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Vitesse et immédiateté

Publié le 11/03/2013

La course à la vitesse a été une obsession majeure des XIXe et XXe siècles et elle est toujours au cœur des aspirations du monde contemporain. Le juste à temps impose de nouveaux rythmes, davantage de flexibilité. Le "temps réel", celui de l'immédiateté, règnent dans le monde de l'information et de la communication. Par ailleurs, le XXe siècle a permis l'explosion des moyens de communication individuels aboutissant à des modes de plus en plus diversifiés de mobilité, tant physique que virtuelle.
L'homme pratique aujourd'hui des vitesses de déplacement de plus en plus différenciées (marche, automobile, avion, télécommunications ...) et il peut se mouvoir dans un espace à plusieurs vitesses et dimensions simultanées : il peut, par exemple, téléphoner depuis un TGV ou un avion. Les différentiels de vitesse ne sont pas sans paradoxes : c'est ainsi qu'après un Lyon-Paris en TGV en 2h, on pourra mettre une ou deux heures pour parcourir quelques kms à travers la capitale. Il arrive aussi de se diriger vers un lieu en commençant par prendre une direction opposée : pour rejoindre une bretelle d'autoroute par exemple (J. Ollivro, 2000).
La "grande vitesse" est devenue une caractéristique des transports terrestres contemporains. Ses débuts datent de 1964 avec la mise en service du Tokaïdo-Shinkansen au Japon. D'autres constructeurs lui ont emboîté le pas : TGV français, ICE allemand de Siemens. Plus récemment, on a vu apparaître des "navires à grande vitesse" (NGV).
Pour Paul Virilio (père de la "dromologie", science de la vitesse), la perspective du temps réel impose de repenser complètement l'organisation spatiale de notre existence basée sur la géométrie : la proximité physique entrerait en dissonance avec les télécommunications ; les anciens modèles fonctionnant sur les concepts de centre et de périphérie seraient en train de disparaître. Il faudrait également repenser la notion de mobilité : "il y a une sorte de ville-monde dont les villes locales sont les quartiers et les habitants sont connectés, avec, en contrepartie, le repli sur soi, le problème des exclus et des nationalités (...) D'une certaine façon, on assiste à la fin du déplacement au profit de l'inertie polaire et d'une contemplation solitaire" (P. Virilio, Télérama, octobre 1993, cité par Marie-Claude Cassé - Réseaux de télécommunications et construction territoriale in Encyclopédie de Géographie, Economica, 1992).