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Langage cartographique

Publié le 23/05/2022

En didactique de la géographie, le langage cartographique est considéré comme un système sémiotique articulant deux modes d’expression différents. La carte proprement dite répond aux conventions du langage graphique qui est essentiellement iconique (Pierce, 1978). Un signe ou un système de signes est dit iconique lorsque, par certains de ses traits, il ressemble à la réalité – ici la portion d’espace terrestre – à laquelle il renvoie. Cette similarité concerne les contours et les tracés d’objets géographiques représentés ainsi que leur position relative. La perception de ces éléments graphiques opère de façon synoptique dans l’espace plan de la carte. Le lecteur associe les formes qu’il perçoit (des agencements de figurés ponctuels, linéaires et de surface) à un contenu en fonction de ses connaissances géographiques et de sa maîtrise du langage cartographique. Le titre, la légende et la nomenclature sont exprimés dans un langage verbal écrit dont la principale propriété sémiotique est d’être symbolique, c’est-à-dire de n’entretenir aucune correspondance perceptive avec l’objet géographique qu’il désigne (Pierce, 1978). En revanche, le langage verbal écrit permet d’exprimer des propriétés de contenu que le langage graphique ne peut pas prendre en charge.

C’est cette complémentarité des deux langages, graphique et verbal écrit, qu’exploitent les usages de la carte en géographie. Tandis que le langage graphique est efficace pour représenter la spatialité d’un contenu géographique (rapports de position, extension et diffusion des phénomènes), le langage verbal écrit est mieux adapté à l’expression de dimensions non spatiales de ce même contenu. Par exemple, c’est bien l’écriture et la lecture de la légende qui permet d’identifier si une flèche dessinée sur la carte correspond à un fait de circulation, d’échange ou de progression.

Quatre opérations sont nécessaires pour un usage maîtrisé du langage cartographique en géographie, selon Gérard Mottet : le redressement de la vue « au-dessus » de l’espace représenté, la catégorisation et le codage symbolique de cet espace, l’accès à une vision partitive des phénomènes représentés, l’élaboration d’une vision structurée établissant entre ces unités des relations fonctionnelles (Mottet, 1997, p. 35-37). L’acquisition de ces opérations est tributaire d’apprentissages explicites à conduire dans les enseignements de géographie à partir du cycle 3.

Jean-François Thémines, pour l’équipe de recherche Géodusocle, mai 2022.


Références citées
  • Fontanabona Jacky (dir), 2000. Cartes et modèles graphiques. Analyse de pratiques en classe de géographie. Paris, INRP, 302 p.
  • Mottet Gérard (dir.), 1995. Images et construction de l’espace. Apprendre la carte à l’école. Paris, INRP, 253 p.
  • Peirce Charles Sanders, 1978. Écrits sur le signe. Paris, Seuil, 262 p.
Pour compléter avec Géoconfluences

 

 

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