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De villes en métropoles

Dubaï, territoire d'un nouveau type dans le monde arabe

Publié le 20/09/2005
Auteur(s) : Sylviane Tabarly, Dgesco ENS de Lyon

Pôle émergent de l'espace mondial, l'émirat de Dubaï (ou Doubaï), qui fait partie de la Fédération des Émirats arabes unis (EAU), est une cité-État aux caractères très spécifiques au sein du monde arabe. Elle a un rôle de synapse important dans le fonctionnement régional, mais ses ambitions s'exercent aussi à l'échelle internationale. Ce territoire de 3 885 km² et d'1,2 million d'habitants pourrait-il devenir un modèle pour le monde arabe ?

Au début des années 1960, Dubaï comportait quelques maisons en pisé, un souk, un port ensablé, accessible aux seuls boutres à fond plat qui sillonnaient le Golfe et la mer d'Oman. Les besoins en eau potable, en électricité n'étaient pas satisfaits, médecins, routes, écoles faisaient défaut.

En 2002, avec un PIB de 18,8 milliards d'USD, Dubaï produit 26,5% de la richesse de la Fédération, après Abu Dhabi (57,7%) et le PIB/hab y dépasse 17 000 USD. L'émirat affiche un taux de croissance réel conséquent, de 3,8% en 2002, oscillant entre 3 et 9% au cours des douze dernières années. Ses ambitions pour le futur multiplient les superlatifs : la plus haute tour mondiale, le plus grand mall[2], etc.

Divers facteurs peuvent expliquer cette réussite parmi lesquels : le réinvestissement, sur place, des revenus pétroliers des émirats de la Fédération ; l'esprit marchand de la famille dirigeante des Maktoum (le cheikh Mohammed Al-Maktoum actuellement au pouvoir) qui tient les rênes de la cité-État depuis l'indépendance en 1971 ; un esprit d'ouverture et de tolérance par rapport à son environnement régional ; des capacités de gestion logistique et commerciale qui en ont fait un hub régional essentiel. Dubaï a également pu et su bénéficier, de manière opportuniste et réactive, des grandes crises régionales : la révolution iranienne et la guerre Iran-Irak de 1979 à 1988, la guerre du Golfe de 1990-1991, la guerre civile libanaise de 1975 à 1991 qui déclasse Beyrouth, l'effondrement de l'URSS, les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis [3].

Présentation de la Fédération des Émirats arabes unis (EAU)

En pop-up : données générales et ligne de temps

Localisations et contexte géopolitique régional

Les Émirats arabes unis (EAU) sont une fédération composée de sept émirats : Abu Dhabi (ou Abou Dabi), Dubaï (ou Doubaï), Sharjah (ou Chârdjah), Fujairah (ou Foudjaïrah), Ajman (ou Adjmân), Ras al Khaïmah et Oumm al Qaïwaïn.

Pour des informations complémentaires en relation avec les cartes ci-dessus :

 

Dubaï, synapse dans l'espace régional et mondial

L'intégration géopolitique régionale

À l'heure actuelle, la Fédération des Émirats arabes unis apparaît comme un îlot de paix au cœur du Moyen-Orient. Elle appartient au Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCEAG [4]), et elle entretient des liens étroits avec les pays de la Ligue arabe. Elle appartient également à l'Organisation de la Conférence islamique et elle est membre à part entière de l'OPEP. Enfin, les EAU sont membres de l'OMC depuis 1996. Dans ce contexte, Dubaï joue un rôle important d'interface. L'Arabie saoudite a besoin des possibilités offertes par la Fédération des EAU, dont Dubaï, pour effectuer des transactions financières internationales entravées par la législation islamique en vigueur dans le Royaume. Certains ressortissants d'autres États voisins, pratiquant un Islam rigoureux, apprécient le contrôle social plus souple de Dubaï où l'alcool est en vente libre dans les grands hôtels qui abritent également des boîtes de nuit. Dubaï joue ainsi un rôle d'exutoire pour les sociétés perse et arabe du Golfe.

Les relations avec le sous-continent indien sont essentielles aussi. Par ses immigrants, ses transactions commerciales, ses importations et réexportations, l'émirat vit à l'heure de Bombay et du Gudjerat, mais aussi de Karachi, du Kérala ou de Dhaka. Le recours à la place de Dubaï permet de contourner les réglementations tatillonnes et les infrastructures obsolètes de l'Union indienne.

Capter hommes et capitaux : des dispositifs attractifs mais contrôlés

Dubaï, encouragé par l'adhésion de la Fédération à l'OMC en 1996, s'est doté d'une législation favorable aux investissements et aux activités commerciales et industrielles ainsi que d'une administration relativement efficace et honnête, ce qui constitue un atout décisif pour les investisseurs étrangers. L'administration, contrôlée par les nationaux qui occupent les postes de direction, est composée de cadres et d'exécutants étrangers sélectionnés pour leurs compétences et mieux payés que dans leur pays d'origine.

Les règles de la propriété foncière ont progressivement évolué. La terre appartient à l'émir et à sa famille dans les zones non construites ainsi que dans certaines enclaves dans la ville. L'émir doit les gérer comme un bien public. Le reste de la ville est partagé entre ceux qui ont acheté leur terrain ou qui l'ont reçu en cadeau. Les individus ou les sociétés étrangères ont le droit de posséder de la terre, et il existe un marché immobilier actif. C'est ainsi que Dubaï est devenu un territoire attractif.

Mais les droits et les devoirs des différentes catégories d'habitants obéissent à une stricte hiérarchie. Le "watani", citoyen dubaïote, et par extension émirien, est le seul à disposer d'un droit d'expression et de citoyenneté pleine et entière. La citoyenneté dubaïote, et donc la nationalité émirienne, donne accès à tous les privilèges offerts par la Fédération des EAU. Au sommet de l'édifice se trouve l'émir, sa famille, son entourage immédiat ainsi que les grandes familles négociantes implantées de longue date, arabes de souche (d'origine locale ou du Hadramaout, un district côtier du sud-est de la péninsule arabique).

Ensuite, des descendants des commerçants persans, arrivés au début du XXe siècle, présents dans la région depuis plusieurs générations, sont très représentés dans le souk (boutiquiers, marchands) et dominent la corporation des boulangers. Les grandes familles de cette catégorie détiennent des passeports arabes. Mais leur nationalité émirienne, acquise au cours du siècle, ne leur permet pas de participer aux affaires de la cité à même hauteur que les autochtones dubaïotes "de souche".

Nombre d'étrangers sont soumis au système de la kafala (ou sponsorship). Ils sont placés sous la responsabilité et la protection d'un kafil, citoyen dubaïote, qui opère en échange un prélèvement sur leurs revenus. Privilège essentiel de la citoyenneté, la kafala réserve 51% de la propriété de toute entreprise à un partenaire émirati. Les droits de propriété sur un bien immobilier ou sur une entreprise détenus par l'étranger s'apparentent alors plutôt à des concessions. Les étrangers soumis à la kafala peuvent, à tout moment, être expulsés. Leur intérêt est donc de se cantonner strictement à leur activité professionnelle. Notons que le système de la kafala est contesté par l'OMC et pourrait donc être réformé.

Les membres de professions libérales ou les cadres venus du Proche-Orient pour exercer leur métier durant quelques années, avant de retourner avec leurs économies s'installer dans leur pays d'origine, sont utiles à l'émirat. Ils jouissent donc d'une situation économique et sociale moins précaire : contrats négociés de gré à gré, de longue durée, possibilité de faire venir leur famille, etc.. Cette population reste cependant vulnérable, à la merci d'une faute professionnelle, d'une maladresse d'expression, ou de la dégradation des relations entre leur pays d'origine et l'émirat. Cela avait été le cas à l'occasion de la guerre du Golfe en 1990 : Palestiniens et Jordaniens avaient souffert de la position pro-irakienne de leurs dirigeants.

Au bas de l'échelle, une population immigrée a remplacé l'esclavage statutaire aboli dans les années 1950. Main d'œuvre assez peu qualifiée, "importée" par des intermédiaires ou par les entreprises elles-mêmes, elle assure le fonctionnement, au quotidien, de l'économie domestique, industrielle et des services. On la retrouve sur tous les grands chantiers de l'émirat. Recrutée sous contrat à durée déterminée dans la plupart des cas, sa condition se réduit à la valeur de son travail. Il s'agit principalement d'hommes venus en célibataires (la population de l'émirat est masculine à 71%), d'Asie du Sud et du Sud-Est. Ils sont souvent très dépendants de leurs employeurs ou de leurs sponsors, qui ont avancé les frais de voyage et de séjour et qui conservent leur passeport. En fin de contrat, ces immigrants peuvent passer à la clandestinité.

C'est ainsi que l'on peut voir coexister, sur les nombreux chantiers BTP de l'émirat, une main d'œuvre pakistanaise peu qualifiée, des ouvriers indiens qualifiés, des contremaîtres sikhs, des ingénieurs et cadres dirigeants arabes, perses ou occidentaux.

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Importations et réexportations : un système de comptoir

Dubaï est devenu un grand centre mondial de réexportation après Hongkong et Singapour.

La majeure partie des produits manufacturés sont importés d'Asie et du sous-continent indien. En 2003, la Chine est devenue le premier fournisseur de l'émirat (5 230 M d'USD en valeur), suivie par l'Inde (4 099 M d'USD) et le Japon (3 998 M d'USD).

Les réexportations depuis Dubaï (en millions d'USD)
 
2001
2002
2003
Évolution
2001/2003
Iran
2 279
3 252
4 573
100,7
Arabie saoudite
1 391
1 691
1 496
7,5
Inde
738
983
1 218
65
Irak
388
789
963
148,2
Koweit
635
707
855
34,6
Pakistan
479
576
779
62,6
Suisse
260
336
652
150,8
Hong-Kong
554
688
558
0,7
États-Unis
395
501
513
29,9
Jebel Ali Free Zone
254
307
432
70,1

Source : Department of ports and customs (2004) www.dxbcustoms.gov.ae/index_frame.asp

Si les autres émirats de la Fédération ont longtemps été les premiers clients de Dubaï, ce cercle s'est aujourd'hui élargi pour englober l'ensemble des six pays membres du CCEAG [4], puis progressivement, l'Asie, la Russie et l'Europe. Les premiers marchés de réexportation de l'émirat sont ses puissants voisins du Golfe. Tout d'abord l'Iran : plus de 2 000 maisons de commerce iraniennes s'y sont installées. Puis, l'Arabie saoudite, l'Inde, d'autres États voisins du Golfe et de l'océan Indien. On notera la place de la Suisse devenue une importante destination des réexportations de Dubaï.

Dubaï rayonne aussi de plus en plus vers l'Asie centrale ex-soviétique, la Transcaucasie et même au-delà. Les Républiques musulmanes ont redécouvert les antiques routes caravanières et les réseaux qui les reliaient au monde arabe.

L'organisation d'un territoire voué à la gestion de flux

L'avantage de Dubaï repose non seulement sur ses réseaux de commerçants, mais aussi sur l'étendue et la rapidité de ses liaisons avec le monde extérieur, sur l'efficacité de son hub aéroportuaire. Les moyens de transport utilisés sont diversifiés, en fonction des besoins : des dhows [5] qui relient rapidement Dubaï à Qishm ou à Bandas Abbas sur la côte iranienne, aux avions gros porteurs qui desservent les villes les plus lointaines de l'arrière-pays aérien de Dubaï, en passant par les navires venus déverser leurs conteneurs sur les quais de Jebel Ali.

Ainsi, différents aménagements assurent la gestion des flux de marchandises et de passagers à l'échelle régionale et mondiale. Leurs développements programmés témoignent des ambitions de Dubaï.

L'aéroport (Dubai International Airport) est devenu une plaque tournante du trafic aérien international : deuxième aéroport du Moyen-Orient et deuxième du monde pour le nombre de passagers en transit, après celui de Narita à Tokyo. Son trafic a atteint, en 2004, 21,7 millions de passagers, transit compris (contre 18 millions en 2003, déjà en croissance de 13% par rapport à 2002). Il est desservi par de nombreuses compagnies internationales, qui le relient à environ 140 destinations (2002). L'aéroport dispose d'un vaste centre commercial (Duty free shopping centre). Un troisième terminal est actuellement en construction et devrait ouvrir en 2006, doublant ainsi la capacité de l'aéroport. Il pourra accueillir les futurs Airbus A380 et pourrait gérer 60 millions de passagers en 2010.

Par ailleurs, un second aéroport international (Jebel Ali International Airport - JXB), localisé à Jebel Ali (ou Djebel Ali), à 30 minutes au nord du centre-ville de Dubaï, est en construction depuis janvier 2005. Une plate-forme multi-modale intégrée (air - mer - route), la Dubai Logistics City (DLC) associera ainsi le port (Jebel Ali Port) et sa zone franche (la Free Zone) au futur aéroport. Son ambition est de devenir un carrefour logistique de dimension mondiale, plaque tournante essentielle à l'échelle du Golfe et du Moyen-Orient. À terme, le complexe devrait s'étendre sur 140 km². Le programme est développé par une joint-venture associant Dar Al-Handasah (groupe libanais basé à Beyrouth) et Aéroports de Paris. Il est prévu que, d'ici 20 ans, cet aéroport puisse accueillir 40 millions de passagers par an.

L'émirat s'est doté, en 1985, d'une compagnie aérienne, Emirates Airlines, qui appartient à l'État . Elle est vite devenue emblématique de Dubaï, par son dynamisme et sa rentabilité. Le nombre de passagers transportés est passé de 2,25 millions sur l'exercice 1994-95 à 10,4 millions sur l'exercice de 2003 - 2004. La compagnie dubaïote dessert 70 destinations en 2005 : le tableau ci-contre témoigne de leur diversité à une échelle mondiale, de l'importance des destinations asiatiques et de la modestie des destinations africaines. Emirates est une grosse consommatrice d'Airbus et a, d'ores et déjà, commandé 43 Airbus A380.

La zone aéroportuaire internationale a aussi une importante dimension fret avec un espace de stockage concentré dans un Cargo village capable de traiter 500 000 t/an et directement connecté aux zones industrielles avoisinantes, aux États et aux ports du voisinage, grâce à sept quais de fret combiné air-mer. Ainsi ne faut-il que quatre heures pour transférer un colis du porte-conteneur à l'avion cargo.

Source : Flight scheduler de la Compagnie aérienne Émirat es.
http://sched.emirates.com/sched/.../selection&airportType=ALL et http://travel.theemiratesnetwork.com/airlines/emirates_airlines.php

En dépit de conditions naturelles peu propices et d'une situation peu favorable à l'intérieur du Golfe arabo-persique, Dubaï a rapidement développé ses infrastructures portuaires. Quatre ports aux rôles complémentaires s'échelonnent du nord au sud de la ville. Les anciens ports de Hamriya et de la Crique ont été approfondis et modernisés. Le port de la Crique accueille, au pied des tours de verre et d'acier, des dhows [5] qui assurent les réexportations vers l'Iran.

Depuis le début des années 1970, deux ports commerciaux modernes ont été aménagés : Jebel Ali et Port Rachid (ou Port Rashid).

Mis en service en 1972, Port Rachid est situé juste au sud de l'embouchure de la Crique, à proximité immédiate de la ville et de l'aéroport. Il offre 7 km de quais de déchargement et plus de 167 000 m² d'entrepôts couverts. Le port est tout entier gagné sur la mer et ses môles enserrent un vaste plan d'eau. Il se prolonge au sud par des bassins de radoub et une cale sèche pour pétroliers géants.
De son côté, le port de Jebel Ali, creusé dans les sables littoraux à 40 km au sud de la ville, a, dès l'origine, été destiné à pallier l'épuisement programmé des ressources pétrolières. Il comporte une cale sèche pour supertankers faisant de Dubaï la rivale de Bahrein comme station-service de la région, avec 15 km de quais, 42 500 m³ d'entrepôts frigorifiques. C'est devenu le grand port de transbordement de la péninsule arabique et des pays riverains du Golfe. Il dessert aussi la mer Rouge et l'océan Indien. Le port de Jebel Ali est associé à une immense zone franche où de nombreuses multinationales (General Motors, Siemens, Schneider, etc.) ont ouvert des succursales. Des marchandises venues du monde entier y sont entreposées, conditionnées, parfois transformées, puis réexpédiées

Un système de zones franches thématiques diversifiées accompagne ces infrastructures. On en dénombre actuellement neuf. Jebel Ali, la première zone franche en date établie dans la Fédération des EAU est la plus étendue et enregistre le plus grand nombre d'entreprises.

En pop-up, une présentation des zones franches (texte et tableau)

 

Les spécialisations fonctionnelles du territoire : aménagement et artificialisation du milieu

Des fonctions touristiques et commerciales étroitement imbriquées[6]

Le tourisme est devenu un secteur prioritaire pour diversifier les ressources de l'émirat, ce qui contraste avec bon nombre de pays de la région qui ont fermé leurs frontières aux touristes occidentaux. Les voyagistes de la destination, soutenus par les autorités, ont ciblé une clientèle européenne de rang moyen, en se fondant sur ses atouts réels (la mer, le soleil, le désert, le shopping, la capacité hôtelière) et en créant de toutes pièces le "produit" Dubaï avec un décor artificiel. Mais les visiteurs proviennent aussi du voisinage régional : ainsi, le souk de l'or attire une nombreuse clientèle féminine venue d'Iran.

L'activité commerciale est stimulée par le Dubai Duty Free de l'aéroport international, par le Dubai Shopping Festival qui a lieu chaque année en mars depuis 1996. Les mall [2] de Dubaï sont peut-être les seuls lieux où se côtoient les différentes populations résidentes ou de passage dans l'émirat. Leurs vastes et luxueuses galeries sont un lieu de promenade pour les habitants, tous sexes, âges et origines confondus.

Le nombre de touristes s'est élevé à 4,9 millions  en 2003, auxquels il faut ajouter les quelques 16 millions de passagers en transit. Et la croissance est très rapide puisque, selon les statistiques de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), on en dénombrait 3,6 millions en 2001 et 1,6 millions en 1995. D'ici à 2010, l'émirat a l'ambition d'accueillir 15 millions de visiteurs par an, davantage encore après l'ouverture du nouvel aéroport de Jebel Ali, ce qui en ferait une des toutes premières destination de la planète. En 2002, l'origine des touristes se décomposait ainsi : 41% d'arabes, 26% d'européens et 22% d'asiatiques.

Ce secteur fournit 16% du PIB (2002) et il faut aussi tenir compte des effets induits (commerce hors taxes, revenus de la compagnie Emirates, etc.) pour en mesurer l'impact d'ensemble. Avec 64 salons internationaux en 2003, Dubaï envisage aussi de devenir une place de référence pour la tenue de grands événements internationaux.

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Des projets à leur réalisation : le monde des superlatifs

Des projets, tous plus ambitieux les uns que les autres, leur réalisation s'enchaînent à un rythme soutenu. Ce mouvement devrait se poursuivre, voire s'accélérer si les revenus pétroliers se maintiennent à un niveau élevé.

Le Burj Al-Arab

Source : Corporate Brochure - www.dubailand.ae

Le Burj Al-Arab, hôtel en forme de voile tendue vers le large, réputé le plus cher du monde, a longtemps symbolisé l'émirat, sa modernité et son ouverture sur le monde.

On distingue aussi, sur la côte à proximité du Burj Al-Arab, le Jumeirah Beach Hotel en forme de vague ainsi qu'une petite marina. Une large route littorale dessert ces complexes touristiques.

Source : image Ikonos (2000) disponible sur le site de M. M. Yagoub - UAE University, College of Humanities and Social Sciences, Geography Program

http://faculty.uaeu.ac.ae/myagoub/index.html

Le promoteur d'État, Emaar, joue un rôle essentiel dans ces réalisations futuristes telles que : le complexe immobilier de Dubai Marina ; l'immeuble de Burj Dubai, qui, avec ses quelques 800 mètres, se voudrait le "plus haut de la planète" ; le Dubai Mall qui serait le "plus grand centre commercial du monde". Mais la concurrence mondiale sur le front des superlatifs est engagée !

De son côté, la Nakheel Corporation, firme du Sultan Ben Sulayem, une des personnalités riche et influente de l'émirat, a engagé les programmes d'artificialisation du littoral les plus osés. À terme, Dubaï devrait se doter d'un ensemble d'îles (les programmes The Palm et The World) comportant hôtels, zones résidentielles, marinas, etc.

Projets et programmes d'aménagement à Dubaï

Palm Islands, les îles palmiers

D'après le site officiel du projet des Palm Islands : www.thepalm.ae 

Trois Palm islands (ou îles palmiers, le nom venant de leur forme de palmier géant) vont être édifiées successivement. Chacune sera protégée par un récif-barrière de 15 km. Les deux premières, Palm Jumeirah (déjà très avancée, voir les images spatiales ci-dessous) et Palm Jebel Ali ajouteront 240 km de plages à l'émirat. Une troisième "île-palmier", Palm Deira est également programmée.
The World, un "projet monde" dont le pavage insulaire symbolise la planète

The World comportera 250 à 300 îlots de 2 à 8 hectares, inscrits dans un carré de 5,5 km de côté, situé à 4 km du littoral, à mi-chemin entre le fameux hôtel Burj Al-Arab et port Rachid. Les îlots, séparés les uns des autres par des chenaux larges de 50 à 100 m, seront occupés par un hôtel, un lotissement ou une maison individuelle. L'ensemble simulera un planisphère, symbolisant des pays ou des lieux repères dans le monde.

The World, programme symbolisant un planisphère : www.theworld.ae

Un exemple d'île : la France

L'île "France" couvre 4 ha (9,88 acres).

Son descriptif : www.theworld.ae/masterplan/E/E_4.pdf

Au total, ces programmes, une fois achevés, devraient représenter environ 800 km (500 miles) de front de mer artificiel, augmentant d'autant le linéaire côtier de l'émirat.

Pour les autorités de Dubaï, ces réalisations exceptionnelles doivent faire de l'émirat un haut lieu du tourisme mondial.

Observé depuis l'espace : un littoral artificialisé

Les photographies ou les images de provenance spatiale sont précieuses pour pouvoir observer ce littoral en évolution que la cartographie traditionnelle peut difficilement suivre.

Leurs sources sont diverses : images des capteurs de satellites à défilement (programme Spot européen, Landsat américain, Ikonos russe, etc.) ou photographies prises à l'occasion de diverses missions spatiales ou depuis la Station spatiale internationale (ISS). Voir la partie "Ressources en ligne" en bas de page.

Palm Jumeirah, la plus avancée des îles du projet The Palm : en septembre 2003

Source : le site de M. M. Yagoub http://faculty.uaeu.ac.ae/myagoub/main_satellite_gallery.htm

Une version très précise (mais de 2,8 Mo) permet de faire une véritable "visite virtuelle" du chantier (Dubai-Detailed Palm Island) : http://faculty.uaeu.ac.ae/myagoub/
Remote2/palm_island_sept9_2003_dg.jpg

Des îles émergent des eaux du Golfe

On peut constater l'état d'avancement de Palm Jumeirah et de The World dont la silhouette, représentant la planète, commence à apparaître.

Observées en janvier 2004 par la mission ISS 006

Par la mission ISS 011 (été 2005)

Les deux images ci-dessous proviennent des photographies prises à partir de la Station spatiale internationale :

The Gateway to Astronaut Photography of Earth- Image Science and Analysis Laboratory, NASA-Johnson Space Center :  http://eol.jsc.nasa.gov/default.htm

De nouveaux supports documentaires, tels que la mosaïque d'images proposée par Google Earth, ne rendent pas encore compte, à ce jour du moins, de l'évolution de la bande littorale des EAU.
Voir : http://earth.google.com (> Free version / Coordonnées : 25°12'26 N et 55°05'07 E)

L'impact environnemental de tels travaux en zone littorale sera certainement conséquent. À l'initiative de la municipalité de Dubaï, un programme scientifique observe les évolutions hydrologiques et géomorphologiques de la bande littorale (Dubai Coastal Zone Monitoring Programme). On y trouve divers éléments d'information (méthodes d'observation, des mesures, etc.), des webcams, une image de la bande côtière mais les effets de ces nouveaux édifices ne sont pas clairement abordés. www.dubaicoast.org

 

Les vulnérabilités d'un territoire en rapide mutation

Une métropolisation en devenir

Souvent comparée à Singapour et à Hongkong, la cité-État relève-t-elle du modèle de la "ville globale", métropole d'envergure planétaire structurant les réseaux à l'échelle mondiale ? On peut s'interroger sur le degré de la métropolisation engagée et certaines réserves peuvent être émises. (Lavergne, [1])

Dubaï jouit d'un statut de quasi-capitale : elle est le siège d'un émirat fédéré au sein de la Fédération des EAU et elle abrite un nombre important de consulats qui fonctionnent comme des quasi-ambassades. Au niveau fédéral son émir, Cheikh Maktoum bin Rachid al-Maktoum, est vice-président et premier ministre de la Fédération. Mais toutes les fonctions d'autorité sont monopolisées par la famille régnante d'Abu Dhabi dont le prince héritier détient le portefeuille de la défense.

La puissance économique de l'émirat doit être relativisée car, on l'a vu, les activités de stockage, de transit et de réexportation l'emportent encore sur la véritable production manufacturière : 35% des entreprises seulement se consacrent à la production industrielle. La place de Dubaï apparaît avant tout spécialisée dans ses fonctions logistiques, immobilières, commerciales et touristiques.

Par ailleurs, Dubaï n'est pas une place financière de rang international. Le pôle financier de la Fédération est plutôt localisé à Abu Dhabi. Les fonctions dirigeantes à rayonnement international y sont rares et les représentations des multinationales qui s'y sont implantées ont surtout une fonction régionale. Leur autonomie par rapport au siège ou à la maison-mère est limitée.

On a également vu que, si la diversité des nationalités des populations travaillant dans l'émirat donne réellement l'image d'une ville composite et cosmopolite, l'absence de lien social entre les différentes catégories socio-professionnelles, les différences de statut, le caractère transitoire des séjours qui sont souvent des parenthèses, ne font pas de Dubaï un creuset humain. Ils ne permettent pas l'émergence d'une citadinité métropolitaine telle qu'on peut l'observer à Hong-Kong ou à Singapour. La question de l'enracinement de la population et de sa participation à la conception et à la gestion de cet ensemble urbain est posée. Rarement la citadinité n'a été aussi dissociée de la citoyenneté. Les lieux de socialisation sont rarement mixtes. Seuls les fameux mall [2] favorisent le côtoiement, mais pas les rencontres.

Donc, Dubaï ne jouit pas de tous les attributs d'une métropole et son rôle est plus celui d'une place relais dans l'espace mondial qu'un centre d'impulsion majeur.

Un avenir incertain

Les orientations volontaristes de l'émirat en direction des fonctions commerciales et touristiques sont destinées à préparer le temps, désormais en vue, de l'après-pétrole. Il reste cependant dépendant des capitaux fournis par le marché pétrolier pour financer des projets qui peuvent sembler "pharaoniques". Mais, dans l'immédiat, le renchérissement probablement durable du prix des hydrocarbures peut aider à cette transition.

Les évolutions et les incertitudes géopolitiques du Moyen-Orient pourraient également peser sur l'avenir de Dubaï. On peut imaginer différents scénarios.

Tout d'abord celui d'une normalisation progressive de la région et de son ouverture aux marchés mondiaux. Dans ce cas, la place de Dubaï pourrait être en concurrence avec d'autres localisations du Moyen-Orient. Elle bénéficierait moins de son rôle de synapse culturel, de porte d'entrée et de sortie des marchandises. Par exemple, l'Iran cherche aujourd'hui à rapatrier une partie des activités de zone franche commerciale et industrielle sur son sol, en développant l'île de Qishm (ou de Qeshm). Le sultanat d'Oman s'est doté, en 1999, du hub de Mina Raysut à Salalah où il exploite aussi le concept de port d'éclatement régional, offrant de plus l'avantage de se trouver en eaux libres directement sur l'océan Indien.

Le scénario inverse d'une déstabilisation croissante de la région n'est pas à exclure. Si, jusqu'à présent, l'émirat a su profiter des différentes crises régionales, une insécurité plus grave, susceptible d'entraver les flux d'échange par voies maritime et aérienne, remettrait fondamentalement en cause son modèle qui s'efforce de donner l'image d'un hâvre de tranquillité à l'écart des risques de la région.

Les problèmes identitaires pourraient aussi devenir des freins au développement de l'émirat. Avec une population résidente composée à 84% d'expatriés (sans compter les clandestins), soit quelque 140 nationalités, à 71% masculine, des tensions pourraient se manifester. La minorité autochtone dubaïote (officiellement 16% de la population donc), pourrait être submergée par son propre succès, contrainte de confier l'essentiel de son organisation à des "technocrates" immigrés. Comment alors pourra-t-elle conserver durablement sa prééminence dans la gouvernance du territoire ? Que restera-t-il de l'identité dubaïote ?

Les réformes qui s'imposeraient pour engager une meilleure intégration des expatriés, comme une réforme de la kafala [7] par exemple, pourraient induire des réactions de rejet de la part des nationaux dont les revenus et le pouvoir en dépendent. Ainsi, Marc Lavergne [1] fait-il remarquer qu'une partie importante de la population dubaïote "préférerait jouir en paix de ses pétrodollars, dont la masse, même relativement modeste par rapport à celle que reçoit Abu Dhabi, suffirait à assurer, sous forme de placements, un revenu confortable à l'ensemble des citoyens en leur épargnant cette dépossession de soi dont ils sont victimes". Mais, pour combien de temps ?

Si Dubaï s'inscrit dans son environnement culturel et religieux arabo-musulman, la relative permissivité qui y règne (consommation d'alcool, rôle des femmes dans la société, poids des occidentaux) est placée sous la vigilance de l'Arabie saoudite et de l'Iran, qui utilisent cette "soupape de sécurité", mais qui en craignent aussi la contagion. Les dubaïotes eux-mêmes pourraient s'inquiéter de l'érosion de leurs propres valeurs. S'ils y répondent, jusqu'à présent, en édifiant des cloisonnements stricts entre les populations [6] vivant dans l'émirat, ce procédé peut-il être durable à plus long terme ?

L'engagement dans la mondialisation à la mode dubaïote assure une croissance certaine. Mais elle comporte aussi ses zones d'ombre. Traditionnellement, la contrebande entre Karachi et Dubaï ou l'Iran, utilisait des dhows [5] arabes ou d'autres petites embarcations, puis des avions charters jusqu'à Khartoum. L'émirat, plaque tournante de métaux précieux (le souk de l'or) est aussi celle de financements divers et parfois obscurs, dans le secteur du BTP notamment. Elle offre ainsi une place particulièrement propice à des dérives de toute sorte. L'investissement de fonds douteux, résultat de divers trafics (drogue, armes), en provenance de l'ex-Union soviétique, d'Inde, du Pakistan et d'Afghanistan par exemple, y est attesté. Certains pays s'en alarment d'autant que Dubaï ne fait pas toujours preuve de zèle pour exécuter les mandats d'arrêt internationaux relatifs à la délinquance financière. L'émirat craint que cela ne nuise à ses activités. Sous la pression du Groupe d'action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI) [8], une loi contre le blanchiment d'argent a été adoptée début 2002 par la Fédération des EAU. Cependant son application paraît encore insuffisante. Enfin, la hawala [9] fonctionnant entre Dubaï, l'Asie du Sud et le reste du monde, a pu servir à financer certaines opérations terroristes [10].

En conclusion, il apparaît difficile de faire de Dubaï un modèle de développement territorial facilement transposable. L'émirat vit largement sur la rente pétrolière tout d'abord, puis sur l'aubaine de sa situation de tête de réseaux et d'interface dans un environnement régional spécifique dont il dépend largement, malgré son engagement dans la mondialisation, enfin sur la présence d'une main d'œuvre bon marché. Le modèle de développement de ce petit territoire peut fasciner, toutefois, il a ses vulnérabilités. L'engagement, à marche forcée, dans la voie de l'immobilier de tourisme a certainement de l'avenir, à condition que l'environnement régional garde une stabilité suffisante, que l'offre n'excède pas trop la demande mondiale potentielle.

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Notes

[1] Ce travail de synthèse et d'adaptation s'appuie sur les principales sources suivantes ainsi que sur les autres ressources en ligne sélectionnées au bas de cette page.

 

[2] Le principe et l'aménagement de shopping mall (simplifié en mall) ou centre commercial (peut aussi être traduit par galerie marchande), vient des États-Unis puis s'est largement répandu à travers le monde. Les malls occupent une superficie importante, comportent des espaces piétonniers couverts et permettent d'accéder à une offre commerciale diversifiée.

[3] Les attentats du 11 septembre 2001 ont incité nombre de ressortissants arabes d'Amérique du Nord à regagner le Moyen-Orient, avec leurs capitaux.

[4] Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCEAG), anciennement Conseil de coopération du Golfe (CCG), a été fondé en 1981 à Abu Dhabi, avant tout dans un but de défense collective face à la menace iranienne. Il regroupe, aux côtés des États membres de la Fédération des EAU, l'Arabie saoudite, le Qatar, Oman, Bahreïn et le Koweït.

[5] À l'origine, dhow et le terme générique donné à tous les voiliers, gréés de voiles latines et rapides, faisant du cabotage dans le Golfe arabo-persique. En français, on peut le traduire par boutre. De nos jours, les voiles sont surtout réservées aux effets de carte postale et aux attractions touristiques. Les dhows contemporains les ont souvent remplacées par de puissants moteurs qui permettent, éventuellement, de déjouer la vigilance de gardes-côtes ou autres douaniers.

[6] Les intitulés des ministères de Dubaï sont évocateurs : Department of tourism and commerce marketing (DTMC), Department of Naturalization and Residency (créé en 1971). Voir ci-dessous dans la partie "Ressources en ligne".

[7] Le système de la kafala (ou sponsorship) place les étrangers sous la responsabilité et la protection d'un kafil, citoyen dubaïote, qui opère en échange un prélèvement sur leurs revenus. Privilège essentiel de la citoyenneté, la kafala réserve 51% de la propriété de toute entreprise à un partenaire émirati. Les droits de propriété sur un bien immobilier ou sur une entreprise de l'étranger s'apparentent ainsi plutôt à des concessions.

[8] Le Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI) est un organisme intergouvernemental qui a pour objectif de concevoir et de promouvoir, aussi bien à l'échelon national qu'international, des stratégies de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : www.fatf-gafi.org/document/43/.../1,00.html

Le GAFI avait menacé de placer les EAU sur sa liste noire mais il y a renoncé en tenant compte de la promulgation d'une loi de lutte contre le recyclage financier et le renforcement du contrôle de la Banque centrale.

[9] En arabe, le mot hawala signifie confiance et il désigne un système de transfert de fonds informel. Les modes de financement hawala sont pratiqués dans toute l'Asie : hundi en Inde, padala aux Philippines, fei ch'ien en Chine (littéralement "argent qui vole"), ou flying money ou chop system, etc.. Apparus de longue date, ils protégeaient les marchands trop souvent attaqués par les brigands, sur la "Route de la soie" par exemple, et ils permettaient de réduire les frais de courtier. Plus récemment, ce système s'est développé à la faveur des mouvements migratoires et de diverses diasporas asiatiques et moyen-orientales. Les travailleurs immigrés peuvent avoir recours aux hawaladars plutôt qu'à la Western Union pour transférer leurs gains à la famille restée au pays. Il convient donc de distinguer les "hawalas blanches" (selon une dénomination reprise par Interpol), utilisées à des fins licites, des "hawalas noires" liées à des activités illégales ou terroristes.

[10] Interpol - www.interpol.int - propose deux textes qui évoquent le fonctionnement de la hawala et le rôle de Dubaï dans certains mécanismes de financement international d'activités illégales :

 

Ressources en ligne (dont un certain nombre sont en anglais)

Sur Géoconfluences, les dossiers et les articles suivants :
Sources scientifiques, expertises, sources éducatives
Sites institutionnels, organismes publics ou consulaires
Divers (sites informatifs, promotionnels, etc.)
Ressources en imagerie

Il convient de s'assurer des droits relatifs à l'utilisation de ces images.

De nombreuses images (satellitale et autres) sont proposées sur le site de M. Yagoub, géographe émirati, spécialiste de l'information spatiale et des systèmes d'information géographique. On peut les découvrir à partir de ce site : http://faculty.uaeu.ac.ae/myagoub (Note : "The material included in this site is for educational purposes only")

Des images mises à disposition par la NASA, constituées des photographies prises par les astronautes des missions américaines (missions spatiales, navette etStation spatiale internationale) depuis les missions Mercury du début des années 1960 (The Gateway to Astronaut Photography of Earth) : http://eol.jsc.nasa.gov/default.htm

La banque de données comporte un total de 619 746 vues dont 176 148 proviennent de la station spatiale. Pour interroger la banque d'image : http://eol.jsc.nasa.gov/sseop/sql.htm
- Les Palm Islands par la société Spot Image : www.spotimage.fr/html/_66_156_558_.php
- La mosaïque d'images proposée par Google Earth : http://earth.google.com

Conception, rédaction, mise en page web : Sylviane Tabarly,

Première mise en ligne le 20 septembre 2005

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Mise à jour :  20-09-2005


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