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Ancrage territorial

Publié le 29/11/2019

L'ancrage territorial désigne le sentiment d'appartenance des individus, ou collectivement des sociétés, à un espace. Le territoire étant défini par l'appropriation de l'espace, l'ancrage est une composante de cette appropriation. 

La mondialisation, les mobilités généralisées, la mise en réseau du monde, ont pu donner l'impression d'une déterritorialisation, d'un éparpillement des appartenances territoriales. L'ancrage pouvait apparaître alors, au pire comme un archaïsme, au mieux comme une résistance à la mondialisation et à l'injonction à l'hypermobilité, dans une optique du « slow » (comme dans « slow food ») et du low (comme dans « low tech »). 

En réalité, l'ancrage et la mobilité ne se contredisent pas, ils se combinent en chaque individu. Le nomadisme n'exclut pas de revenir à intervalles réguliers sur des lieux importants, pour des raisons pratiques ou symboliques. De même, la généralisation de la mobilité comme pratique quotidienne dans les sociétés postmodernes n'empêche pas les attachements aux lieux ni la construction d'une territorialité, aux échelles individuelle et collective. C'est ce qu'exprime le concept d'habiter polytopique dans des sociétés à individus mobiles (Stock, 2005) : on peut habiter, c'est-à-dire s'approprier, plusieurs lieux simultanément, en dépit ou plutôt grâce à la mobilité. 

De même qu'à l'échelle individuelle, plusieurs territoires sont constitutifs d'une seule identité (comme dans la citation d'Amin Maalouf reprise par France Guérin-Pace, 2006), à l'échelle collective ancrages et mobilités dessinent des appartenances territoriales emboîtées, superposées, imbriquées, et non exclusives entre elles.

(JBB) novembre 2019


Références