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Industrie,
recherche et innovation :
de nouvelles dynamiques
territoriales
Ci-dessous, dans l'ordre :
- Les dynamiques du déclin et de l'abandon,
de la conversion ou de la reconversion
- Les Pôles
de compétitivité,
nouveaux venus des dynamiques territoriales en
France
- Systèmes productifs locaux : des dynamiques
contrastées
Différentes
dynamiques territoriales peuvent être observées,
dans les domaines de l'industrie, de la recherche
et de l'innovation, sur le territoire français.
Elles sont contrastées dans le temps, dans
l'espace. Le déclin a frappé et
frappe encore des bassins ou des secteurs d'activité
entiers entraînant le cercle vicieux de
l'abandon (friches, dégradations de l'habitat,
réduction des services). Différents
dispositifs sont destinés à inverser
ces dynamiques, par exemple (évoquées
dans l'ordre sur cette page) : politiques de conversion
ou de reconversion ; incitations à organiser
des Systèmes productifs locaux territorialisés
; et, en 2005, lancement d'une nouvelle politique
de Pôles de compétitivité.
Les approches, surtout réparatrices, de
la conversion, sont progressivement relayées
par des stratégies qui s'appuient davantage
sur les mises en synergie des acteurs sur les
territoires et sur l'innovation.
Les dynamiques du déclin et de l'abandon,
de la conversion ou de la reconversion
Les
premières régions frappées
par le déclin industriel ont été
les régions d'industrialisation ancienne :
bassins miniers, sidérurgie, industrie
textile, chantiers navals. Dès 1951, le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA, qui a expiré en juillet 2002) comportait un important volet d'aide à la reconversion et à la restructuration des activités concernées. Plus récemment
à partir des années 1980 - 1990,
des régions aux spécialités
manufacturières plus diversifiées
ont été touchées : électro-ménager,
industries de l'armement, etc. Ces territoires
ont fait l'objet, successivement, de politiques
de conversion ou de reconversion.
En France, apparaissent pour
la première fois, en 1967, des Zones de conversion dans des zones minières
(Nord, Lorraine, Massif central). Puis la sidérurgie,
l'industrie textile, les chantiers navals seront tour à tour concernés par des mesures de conversion, une politique coordonnée étant
adoptée au cours des années 1980.
Les mesures étaient d'ordre
social et industriel mêlant des aides aux
entreprises, des actions de formation, des transferts
de technologie et des efforts en R&D, des
actions d'amélioration de l'habitat et
de réhabilitation de friches industrielles,
des aménagements d'infrastructures.
Créée en 1982, la Prime d'aménagement
du territoire (PAT) était une aide financière
aux entreprises créant des activités
dans les régions de conversion rurale ou
industrielle. En 1984, on dénombrait ainsi 14
pôles de conversion : bassins sidérurgiques
lorrains ; Calais - Dunkerque ; bassin minier
valenciennois ; vallée de la Sambre, vallée
de la Meuse (Ardennes) ; ports méditerranéens
(La Seyne, La Ciotat, Fos-sur-Mer) ; bassins miniers
du Massif central (Decazeville, Albi - Carmaux,
Le Creusot - Montceau-les-Mines, Chalon-sur-Saône),
bassins d'emploi en difficulté (Roanne,
Montluçon, Saint-Etienne) ; Caen (métallurgie).
Progressivement, sous l'effet, tout à la
fois, de la mondialisation, de la mise en concurrence
des territoires, de produits dont le cycle de
vie est plus court (évolution
des modes et des habitudes de consommation, etc.),
les territoires confrontés aux mutations
se sont diversifiés : espaces ruraux, autres
secteurs d'activité, secteurs industriels
jadis protégés par l'État
tels que les industries de l'armement (conversion
des GIAT, des DCN). Par ailleurs, le traitement
des territoires en difficulté est passé
de logiques sectorielles à des logiques
de projet centrées sur les territoires.
Les politiques structurelles de l'Union européenne ont également joué leur rôle.
L'Objectif 2, selon l'Agenda 2000, soutenait la
reconversion économique et sociale des
zones en difficulté structurelle : zones
en mutation économique, zones rurales en
déclin ou dépendantes de la pêche,
quartiers urbains en difficulté, zones
géographiques à forts handicaps
naturels ou démographiques. Les zones éligibles
à la PAT sont à présent négociées
en fonction des zones éligibles aux fonds
structurels de l'UE, sachant que les zonages de
l'Objectif 2 sont plus étendus que ceux
des pôles de conversion. Et les fonds européens
y sont devenus plus importants que les fonds d'origine
nationale.
Depuis 2003, en France, des contrats de site sont
passés entre la ou les
collectivités locales concernée(s)
et l'État, pour le compte duquel agit la
DIACT (ex-DATAR). Ils ont pour objectif essentiel de rechercher
et d'identifier les possibilités de revitalisation
d'un site industriel précis. À la
suite du Comité interministériel de l’aménagement
et du développement du territoire (CIADT) du 23 mai 2003, quatre sites ont
donné lieu à l'établissement
de contrats : Romorantin-Salbris (Loir-et-Cher,
MATRÀ Automobile) ; Angers (Maine-et-Loire,
ACT Manufacturing) ; Longwy (Moselle, unités
de production du coréen Daewoo ; Noyelles-Godault
(Pas-de-Calais, Métaleurop).
Parallèlement, dans le cadre de la loi de programmation pour la cohésion sociale, dite loi Borloo (janvier 2005) prolongeant un dispositif de la loi de modernisation sociale de janvier 2002, un nouvel article du code du travail oblige les entreprises de plus de 1 000 salariés à engager des actions de revitalisation industrielle lorsqu'elles "procèdent à un licenciement collectif affectant, par son ampleur, l'équilibre du ou des bassins d'emploi dans lesquels elles sont implantées". Des conventions de revitalisation des bassins d'emplois sont alors signées : de 2002 à fin 2007, 349 conventions ont été signées pour compenser la suppression de 50 140 emplois très largement localisés dans la moitié nord-est de la France.
À côté des politiques de conversion
et de reconversion, mues avant tout par le souci
de maintenir, de cicatriser, ou de remplacer,
d'autres politiques industrielles consistent à
encourager des dynamiques fondées sur l'innovation,
par la R&D. C'est ce qui inspire les technopôles
(voir l'entrée
pôles du glossaire), les Systèmes
productifs locaux ou, plus récemment,
les "Pôles de
compétitivité". Avec,
à la clef de certains dispositifs, un certain
nombre d'aides publiques.
Des ressources pour prolonger
- Dans le dossier "Le paysage dans tous ses états", un article de Michel Deshaies (nouvelle fenêtre) :
Les bassins houillers d'Europe, des paysages entre héritages et renouveau
- Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM),
http://ec.europa.eu/employment_social/egf/index_fr.html
- Sur le site Commission Monitoring Innovative Restructuring in Europe (MIRE), des études de cas, des comparaisons intéressantes, à l'échelle européenne, www.mire-restructuration.eu
- Les dispositifs de revitalisation territoriale, contrats de site, conventions de revitalisation - Rapport public, La Documentation française, 2006,
www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/074000095/index.shtml
Les Pôles
de compétitivité,
nouveaux venus des dynamiques territoriales en
France
Les
Pôles de compétitivité avaient
été décidés par le
CIADT du 14 septembre 2004, pour répondre aux
incitations de la "stratégie de Lisbonne"
de l'UE et, plus généralement à
l'accélération des mutations économiques
internationales. Suite au rapport Blanc de 2004 ils ont été lancés par le gouvernement en juillet 2005.
Dans un contexte de mondialisation des échanges et de la compétition, l'heure
est aux "territoires intelligents" ou "apprenants".
Cette politique consiste à structurer l’activité économique de certains secteurs porteurs autour de l’innovation d’une part, et de pôles performants d’autre part. Il s'agit
donc de rassembler, sur un même territoire,
entreprises, centres de formation et unités
de recherche publiques et privées, autour
d'objectifs communs de développement et
d'innovation. Cette philosophie d’aménagement du territoire est assez nouvelle. En rupture avec les politiques de conversion / reconversion antérieures, il ne s’agit plus de mettre l’accent là où les fragilités se manifestent et les retards s’accumulent, mais au contraire de concentrer l’effort là où se situent la compétitivité et la performance, afin que ces villes et régions servent, par contagion, imitation, diffusion, de moteur au reste de l’espace régional et national.
Un rapport ministériel de 2005 précisait que les futurs Pôles de compétitivité seraient : "la combinaison, sur un espace géographique donné, d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherche publiques ou privées, engagées dans une démarche partenariale destinée à dégager des synergies autour de projets communs au caractère innovant. Ce partenariat s’organisera autour d’un marché et d’un domaine technologique et scientifique qui lui est attaché et devra rechercher la masse critique pour atteindre une compétitivité mais aussi une visibilité internationale".
Le site officiel qui leur est dédié (www.competitivite.gouv.fr/spip.php?rubrique39) précise que "Dans une économie mondiale de plus en plus concurrentielle, la France a lancé en 2004 une nouvelle politique industrielle qui mobilise les facteurs clefs de la compétitivité, au premier rang desquels figure la capacité d’innovation.(...)
Cette politique vise à susciter puis soutenir les initiatives émanant des acteurs économiques et académiques présents sur un territoire."
C'est sur ces principes que les Pôles de compétitivité ont été sélectionnés à partir de dossiers de candidatures : sur les 105 reçus le 12 juillet 2005, 67 avaient été retenus dans un premier temps. Des opérations de fusions de projets mais aussi de nouvelles candidatures ont abouti au total à la labellisation de 71 Pôles de compétitivité par le CIACT du 5 juillet 2007 (voir carte ci-dessous). S'il s'agissait à travers ces pôles de relancer une "nouvelle stratégie
industrielle" on notera que les candidatures ont été
nombreuses dans le domaine de l’agro-alimentaire. Deux principaus types de pôles ont été distingués :
- les pôles mondiaux qui mettent en jeu la compétitivité de la France dans l’économie de la connaissance et sur lesquels les moyens doivent être concentrés ;
- les pôles nationaux qui ont principalement une vocation d’aménagement du territoire : il
revient avant tout aux collectivités locales d'en encourager le développement.
Les pôles de compétitivité en France
(situation 2007)

(cliquer pour agrandir)
Source, pour actualiser une situation évolutive : www.competitivite.gouv.fr
Une autre carte :
www.competitivite.gouv.fr/IMG/pdf/carte_71PdC.pdf
Ces pôles n'ont pas tous la même position. Sept d'entre eux sont des projets mondiaux et doivent donc avoir un rayonnement mondial. Dix autres sont "à vocation mondiale", d'autres enfin sont des projets aux dimensions surtout régionale et nationale, ce qui n'exclut pas leur insertion dans la compétition mondiale bien entendu.
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L'enveloppe budgétaire s'élevait, pour
2006
- 2008, à 1,5 milliard d'€ ainsi répartis : 300 millions d'allègements
fiscaux, 400 millions de crédits
d'intervention ministériels, 800
millions qui seront attribués par
la Caisse des dépôts et consignations
(CDC) et par trois agences nationales
pour la recherche et l'innovation : Agence
pour l'innovation industrielle (AII),
Agence nationale de la recherche (ANR)
et l'Agence française pour l'innovation
OSÉO (englobant l'ex-Anvar). Par ailleurs, 3 000 chercheurs sont concernés par ces pôles, 3 milliards d'€ investis en dépenses de R&D.
Plus de deux ans après les premiers appels à projet, quel bilan d'étape peut-on faire ?
Jacques Fache remarque que cette politique soulève de nombreuses questions. Tout d’abord, le nombre de pôles permet de douter de la concentration de l’effort, même si dans les faits, les 17 pôles mondiaux ou à vocation mondiale absorbent l’essentiel des subsides (72% dont 50% pour les seuls pôles mondiaux). Ensuite, la notion de pôle est un problème car, de fait, très peu de ces pôles en sont, au sens géographique.
En principe, l’unité de lieu ("cluster") permet de profiter des effets de réseau :
obtention d’une masse critique, présence de toutes les compétences nécessaires à un projet,
diffusion des connaissances, accroissement de la collaboration entre le public et le privé. Mais la simple mise en réseau, ou la seule juxtaposition de centres de compétences dispersés ne produit pas le même effet qu’un pôle. Enfin, cette politique est passée de l’idée d’un soutien à des pôles puissants à la possibilité de lancer des pôles dans des régions où tout reste à construire. Ce n’est plus du tout la même logique.
De son côté, Ernst & Young a coordonné une enquête sur les relations entre les agglomérations et les entreprises au sein des Pôles de compétitivité (septembre 2007) : "Des pôles de compétitivité aux pôles d'attractivité".
Elle est diffusée en ligne par Agropolis International (www.agropolis.fr), un portail de la communauté scientifique. En voici quelques aperçus sélectionnés ci-dessous.
Une enquête : premiers bilans des Pôles de compétitivité,
la
place des entreprises et des agglomérations
Source : www.agropolis.fr/vde/enquete_poles.pdf.
Cette étude d'Ernst & Young fait apparaître que le bilan qualitatif des pôles est mitigé aux yeux des acteurs et des observateurs interrogés. Le bilan est positif sur les relations nouées ou renforcées entre tous les acteurs concernés de près ou de loin par la recherche. Il est plus mitigé en ce qui concerne les projets collaboratifs et de l'implication des PME. Enfin, il est réservé quant à la visibilité internationale des pôles, du fait de la relative dispersion des projets et des moyens.
En effet, le nombre total de pôles est plus de quatre fois supérieur à ce que prévoyait le projet initial du gouvernement. Dans les autres pays où des expériences comparables ont été menées, c’est la concentration et la masse critique qui priment. Par exemple,
le Council of Competitiveness américain propose la création de dix pôles pour
l’ensemble du territoire des États-Unis, sur cinq ans (2008 - 2013). L’expérience américaine pose aussi la question de la création de pôles de compétitivité
au niveau européen. Une mise en cohérence accrue, voire un pilotage plus direct à l’échelon
communautaire rendrait la masse critique de ces pôles apte à faire face à la concurrence
mondiale et éviterait de coûteuses "courses à l’attractivité" entre États membres.
Toutefois, en l'état et à ce stade, les acteurs de terrain ont, en très grande majorité, une appréciation positive de la démarche des Pôles de compétitvité en France qui permet de renforcer les liens entre entreprises et collectivités et qui favorise les démarches de partenariats public - privé (PPP).
Des ressources en ligne
- Sur Géoconfluences, dans le dossier De villes en métropoles, des articles de Jacques Fache et Marion Gobin : Des territoires métropolitains à l'heure de l'économie de la connaissance (nouvelle fenêtre) ainsi que, pour le dossier Territoires européens : régions, États, Union : Innovation et territoire, enjeu essentiel des politiques
d’aménagement
en Europe (nouvelle fenêtre).
- Site ministériel
dédié à la promotion et
au développement des Pôles de compétitivité,
www.competitivite.gouv.fr
- Université de la prospective territoriale
en Europe, édition 2005 - Connaissance,
intelligence et territoires,
www.DATAR .gouv.fr/.../
.../$FILE/Cahier%20des%20charges.pdf
- Une carte dynamique des Pôles de compétitivité
sélectionnés proposée par
Les Echos,
www.lesechos.fr/poles-competitivite/index.htm
- Le Conseil européen de Lisbonne (23
et 24 mars 2000) avait décidé
d'orientations destinées à relancer
la compétitivité de l'UE . En
2005, où en est-on ? Le point sur la
stratégie de Lisbonne (site de la Commission),
http://europa.eu.int/growthandjobs/index_fr.htm
- Agence française pour l'innovation
OSÉO/Anvar, www.oseo.fr
- Aux États-Unis :
>
le Council of Competitiveness, www.compete.org
> BE Adit 71 (23/03/2007), Politique scientifique et technologique, Une nouvelle loi pour la compétitivité américaine, www.bulletins-electroniques.com/actualites/041/41961.htm
Systèmes productifs locaux : des dynamiques
contrastées
La notion de Système productif local (SPL
ou aussi Système local de production) dérive
des travaux consacrés aux districts industriels
d'A. Marshall (Principes d'économie
politique - 1890) et de ses successeurs.
Un SPL est une concentration, sur un territoire
géographiquement délimité,
d'unités productives de type PME-PMI, spécialisées
dans un secteur d'activité, autour d'un
métier ou d'un type de produit, à
la fois concurrentes et complémentaires,
appuyées sur des structures d'animation,
des dispositifs de formation, en association avec
les autres acteurs du territoire. Si elles ont
une "communauté de destin", l'intensité
des liens entre ces unités est néanmoins
variable. De telles logiques territoriales permettent
de dégager des économies externes,
des économies d'agglomération et,
bien souvent, de s'ouvrir plus facilement aux
marchés extérieurs, car elles offrent
aux entreprises une taille critique suffisante
pour envisager le partage de services de tertiaire
industriel (R&D, marketing, communication,
etc). Il existe différentes variantes de
ces formes territoriales de développement
économique, la plus commune étant
le district industriel. D'autres dynamiques s'appuient
davantage sur l'innovation technologique et scientifique
comme les grappes technologiques (ou clusters).
Un district industriel
est un regroupement, sur un territoire donné,
d'entreprises ou d'établissements exerçant
des activités proches et entretenant d'importantes
relations entre elles, sans être, le plus
souvent, liées sur le plan du capital.
Leurs synergies consistent à mettre en
commun des connaissances techniques, à
partager des efforts de R&D et des réseaux
commerciaux, à organiser des actions de
formation et d'information (délégations
communes) et de veille technologique et économique.
On peut faire référence au "modèle
italien" de district industriel : l’Institut
national de statistique italien (Istat) en a identifié
200 en 2002, représentant 2 200
000 actifs dans le secteur manufacturier, soit
42,5% de l'emploi manufacturier en Italie, 90
000 entreprises , 67 milliards d’euros de
chiffre d'affaires et 30 milliards de dollars
à l'exportation.
Littéralement "grappe", le cluster désigne une concentration géographique d’activités relevant d’un même secteur ou d’une même filière, ayant développé des liens de coopération et/ou de complémentarité entre elles. Selon l’économiste américain Michael Porter, cette forme d’organisation du système productif est plus efficace, plus compétitive et donne de ce fait un avantage compétitif aux villes et aux régions dans lesquelles elle se développe. Concrètement, un cluster peut regrouper des centres de recherche publics et/ou privés, des entreprises de tailles variées unies par des intérêts communs : moyens logistiques, brevets de fabrication, veille technologique et stratégies de promotion et d'expansion. Les pouvoirs publics sont associés à des degrés variables.
Des territoires, plus ou
moins étendus, dont les limites
sont celles d'une vallée, de la
zone d'influence d'une ville, d'un ensemble
régional, ont pu bénéficier
de dynamiques de cette nature. Sur ces
types de modèles, on peut citer
différents exemples dont les désignations
sont assez souvent formatées autour
de l'idée de vallée (ou
valley) aux connotations plus
ou moins anglo-saxones : la "Technic
Vallée" de la vallée
de l'Arve en Haute-Savoie, premier district
industriel français avec 750 PME
spécialisées dans le décolletage,
générant 25 000 emplois
en 2001 ; la "Plastic Valley"
dans le Sud jurassien, autour d'Oyonnax
; la Vendée des chantiers navals
spécialisés sur le marché
de la grande plaisance avec 136 établissements,
1 700 emplois (2001), des entreprises
fédérées au sein
de la Chambre syndicale des industries
nautiques Sud-Atlantique (CINSA), dont
la croissance des emplois s'est établie
à 80% entre 1993 et 2001 ; la "Mécanic
Vallée" qui s'étend
entre Rodez, Decazeville, et Villefranche
de Rouergue (en fait de Rodez à
Tulle, en passant par Brive et Figeac),
baptisée ainsi en référence
à la concentration d'entreprises
(210 entreprises et 14 000 emplois, chiffre
d'affaires de 1,4 milliards d'euros) spécialisées
sur le travail du métal, la mécanique
de précision, les machines-outils
de toutes sortes, les composants électromécaniques.
Les structures des pays de la loi Voynet
peuvent aussi donner un cadre à
ces territoires de projet. Ainsi, le "Pays
horloger" du Doubs s'étend
sur 760 km² , 76 communes et sur 4 cantons
(Morteau, Russey, Maîche, Saint-Hippolyte),
près de la frontière suisse,
plus de 40 000 hab. y vivent et y travaillent.
Mais aussi les nouveaux Pôles de
compétitivité (voir ci-dessous)
comme c'est le cas pour la "Cosmetic
Valley" de la région de Chartres
(ci-contre, un exemple de la campagne
de promotion du territoire en 2005).
|
La
Cosmetic Valley (région Centre),
candidate aux P ôles de compétitivité

- La
Cosmetic Valley :
www.cosmetic-valley.com
- La "Mécanic Vallée"
:
www.aveyron.com/artisan/mecanic.html
- La "Plastic Valley" ou SPL Plasturgie
d'Oyonnax : www.plasticsvallee.fr |
Le CIADT de décembre 1997 engageait
plusieurs appels à projets successifs pour
soutenir les initiatives tendant à consolider
ou à faire émerger des SPL et à
leur donner une validation institutionnelle. Il
reprenait alors la définition de la DATAR
pour laquelle la notion de SPL recouvre "une
organisation productive particulière localisée
sur un territoire correspondant généralement
à un bassin d'emploi. Cette organisation
fonctionne comme un réseau d'interdépendances
constituées d'unités productives
ayant des activités similaires ou complémentaires
qui se divisent le travail (entreprises de production
ou de services, centres de recherche, organismes
de formation, centres de transfert et de veille
technologique, etc.)." (source : "Les
systèmes productifs locaux" - DATAR
, La documentation française , Paris 2002).
Voici une sélection de SPL présenté
en tableau de synthèse ci-dessous, document
réalisé d'après l'annuaire
des projets sélectionnés à
la suite des appels à projets de 1998 à
2003 (réalisation DATAR , édition
de décembre 2003). L'annuaire rassemble
les 94 projets et territoires SPL soutenus par
le Fonds national d'aménagement et de développement
du territoire (FNADT),
www.districts-industriels.com/docs/AnnuSPL.pdf
Une
sélection de territoires SPL, résultat
de l'appel à projets DATAR 1998 à
2003
|
Territoire
SPL et
lien vers le site Internet |
Emploi du secteur sur le territoire
en 2001* |
Emploi sur
le territoire/
Emploi du secteur en France*
|
Nombre d'
établissements
de plus de 20 salariés (2001) |
Évolution de l'emploi du secteur en France de 1993
à 2001 |
Évolution de l'emploi
du secteur sur le territoire de 1993 à
2001 |
|
4 499 |
1,2% |
72 |
15% |
47% |
|
1 295 |
43% |
33 |
- 18% |
- 32% |
|
618 |
0,5% |
6 |
16% |
72% |
|
976 |
1,1% |
17 |
5% |
38% |
|
362 |
2,9% |
5 |
- 6% |
41% |
|
4 290 |
11,9% |
20 |
43% |
3% |
|
1 457 |
5,0% |
18 |
6% |
30% |
|
2 194 |
5,3% |
20 |
24% |
2% |
|
1 910 |
1,8% |
38 |
15% |
21% |
|
3 339 |
7,7% |
70 |
- 26% |
- 31% |
|
5 225 |
9,8% |
19 |
95% |
226% |
|
5 120 |
75% |
9 |
8% |
18% |
|
8 877 |
60,6% |
150 |
41% |
54% |
|
8 543 |
6,8% |
129 |
18% |
13% |
|
2 188 |
13,2% |
44 |
- 7% |
35% |
* Données
issues des Statistiques industrielles (enquêtes
SESSI, dans les établissements supérieurs
à 20 salariés uniquement) : www.industrie.gouv.fr/observat/chiffres/f2o_pano.htm
Ainsi peut-on constater la grande diversité
des SPL. Diversité par les thématiques,
par le nombre d'établissement et par les
effectifs de salariés concernés,
par le degré de concentration de l'activité
relativement au reste du territoire français,
par l'évolution de l'emploi et ce qu'elle
laisse supposer des difficultés ou des
réussites à la fois sectorielles
et territoriales.
| Les Systèmes productifs locaux par
l'exemple
Le premier cas présenté
ci-dessous montre que, dans une région
comme la Basse-Normandie, souvent connue
pour les sinistres de la désindustrialisation
(Moulinex par exemple), des
dynamiques territoriales de développement
peuvent exister dans le cadre de SPL
comme "Quincaillerie de Tinchebray"
et "Moule pour la plasturgie"
par exemple (voir tableau ci-dessus).
Le SPL Quincaillerie
de Tinchebray
 |
Depuis plusieurs siècles,
la région de Tinchebray
est réputée pour
sa production de quincaillerie.
Les 17 entreprises du secteur
avec 976 emplois en 2001, représentent
80% de la production française
d'outils de jardin, 25% de la
quincaillerie de bâtiment
et offrent un large panel de produits
qui sont exportés vers
le monde entier (Europe, États-Unis,
Japon, Émirats Arabes...).
www.quincaillerie.org
|
La SPL a permis le développement
d'actions de communication, de veille technologique
et d'envisager la mise en commun de moyens
logistiques afin de réduire les coûts
de transport.
SPL
Plasturgie d'Oyonnax - Plastics Vallée
La SPL regroupe,
au total, 1 000 établissements
(129 de plus de 20 salariés)
et 12 000 emplois. Les fabrications
y sont diverses : pièces
techniques et articles divers
en matières plastiques,
jeux et jouets, meubles de jardin
et d'extérieur, moules
et modèles, etc.
La SPL a permis de construire
une Maison des entreprises, de
mettre en commun des informations
sur les industriels en plasturgie.
www.plasticsvallee.fr
|
|
Metaladour
Le SPL représente (en 2001) 840
établissements (dont 72 de plus
de 20 salariés) et 22 000 emplois.
 |
Il a donné
naissance a plusieurs groupements
d'entreprises : conception mécanique,
traitements de surfaces et procédés
spéciaux, céramiques
techniques, etc.. Les réalisations
portent sur des actions de communication,
d'échanges et, à
l'avenir, le SPL prévoit
la mise en place d'une plate-forme
achat-logistique et des actions
de coopération internationales.
www.metaladour.com
|
Leur spécialisation,
qui fait la force des SPL, peut être
aussi source de fragilité. Certaines
situations mono-industrielles peuvent
être plus vulnérables, plus
sensibles aux retournements de conjoncture,
aux mécanismes des délocalisations
par exemple. Le dernier cas présenté
ci-dessous est celui d'un bassin d'emploi
en difficulté. Le SPL fait partie
de l'arsenal des moyens d'organisation,
de réaction envisageables.
La coutellerie
thiernoise
La coutellerie de la région
de Thiers, dans son ensemble,
représente 70% de la coutellerie
française, 2 000 emplois
(il y en avait 12 000 au début
du XXe siècle), 110 entreprises.
Le SPL regroupe 33 établissements
de plus de 20 salariés
et 1 295 emplois en 2001
(1 895 en 1993). Le déclin
est donc rapide et les productions
sont touchées de plein
fouet par la concurrence chinoise
(l'écart de prix de revient
serait de un à cinq). Cinq
des six principales entreprises
coutelières du bassin sous-traitent
déjà une partie
de leur propre production en Chine.
De
leur côté, les chinois
investissent dans la coutellerie
française, afin de bénéficier
des marques ou pour utiliser les
réseaux de distribution
existants, pour acquérir
une base logistique pour écouler
leur marchandise.
Les stratégies mises en
œuvre par le SPL portent
sur la diversification des design
des produits, l'organisation des
réseaux de distribution
à l'échelle européenne,
la diversification vers les instruments
chirurgicaux.
En juillet 2004, un "contrat
territorial" a été
signé entre l'État,
la communauté de communes
et les communes du bassin thiernois.
De 2005 à 2008, il bénéficiera
d'un crédit de taxe professionnelle
à raison de 1 000 euros
par salarié et par an.
- La ville de Thiers :
www.ville-thiers.fr/viewer.php4?I/.../117&IdModele=1
- La CCI de Thiers : www.thiers.cci.fr/eco/secteur.htm
- La Fédération
française
de coutellerie :
www.coutellerie-thiers.com
- L'annuaire DATAR des SPL :
www.districts-industriels.com/docs/AnnuSPL.pdf
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Ressources
en ligne
- Le "Club des Districts
Industriels Français" qui fédère
plu d'une trentaine de SPL et représente
ainsi plus de 5.000 entreprises et plus de 150.000
salariés : www.districts-industriels.com
ou www.cdif.fr
> Un annuaire des SPL : www.districts-industriels.com/docs/AnnuSPL.pdf
- Dossier sur les Systèmes productifs locaux
du site de la DATAR : www.DATAR .gouv.fr/DATAR _Site/DATAR _SPLBIS.nsf/wSommaire?Openview
Dont, des études de cas :
www.DATAR .gouv.fr/DATAR _Site/DATAR _SPLBIS.nsf/$ID_Dossier/CLAE-53EE4N
- Statistiques industrielles, enquêtes SESSI
: www.industrie.gouv.fr/observat/chiffres/f2o_pano.htm
- Le développement des districts technologiques
en Italie, une étude consultable sur le site
de l'ADIT (Veille technologique au service des Ambassades
de France : www.bulletins-electroniques.com/italie/rapports/SMM04_034
- Ou, directement, sur le site de l'Ambassade de
France en Italie : www.ambafrance-it.org/_fr/_scientifique/r&t_technologie.asp
Conception, synthèses et mise en page web
: Sylviane Tabarly

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| Mise
à jour partielle : 17-06-2008
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