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Zone euro / Union économique et monétaire (UEM)

Publié le 27/02/2013

L'Union économique et monétaire (UEM) a été conclue à Maastricht en décembre 1991 et lancée d'abord dans onze États membres. Deux ans plus tard, la Grèce les a rejoints. Le 1er janvier 2002, l'euro a été introduit dans les États membres de la zone euro en billets et en pièces, remplaçant successivement les anciennes monnaies nationales et il est aujourd'hui la seule monnaie pour plus de 300 millions d'européens.
L’adoption de l’euro par les nouveaux États membres est prévue par les traités d’adhésion sans qu’une date soit fixée. Elle dépend des critères de convergence fixés par le traité de Maastricht en 1992, que chaque État doit, en principe, respecter, ainsi que de la participation pendant deux ans au Mécanisme européen de change (MCE II). Dans un premier temps (2004-2008), la forte croissance liée au rattrapage économique et une forte inflation qui l’a accompagnée ont obligé les États nouveaux membres de l'Union à reporter leur adhésion. Le déclenchement de la crise financière mondiale a entraîné depuis 2008 une grave récession et un creusement des déficits, obligeant les États à revoir leurs objectifs initiaux. Le recours au FMI a révélé la fragilité financière de plusieurs d’entre eux (Lettonie, Hongrie). Mais, en dépit des conséquences de cette crise économique qui continue à toucher plusieurs de ses membres, la monnaie européenne continue à progresser au sein de l’Union : le 1er janvier 2011, deux ans après la Slovaquie, l’Estonie est devenue le 17e État membre de la zone euro.

Le traité instituant l'UEM avait donc fixé cinq critères de convergence qui doivent être respectés par chaque État membre pour permettre son adhésion à la zone euro, parmi lesquels : le rapport entre le déficit public et le produit intérieur brut ne doit pas dépasser 3% ; le rapport entre la dette publique et le produit intérieur brut ne doit pas dépasser 60% ; une stabilité des prix durable avec un taux d'inflation moyen qui ne doit pas dépasser de plus de 1,5% celui des trois États membres présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix. Le but des critères de convergence est d'assurer l'équilibre du développement économique dans le cadre de l'UEM. Les critères concernant le déficit public et la dette publique doivent continuer à être respectés après l'entrée dans l'UEM et un "pacte de stabilité" a été adopté à Amsterdam en juin 1997. En 2010, on peut s'interroger sur la situation à l'égard de ce pacte de stabilité que bien des pays ne respectent pas compte tenu de la grave crise de leur dette souveraine qu'il subisse (la Grèce, l'Irlande, à ce stade).

Depuis le 1er janvier 1999, c'est la Banque centrale européenne (BCE) qui a pour tâche de mettre en œuvre la politique monétaire européenne dans le cadre de l'UEM. Les organes de décision de la BCE (conseil des gouverneurs et directoire) dirigent le Système européen de banques centrales (SEBC) dont les missions sont de gérer la masse monétaire, de conduire les opérations de change, de détenir et de gérer les réserves officielles de change des États membres et d'assurer le bon fonctionnement des systèmes de paiement. Le siège de la BCE est à Francfort.

Si la création de la zone euro a permis à l’Union européenne (UE) de se doter d’une politique monétaire indépendante, l’hétérogénéité des économies de ses dix-sept membres et la permanence en son sein de déséquilibres économiques la rendent néanmoins particulièrement vulnérable en cas de crises. L’hétérogénéité des situations économiques au sein des 27 et plus particulièrement au sein de la zone euro a pu être identifiée comme l’un des amplificateurs de la crise en Europe. Grégory Lecomte, fonctionnaire international, spécialiste des questions économiques et des pays de l’espace post-soviétique, dressant le constat des disparités économiques réelles des États membres de l’UE ("L’euro dans la tourmente" (Questions internationales, La Documentation française, septembre-octobre 2010) note que, plus de dix ans après le lancement de l'euro sur les marchés financiers, "les déséquilibres ont subsisté, voire se sont aggravés. Le Portugal, l'Italie, l'Irlande, la Grèce ou l'Espagne (pays dits "PIIGS") ont vu leur productivité augmenter moins vite que les salaires - ce qui a affecté négativement leur "compétitivité-prix" - alors que, parallèlement, des pays comme l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande ou la Belgique, au terme d'efforts internes importants, connaissaient un mouvement inverse. Ces écarts croissants ont entraîné des tensions entre les pays de la zone."

Confrontée à des situations d'urgence et multipliant les sommets européens consacrés à la crise économique, financière et budgétaire (sept sommets en 2010) qui la fait vaciller, l'UEM a mis en place au printemps 2010 un Fonds européen de stabilisation financière, doté de 500 milliards d'euros, nouvel instrument communautaire de régulation pour venir en aide aux États en grande difficulté. La Grèce a fait l'objet d'un "plan de sauvetage" conjoint de l'UE et du FMI en mai 2010 : 110 milliards d'euros ont été mis à disposition du pays sur trois ans, sous condition d'un redressement drastique de son économie et d'importantes coupes budgétaires. En novembre 2010, c'est l'Irlande, à son tour menacée, qui s'est vu octroyer une aide de 85 milliards d'euros à travers un autre plan de sauvetage. Le septième sommet européen de l'année 2010 propose la mise en place d'un fonds de secours financier permanent pour les pays qui connaîtraient des difficultés, ce qui supposera très probablement une modification de l'actuel traité de Lisbonne car il interdit, en principe, un tel mécanisme de solidarité financière entre pays.

Pour compléter
- Corpus documentaire : Zoom sur la zone euro (synthèse et carte), (Pascal Orcier)

- OCDE, synthèse de l'étude économique de la zone euro 2010 : www.oecd.org/document/42/0,3746,fr_2649_34569_46603562_1_1_1_1,00.html
- La Documentation française, dossier "Le traité de Lisbonne à l'épreuve de la crise économique" (L’euro dans un espace économique hétérogène / L’urgence d’une convergence réelle des économies / Le non respect du pacte de stabilité et de croissance) www.ladocumentationfrancaise.fr/.../traite-lisbonne-crise-economique/gouvernance-economique.shtml
- La Banque centrale européenne : www.ecb.int/ecb/html/index.fr.html

Mise à jour : décembre 2010