à regrouper les parcellaires dispersés des exploitations, à faire disparaître les gênes, obstacles à la mécanisation (bosquets, haies par exemple), à repenser les voies de desserte, etc..
Les Opérations groupées d'aménagement foncier (OGAF) créées par décret en 1970, regroupaient localement les agriculteurs souhaitant intervenir ensemble sur le foncier (desserte, échanges de parcelles) pour répondre aux modifications des structures foncières et aux conséquences de l'exode rural.
La notion de protection de l'environnement apparaît à travers la loi de juillet 1975 portant sur l'aménagement rural. La loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature impose la réalisation d'une étude d'impact avant la réalisation du remembrement. Ce document est une pièce obligatoire de l'enquête publique.
Les lois de 1985 sur l'aménagement foncier ont confié la maîtrise d'ouvrage et le financement des opértions de remembrement aux départements (DDA). Et à partir de la loi paysage de 1993, l'État redevient un acteur important en confortant la place de l'étude d'impact.
Les paysages ruraux, dans les principales régions concernées, ont été profondément transformés par les opérations de remembrement. Les excès du remembrement et des arrachages de haies qui lui sont associés, leurs effets péjoratifs sur l'environnement (maintien de la biodiversité, préservation de la ressource en eau) ont pu, ça et là, inciter à mener des opérations de réembocagement.
 
Systèmes d'information géographique (SIG) et géomatique

Les SIG (GIS, Geographic Information System en anglais) permettent d'analyser sous forme de "couches" les différentes informations numériques disponibles sur un territoire géoréférencé. Structurées sous forme de "bases de données", elles peuvent être extraites, triées, traitées à partir des requêtes de leur utilisateur. Ces systèmes facilitent donc les opérations de superposition, comparaison, simulation des données sur un espace. Ils permettent, en particulier, de réaliser des Modèles numériques de terrain (MNT) et d'avoir une vision 3D de restitution et de simulation paysagère des espaces étudiés. Ils facilitent les études d'anticipation des transformations d'un paysage : impact visuel de certains travaux et projets d'aménagement (autoroute, ligne TGV, projets immobiliers, aménagements paysagers, forestiers) ; évolutions spontanées.

Voir en rubrique "Savoir faire" : Le rêve d'Icare à domicile
 
Société de Géographie

Au XIXe siècle, voyageurs et explorateurs géographes ont accompagné l'expansion coloniale française. Ils ont contribué à forger les images, les sensibilités et les représentations des espaces "du lointain" à une époque où les supports d'information visuelle étaient encore peu développés et les Sociétés de Géographie ont relayé leurs témoignages et leurs études.
Celle de Paris est l’une des plus vieilles Sociétés savantes françaises (fondée en 1821 et reconnue d’utilité publique depuis 1827) et la plus ancienne Société de Géographie au monde. Sa création avait été envisagée dès 1785 par Jean-Nicolas Buache (1741-1825) premier géographe et cartographe de Louis XVI, le roi protecteur de Lapérouse. Les autres sociétés sont plus jeunes : Berlin (1828), Londres (1830), Francfort (1836), Mexico (1859), St-Pétersbourg (1845), New York (1852), Vienne (1856), Genève (1858) etc. Chaque pays en a au moins une et elles sont aujourd’hui une centaine.
Parmi les anciens présidents et (ou) sociétaires, relevons quelques noms illustres : Laplace, Cuvier, Chateaubriand, Guizot, de Humboldt, de Lesseps, de Martonne, Elisée Reclus, Jules Verne, Anatole France, Jean Charcot, etc.

Voir le site en ligne de la Société de Géographie qui en retrace l'histoire, le patrimoine :
www.socgeo.org ainsi que, concernant les sociétaires photographes :
- sur le site du ministère des : www.france.diplomatie.fr/archives/dossiers/regards/texte1.html
- sur le site Gallica de la Bnf : http://gallica.bnf.fr/themes/ImaXVIIII8.htm

Spatialisation

"Les groupes humains façonnent les paysages en fonction d'un projet de mise en espace prédéterminé. (...) Les différentes modalités de structuration du territoire ont une influence directe sur les processus d'humanisation et leur intensité. La maîtrise de l'espace est assurée par des points forts, des noeuds, des carrefours, mais aussi par des lieux de passage obligés, des points de rupture de charge, des axes de contrôle et de circulation. (... ) Plus la spatialisation est intense, plus l'humanisation des paysages l'est aussi" (Vincent Clément - Pays et paysages de Vieille Castille)
 

Terroir

Parmi les nouveaux modèles envisagés pour le développement des zones rurales fragiles, l'élaboration de produits du terroir apparaît bien souvent comme une solution miracle. Ce qui suppose des opérations de labellisation souvent lourdes, à forte dimension procédurale : par exemple, les Appellations d'origine contrôlée (AOC). En termes d'image, le produit du terroir est souvent "vendu" à travers les paysages ou les coutumes qui lui sont associées.
De telles démarches, bien menées, peuvent poser les bases d'un diagnostic territorial, rassembler les énergies, être l'occasion d'une réflexion de fond sur les objectifs d'une production, d'une filière, d'une entité socio-spatiale. La fonction cathartique n'est pas la moindre de leur vertus. Mais elles comportent aussi des risques, dont celui d'enfermer le territoire dans des images évoquant la tradition plus que l'évolution, la permanence plus que l'adaptation.

D'après Serge Ormaux - Propos sur le paysage - HDR - 1999

Ter-Uti - Enquête sur l'utilisation du territoire

Ter-Uti est une enquête statistique organisée par le service central des enquêtes et études statistiques (le SCEES) reconduite tous les ans. Cet outil donne des informations sur l'occupation et l'utilisation des sols. Les points de sondage sont répartis à travers un réseau de 4 700 mailles qui couvre le territoire français. Chaque maille est couverte par des photographies aériennes (4) sur lesquels sont disposés 36 points d'enquête. Cet outil donne des informations sur l'occupation et l'utilisation des sols. L'observation physique du territoire à partir d’une grille de points sélectionnés sur des photos aériennes est complétée par la mention d’une ou plusieurs fonctions socio-économiques à laquelle participe chaque portion de territoire observée.
Mise en place à partir de 1969, l'enquête TERUTI n'est réellement stabilisée et fiable dans ses résultats longitudinaux qu'à partir des années 1980.
L’enquête permet de connaître et de suivre la répartition des surfaces du territoire suivant une nomenclature physique en 81 postes. Mais elle a des limites car elle est orientée essentiellement vers l’utilisation agricole et de plus les zones importantes pour l’environnement sont souvent de petite taille et recoupent rarement les zonages administratifs. Eventuellement l’observation d’aspects plus environnementaux par cette enquête de terrain, comme la biodiversité ou la qualité paysagère, serait intéressante. Cette démarche permet cependant d'appréhender les grandes évolutions dans l'occupation du sol.

Voir :
- sur le site de l'IFEN, une fiche méthodologique "Paysages et occupation du sol" :

www.ifen.fr/acquilac/fiche6.htm
- les éléments méthodologiques de cette "note rapide sur l'occupation du sol" diffusée par l'IAURIF en février 2000 :
www.iaurif.org/fr/ressources_doc/publications/ publicationsrecentes/notesrapides/occupasol.htm

Transect

Traversée, selon une ligne imaginaire, d'un espace géographique afin d'en analyser les composantes paysagères : ce qui peut se traduire par une coupe, un profil, l'analyse de valeurs rencontrées (dans le cas de données numériques d'une image par exemple), etc.
Transition paysagère

Inspirée du modèle de la transition démographique, (...) une transition paysagère est une phase de l'évolution des paysages qui part d'une certaine situation caractérisée par des processus d'humanisation dominants dans le cadre d'un système spatial déterminé et qui aboutit à d'autres processus d'humanisation dominants, correspondant à un autre système spatial. Aux deux extrêmités d'une transition paysagère, il y a une situation de concordance entre l'humanisation et la spatialisation. (..) Contrairement aux "crises paysagères", une transition paysagère s'inscrit sur la longue durée, généralement plus d'un siècle. (Vincent Clément - Pays et paysages de Vieille Castille)
Unité paysagère

Portion de l'espace constituant un ensemble relativement homogène sur le plan de la topographie, de l'utilisation de l'espace et de la couverture végétale ou de l'occupation humaine. Les opérations de zonage consistent à décomposer l'espace paysager observé en unités paysagères homogènes auxquelles il est possible d'appliquer des critères de description objectifs.
Urbains (paysages)

Les grandes mutations contemporaines des paysages urbains datent, en France mais aussi dans la plupart des pays du monde développé, de la période des "trente glorieuses" (années 1960 et 1970) où l'on a vu se multiplier les "grands ensembles" (barres, immeubles) dans le cadre des ZUP par exemple. Il s'agissait alors de traiter une situation d'urgence.
Mais ces grands programmes et leur environnement se sont par la suite dégradés. Au tournant des années 1980, la politique d'urbanisation s'est infléchie : les premières démolitions d'immeubles ont suivi les émeutes des Minguettes à Vénissieux en 1981. Entre 1983 et 1989, un Fonds social urbain (FSU) a permis d'améliorer l'image de certaines banlieues en les aménageant (Orly par exemple).
À partir de 1994, les Grands projets urbains (GPU) ont concentré les actions sur des sites particulièrement difficiles (quartiers nord de Marseille, le Val Fourré à Mantes, les friches industrielles de la plaine Saint-Denis, Roubaix-Tourcoing, Dreux, etc.). Le Comité interministériel des villes (CIV) de décembre 1999 lance les Grands projets de ville (GPV) destinés à intervenir sur des secteurs urbains dont le degré de disqualification et de dégradation urbaine, mais aussi sociale et économique, ne peuvent être résolus par les seules "procédures classiques de la politique de la ville".
La loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbains (SRU, 13 décembre 2000) introduit de nouveaux outils d'aménagement et intègre les notions de développement durable, de solidarité, particulièrement en matière d'habitat et de territoires de projet. Elle institue de nouveaux documents d'urbanisme : les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) et les Plans locaux d'urbanisme (PLU) qui remplacent les SDAU et les POS de 1967 et doivent être compatibles avec les Directives territoriales d'aménagement (DTA).

Pour approfondir :
- dans le corpus documentaire de ce dossier, par Emmanuel Boutefeu,
La nature en ville : des enjeux paysagers et sociétaux
- dans le dossier La France, des territoires en mutation (nouvelle fenêtre) :
La politique de la ville en France (Les étapes de la politique de la ville en France / Aspects de la rénovation urbaine)

Vue (angles et points de vue) et plans

Un point de vue découvre au regard une étendue qui ne correspond qu'à une partie de l'espace où se situe l'observateur mais forme un ensemble immédiatement perceptible. (M. Collot, L'horizon du paysage). Il est dans le champ du regard mais comporte ses parts d'ombre, des espaces cachés. Le point de vue de la carte postale laisse soigneusement hors-champ les pylônes, silos ou autres hangars jugés disgracieux.
En fonction du point de vue, la restitution visuelle du paysage sera fort différente :
- dans le cas d'une vue verticale : applatissement du relief, absence d'échelle des plans mais meilleure vue synoptique, des grandes unités paysagères,
- dans le cas d'une vue oblique : hiérarchisation des plans mais des effets de rideaux, de barrière qui peuvent interdire une vue d'ensemble de la région observée.
En fonction des objectifs, on privilégiera l'une ou l'autre des méthodes.
Par rapport à l'observateur et à son point de vue, le plan désigne une surface perpendiculaire à la direction (axe) du regard et de la photographie. Dans ce sens, un plan est un repère spatial : on parle de premier plan, d'arrière-plan. Il peut y avoir une succesion de plans distincts dans la profondeur de l'espace (ou du champ).

 

Webcam

Caméra fixe placée à un endroit précis n'importe où dans le monde qui permet d'observer à distance un lieu, un paysage. Le pas du renouvellement de l'image consultable en ligne est variable (de l'ordre de la minute, les 30 minutes, l'heure ou seulement quelques fois dans la journée). Ainsi peut-on faire le tour de la planète en quelques minutes.

De nombreux sites d'information sont ainsi équipés. Parmi des annuaires de webcam :
www.annucam.com   ou www.comfm.com/webcam/?ma=1
Zonages d'inventaire ou de protection et sauvegarde

Différents types de zonages contribuent à inventorier et parfois à "protéger" habitats et paysages. Par exemple :
- Les Zones du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) qui ont remplacé, en 1993 (loi "paysage") les ZPPAU créées en 1983. Les Commissions régionale du patrimoine et des sites (CRPS) donnent leur avis sur les permis de construire ou de démolir aux abords et en covisibilité d'un monument historique, d'un secteur sauvegardé ou d'une ZPPAUP.
- Les Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) qui correspondent à un territoire remarquable par les espèces ou les habitats qu'il abrite mais elles ne sont pas, en elles-mêmes, une protection réglementaire. L'inventaire des ZNIEFF est un document d'alerte. On distingue les ZNIEFF de type I : Secteurs de superficie en général limitée, caractérisés par leur intérêt biologique remarquable / les ZNIEFF de type II : Grands ensembles naturels qui offrent des potentialités biologiques importantes.


Glossaire proposé et assemblé par Sylviane Tabarly

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Mise à jour partielle :   28-04-2007

 

 


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