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France-Afrique, Françafrique / Afrique-France

Publié le 11/01/2013

La formulation Françafrique, forgée par François-Xavier Verschave, désigne, avec une nuance d'ironie et de critique, les relations que la France entretient avec les pays issus de son ancien domaine colonial en Afrique. Depuis les indépendances, certaines affaires ont pu illustrer le mélange douteux d'intérêts politiques et économiques et discréditer ainsi l'action française en Afrique. 

Ancienne puissance coloniale majeure en Afrique, la France a conservé des relations privilégiées avec ses anciens territoires. Elles se traduisent de différentes manières.

  • Celle de la francophonie, chapeautée par l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Périodiquement, les sommets de la francophonie s'efforcent de promouvoir la diversité linguistique et culturelle ainsi que le respect des droits humains. Ils sont aussi l'occasion de réunir de nombreux acteurs de la coopération décentralisée et de la société civile.
  • Mais aussi une présence militaire française revêtant des formes variées qui lui ont valu le qualificatif de "gendarme de l'Afrique". Des accords de défense lient la France à des États africains. Cette présence a été renouvelée dans la zone sahélienne depuis 2013 avec les opérations Barkhane et Serval, destinées à lutter contre le terrorisme islamiste.
  • La France avait également gardé un rôle monétaire avec le franc CFA, monnaie qui a perduré en Afrique occidentale et centrale jusqu'à l'annonce, en 2020, de son remplacement à brève échéance par une monnaie unique complètement indépendante de l'euro.
  • Par ailleurs les liens avec l'Afrique francophone ont longtemps été un domaine réservé du président de la République française, avec des conseillers spéciaux aux compétences étendues, parfois aux frontières entre diplomatie souterraine, espionnage et affairisme.

Cette présence est depuis les indépendances l'objet de critiques, en France comme en Afrique, mais sa remise en cause ne se fait que très lentement.

Des interventions militaires directes ont été décidées au fil des années et des crises africaines. Parmi les opérations militaires, on peut citer l'ex-Zaïre en 1978 (opération sur Kolwezi), le soutien au Tchad face à la Libye (opérations Manta en 1983, Épervier en 1986) ; présence au Rwanda de 1990 à 1994 (opération Turquoise en 1994). L'ingérence française s'est manifestée par des interventions dans la vie politique centrafricaine (1979, 1996) ou togolaise (1986) ; encore par des opérations de forces spéciales, dans le cadre d'une force multilatérale d'urgence sous mandat de l'ONU, pour sécuriser la ville de Bunia (Ituri) et son aéroport (RDC, opération Artémis en 2003).

Sous le poids des réalités de la géopolitique mondiale, la France cherche aujourd'hui d'autres voies pour encadrer et justifier ses actions en Afrique sans courir le risque d'être accusée d'ingérence abusive ni le risque inverse d'être jugée indifférente. Les stratégies en sont multiformes : gestion multilatérale des crises, incitation à la prise en charge régionale des problèmes du continent par le biais de l'UA, de l'ONU, par exemple ; "européanisation" de la politique africaine.

(La rédaction). Dernière mise à jour : septembre 2020.


Pour compléter
  • L'album Françafrique du chanteur de reggae ivoirien Tiken Jah Fakoly
  • Fanny Pigeaud, « Manifestations et critiques de Bamako à Dakar. Présence française en Afrique, le ras-le-bol », Le Monde diplomatique, mars 2020, page 12.
  • Jean-Benoît Bouron, « Où en est la Francophonie ? », Géoconfluences, mai 2019.
  • La Chinafrique, mythe ou réalité ?, mars 2018