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La France : des territoires en mutation

Industrie, recherche et innovation : de nouvelles dynamiques territoriales

Publié le 17/06/2008
Auteur(s) : Sylviane Tabarly, Dgesco ENS Lyon

1. Les dynamiques du déclin et de l'abandon, de la conversion ou de la reconversion

2. Les Pôles de compétitivité, nouveaux venus des dynamiques territoriales en France

3. Systèmes productifs locaux : des dynamiques contrastées

 

Différentes dynamiques territoriales peuvent être observées, dans les domaines de l'industrie, de la recherche et de l'innovation, sur le territoire français. Elles sont contrastées dans le temps, dans l'espace. Le déclin a frappé et frappe encore des bassins ou des secteurs d'activité entiers entraînant le cercle vicieux de l'abandon (friches, dégradations de l'habitat, réduction des services). Différents dispositifs sont destinés à inverser ces dynamiques, par exemple (évoquées dans l'ordre sur cette page) : politiques de conversion ou de reconversion ; incitations à organiser des Systèmes productifs locaux territorialisés ; et, en 2005, lancement d'une nouvelle politique de Pôles de compétitivité. Les approches, surtout réparatrices, de la conversion, sont progressivement relayées par des stratégies qui s'appuient davantage sur les mises en synergie des acteurs sur les territoires et sur l'innovation.

Les dynamiques du déclin et de l'abandon, de la conversion ou de la reconversion

Les premières régions frappées par le déclin industriel ont été les régions d'industrialisation ancienne : bassins miniers, sidérurgie, industrie textile, chantiers navals. Dès 1951, le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA, qui a expiré en juillet 2002) comportait un important volet d'aide à la reconversion et à la restructuration des activités concernées. Plus récemment à partir des années 1980 - 1990, des régions aux spécialités manufacturières plus diversifiées ont été touchées : électro-ménager, industries de l'armement, etc. Ces territoires ont fait l'objet, successivement, de politiques de conversion ou de reconversion.

En France, apparaissent pour la première fois, en 1967, des Zones de conversion dans des zones minières (Nord, Lorraine, Massif central). Puis la sidérurgie, l'industrie textile, les chantiers navals seront tour à tour concernés par des mesures de conversion, une politique coordonnée étant adoptée au cours des années 1980. Les mesures étaient d'ordre social et industriel mêlant des aides aux entreprises, des actions de formation, des transferts de technologie et des efforts en R&D, des actions d'amélioration de l'habitat et de réhabilitation de friches industrielles, des aménagements d'infrastructures.

Créée en 1982, la Prime d'aménagement du territoire (PAT) était une aide financière aux entreprises créant des activités dans les régions de conversion rurale ou industrielle. En 1984, on dénombrait ainsi 14 pôles de conversion : bassins sidérurgiques lorrains ; Calais - Dunkerque ; bassin minier valenciennois ; vallée de la Sambre, vallée de la Meuse (Ardennes) ; ports méditerranéens (La Seyne, La Ciotat, Fos-sur-Mer) ; bassins miniers du Massif central (Decazeville, Albi - Carmaux, Le Creusot - Montceau-les-Mines, Chalon-sur-Saône), bassins d'emploi en difficulté (Roanne, Montluçon, Saint-Etienne) ; Caen (métallurgie).

Progressivement, sous l'effet, tout à la fois, de la mondialisation, de la mise en concurrence des territoires, de produits dont le cycle de vie est plus court (évolution des modes et des habitudes de consommation, etc.), les territoires confrontés aux mutations se sont diversifiés : espaces ruraux, autres secteurs d'activité, secteurs industriels jadis protégés par l'État tels que les industries de l'armement (conversion des GIAT, des DCN). Par ailleurs, le traitement des territoires en difficulté est passé de logiques sectorielles à des logiques de projet centrées sur les territoires.

Les politiques structurelles de l'Union européenne ont également joué leur rôle. L'Objectif 2, selon l'Agenda 2000, soutenait la reconversion économique et sociale des zones en difficulté structurelle : zones en mutation économique, zones rurales en déclin ou dépendantes de la pêche, quartiers urbains en difficulté, zones géographiques à forts handicaps naturels ou démographiques. Les zones éligibles à la PAT sont à présent négociées en fonction des zones éligibles aux fonds structurels de l'UE, sachant que les zonages de l'Objectif 2 sont plus étendus que ceux des pôles de conversion. Et les fonds européens y sont devenus plus importants que les fonds d'origine nationale.

Depuis 2003, en France, des contrats de site sont passés entre la ou les collectivités locales concernée(s) et l'État, pour le compte duquel agit la DIACT (ex-DATAR). Ils ont pour objectif essentiel de rechercher et d'identifier les possibilités de revitalisation d'un site industriel précis. À la suite du Comité interministériel de l'aménagement et du développement du territoire (CIADT) du 23 mai 2003, quatre sites ont donné lieu à l'établissement de contrats : Romorantin-Salbris (Loir-et-Cher, MATRÀ Automobile) ; Angers (Maine-et-Loire, ACT Manufacturing) ; Longwy (Moselle, unités de production du coréen Daewoo ; Noyelles-Godault (Pas-de-Calais, Métaleurop).

Parallèlement, dans le cadre de la loi de programmation pour la cohésion sociale, dite loi Borloo (janvier 2005) prolongeant un dispositif de la loi de modernisation sociale de janvier 2002, un nouvel article du code du travail oblige les entreprises de plus de 1 000 salariés à engager des actions de revitalisation industrielle lorsqu'elles "procèdent à un licenciement collectif affectant, par son ampleur, l'équilibre du ou des bassins d'emploi dans lesquels elles sont implantées". Des conventions de revitalisation des bassins d'emplois sont alors signées : de 2002 à fin 2007, 349 conventions ont été signées pour compenser la suppression de 50 140 emplois très largement localisés dans la moitié nord-est de la France.

À côté des politiques de conversion et de reconversion, mues avant tout par le souci de maintenir, de cicatriser, ou de remplacer, d'autres politiques industrielles consistent à encourager des dynamiques fondées sur l'innovation, par la R&D. C'est ce qui inspire les technopôles (voir l'entrée pôles du glossaire), les Systèmes productifs locaux ou, plus récemment, les "Pôles de compétitivité". Avec, à la clef de certains dispositifs, un certain nombre d'aides publiques.

Des ressources pour prolonger

 

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Les Pôles de compétitivité, nouveaux venus des dynamiques territoriales en France

Les Pôles de compétitivité avaient été décidés par le CIADT du 14 septembre 2004, pour répondre aux incitations de la "stratégie de Lisbonne" de l'UE et, plus généralement à l'accélération des mutations économiques internationales. Suite au rapport Blanc de 2004 ils ont été lancés par le gouvernement en juillet 2005. Dans un contexte de mondialisation des échanges et de la compétition, l'heure est aux "territoires intelligents" ou "apprenants".

Cette politique consiste à structurer l'activité économique de certains secteurs porteurs autour de l'innovation d'une part, et de pôles performants d'autre part. Il s'agit donc de rassembler, sur un même territoire, entreprises, centres de formation et unités de recherche publiques et privées, autour d'objectifs communs de développement et d'innovation. Cette philosophie d'aménagement du territoire est assez nouvelle. En rupture avec les politiques de conversion / reconversion antérieures, il ne s'agit plus de mettre l'accent là où les fragilités se manifestent et les retards s'accumulent, mais au contraire de concentrer l'effort là où se situent la compétitivité et la performance, afin que ces villes et régions servent, par contagion, imitation, diffusion, de moteur au reste de l'espace régional et national.

Un rapport ministériel de 2005 précisait que les futurs Pôles de compétitivité seraient : "la combinaison, sur un espace géographique donné, d'entreprises, de centres de formation et d'unités de recherche publiques ou privées, engagées dans une démarche partenariale destinée à dégager des synergies autour de projets communs au caractère innovant. Ce partenariat s'organisera autour d'un marché et d'un domaine technologique et scientifique qui lui est attaché et devra rechercher la masse critique pour atteindre une compétitivité mais aussi une visibilité internationale".

Le site officiel qui leur est dédié (www.competitivite.gouv.fr/spip.php?rubrique39) précise que "Dans une économie mondiale de plus en plus concurrentielle, la France a lancé en 2004 une nouvelle politique industrielle qui mobilise les facteurs clefs de la compétitivité, au premier rang desquels figure la capacité d'innovation.(...) Cette politique vise à susciter puis soutenir les initiatives émanant des acteurs économiques et académiques présents sur un territoire."

C'est sur ces principes que les Pôles de compétitivité ont été sélectionnés à partir de dossiers de candidatures : sur les 105 reçus le 12 juillet 2005, 67 avaient été retenus dans un premier temps. Des opérations de fusions de projets mais aussi de nouvelles candidatures ont abouti au total à la labellisation de 71 Pôles de compétitivité par le CIACT du 5 juillet 2007 (voir carte ci-dessous). S'il s'agissait à travers ces pôles de relancer une "nouvelle stratégie industrielle" on notera que les candidatures ont été nombreuses dans le domaine de l'agro-alimentaire. Deux principaus types de pôles ont été distingués :

  • les pôles mondiaux qui mettent en jeu la compétitivité de la France dans l'économie de la connaissance et sur lesquels les moyens doivent être concentrés ;
  • les pôles nationaux qui ont principalement une vocation d'aménagement du territoire : il revient avant tout aux collectivités locales d'en encourager le développement.

 

Les pôles de compétitivité en France (situation 2007)

(cliquer pour agrandir)

Source, pour actualiser une situation évolutive : www.competitivite.gouv.fr

Une autre carte : www.competitivite.gouv.fr/IMG/pdf/carte_71PdC.pdf

Ces pôles n'ont pas tous la même position. Sept d'entre eux sont des projets mondiaux et doivent donc avoir un rayonnement mondial. Dix autres sont "à vocation mondiale", d'autres enfin sont des projets aux dimensions surtout régionale et nationale, ce qui n'exclut pas leur insertion dans la compétition mondiale bien entendu.

De la candidature à la sélection

Paru dans la presse en 2005. Promotion de la candidature du futur pôle à vocation mondiale "Industries et agroressources"

www.iar-pole.com et www.competitivite.gouv.fr/.../rubrique=87

L'enveloppe budgétaire s'élevait, pour 2006 - 2008, à 1,5 milliard d'€ ainsi répartis : 300 millions d'allègements fiscaux, 400 millions de crédits d'intervention ministériels, 800 millions qui seront attribués par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et par trois agences nationales pour la recherche et l'innovation : Agence pour l'innovation industrielle (AII), Agence nationale de la recherche (ANR) et l'Agence française pour l'innovation OSÉO (englobant l'ex-Anvar). Par ailleurs, 3 000 chercheurs sont concernés par ces pôles, 3 milliards d'€ investis en dépenses de R&D.

Plus de deux ans après les premiers appels à projet, quel bilan d'étape peut-on faire ?

Jacques Fache remarque que cette politique soulève de nombreuses questions. Tout d'abord, le nombre de pôles permet de douter de la concentration de l'effort, même si dans les faits, les 17 pôles mondiaux ou à vocation mondiale absorbent l'essentiel des subsides (72% dont 50% pour les seuls pôles mondiaux). Ensuite, la notion de pôle est un problème car, de fait, très peu de ces pôles en sont, au sens géographique.

En principe, l'unité de lieu ("cluster") permet de profiter des effets de réseau : obtention d'une masse critique, présence de toutes les compétences nécessaires à un projet, diffusion des connaissances, accroissement de la collaboration entre le public et le privé. Mais la simple mise en réseau, ou la seule juxtaposition de centres de compétences dispersés ne produit pas le même effet qu'un pôle. Enfin, cette politique est passée de l'idée d'un soutien à des pôles puissants à la possibilité de lancer des pôles dans des régions où tout reste à construire. Ce n'est plus du tout la même logique.

De son côté, Ernst & Young a coordonné une enquête sur les relations entre les agglomérations et les entreprises au sein des Pôles de compétitivité (septembre 2007) : "Des pôles de compétitivité aux pôles d'attractivité". Elle est diffusée en ligne par Agropolis International (www.agropolis.fr), un portail de la communauté scientifique. En voici quelques aperçus sélectionnés ci-dessous.

Une enquête : premiers bilans des Pôles de compétitivité, la place des entreprises et des agglomérations

Source : www.agropolis.fr/vde/enquete_poles.pdf

Cette étude d'Ernst & Young fait apparaître que le bilan qualitatif des pôles est mitigé aux yeux des acteurs et des observateurs interrogés. Le bilan est positif sur les relations nouées ou renforcées entre tous les acteurs concernés de près ou de loin par la recherche. Il est plus mitigé en ce qui concerne les projets collaboratifs et de l'implication des PME. Enfin, il est réservé quant à la visibilité internationale des pôles, du fait de la relative dispersion des projets et des moyens.

En effet, le nombre total de pôles est plus de quatre fois supérieur à ce que prévoyait le projet initial du gouvernement. Dans les autres pays où des expériences comparables ont été menées, c'est la concentration et la masse critique qui priment. Par exemple, le Council of Competitiveness américain propose la création de dix pôles pour l'ensemble du territoire des États-Unis, sur cinq ans (2008 - 2013). L'expérience américaine pose aussi la question de la création de pôles de compétitivité au niveau européen. Une mise en cohérence accrue, voire un pilotage plus direct à l'échelon communautaire rendrait la masse critique de ces pôles apte à faire face à la concurrence mondiale et éviterait de coûteuses "courses à l'attractivité" entre États membres.

Toutefois, en l'état et à ce stade, les acteurs de terrain ont, en très grande majorité, une appréciation positive de la démarche des Pôles de compétitvité en France qui permet de renforcer les liens entre entreprises et collectivités et qui favorise les démarches de partenariats public - privé (PPP).

Des ressources en ligne

 

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Systèmes productifs locaux : des dynamiques contrastées

La notion de Système productif local (SPL ou aussi Système local de production) dérive des travaux consacrés aux districts industriels d'A. Marshall (Principes d'économie politique - 1890) et de ses successeurs. Un SPL est une concentration, sur un territoire géographiquement délimité, d'unités productives de type PME-PMI, spécialisées dans un secteur d'activité, autour d'un métier ou d'un type de produit, à la fois concurrentes et complémentaires, appuyées sur des structures d'animation, des dispositifs de formation, en association avec les autres acteurs du territoire. Si elles ont une "communauté de destin", l'intensité des liens entre ces unités est néanmoins variable. De telles logiques territoriales permettent de dégager des économies externes, des économies d'agglomération et, bien souvent, de s'ouvrir plus facilement aux marchés extérieurs, car elles offrent aux entreprises une taille critique suffisante pour envisager le partage de services de tertiaire industriel (R&D, marketing, communication, etc). Il existe différentes variantes de ces formes territoriales de développement économique, la plus commune étant le district industriel. D'autres dynamiques s'appuient davantage sur l'innovation technologique et scientifique comme les grappes technologiques (ou clusters).

Un district industriel est un regroupement, sur un territoire donné, d'entreprises ou d'établissements exerçant des activités proches et entretenant d'importantes relations entre elles, sans être, le plus souvent, liées sur le plan du capital. Leurs synergies consistent à mettre en commun des connaissances techniques, à partager des efforts de R&D et des réseaux commerciaux, à organiser des actions de formation et d'information (délégations communes) et de veille technologique et économique. On peut faire référence au "modèle italien" de district industriel : l'Institut national de statistique italien (Istat) en a identifié 200 en 2002, représentant 2 200 000 actifs dans le secteur manufacturier, soit 42,5% de l'emploi manufacturier en Italie, 90 000 entreprises , 67 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 30 milliards de dollars à l'exportation.

Littéralement "grappe", le cluster désigne une concentration géographique d'activités relevant d'un même secteur ou d'une même filière, ayant développé des liens de coopération et/ou de complémentarité entre elles. Selon l'économiste américain Michael Porter, cette forme d'organisation du système productif est plus efficace, plus compétitive et donne de ce fait un avantage compétitif aux villes et aux régions dans lesquelles elle se développe. Concrètement, un cluster peut regrouper des centres de recherche publics et/ou privés, des entreprises de tailles variées unies par des intérêts communs : moyens logistiques, brevets de fabrication, veille technologique et stratégies de promotion et d'expansion. Les pouvoirs publics sont associés à des degrés variables.

Des territoires, plus ou moins étendus, dont les limites sont celles d'une vallée, de la zone d'influence d'une ville, d'un ensemble régional, ont pu bénéficier de dynamiques de cette nature. Sur ces types de modèles, on peut citer différents exemples dont les désignations sont assez souvent formatées autour de l'idée de vallée (ou valley) aux connotations plus ou moins anglo-saxones : la "Technic Vallée" de la vallée de l'Arve en Haute-Savoie, premier district industriel français avec 750 PME spécialisées dans le décolletage, générant 25 000 emplois en 2001 ; la "Plastic Valley" dans le Sud jurassien, autour d'Oyonnax ; la Vendée des chantiers navals spécialisés sur le marché de la grande plaisance avec 136 établissements, 1 700 emplois (2001), des entreprises fédérées au sein de la Chambre syndicale des industries nautiques Sud-Atlantique (CINSA), dont la croissance des emplois s'est établie à 80% entre 1993 et 2001 ; la "Mécanic Vallée" qui s'étend entre Rodez, Decazeville, et Villefranche de Rouergue (en fait de Rodez à Tulle, en passant par Brive et Figeac), baptisée ainsi en référence à la concentration d'entreprises (210 entreprises et 14 000 emplois, chiffre d'affaires de 1,4 milliards d'euros) spécialisées sur le travail du métal, la mécanique de précision, les machines-outils de toutes sortes, les composants électromécaniques.

Les structures des pays de la loi Voynet peuvent aussi donner un cadre à ces territoires de projet. Ainsi, le "Pays horloger" du Doubs s'étend sur 760 km² , 76 communes et sur 4 cantons (Morteau, Russey, Maîche, Saint-Hippolyte), près de la frontière suisse, plus de 40 000 hab. y vivent et y travaillent. Mais aussi les nouveaux Pôles de compétitivité (voir ci-dessous) comme c'est le cas pour la "Cosmetic Valley" de la région de Chartres (ci-contre, un exemple de la campagne de promotion du territoire en 2005).

La Cosmetic Valley (région Centre), candidate aux P ôles de compétitivité

Le CIADT de décembre 1997 engageait plusieurs appels à projets successifs pour soutenir les initiatives tendant à consolider ou à faire émerger des SPL et à leur donner une validation institutionnelle. Il reprenait alors la définition de la DATAR pour laquelle la notion de SPL recouvre "une organisation productive particulière localisée sur un territoire correspondant généralement à un bassin d'emploi. Cette organisation fonctionne comme un réseau d'interdépendances constituées d'unités productives ayant des activités similaires ou complémentaires qui se divisent le travail (entreprises de production ou de services, centres de recherche, organismes de formation, centres de transfert et de veille technologique, etc.)." (source : "Les systèmes productifs locaux" - DATAR , La documentation française , Paris 2002).

Voici une sélection de SPL présenté en tableau de synthèse ci-dessous, document réalisé d'après l'annuaire des projets sélectionnés à la suite des appels à projets de 1998 à 2003 (réalisation DATAR , édition de décembre 2003). L'annuaire rassemble les 94 projets et territoires SPL soutenus par le Fonds national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT), www.districts-industriels.com/docs/AnnuSPL.pdf

Une sélection de territoires SPL, résultat de l'appel à projets DATAR 1998 à 2003
Territoire SPL et
lien vers le site Internet
Emploi du secteur sur le territoire
en 2001*
Emploi sur le territoire/
Emploi du secteur en France*
Nombre d'
établissements
de plus de 20 salariés (2001)
Évolution de l'emploi du secteur en France de 1993 à 2001
Évolution de l'emploi du secteur sur le territoire de 1993 à 2001
Metaladour
(Aquitaine - Midi-Pyrénées)
4 499
1,2%
72
15%
47%
1 295
43%
33
- 18%
- 32%
Moule pour la plasturgie
(Basse-Normandie)
618
0,5%
6
16%
72%
Quincaillerie de Tinchebray
(Basse-Normandie)
976
1,1%
17
5%
38%
362
2,9%
5
- 6%
41%
Cosmetic Valley
(Centre)
4 290
11,9%
20
43%
3%
La filière Comté
(Franche-Comté)
1 457
5,0%
18
6%
30%
2 194
5,3%
20
24%
2%
1 910
1,8%
38
15%
21%
3 339
7,7%
70
- 26%
- 31%
5 225
9,8%
19
95%
226%
5 120
75%
9
8%
18%
8 877
60,6%
150
41%
54%
SPL Plasturgie d'Oyonnax
(Rhône-Alpes)
8 543
6,8%
129
18%
13%
2 188
13,2%
44
- 7%
35%

* Données issues des Statistiques industrielles (enquêtes SESSI, dans les établissements supérieurs à 20 salariés uniquement) : www.industrie.gouv.fr/observat/chiffres/f2o_pano.htm

Ainsi peut-on constater la grande diversité des SPL. Diversité par les thématiques, par le nombre d'établissement et par les effectifs de salariés concernés, par le degré de concentration de l'activité relativement au reste du territoire français, par l'évolution de l'emploi et ce qu'elle laisse supposer des difficultés ou des réussites à la fois sectorielles et territoriales.

Les Systèmes productifs locaux par l'exemple

Le premier cas présenté ci-dessous montre que, dans une région comme la Basse-Normandie, souvent connue pour les sinistres de la désindustrialisation (Moulinex par exemple), des dynamiques territoriales de développement peuvent exister dans le cadre de SPL comme "Quincaillerie de Tinchebray" et "Moule pour la plasturgie" par exemple (voir tableau ci-dessus).

Le SPL Quincaillerie de Tinchebray

Depuis plusieurs siècles, la région de Tinchebray est réputée pour sa production de quincaillerie.

Les 17 entreprises du secteur avec 976 emplois en 2001, représentent 80% de la production française d'outils de jardin, 25% de la quincaillerie de bâtiment et offrent un large panel de produits qui sont exportés vers le monde entier (Europe, États-Unis, Japon, Émirats Arabes...).www.quincaillerie.org

La SPL a permis le développement d'actions de communication, de veille technologique et d'envisager la mise en commun de moyens logistiques afin de réduire les coûts de transport.

SPL Plasturgie d'Oyonnax - Plastics Vallée

La SPL regroupe, au total, 1 000 établissements (129 de plus de 20 salariés) et 12 000 emplois. Les fabrications y sont diverses : pièces techniques et articles divers en matières plastiques, jeux et jouets, meubles de jardin et d'extérieur, moules et modèles, etc.

La SPL a permis de construire une Maison des entreprises, de mettre en commun des informations sur les industriels en plasturgie.

www.plasticsvallee.fr

Metaladour

Le SPL représente (en 2001) 840 établissements (dont 72 de plus de 20 salariés) et 22 000 emplois.

Il a donné naissance a plusieurs groupements d'entreprises : conception mécanique, traitements de surfaces et procédés spéciaux, céramiques techniques, etc.. Les réalisations portent sur des actions de communication, d'échanges et, à l'avenir, le SPL prévoit la mise en place d'une plate-forme achat-logistique et des actions de coopération internationales.www.metaladour.com

Leur spécialisation, qui fait la force des SPL, peut être aussi source de fragilité. Certaines situations mono-industrielles peuvent être plus vulnérables, plus sensibles aux retournements de conjoncture, aux mécanismes des délocalisations par exemple. Le dernier cas présenté ci-dessous est celui d'un bassin d'emploi en difficulté. Le SPL fait partie de l'arsenal des moyens d'organisation, de réaction envisageables.

 

La coutellerie thiernoise

La coutellerie de la région de Thiers, dans son ensemble, représente 70% de la coutellerie française, 2 000 emplois (il y en avait 12 000 au début du XXe siècle), 110 entreprises. Le SPL regroupe 33 établissements de plus de 20 salariés et 1 295 emplois en 2001 (1 895 en 1993). Le déclin est donc rapide et les productions sont touchées de plein fouet par la concurrence chinoise (l'écart de prix de revient serait de un à cinq). Cinq des six principales entreprises coutelières du bassin sous-traitent déjà une partie de leur propre production en Chine. De leur côté, les chinois investissent dans la coutellerie française, afin de bénéficier des marques ou pour utiliser les réseaux de distribution existants, pour acquérir une base logistique pour écouler leur marchandise.
Les stratégies mises en œuvre par le SPL portent sur la diversification des design des produits, l'organisation des réseaux de distribution à l'échelle européenne, la diversification vers les instruments chirurgicaux.

En juillet 2004, un "contrat territorial" a été signé entre l'État, la communauté de communes et les communes du bassin thiernois. De 2005 à 2008, il bénéficiera d'un crédit de taxe professionnelle à raison de 1 000 euros par salarié et par an.

- La ville de Thiers : www.ville-thiers.fr/viewer.php4?I/.../117&IdModele=1

- La CCI de Thiers : www.thiers.cci.fr/eco/secteur.htm

- La Fédération française de coutellerie : www.coutellerie-thiers.com

- L'annuaire DATAR des SPL : www.districts-industriels.com/docs/AnnuSPL.pdf

Ressources en ligne

Dont, des études de cas :www.DATAR .gouv.fr/DATAR _Site/DATAR _SPLBIS.nsf/$ID_Dossier/CLAE-53EE4N

 

Conception, synthèses et mise en page web : Sylviane Tabarly

 

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Mise à jour partielle : 17-06-2008

 


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