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Gradient

Publié le 19/01/2017

Ce concept désigne un phénomène qui décroît progressivement avec la distance, sans rupture évidente. Par exemple, le « gradient d'européanité » de Jacques Lévy, qui décrit la perte progressive d'identité européenne des territoires en direction de l'est du continent ; ou encore le gradient urbain-rural, qui décrit la transition progressive de la concentration bâtie des villes vers l’occupation extensive de l’espace en milieu rural). Le terme vient notamment des sciences physiques, où il désigne par exemple la décroissance graduelle d'un champ magnétique entre les polarités positives et négatives.

Définition proposée par Samuel Depraz
Mise à jour : janvier 2017

Gradient et effet de seuil

Pour expliquer la forme d'une distribution de lieux, on fait souvent appel à la situation géographique de ces lieux. Ainsi, la distance à un lieu particulier, remarquable pour sa force d'attraction ou de répulsion (ici par exemple, la frontière politique) est une des propriétés spatiales les plus souvent mobilisées. Ceci ne fait que souligner le rôle déterminant que joue la distance dans l'ensemble des interactions spatiales.

On appelle gradient « la variation d'intensité d'un phénomène par unité de distance entre un point et un centre (ou un axe) donné ». On peut ainsi modéliser les gradients de densité qui se constituent autour d'un centre-ville, les gradients d'équipements, de commerces etc. (d'après : Pumain D., Saint-Julien Th., 1997, L'analyse spatiale, tome 1 : localisations dans l'espace, A. Colin, p. 85). Le gradient, « type de structure spatiale liée à la distance à un point d'origine », est la « manifestation d'une progression, d'un même processus affectant l'espace étudié ; on ne peut [alors] pas distinguer de sous-espaces, l'espace étant plutôt un continuum » (J. Charre, 1995, Statistique et territoire, GIP Reclus).

En revanche, un seuil marque dans l'espace une rupture, une limite. Il permet de mettre en évidence une structure spatiale caractérisée par la juxtaposition de sous-espaces assez homogènes, séparés par des discontinuités (D'après Brunet, Ferras, Théry, 1992, Les Mots de la géographie, p. 453 et J. Charre, 1995, Statistique et territoire, GIP Reclus, p. 38-39).

Définition de Cécile Buxeda, pour Géoconfluences le 3 mars 2008.