Vous êtes ici : Accueil Vocabulaire et notions générales Informel

Informel

Publié le 15/01/2015

L'adjectif informel qualifie ce qui échappe aux cadres normatifs. La notion d'informel est née dans les années 1970 en Afrique subsaharienne, et est développée par Milton Santos dans sa thèse, L'espace partagé : les deux circuits de l'économie urbaine des pays sous-développés (1975). Secteur formel et informel ne s'opposent pas, ils sont souvent complémentaires dans les systèmes de production comme dans les agencements des acteurs économiques. C'est ainsi que les entreprises formelles font appel à l'emploi informel, c'est-à-dire un emploi sans contrat de travail et sans protection sociale pour réduire le coût du travail : ce procédé a des conséquences spatiales car il s'accompagne de délocalisation des lieux de production. La part de l'économie informelle est difficile à mesurer : elle est estimée à 1/4 du PIB au moins, en moyenne dans le monde.
Le secteur informel ne se confond pas avec l'économie illégale. En effet, il se pratique au grand jour car il résulte souvent de l'inadaptation des cadres normatifs en vigueur : ce peut être le cas pour les micro-entreprises dans certains États.

En géographie, il est utile, à la suite de Karine Bennafla, de distinguer les « espaces de l’informel » des « espaces informels ». Si ces deux formules peuvent se recouper, la première désigne « des lieux et des espaces où se lovent des activités et des pratiques informelles », comme les frontières, les zones rurales isolées, les friches … La seconde désigne « des espaces dont la régulation échappe, totalement ou en partie, à l’autorité légitime conduisant à des situations floutées en termes de pouvoirs exercés : par exemple, des zones d’habitat non réglementaire autogérées ; des quartiers urbains sous le contrôle de bandes ou de gangs ; des espaces où s’entrechoquent plusieurs formes d’autorité ou souveraineté ».
 

Pour aller plus loin :

Bennafla Karine, Notion à la une : informalité, Géoconfluences, 2015

Bennafla Karine, Pour une géographie des bordures à l’heure globale : frontières et espaces d’activités ‘informelles’, 2012, HDR Université Paris-Ouest La Défense, volume 1, 145 p.