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Paris 2024, pour une géographie olympique

Publié le 14/09/2017

L'attribution des Jeux Olympiques de 2024 à la ville de Paris est l'occasion de renouveler les approches de la « géographie olympique » et plus généralement de la géographie du sport. Les géographes ont déjà publié de nombreux travaux sur le sujet, montrant les effets d'entraînement possibles pour les villes hôtes, mais également les dérives spatiales et sociales qui peuvent accompagner un événement de cette ampleur.

Outre les attentes qu'ils suscitent en termes de retombées économiques et d'effets positifs sur l'image de la ville, soigneusement mise en récit par le marketing territorial, les jeux olympiques sont l'occasion de repenser la ville, pour proposer un modèle urbain exemplaire et représentatif de son époque. Ainsi le projet de Tokyo 2020 propose-t-il un projet fondé sur la compacité et l'accessibilité par les transports en commun. L'arrivée de visiteurs en grand nombre est l'occasion d'une rénovation des infrastructures urbaines (gares, aéroports). Mais d'une manière générale, les géographes insistent sur les écarts entre la cohésion affichée dans le projet initial présenté par la ville au Comité international olympique et les politiques inégalitaires menées sur le terrain par les pouvoirs publics pour préparer les jeux. À Pékin comme à Rio de Janeiro, les Jeux Olympiques ont aussi été le prétexte à l'éviction d'une partie des classes populaires de la ville, et la destruction des quartiers vétustes a pu donner lieu à une spéculation immobilière effrenée. Dans tous les cas, l'une des interrogations poussée par les auteurs concerne le devenir de sites parfois pharaoniques, souvent construits ex-nihilo et déconnectés des besoins quotidiens des habitants, une fois les jeux passés et l'enthousiasme sportif retombé. Dans certains cas comme à Athènes, les équipements sont à l'abandon et donnent naissance à des friches urbaines. Dans la plupart des cas, les populations défavorisées sont exclues tant de l'événement que de ses retombées positives. Les erreurs du passé, déjà largement étudiées par les chercheurs en sciences sociales, peuvent donc inspirer les politiques des prochaines éditions de ce grand rendez-vous sportif mondial.

Pascal Gillon village olympique rio de janeiro

Rio de Janeiro : le village d’athlètes des Jeux panaméricains, construit à Barra en 2007, a été reconverti en habitat de milieu de gamme.

Source : Pascal Gillon, « Les Jeux Olympiques de Rio 2016, un héritage mais au profit de qui ? », Géoconfluences, 6 juillet 2016.

Quelques ressources

Géographie des jeux olympiques

Athènes 2004

Turin 2006

Pékin 2008

Londres 2012

Sotchi 2014

Rio de Janeiro 2016


Tokyo 2020

  • Raphaël Languillon-Aussel, « Tokyo, ville globale olympique : de l’échec du projet de 2016 au succès de la candidature de 2020 », Géoconfluences, 2017. (à paraître prochainement)
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