Le développement durable, approches géographiques

Marchés et flux pétroliers mondiaux

Publié le 08/01/2009
Auteur(s) : Sylviane Tabarly, Dgesco ENS Lyon

Le tournant de l'industrialisation au début du XXe siècle a fait du pétrole une ressource essentielle aux applications multiples : énergie et transports, pétrochimie principalement. Au début du XXIe siècle, le pétrole reste une ressource convoitée et souvent indispensable en attendant que l'humanité parvienne, grâce à des efforts importants en R&D, à trouver des solutions alternatives comme elle a toujours pu le faire au cours des âges. Mais, en attendant ces nécessaires mutations, certains secteurs d'activité pourront avoir de sérieuses difficultés d'adaptation : les transports, tout particulièrement par route et par air, et tous les domaines grands consommateurs d'énergie comme certaines productions agricoles ou industrielles et comme la pêche au large.


Les principaux acteurs du marché pétrolier :

  • les États producteurs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et des pays NOPEP (hors OPEP), leurs compagnies nationales,
  • les États consommateurs,
  • les groupes pétroliers indépendants, les majors, au cœur des politiques d'exploration et d'exploitation,
  • les transporteurs et les entreprises de BTP engagées dans le secteur.

Ces deux derniers groupes d'acteurs sont en première ligne quant aux responsabilités environnementales et sociales engagées.

Principaux flux pétroliers mondiaux en 2005

Différentes logiques et différents processus interviennent :

  • prise de conscience des enjeux environnementaux (modification de la composition de l'atmosphère et ses conséquences sur le climat de la planète),
  • hausse croissante des coûts d'extraction et d'acheminement du pétrole du fait des localisations des gisements (milieux extrêmes des fonds océaniques, des régions difficiles d'accès, etc.) et des risques et incertitudes géostratégiques rencontrés (Moyen Orient par exemple),
  • explosion probable de la demande si la croissance rapide de grands pays en développement se confirme (Chine, Inde notamment),
  • absence, dans l'immédiat (deux décennies à venir) de solutions de substitution massive au pétrole pour un grand nombre de ses usages (transports tout particulièrement),
  • niveaux d'investissement et de R&D dans le secteur énergétique longtemps insuffisants,
  • tensions spéculatives qui résultent, entre autre, de ce qui précède.

Cliquer pour accéder au document de la cartothèque de Sciences-Po (nouvelle fenêtre)

Source de la carte :http://cartographie.dessciences-po.fr/cartotheque/63C_flux_petrole_2005.jpg

Les évolutions des prix de l'énergie et du pétrole, reflet des tensions entre consommation et production à l'échelle mondiale

Source : Etudes économiques du Crédit agricole, Eco news, 3 juillet 2008 http://kiosque-eco.credit-agricole.fr/medias/Scenario_Macro_International_France_030708p2.pdf

Depuis le tournant du XXIe siècle, la hausse tendancielle du prix de l'énergie est le résultat de facteurs croisés : développement des économies dites "émergentes", difficultés dans la mise en production de nouveaux gisements ("peak oil" ?), tensions et incertitudes géopolitiques, spéculation dans un contexte de crise financière mondiale, etc.

Autres sources d'information :

 

En pop-up, un glossaire pour comprendre la géopolitique des hydrocarbures

Avec les entrées suivantes : bitume ; bloc ; brent et autres cours du pétrole ; brut ; concession ; consortium ; contrat ; conventionnel / non conventionnel ; gaz naturel liquéfié / GNL ; joint-venture ; licence ; marchés et prix ; opérateurs ; partage de production (accord, contrat) / CPP / APP / PSA ; peak oil / pic de Hubbert ; pipeline ; quotas de production ; réserves probables, prouvées ; royalties (redevances) ; statistiques ; syndrome hollandais / effet de Groningue ; unités de mesure.

 

Où sont passées les réserves ?

Dans le monde des hydrocarbures, il existe un grand décalage dans le temps entre la découverte, l'exploration et l'exploitation d'un gisement. Et le climat politique, le prix du pétrole ou les difficultés techniques, particulièrement en eaux profondes ou dans des climats extrêmes, évoluent constamment.

En janvier 2004, le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell révisait de 20% à la baisse le montant de ses réserves prouvées : 3,9 milliards de réserves prouvées d'or noir seraient ainsi devenues de seules réserves probables. Pour les marchés, l'estimation de réserves prouvées est l'une des normes essentielles permettant de jauger les perspectives de production d'un groupe pétrolier. (Source : Le Monde, article de Marc Roche du 7 février 2004).

Quelles réserves ? Les "3P" des pétroliers

Pour évaluer la quantité de pétrole qu'ils pensent extraire d'un gisement et pour communiquer avec les États ou les Conseils d'administration, les pétroliers ont une approche probabiliste dite des "3 P" consistant à diviser les réserves en trois catégories :

  • les réserves prouvées : ce sont les quantités d'hydrocarbures récupérables aux conditions économiques et techniques du moment. Les études géologiques estiment leur présence avec une probabilité de réalisation située dans une fouchette de 85 à 95% (chiffre qui varie selon les organismes). Les réserves prouvées se divisent elles-mêmes en deux sous-catégories :
    • les réserves prouvées développées à partir de gisements dont la mise en exploitation a été programmée, est en cours ou est terminée,
    • les réserves prouvées non développées dont l'exploitation n'a pas encore été programmée.
  • les réserves probables : ce sont les quantités d'hydrocarbures susceptibles d'être produites à partir des réservoirs prouvés ou probables aux conditions économiques et techniques (méthodes, innovations connues) d'un futur proche. La probabilité d'existence de ces réserves est estimée à 50%.
  • les réserves possibles : ce sont les quantités d'hydrocarbures récupérables à partir des réservoirs prouvés, probables et possibles aux conditions économiques et techniques dans un futur non déterminé. Leur probabilité de réalisation est estimée dans une fouchette située entre 5 et 10%.

Enfin, les réserves espérées sont définies en pondérant les différentes catégories des réserves. Le plus couramment, les probabilités de réserves espérées s'établissent ainsi : réserves prouvées + 2/3 ou (1/2) réserves probables + 1/3 ou (1/4) réserves possibles

 

Autres sources documentaires

 

Sélection documentaire et mise en page web : Sylviane Tabarly

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Mise à jour partielle :   08-01-2009

 


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