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Subprime

Publié le 15/06/2015

Le terme est apparu en français à l'occasion de la "crise des subprimes" qui s'est déclenchée fin 2007 aux États-Unis.
Les termes "subprime loans" désignent les prêts hypothécaires, à risque élevé, accordés aux emprunteurs les moins fiables. Pour compenser la prise de risque plus forte pour le prêteur, le taux d'intérêt pratiqué est plus élevé que dans les autres catégories (4 catégories sont distinguées en fonction de la qualité de l'emprunteur : subprime, Alt-A, Jumbo et prime. Pour les créanciers, les prêts subprime sont considérés comme individuellement risqués mais globalement sûrs et rentables ; pour les emprunteurs, ces crédits sont prédateurs.
Le développement des subprimes est le résultat d’une politique volontaire, menée aux États-Unis à partir de la fin des années 1990, pour faire accéder à la propriété de leur maison une catégorie de gens pauvres ou d’immigrés qui en étaient exclus jusqu’alors, y compris les NINJA (No income, no job, no asset).

« L’économie va mal parce que nous avons construit trop de maisons », a dit  G.W. Bush. En effet, à l'origine de la crise des subprimes, on a la multiplication par 7 des montants concernés par ce type de prêts entre 2001 et 2007. En 2006, sur la production de nouveaux prêts immobiliers de 3 000 milliards de dollars, 21 % étaient subprime. Cette envolée est à relier à l'inflation des prix immobiliers ("bulle immobilière") qui rend possible le remboursement du prêteur sur le bien revendu plus cher, à l'accroissement des liquidités mondiales qui facilite l'expansion du crédit, et à l'encouragement du gouvernement fédéral envers les emprunts des communautés locales des quartiers à revenus faibles ou modérés (au Bronx il y a trente fois plus de prêts subprime qu’à Manhattan). En effet, les zones délimitées par une ligne rouge et interdites de crédit depuis les années 1930 (redlining) se retrouvent surinvesties par les subprimes : on parle de redlining inversé puisque ces quartiers sont ciblés par les institutions bancaires.
Une bonne partie de ces prêts à risque sont titrisés, c'est-à-dire transformée en titres négociables sur les marchés financiers.
Le déclenchement de la crise fait suite à une hausse des taux d'intérêt qui ont été relevés par la Fed à partir de 2004, ce qui a comme effet de provoquer un retournement du marché immobilier à partir de 2006. Un certain nombre d'emprunteurs touchés par la hausse des taux se retrouve en défaut de paiement et la revente de leurs biens immobiliers ne suffit plus aux créanciers pour récupérer leur mise.

La crise des subprimes débouche donc sur une crise bancaire, puis sur une crise financière du fait de la titrisation. La crise qui s'engage aux Etats-Unis à la fin 2007 est appelée la Grande Récession, elle contamine l'ensemble du tissu économique et social. Elle se diffuse au reste du monde du fait de la globalisation financière.
Cette crise lie fortement l'échelle locale de l'urbain et l'échelle globale. La crise des subprimes est fondée dans les inégalités urbaines : elle est donc fondée dans la ville.


Pour aller plus loin :

- Jacquillat Bertrand, Levy-Garboua Vivien, « La crise des subprimes »,  Les 100 mots de la crise financière, Paris, Presses Universitaires de France , « Que sais-je ? », 2013, 128 pages
- Guilhem Boulay, « Twin crises ? Une lecture multiscalaire de la crise des subprimes ». 25 avril 2013. Séminaire, ENS Ulm. (en .pdf)
- Guilhem Boulay, « La crise des subprimes », Café géographique de Lyon, 3 décembre 2014.

 

Mise à jour : juin 2015