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La Méditerranée, une géographie paradoxale

La Méditerranée, interface : quelles inégalités de développement ? 1. Indices, indicateurs : compréhension, simulations

Publié le 01/03/2004
Auteur(s) : Sylviane Tabarly, Dgesco ENS Lyon

L'interface méditerranéenne peut être analysée à l'aide d'indicateurs qui permettent des comparaisons internationales. De source institutionnelle (Agences des Nations Unies, Banque mondiale, OCDE, UE, etc.) ou fruit d'initiatives privées et de la société civile (lobbies, ONG, groupes d'intérêt collectif, comités d'éthique, etc.), certains de ces indicateurs (IDH, IDHA, IPH, de liberté, de perception de la corruption, de participation des femmes) sont présentés dans le document ci-joint)

Notons que leur utilisation suppose (éventuellement en collaboration avec les enseignants de sciences économiques et sociales ou de mathématiques) une réflexion préalable et des précautions méthodologiques :

  • Quels sont les principes et les modes de collecte des données initiales, quelles sont leurs limites, quels biais peuvent-ils engendrer ?
  • Sur quelles méthodes, sur quels principes de calcul ces indicateurs reposent-ils ?
  • À l'échelle de l'ensemble du monde méditerranéen, les maillages pris en compte sont, le plus souvent, ceux des États. Permettent-ils une approche suffisamment fine des situations ? Sur quelles autres sources documentaires peut-on s'appuyer pour affiner l'étude des inégalités de développement ?

 

Au demeurant, malgré leurs insuffisances et leurs limites, de tels indicateurs constituent un axe intéressant pour analyser les discontinuités dans l'espace méditerranéen.

 

Les dessous de l'IDH

L'indicateur de développement humain (IDH)

C'est ainsi que le PNUD a proposé, à partir de l'année 1990, d'adopter un instrument comparatif plus élaboré, l'Indicateur de développement humain (IDH). Il s'agit d'un indice composite dont la valeur s'échelonne de 0 à 1. Il comporte quatre variables : l'espérance de vie à la naissance, le niveau de maîtrise des connaissances mesuré par le taux d'alphabétisation des adultes et le taux de scolarisation global (aux niveaux primaire, secondaire, supérieur), ainsi que le PIB réel par habitant ajusté en parité de pouvoir d'achat (PPA).

Dans son édition 2002, le rapport du PNUD sur le développement humain reconnaissait que l'intérêt de l'IDH est limité et que le concept de développement est plus dense que chacune des mesures qui le composent. Celles-ci n'épuisent pas l'idée de développement humain défini comme "un processus d'élargissement des choix" offerts aux individus. L'intérêt excessif porté à la croissance économique, à la création de richesses et à la prospérité matérielle a occulté le fait que le développement est avant tout centré sur l'être humain longtemps relayé à la périphérie des débats sur le développement.

Mais le "bien-être" n'est pas simple à mesurer, les données manquent ou sont hétérogènes. Dans la perspective d'une approche élargie du développement, les recherches du PNUD portent sur la mise au point d'un indicateur de développement humain alternatif qui tiendrait compte de nouvelles dimensions des sphères politiques, économiques, sociales (libertés politiques et économiques au sens large ; garanties de transparence ; sécurité et protection).

L'IDH en 1990

L'IDH 2001 par les cartes - Cartorama

À partir de la carte de l'IDH en 2001, faire défiler les cartes des critères qui le composent.

Sur le site du PNUD, www.undp.org/french. Le rapport mondial sur le développement humain :

 

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L'IPH

L'indice de pauvreté humaine (IPH), également proposé par le PNUD, mesure les formes de dénuement et reflète l'inégal accès au progrès. Il prend en compte les dimensions essentielles du développement humain : la longévité, le savoir, les conditions de vie. L'indice est calculé différemment dans les pays en voie de développement (IPH-1) et dans les pays développés (IPH-2).

IPH-1 mesure la pauvreté dans les pays en développement. Les variables* utilisées sont :

  • P1 = le pourcentage d'individus dont l'espérance de vie est inférieure à 40 ans,
  • P2 = le pourcentage d'adultes analphabètes,
  • P3 = le dénuement en terme de manque d'accès aux services procurés par l'économie dans son ensemble, cette variable étant représentée par trois critères : P31 = le pourcentage d'individus n'ayant pas accès aux services de santé, P32 = celui des personnes privées d'accès à l'eau potable et P33 = celui des enfants de moins de cinq ans souffrant d'insuffisance pondérale.

 

IPH-2 a été publié pour la première fois dans le rapport 1998 du PNUD. Il mesure la pauvreté humaine dans les pays industriels. Sachant que les aspects du dénuement varient en fonction des conditions socioéconomiques générales d'une communauté, cet indicateur distinct tire parti de la plus grande accessibilité de données statistiques dans les pays industrialisés. Il se concentre, lui aussi, sur le dénuement et les déficits, et s'attache aux trois même dimensions que l'IPH-1 en y ajoutant l'exclusion. Les variables utilisées sont : P1 = le pourcentage d'individus dont l'espérance de vie ne dépasse pas 60 ans, P2 = le pourcentage d'individus dont l'aptitude à lire et écrire est loin d'être suffisante, P3 = la proportion de la population ayant un revenu disponible inférieur à la demimédiane du revenu individuel disponible et P4 = le pourcentage de chômeurs de longue durée (c'est à dire supérieure à 12 mois).

Notons que l'IPH n'est pas encore disponible de manière homogène pour tous les États riverains de la Méditerranée.

Espérances de survie à 40 ans (gauche) et à 60 ans (droite)

(cliquer pour agrandir)

Accès à l'eau potable

Pour utiliser les données en autonomie : téléchargement (fichier excel)

Documentation proposée et assemblée par Sylviane Tabarly

Cartographie : Clément Dodane

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Mise à jour :   01-03-2004

 

 


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