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Migrations

Publié le 11/03/2013

Migrations en Méditerranée | Migrations en RussieMigrations en Afrique | Migrations en Chine

Les flux migratoires s'inscrivent plus ou moins durablement dans le temps et l'espace : des migrations définitives et sur de longues distances des populations aux circulations pendulaires par exemple. La migration s'accompagne le plus souvent d'une augmentation de toutes les autres formes de mobilité et de circulation. On peut distinguer différents types de mobilités migratoires, caractérisées par leurs distances et leurs durées : différentes formes de déplacement touristique ou de loisir, migrations résidentielles, circulations pendulaires, voyages d'affaire, pélerinages, chalandises.

"Le déplacement n'est donc pas l'état inférieur de la sédentarité : le nomade-migrant a la connaissance des grands chemins qui, menant d'un centre à l'autre, sont eux-mêmes condition de concentration et de diffusion de richesses matérielles, symboliques et immatérielles" (Tarrius A., Marotel G., Peraldi M. - Migration et citadinité. L'approche de la ville par la mobilité - Les Annales de la recherche urbaine, n° 64 - 1994).

À cet égard, les diasporas jouent un rôle important. On pourra ainsi se reporter à l'exemple de la diaspora chinoise dans l'article 

La diaspora chinoise : un fait géopolitique, économique et culturel (Emmanuelle Bonerandi, Frédéric Dufaux)

 

Migrations en Méditerranée


Les flux migratoires, à travers l'espace méditerranéen, sont de toutes les époques. De nos jours, ils résultent de différentiels, de gradients de toute nature, démographiques, socio-économiques, politiques. Ils peuvent être entièrement endogènes à l'espace méditerranéen ou d'origine exogène : migrants d'origine sub-saharienne, du sud ou de l'orient asiatique par exemple.

Le processus migratoire est multifactoriel et multiforme : il exprime les disparités économiques et politiques qui caractérisent les deux rives ; il répond à des besoins en main-d'oeuvre des pays du Nord ; il obéit à des logiques de regroupement familial ou communautaire.

Les migrations peuvent se faire dans un cadre légal, encadré, mais elles ne constituent qu'une partie du phénomène. Les migrations clandestines, par leur nature même, sont difficilement quantifiables. L'arrivée des clandestins, lorsqu'elle donne lieu à des drames, est fortement médiatisée. Ainsi, en Espagne, estime-t-on à 85% le nombre de migrants clandestins rentrant dans le pays par les ports et les aéroports et à 15% (8 000 à 10 000 par an selon les estimations du Ministère de l'Intérieur espagnol). Les drames répétés des pateras et de ce que la presse espagnole appelle "las espaldas mojadas" (littéralement "les épaules mouillées", expression semblable à celle des wet-backs de la frontière du Rio Grande) suscitent l'émotion. Selon l’Association des Amis et Familles des Victimes de l’Immigration Clandestine, le nombre de noyés entre 1997 et le 15 novembre 2001 s’est élevéà 3 286 victimes. On retrouve les mêmes situations dramatiques à l'arrivée sur les côtes italiennes, voire françaises par exemple. Notons enfin qu'on relève récemment l'apparition de flux migratoires d'un nouveau type : celui d'enfants mineurs non accompagnés.

L'accroissement des flux migratoires entre les deux rives de la Méditerranée ne va pas sans poser des problèmes socio-politiques autant qu’économiques. Mais l’exemple des États-Unis donne des éléments de comparaison : avec 56 millions d’immigrés et d’enfants d’immigrés, soit un cinquième de la population américaine, ils ont un taux d’immigration deux fois supérieur à celui de l'Europe (6,6% contre 3,5%).

Pour compléter, approfondir
- dans le dossier La Méditerranée, une géographie paradoxale :
> une page du corpus documentaire, Un espace sous tensions, flux migratoires et situation de l'Espagne
> un article de Gérard-François Dumont : Situations démographiques et logiques migratoires trans-méditerranéennes
> l'entrée démographie du glossaire
- dans le dossier "La frontière, discontinuités et dynamiques" :
> Jeux de frontières à Chypre : quels impacts sur les flux migratoires en Méditerranée orientale ? (Olivier Clochard)
> L'Europe, une "forteresse" ? La gestion des politiques migratoires. Objectifs et activités de l'agence Frontex.


Migrations en Russie


Voir, en corpus documentaire : Le défi démographique russe > Flux et politiques migratoires

 

Migrations en Afrique


La libre circulation des personnes est inscrite dans les textes fondateurs de différentes organisations régionales africaines.
Dans le monde rural, lorsque les migrations sont transfrontalières, elles posent les problèmes complexes des relations entre autochtones et étrangers, dès lors que le statut de la terre, les questions foncières et l’exercice du pouvoir sont en cause. Les migrants ruraux, le plus souvent résidents temporaires, gardent un statut d’étrangers.
Mais ce sont les villes qui constituent aujourd’hui le principal lieu de destination des migrants africains. Les flux d’immigrés se composent majoritairement de jeunes hommes célibataires qui cherchent à accumuler un pécule, en vue du mariage, de la construction d’une maison ou de la création d’une entreprise "au pays". La plupart des migrants étrangers travaillent dans le secteur informel du commerce, des transports, de l’artisanat, des services, de la petite activité marchande où ils sont indispensables au fonctionnement de l’économie urbaine.
Ces migrants temporaires tissent des réseaux transnationaux, contribuent à une redistribution régionale des ressources monétaires, diffusent des pratiques religieuses et culturelles, participant ainsi à la formation d’une urbanité africaine. Si en période de crise politique ils sont exposés à la vindicte populaire et aux pillages et doivent parfois se résoudre à un rapatriement prématuré, ils ne posent pas de problèmes aussi complexes que dans le monde rural.
De leur côté, les étrangers non africains constituent une catégorie d’acteurs importante tant par leur rôle dans les secteurs économiques, que par leur influence politique et culturelle et leurs relations avec les élites africaines. Ils se répartissent en différents groupes ou réseaux ayant chacun leurs rôles spécifiques : "expatriés" Européens et Américains, Libano-Syriens, Indo-Pakistanais, et, de plus en plus, cadres et ouvriers chinois.
De nombreux États de l'Afrique subsaharienne sont confrontés à la présence de populations réfugiées et déplacées. La question des réfugiés n’est pas seulement humanitaire, elle est aussi politique : les réfugiés représentent en effet un potentiel d’instabilité régionale. Peu d'autres régions dans le monde connaissent des mouvements d'ampleur comparable. Les migrations sous contrainte créent des conditions de vie très artificielles, plus ou moins éphémères, généralement dans des camps gérés par le HCR, signe tangible de leur non-intégration dans le pays d’accueil. Une réflexion d’ensemble sur l’Afrique subsaharienne ne peut éluder un questionnement sur l’avenir des populations réfugiées et sur les possibilités de résorption des camps, soit par des politiques de retour, soit par des politiques d’intégration.

Voir, dans le dossier Afrique subsaharienne : territoires et conflits,
- l'article
Les camps de réfugiés du Kenya : des territoires sous contrôle (Luc Cambrézy)
- l'article Darfour : impacts ethniques et territoriaux d'une guerre civile en Afrique (Marc Lavergne)
ainsi que l'article de Martine Drozdz : Places marchandes, places migrantes dans l'espace saharo-sahélien


Migrations en Chine


Dans l'espace intérieur, le long processus de littoralisation des activités et la paupérisation des campagnes, contribuent à alimenter des flux migratoires vers les grandes agglomérations chinoises. L'ampleur du phénomène est difficile à mesurer : les mingong qui affluent, sans hukou (permis de résidence), vers les villes constituent une population mobile et quasi-clandestine dans le pays, estimée à 200 millions de personnes en 2009. L'exode rural est quant à lui estimé à 10 - 15 millions de personnes par an qui obtiennent un hukou urbain.

La situation de ralentissement, voire de récession, de l'économie mondiale dans les années 2008 et 2009 a mis en difficulté bon nombre d'entreprises de l'espace littoral et sub-littoral, qui ont fait des mingong leur première "variable d'ajustement" en les renvoyant dans leurs régions d'origine. Sans préjuger des évolutions futures, on peut penser qu'un certain nombre d'entre eux pourront être tentés de rester dans leur province ou région d'origine en profitant des dynamiques de développement urbain, mais aussi rural, de l'intérieur.

Sur le plan des migrations internationales, les Chinois continuent à alimenter le flot des migrations internationales de longue durée. Ils constituent des diasporas, communautés qui restent souvent solidaires et organisées spatialement au sein de quartiers identifiables dans les villes d'accueil.

Mise à jour :  janvier 2010