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Hébergements touristiques

Publié le 13/03/2013

Les hébergements touristiques sont d’une nature extrêmement variée, à l’image des pratiques touristiques. À partir des formes historiques d’hébergement des voyageurs, les modes utilisés par les touristes n’ont en effet cessé de se diversifier. Pendant des siècles, l’hébergement était assuré chez l’habitant, dans des monastères, des auberges ou des relais de poste. Les premiers touristes ont détourné ces moyens d’hébergement avant que des formes spécifiques n’apparaissent. L’afflux des touristes a rapidement incité à des créations d’établissements spécialisés. Quatre grands types d’hébergements marchands organisent aujourd’hui le secteur, sans qu’ils le résument : les hôtels, les hôtels-clubs, les résidences de tourisme et les campings.
Les hôtels peuvent correspondre à des entreprises autonomes, forme la plus ancienne de l’hébergement touristique, ou appartenir à des chaînes intégrées. Ces dernières sont apparues en 1901 aux États-Unis, mais c’est Conrad Hilton dans les années 1920 qui est à l’origine du véritable essor de cette formule. En 1964, J. Borel adapte cette formule de chaînes intégrées en France et fonde le groupe Accor, qui diversifie ses activités de l’hôtel de luxe (Sofitel) à l’hôtel très bon marché (Formule 1) et se positionne ainsi comme un des leader mondiaux de l’hôtellerie. Le succès de ces chaines intégrées tient à trois facteurs principaux : homogénéité du produit, qui peut rassurer au-delà de l’altérité ressentie des lieux, réservation centralisée optimisant les taux d’occupation et système de franchise peu risqué mais propice à la diffusion spatiale.
Les hôtels-clubs correspondent à une diversification qui s’est réalisée en filiation avec l’hôtel. La structure de l’établissement qui associe le repos au loisir permet au touriste de se couper d’un environnent dont l’altérité ressentie peut être mal-vécue. L’hôtel-club se situe à mi-chemin entre l’hôtel et le village de vacances, apparu à la fin des années 1930 en Angleterre. L’innovation principale des hôtels-club a été de marier les fonctions d’animation à celle d’hébergement. Le Club Med en est la formule archétypale.
Le terme de resort relève d’un anglicisme en français. Il ne désigne pas comme en anglais une station (a seaside resort = une station balnéaire) mais un complexe hôtelier souvent de luxe aménagé par un même promoteur et  proposant en plus de l’hébergement des services comme des activités sportives ou de bien-être. Fonctionnant comme une enclave, il s’étend en général sur plusieurs hectares, ce qui permet l’aménagement de jardins voire d’un golf. Ils se situent souvent en bord de mer.
Les résidences de tourisme s’inscrivent dans la double filiation de l’hôtel et des villages de vacances. La formule est originale à la fois par ses équipements, conférant davantage d’autonomie au touriste (coin cuisine…) et dans l’innovation du temps partagé ou time sharing. La formule de résidences de tourisme convient particulièrement aux touristes cherchant surtout à être autonomes. Elles séduisent de plus en plus de touristes en ville, avec le développement de certaines chaînes comme les Citadines en France.
Le camping est né du scoutisme, né en réponse à des problèmes d’hébergement rencontrés lors de l’organisation d’événements sportifs au début du XXe siècle. Après des débuts comme forme d’hébergement touristique pratiquée par une élite sportive, le camping devient une forme d’hébergement bon marché recherchée pour l’autonomie qu’elle procure. L’évolution actuelle est marquée par l’élargissement du spectre social : la tente cohabite désormais avec des hébergements plus confortables, comme la caravane, le mobil home ou le bungalow. Les campings peuvent posséder jusqu’à 4 étoiles et se rapprochent alors des hôtels-clubs. Malgré l’apparition récente de chaînes, le camping demeure largement un secteur peu structuré dominé par la petite entreprise.
À ces quatre grands types d’hébergements marchands, s’en ajoutent kyrielles d’autres, plus ou moins marqués par un souci de distinction sociale : chambres d’hôte, cabanes dans les arbres, yourtes, roulottes, igloos… L’altérité que peuvent véhiculer ces hébergements constitue des éléments à part entière du voyage. Il convient cependant de bien garder en tête que la majorité des touristes, en particulier domestiques, ont recours à l’hébergement non-marchand, soit chez la famille, chez des amis ou dans une résidence secondaire, phénomène particulièrement développé en France (elles seraient plus de 3 millions). Par son caractère informel, ce type d’hébergements est pourtant le plus mal connu des statistiques.

Mise à jour : janvier 2011