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Himalaya

Publié le 26/03/2015

Vu de la péninsule, l'Himalaya ("lieu de neige") est une muraille. Les plus hauts sommets dépassent 8 000 m : l'Everest atteint 8 850 m et 7 autres sommets dépassent 8000 m au Népal), plus de 1 000 sommets atteignent au moins 6 000 m, situés dans la moitié est de la chaîne. Cette muraille longue de 2 300 km est large de 350 km entre le sud du plateau tibétain et les franges nord des plaines de l'Indus, de la Sutlej, du Gange et du Brahmapoutre.
Comme dans toute montagne, le paysage himalayen est marqué par l'étagement : la limite des rizières se situe à 1 800-2 000 m et celle des cultures à 2 300-3 000 m ; les forêts de chênes et de conifères montent au-delà de 3 400 m, suivies par des champs de rhododendrons jusqu'à 4 000 m ; les pâturages d'altitude commencent alors et il faut aller jusqu'à 5 500 m pour trouver les glaciers.
Cette architecture résulte de la rencontre, il y a 50 millions d'années, de la plaque du Deccan avec la plaque eurasiatique, et de la subduction de la première sous la deuxième. Là est l'origine de séismes fréquents et de la surrection toujours en cours : l'Everest gagne 2 à 3 cm / an. Mais les risques les plus importants sont climatiques car une grande partie de la population qui habite les versants et les fonds de vallée dépend directement de l'agriculture. Les déficits pluviométriques annuels, longtemps dramatiques, ne sont plus autant redoutés aujourd'hui avec les transformations récentes de l'agriculture, mais les excès d'eau estivaux peuvent être désastreux : les débits des cours d'eau himalayens peuvent être multipliés par 30 en été, gonflés par la mousson et la fonte des glaciers himalayens.
Une partie de la chaîne sert de ligne de partage des eaux et de frontière, mais pas sur toute la longueur.

Cette barrière physique (climatique en particulier) et géopolitique sépare les mondes indien et chinois. Les cols à plus de 4 500 m, ne sont praticables qu'en été par des convois de mulets ou de yacks, mais ils ont été le lieu de passage du bouddhisme venu d'Inde. A l'ouest, aux confins de l'Iran et de l'Afghanistan, la Quetta Pass et la Khyber Pass, ont joué des rôles historiques considérables.
Malgré cette ample muraille, les limites politiques ne sont pas stabilisées : la ligne Mac Mahon tracée en 1914 par les Britanniques entre l’Inde britannique et le Tibet n’est pas reconnue par la Chine. La frontière entre le Pakistan et l'Union indienne donne à un conflit au Cachemire depuis 1947. En revanche, la situation entre les deux géants, et le relief montagnard ont permis le maintien d’États-tampons : Népal et Bhoutan, longtemps isolés du monde extérieur.

Situé à la marge du territoire indien, l'Himalaya lui est pourtant fortement intégré par sa place dans les représentations de l'espace national et hindou (sources sacrées du Gange et de la Yamuna, lieux de pèlerinage de Haridvar). Le haut Himalaya redevient, depuis la fin du XXe siècle, un terrain d'échanges nord-sud en lien avec la construction de routes nouvelles et la réouverture de cols. Les migrations des populations montagnardes vers les zones d'emploi locales, régionales et mondiales intègrent l'Himalaya dans des espaces complémentaires par un jeu complexe d'échelles.
L'Himalaya fait aujourd'hui fonction de réserve de ressources minières, de bois, d'eau et d'énergie. Le patrimoine naturel protégé par une centaine d'aires, et le patrimoine culturel riche d'une grande diversité d'identités locales sont des gisements touristiques en cours d'exploitation.
 

Pour compléter dans Géoconfluences :
- Blandine Ripert, Un processus de mondialisation observé à l'échelle locale au Népal Central :  transformations agricoles, économiques, politiques et sociales au bout du monde, 2015.
- Martin Michalon, Image à la une : au Ladakh, « une route dans le ciel », 2014