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Récif corallien

Publié le 12/03/2013

Récif formé par la construction, par des animaux et des végétaux, à peine au-dessous du niveau des hautes mers, d'une masse solide dont les parties dures sont calcaires.
Le récif barrière est un type de récif corallien construit nettement en avant des terres émergées non coralliennes sur le prolongement sous-marin desquelles il est installé. Le récif barrière est séparé de la terre ferme par un lagon dont le fond n'est pas, en principe, constitué de corail mort en place, mais de débris volcaniques et coralliens mêlés.
Le récif frangeant est un type de récif corallien construit au ras des terres émergées dont le prolongement sous-marin lui sert de support.
L'atoll, récif annulaire autour d'îles submergées.

(ST)

Évolution et organisation

Le récif corallien est une construction biologique formée d'un empilement de squelettes calcaires secrétés par des organismes, vivant en colonies et où dominent les coraux. C'est tout à la fois un cimetière et une pouponnière. Les formes de récifs sont nombreuses depuis les platures, édifices embryonnaires, peu épais, immergés, jusqu'aux atolls, minces anneaux enserrant un lagon et communiquant avec l'océan par des passes. De petits atolls ou faros dessinent parfois des figures complexes, alignement ou couronnes concentriques.

Deux autres types de récifs bordent des terres non coralliennes. Les récifs frangeants sont des formes linéaires, souvent discontinues, accolées à un rivage. Construits à de grandes distances des rivages, les récifs barrières forment, loin des littoraux, une série d'îles basses et allongées (Grande Barrière australienne, 1500 km de long, Ceinture de Nouvelle Calédonie)

Charles Darwin, le premier, a proposé au retour de son tour du monde sur le navire Beagle, une explication cohérente permettant de rendre compte de la diversité des formes coralliennes. La clé de son explication réside dans une active subsidence (enfoncement) du soubassement de l'édifice corallien qui détermine le passage du récif frangeant, au récif barrière puis à l'atoll. En plus de cette hypothèse unificatrice, il faut tenir compte de nombreuses données actuelles ou passées qui contribuent à compliquer ce schéma d'une grande simplicité : la nature du support, les positions en bordure de continent ou en haute mer, la concurrence biologique entre espèces, la direction des grandes houles, des vents, des courants marins.

Les mouvements tectoniques de soulèvement et les variations du niveau marin, montée rapide lors des transgressions et descentes au cours des régressions peuvent bloquer l'évolution des récifs et provoquer la mort des colonies de coraux. Édifice jeune, réinstallé depuis quelques millénaires, en liaison avec la relative stabilisation du niveau marin, l'écosystème corallien, avec 50 t/ha/an est un des plus productifs du globe.

Un dispositif ordonné

Les édifices coralliens les plus complets comportent une succession rythmée d'éléments, de la haute mer au lagon, soulignés par les couleurs vives de l'eau des roches et de la végétation.

Le front, face au déferlement des houles venues du large est un talus raide (45° et plus), présentant des surplombs et des parois caverneuses. Partie vivante du récif, elle est constituée de polypiers, de blocs de coraux effondrés et recimentés formant des marches d'escaliers tapissées de sable fin.

La crête corallienne, partie affleurante au sommet du front, résultant surtout de l'activité des algues rouges (Lithothamniées), est un espace battu par les vagues, entre hautes et basses mers. Troué de vasques, de cavités, de tunnels qui permettent la pénétration, la stagnation et l'évacuation des eaux marines, son bourrelet calcaire est plus élevé du côté au vent que sous le vent.

Le platier est un large espace de plusieurs centaines de mètres, aux eaux chaudes, encombré de coraux morts et de leurs débris remaniés par les vagues et le vent. Rochers champignons, cordons de galets, plages de sables consolidés en grès, îles sableuses (les cayes) couronnées de cocotiers, composent la riche gamme des formes de relief du platier.

Le revers termine le platier du côté sous le vent. Sa pente, tapissée de sable corallien est moins forte que celle du front. Son bourrelet d'algues est peu développé. Seules quelques colonies de polypes en pinacles, succédant à la mangrove, forment l'ourlet bordant le lagon.

 

Paul Arnould, Professeur des universités, ENS de Lyon

décembre 2003.

 

 


Pour compléter