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El Niño (ENSO)

Publié le 02/07/2024
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El Niño est une oscillation australe des courants océaniques (ENSO : El Niño Southern Oscillation). Ce phénomène saisonnier atteint son apogée vers Noël, d’où son nom qui fait référence à l’enfant Jésus en espagnol. Cette oscillation consiste en un renversement de la circulation des alizés de sud-est dans le Pacifique sud modifiant la circulation des courants marins, et entraînant de ce fait de nombreuses modifications climatiques.

Les événements El Niño apparaissent d'une manière irrégulière, tous les 2 à 7 ans. Ces épisodes débutent en général en milieu d'année et durent de 6 à 18 mois. Ceux de 1972, de 1983 et de 1998 ont été particulièrement remarquables par leur intensité. Il semble que la périodicité du phénomène se raccourcisse à la fin du XXe siècle.

Les conséquences sont considérables :

— Sur la côte ouest de l'Amérique du Sud, l'Enso empêche la remontée d’eaux froides le long des côtes du Pérou. On assiste alors à une raréfaction de la biomasse marine locale dans des eaux habituellement poissonneuses, à l'effondrement des prises de la pêche péruvienne, une surmortalité des oiseaux de mer, et de fortes précipitations sur le littoral sud-américain. Les climats des régions côtières connaissent d’intenses perturbations (par exemple en 1983 : fortes précipitations sur les côtes nord du Pérou, périodes de sécheresse accrue au sud du pays mais aussi sur les reliefs de la Cordillère des Andes).

— Dans l'ouest du Pacifique Sud, l'Enso provoque un déficit pluviométrique en Australie orientale, en Indonésie, en Inde, ce qui entraîne des sécheresses et des incendies.

— L'Enso semble aussi avoir des conséquences sur d'autres régions du monde. On observe une baisse des précipitations en Afrique australe, dans les Caraïbes, le nord-est du Brésil ; des excédents pluviométriques dans le nord de l'Argentine et en Uruguay, en Afrique de l'Est équatoriale, dans les îles du centre du Pacifique tropical et dans le sud des États-Unis d'Amérique.

— À l'échelle du globe, la température moyenne a tendance à être anormalement élevée, comme en 1998, année qui a suivi un fort épisode El Niño.

El Nino et la Nina, conséquences en Amérique du Nord

Exemple de conséquences indirectes d'un événement El Niño, en Amérique du Nord. Source : Nasa

L’épisode El Niño de 2016-2017 est considéré comme l'une des causes ou la principale cause d'inondations catastrophiques au Pérou, de sécheresse dans le Nordeste brésilien, de prolifération du virus Zika en Amérique du Sud, et de graves sécheresses dans la Corne de l'Afrique ayant entraîné des famines dans plusieurs pays dont la Somalie et le Soudan du Sud. 

Le dernier El Niño a débuté en juin 2023. Ses effets, encore partiellement recensés en avril 2024, sont toutefois considérables, car ils se sont combinés avec le changement climatique : l’hiver 2023-2024 a été l’hiver le plus chaud jamais enregistré sur Terre.

On appelle événement La Niña un épisode d'accentuation de la circulation normale des alizés d’est qui engendre généralement les effets inverses d'El Niño. En général, les années à Niña sont relativement fraîches à l'échelle mondiale, comme en 2008, année qui a suivi un épisode La Niña. Les épisodes La Niña tendent de plus en plus à être gommés par le changement climatique.

(JBB), février 2017. Dernières mises à jour : juillet 2023 (SB et CB), mai 2024.


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