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Vulnérabilité

Publié le 28/02/2013

La vulnérabilité exprime le niveau d'effet prévisible d'un phénomène naturel (aléa) sur des enjeux (l'homme et ses activités). Elle est traduite en anglais par les termes vulnerability ou sensitivity. Elle évalue dans quelle mesure un système socio-spatial risque d’être affecté par les effets néfastes des aléas.
Les approches en termes de vulnérabilité sont assez récentes, elles datent des années 1960 - 1970 dans le monde anglo-saxon, des années 1980 en France. La vulnérabilité, en englobant les enjeux, exprime un degré d’exposition à l’aléa qui peut être évalué par le niveau d’endommagement constaté ou prévu.
La vulnérabilité humaine évalue d’abord les préjudices potentiels aux personnes dans leur intégrité physique (décès, blessés, etc.). La vulnérabilité économique traduit généralement le degré de perte ou d’endommagement des biens et des activités exposés au phénomène.
L’analyse de la vulnérabilité s’appuie sur une description de l’impact du dommage selon différents critères : sensibilité au dommage ; degré de dépendance ; la transférabilité, qui mesure la capacité d'adaptation ; la résilience, qui mesure la capacité de cicatrisation après l’événement.

Les principaux facteurs socio-spatiaux de la vulnérabilité sont, pour la plupart, liés à la pauvreté. C'est elle qui pousse les populations démunies des grandes villes des pays du Sud à s'installer sur des zones à risques d'éboulement et d'inondation (Mexico, Quito, Guatemala City, etc.). C'est elle qui, en intensifiant la dégradation écologique de l'environnement (déforestation notamment), aggrave les conséquences de l'aléa naturel. Ainsi, rapportés à la population, les chiffres sont éloquents : sur 1 million d'habitants, le risque annuel de mort par séisme est de 92 en Arménie, 41 au Turkménistan, 29 en Iran et 25 au Pérou, alors qu'il n'est que de 0,6 en Californie, pour prendre des localisations à forte sismicité.
Les défauts de perception de la vulnérabilité s’expliquent en partie par les défauts de perception de la part de responsabilité des individus et des sociétés dans la catastrophe qu’il est relativement difficile d’accepter ses propres fragilités. Percevoir la vulnérabilité, implique d’accepter le fait que les risques sont aussi le résultat de facteurs internes aux sociétés, et pas seulement le fruit du hasard (aléa). Cette faible perception génère (autant que l’absence de perception d’un aléa) une sous-estimation du risque.

Pour prolonger :
- Elsa Peinturier, Risques littoraux et aménagement en Louisiane : les défis d’un territoire insoutenable ?,  2015
- Servane Gueben-Venière, De l’équipement à la gestion du littoral, ou comment vivre avec les aléas météo-marins aux Pays-Bas ?, 2015

- Mégapoles et risques en milieu urbain. L'exemple d'Istanbul 

Mise à jour : décembre 2015