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Géopositionnement par satellite, géolocalisation

Publié le 30/01/2026
Auteur(s) : Laurent Carroué, inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche, directeur de Recherche à l’IFG - université Paris VIII
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Le géopositionnement par satellite définit la technologie, le service et l’usage permettant à un utilisateur, civil ou militaire, de déterminer avec précision une position géographique à la surface du globe grâce aux satellites artificiels. Progressivement, l’échelle géographique de localisation s’est sensiblement améliorée, en passant de quelques dizaines de mètres dans les années 1980–90 à quelques dizaines de centimètres aujourd’hui ; et l’ensemble de la surface de la Terre est aujourd’hui couvert, y compris les espaces les plus inaccessibles (régions polaires, océans, déserts...).

Le terme de positionnement vient de l’anglais Global Positionning System (ex-système Navstar étatsunien), qui donne d’ailleurs l’abréviation GPS souvent utilisée comme acronyme ; alors que le terme de géolocalisation est plus usité en langue française. Le géopositionnement ou la géolocalisation débouchent sur la création de systèmes de « radionavigation », qui terme qui définit le pilotage très fin de la mobilité des humains et du transport des objets à la surface du globe par satellite.

Un système de géopositionnement, ou de géolocalisation, repose sur la mobilisation d’une constellation de 24 à 36 satellites placés en orbite moyenne à environ 20 000 km de la Terre et assurant donc une couverture mondiale. Ils émettent en permanence des signaux de très faible puissance à fréquences connues pour calculer la position, la vitesse et le temps. Ces ondes électromagnétiques codées sont reçues par les antennes intégrées aux objets connectés puis triangulées afin d’obtenir une position géographique précise. Essentiel, le processus de triangulation nécessite le traitement et le croisement du signal de trois satellites différents. De par leur nature, ces systèmes peuvent desservir un nombre d’utilisateurs potentiels illimité.  

Les systèmes de géopositionnement sont historiquement des systèmes militaires développés pour les besoins opérationnels des armées. Lancé sous l’administration Nixon, le système Navstar-GPS des États-Unis est ouvert et autorisé, pour partie, aux civils par l’administration Clinton en 2000. Mais son fonctionnement et sa maintenance sont toujours assurés par le ministère de la Défense à partir du 50th Space Wing de l’Air Force Space Command basé dans le Colorado, qui peut en couper ou en dégrader le signal à tout moment. De même les récepteurs civils voient leur capacité de localisation bridées afin de ne pas être utilisés dans des systèmes d’armes complexes (missiles...).

En quelques décennies, cette technologie s’est tant diffusée dans le monde civil qu’elle est devenue incontournable dans tous les aspects de la vie courante : téléphone portable et smartphone, montres connectées, assistant de navigation pour les transports terrestres (navigateurs embarqués dans les voitures, applications mobiles de navigation), aériens ou maritimes, drones, agriculture, arpentage, gestion des secours et sécurité civile...

Les systèmes de géopositionnement – on parle aussi de GNSS, Global Navigation Satellite Systems – sont donc des systèmes duals, à la fois militaires et civils. Du fait de l’importance de ces technologies et afin d’assurer leur indépendance face au monopole étatsunien, d’autres grandes puissances spatiales se sont dotées de leur propre système : la Russie avec Glosnass, la Chine avec Beidou et l’Union européenne avec Galileo.  

L’amélioration de la précision et l’accessibilité du guidage par satellite fait progressivement naître de nouveaux usages dans les conflits contemporains, comme pendant la guerre en Ukraine où les obus à guidage GPS ont fait des ravages dans les positions russes au début du conflit. En réponse, on assiste à la multiplication des opérations de piratage, de brouillage ou d’usurpation de signaux afin d’induire de fausses localisations sur de nombreux théâtres de conflit (Baltique, front ukrainien et mer Noire, Proche-Orient...). La Russie utilise ainsi de puissants brouilleurs sur camions d’une portée de 150 km pour désorienter des drones ukrainiens. Cette stratégie de brouillage à proximité d’une zone de tension ou de conflit est telle qu’un nouveau terme est apparu : NavWar, ou « guerre de la navigation ». Pour y faire face, le système européen Galileo offre par exemple des systèmes anti-brouillage et anti-leurrage utilisant des données chiffrées dans son offre du service public réglementé (PRS) destinée aux services spécialisés d’urgence ou stratégiques.

Laurent Carroué, janvier 2026. Dernière modification (JBB), janvier 2026.


Pour aller plus loin
  • Isabelle Sourbès-Verger (2025), « L’espace », La Documentation photographique n° 8168, CNRS éditions, Paris.
  • Isabelle Sourbès-Verger, Géopolitique du monde spatial, Eyrolles/Iris, 2023, Paris
  • Laurent Carroué (2025), Atlas de la mondialisation. Tensions, crises et basculement du monde, Autrement, Paris, 2025.
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