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Acteurs spatiaux / action spatiale

Publié le 13/12/2012

Ensemble des agents (individu, groupe de personnes, organisation) susceptibles d'avoir, directement ou indirectement, une action sur les territoires. De l'individu à l'État et aux structures transnationales, en passant par l'entreprise, les collectivités locales, les associations, etc. Ils ont leurs représentations mentales et patrimoniales, leurs pratiques socio-spatiales des territoires ; leurs intérêts, leurs objectifs et donc leurs stratégies. Ils peuvent passer des alliances, faire du "lobbying", arbitrer, etc.,

Ils participent ainsi aux "jeux d'acteurs" à l'œuvre à travers les choix législatifs, réglementaires, les politiques d'aménagement adoptées. Dans ce cadre, sont considérés comme des "acteurs faibles" ceux qui ne disposent que de peu d'atouts dans une négociation du point de vue de leur rayonnement, de leur pouvoir ou de leurs réseaux de relations, pour faire valoir leurs choix et défendre leurs intérêts. Et comme "acteurs forts" ceux qui disposent des attributs inverses.

La puissance publique dispose d'outils juridiques pour intervenir au nom de l'intérêt public. Depuis 1962, la zone d’aménagement différé (ZAD) couvre le périmètre dans lequel les projets d'aménagement doivent se réaliser. Pour atténuer la spéculation, la référence de prix est fixée à la valeur du terrain dans l’usage qu’il avait un an avant la création de la ZAD. Cet outil a joué un rôle important dans l’aménagement des villes nouvelles, des futurs tracés d’autoroutes ou des futurs aéroports.
Le droit d’expropriation est une procédure administrative et judiciaire qui permet d’obtenir la propriété d’un bien en vue de la réalisation d’un objet d’intérêt général. La procédure d’expropriation se compose d’une phase administrative, où l’enquête d’utilité publique se termine par la Déclaration d’utilité publique (DUP), et d’une phase judiciaire qui a pour but de mener à bien le transfert de propriété et le montant des indemnités versées aux expropriés.

Des actions des différents acteurs résultent :
- le mode de fonctionnement d'un espace (systèmes de transports, systèmes de production et distribution, implantation des services, choix d'urbanisme, etc.),
- le paysage ainsi produit

Des exemples de jeux d'acteurs sur les territoires :
- Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : les rebonds d’un aménagement conflictuel (Jean Renard, Cécile Rialland-Juin)
- L’Euro 2016, révélateur des enjeux de l’aménagement des grands stades en France (Stéphane Merle)
- Les grands stades et l'aménagement du territoire, deux études de cas : Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne, un stade rénové sur fonds publics / OL Land à Lyon, un stade ex nihilo sur fonds privés.

Mise à jour : février 2013

 

Acteurs et opérateurs (économiques) du tourisme
 

En dehors des touristes eux-mêmes, agents qui sont les principaux maîtres d'œuvre de l'activité touristique, trois catégories d'acteurs concourent à la satisfaction des besoins des touristes : les entreprises commerciales ; les associations et les organismes à vocation sociale ; les pouvoirs publics. Ces différents acteurs peuvent être animés de stratégies collectives par le biais, par exemple, d'institutions comme les offices du tourisme, les collectivités.

Les entreprises du secteur du tourisme et celles qui leur sont associées (transport) sont caractérisées par la coexistence d'une multitude d'entreprises artisanales à petits effectifs et de quelques grandes sociétés.
On observe une tendance croissante à la spécialisation des entreprises touristiques, tant à l'égard du produit, de l'offre, que de son environnement : hébergement, transport, loisirs et organisation de voyages et séjours, distribution. Plusieurs formes de regroupements permettent aux entreprises touristiques ou de transport de mieux assurer leur gestion et leur promotion : les chaînes volontaires, regroupements d'entreprises indépendantes mettant des moyens en commun et/ou une labellisation (par ex. en France la Fédération internationale des logis qui distribue le label "logis de France") ; la franchise avec ses variantes, très présente dans l'hôtellerie ; les alliances technico-commerciales avec des formules variées de coopération dans le domaine de la réservation par exemple (système Amadeus).
Mais le secteur du tourisme fait aussi l'objet de concentrations, horizontales, verticales ou en conglomérats. Ainsi observe-t-on des chaînes hôtelières intégrées (groupe Accor pour la France, Marriott, Hilton, Best Western, Global Hyatt aux États-Unis, etc.). Les agences de voyages connaissent une concentration particulièrement accentuée dans certains pays, notamment en Allemagne où trois groupes, World of TUI, Thomas Cook et Rewe Touristik contrôlaient 65,1% des parts du marché des agences en 2006.

La concentration est également verticale. Ainsi, par exemple, le groupe TUI AG (TUI Aktiengesellschaft) s'est développé dans différents secteurs ainsi distribués en 2009 : celui du voyage (TUI Travel) avec 3 500 agences de voyage et voyagistes et une flotte de 140 avions (Hapagfly, Hapag-Lloyd Express, Corsairfly, etc.), le groupe opérait, sous 200 marques différentes ; le secteur de l'hôtellerie (TUI Hotels & Resorts) qui comprend 243 hôtels offrant 154 000 lits dans 28 pays dans le monde sous les marques Riu, Grecotel, Grupotel, Iberotel, Dorfhotel, Robinson and Magic Life, etc. ; le secteur des croisières (TUI Cruises) avec Hapag-Lloyd Cruises (Hapag-Lloyd Kreuzfahrten) dont la flotte comprend une gamme diversifiée, du 3 au 5 étoiles, de dix navires. Ainsi structuré, le groupe emploie 65 000 salariés dans le monde au service d'environ 30 millions de clients. Il investit également dans le transport par conteneurs (Hapag-Lloyd AG) : avec 115 porte-containers sa capacité de transport est de 470 000 Equivalent vingt pieds (EVP).
En France, le Club Méditerranée, Havas voyage sont également entrés dans la voie de l'intégration verticale de même que les transporteurs comme Air France ou la Sncf qui s'engagent dans les secteurs des voyages ou de l'hôtellerie par exemple. De grands groupes industriels ou de la distribution diversifient aussi leurs activités dans le secteur du tourisme : ainsi, entre autre, Fnac Voyages et E. Leclerc Voyages.

Les diverses professions du tourisme se sont regroupées au sein d'associations interprofessionnelles, nationales ou internationales, qui les défendent, font du lobbying en leur nom et leur fournissent des services, des études, une assistance. Ainsi par exemple les associations nationales d'agents de voyages ont créé la Fédération universelle des associations d'agences de voyages (Fuaav) en 1966. À l'échelle européenne, le Groupement des unions nationales des agences et organisateurs de voyages (ECTAA), fondé en 1961, compte aujourd'hui des membres des 27 États membres ainsi que de Suisse et de Norvège.

Dans certains pays l'offre de tourisme est également caractérisée par le rôle d'un important secteur associatif et d'organismes sociaux. En France par exemple, associations à but non lucratif selon la loi de 1901, comités d'entreprise et caisses d'allocations familiales animent le secteur. Les premières associations de ce type sont apparues durant la seconde moitié du XIXe siècle : le British Alpine Club en 1857 ; les premières colonies de vacances en 1875 ; les premières maisons familiales et le Touring club de France en 1890 ; les premières auberges de jeunesse en Allemagne en 1909. Mais c'est avec la généralisation des congés payés et au lendemain de la Seconde guerre mondiale que le mouvement associatif a pris son essor.
Parmi les associations de tourisme familial françaises, le groupe Villages Vacances Familles (VVF) vient largement en tête : en 2006, 500 000 personnes ont été accueillies dans 59 villages, hôtels-clubs ou résidences locatives en France ou ailleurs dans le monde. Mais, au début du XXIe siècle, le secteur associatif du tourisme traverse une crise profonde et, un peu abandonné par les pouvoirs publics, il n'est pas toujours en phase avec les aspirations et pratiques des consommateurs de produits touristiques.

Enfin, les impacts et les enjeux territoriaux, économiques et sociaux du tourisme nécessitent l'implication des pouvoirs publics. En France, un Code du tourisme rassemble, depuis 2006, des textes dispersés : urbanisme, collectivités territoriales, travail, impôts, etc. L'État, les régions, les départements et les communes ont vocation à intervenir en faveur du développement du tourisme. Le tourisme est, pour certains pays, une priorité nationale et il vient souvent compléter des ressources nationales insuffisantes. L'encadrement de l'activité touristique par les autorités peut parfois être sourcilleux lorsqu'il s'agit de pouvoirs forts et centralisés.

Pour compléter, pour prolonger :
- Le Code du tourisme en France

Mise à jour : janvier 2011

Sur le même thème, voir le glossaire Les nouvelles dynamiques du tourisme dans le monde


Corrélats :

Espace vécu / État / Gouvernance / Habiter, habitant / Pouvoir / Territoire /