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Dernières entrées mises à jour : Compétitivité (des territoires) / Pôles / Schéma de cohérence territoriale (SCOT)
Acteurs et
actions sur les territoires
Aménagements et usages des territoires dépendent étroitement de
stratégies et de jeux d'acteurs
: alliances, conflits, arbitrages, compromis.
État, entreprises, collectivités
territoriales, associations ... tous ont
leurs intérêts, leurs logiques
et leurs objectifs. Ils ont également
leurs représentations, leurs pratiques
socio-spatiales des territoires.
Ils participent ainsi aux "jeux d'acteurs"
à l'œuvre à travers
les choix législatifs, réglementaires,
les politiques d'aménagement adoptées.
Les mutations des territoires en découlent.
Dans ce dossier, des exemples de jeux d'acteurs :
- L’Euro 2016, révélateur des enjeux de l’aménagement des
grands
stades en France (Stéphane Merle)
- en corpus documentaire, Les grands stades et l'aménagement du territoire, deux études de cas :
Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne, un stade rénové sur fonds publics / OL Land à Lyon, un stade ex nihilo sur fonds privés
Mise à jour : novembre 2011 |
| Aménagement
du territoire et législations
L'aménagement
du territoire désigne,
en France, l'action publique qui s'efforce
d'orienter la répartition des populations,
leurs activités, leurs équipements
dans un espace donné, compte tenu
d'objectifs globaux : correction des déséquilibres
et orientation des dynamiques spatiales,
politiques de reconversion. Les champs d'application
des politiques d'aménagement du territoire
peuvent être divers : armatures et
réseaux urbains
; planification et priorités en matière
d'infrastructures et de grands équipements
considérés comme "structurants" ;
développement, localisation, relocalisation
des activités productives ; définition
et localisation de pôles
d'innovation et de R&D ; aménagement
des régions à spécialisation
territoriale (tourisme,
montagne, littoral) ; prise en compte des
dimensions européennes et transfrontalières
; préoccupations dites de "développement
durable".
Le concept d'aménagement du territoire
est apparu à la fin de la Deuxième
guerre mondiale, mais l'idée et sa
pratique en étaient plus anciennes.
C'est la dimension "disparités
régionales" (J.F. Gravier, Paris
et le désert français,
1947) qui a longtemps présidé
aux politiques officielles d'aménagement
du territoire. La loi du 1er juin 1950 crée
un Fonds national d'aménagement du
territoire (FNAT) et une direction du même
nom.
La Délégation à l'aménagement
du territoire (DATAR) est fondée
en 1963. Elle a un rôle de coordination
interministérielle impulsée
par les Comités interministériels
d'aménagement du territoire (CIAT).
Le FNAT est remplacé par un Fonds
d'intervention pour l'aménagement
du territoire (FIAT). Nombreux ont été
les dossiers pris en charge par la DATAR. On peut citer entre autre, successivement,
les métropoles d'équilibre,
puis les villes moyennes
et enfin les pays.
En 1995 la Loi pour l'orientation et l'aménagement
du territoire (LOADT ou loi Pasqua) réactive
la politique d'aménagement du territoire.
Le FIAT devient, après fusion avec
d'autres fonds sectoriels, le Fonds national
d'aménagement et de développement
du territoire (FNADT). Des Directives territoriales
d'aménagement (DTA) précisent
les modalités d'application des lois
d'aménagement et d'urbanisme en les
adaptant aux spécificités
locales.
En 1999, la Loi d’orientation pour
l’aménagement et le développement
durable du territoire LOADDT (ou
loi Voynet) modifie la loi Pasqua : elle
y intègre les notions de développement
durable et de participation citoyenne, à
travers une Charte de développement
durable et un Conseil de développement.
Elle abandonne les schémas sectoriels
de la loi Pasqua au profit des Schémas
de services collectifs. Le rôle des
Schémas régionaux d’aménagement
et de développement du territoire
est de fixer les orientations fondamentales
à moyen terme, de développement
durable du territoire régional, en
veillant à la cohérence entre
les projets d'équipement des différentes
collectivités territoriales avec
ceux de l'État. La LOADDT modifie
aussi l’organisation des pays.
Enfin, la Loi Urbanisme et Habitat du 2
juillet 2003 simplifie les procédures
d'organisation et de reconnaissance des
pays. Elle introduit davantage de liberté
dans l’élaboration des Schémas
de cohérence territoriale (SCOT),
elle simplifie la procédure de constitution
d’un pays, réaffirme l’échelle
des bassins de vie ou d’emploi
comme échelle de référence
pour étudier les territoires.
On peut donc le constater, l'approche de
l'aménagement du territoire a évolué
pour tenir compte des processus d'urbanisation
et de métropolisation, pour prendre
en compte les aspirations au "développement
durable" des territoires et des populations.
Les oppositions Paris/province et rural/urbain
ne sont plus pertinentes pour orienter les
stratégies adoptées. Au demeurant,
les projets d'aménagement des territoires
inspirés des logiques d'agglomération,
de réseaux, de pays, de dépassement
de maillages hérités
ont parfois du mal à s'imposer.
Mise à jour : juillet 2005
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Aménagement
régional
Les grands aménagements régionaux
sont des programmes d'envergure aux effets
structurants sur un espace régional
vaste. L'aménagement régional
ne doit cependant pas être confondu
avec le seul aménagement des régions,
il est bien souvent transrégional.
De grands programmes nationaux d'infrastructures,
bien que sectoriels, qui contribuent à
modeler les territoires : sites portuaires,
voies navigables, schémas directeurs
routiers et autoroutiers, ferroviaires,
des télécommunications.
Ils sont l'œuvre de l'administration
centrale et/ou des collectivités
territoriales, mais la part de l'administration
centrale ou des services publics y demeure
prépondérante.
Des programmes d'aménagement ont
pu concerner, pour partie ou en totalité,
les infrastructures, les modes de production,
la répartition des hommes et des
activités, en voici des exemples
:
- Grands aménagements fluviaux
destinés à améliorer
la navigation fluviale, maîtriser
l'irrigation et le risque d'inondations,
assurer l'alimentation en eau des zones
urbaines, produire de l'hydroélectricité.
Ils concernent notamment : le Rhône,
le canal de Provence ou celui du Bas Rhône-Languedoc.
La gestion de ces aménagements
peut être nationale, interministérielle
(Compagnie nationale du Rhône créée
en 1932) ou déléguée
à des sociétés d'économie
mixte.
- Opérations d'aménagement
touristique : littoral Languedoc - Roussillon
(Mission Racine de 1963 à 1982)
; côte d'Aquitaine (1967 à
1988).
- Aménagements régionaux
de la Corse, du grand Sud-Ouest, du Limousin.
- Mise en place, en 1966, des Oream (Organisations
d'études d’aménagement
des aires métropolitaines) dont
le but était d'établir des
Schémas de développement
de l'espace métropolitain afin
d'impulser la restauration des centres- villes
et de favoriser le développement
des activités de services et du
tertiaire dit "supérieur".
Les huit "métropoles d'équilibre",
désignées en 1964, devenaient
des " pôles
de croissance, d'animation et de services".
- Des lois ont été promulguées
pour réglementer l’aménagement
et la gestion des espaces montagnards
(loi Montagne de 1985) et des espaces
littoraux et des rivages lacustres (Loi
Littoral de 1986)
Depuis 1995, des Directives
territoriales d'aménagement (DTA,
loi Pasqua) fixent les orientations
fondamentales de l'État en matière
d'aménagement des territoires dans
la perspective de leur développement,
de leur protection et de leur mise en
valeur. Les DTA sont élaborées
sous la responsabilité de l'État
et à son initiative et conjointement
à l'initiative de la région
depuis la LOADDT, loi Voynet de 1999)
en association, selon les cas, avec les
régions, les départements,
les communes chefs-lieux d'arrondissement
ainsi que les communes de plus de 20 000
habitants et les groupements de communes
compétents et, enfin, les comités
de massifs. Elles sont approuvées
par décret du Conseil d'État.
Les Schémas de cohérence
territoriale (SCOT) et les Plans locaux
d'urbanisme (PLU) doivent être compatibles
avec les DTA.
Sept sites ont été retenus
entre 1996 et 1999. Il s'agit d'espaces
de grande ampleur (ils regroupent de 200
à 900 communes), pour lesquels
les outils institutionnels classiques
ne semblaient plus assurer une nécessaire
cohérence territoriale. Tout en
respectant le principe de subsidiarité,
il cherchent à concilier développement
économique, pressions urbaines
très fortes, équité
sociale, préservation et mise en
valeur d’espaces sensibles. En 2005,
les DTA portent sur les territoires suivants
:
- une zone côtière urbaine
(Alpes maritimes), DTA approuvée
par décret du Conseil d'État
en 2003 ;
- six autres DTA doivent être approuvées
au cours de l'année 2005 ou ultérieurement,
en fonction de l'état d'avancement
des dossiers : une zone de reconversion
minière (bassins miniers nord-
lorrains) ; deux estuaires (Seine
et Loire) ; deux métropoles d’échelle
internationale (aire métropolitaine
marseillaise étendue à l’ensemble
du département des Bouches du Rhône,
aire métropolitaine lyonnaise)
; une zone de montagne (Alpes du Nord).
Les Schémas de services
collectifs (SSC, loi Voynet,
1999) sont des documents de planification
à 20 ans qui couvrent l'ensemble
des politiques sectorielles structurant
le territoire français : enseignement
supérieur et recherche, culture,
santé, information et communication,
transports, énergie, espaces naturels,
sport. Ils doivent être élaborés
en concertation avec les collectivités
territoriales. Ils constituent des enjeux
importants pour l'aménagement régional
à une époque ou la restructuration
des services publics fait l'objet de débats
afin de mieux les adapter aux nouvelles
donnes territoriales : désertification
de certaines zones rurales,
sous-dotation de certaines zones urbaines.
- Planification des Grands Territoires
- Rappel des principes définissant
les DTA :
www.urbanisme.equipement.gouv.fr/actu/planification/default.htm
- DTA et SCOT :
www.urbanisme.equipement.gouv.fr/actu/planification/pdf/scot2005airesurbainesdta.pdf
Mise à jour : juillet 2005 |
Banlieue
Le terme ( banleuca en latin médiéval)
désignait le territoire
d'une lieue autour d'une ville
sur lequel s'exerçait le ban, c'est
à dire une juridiction, un ordre.
La banlieue renvoie ainsi à des idées
de soumission et d'exclusion et elle a,
à l'origine, une acception administrative
désignant les communes autonomes
urbanisées sous l'influence d'une
ville-centre. Par extension, elle désigne
le territoire urbanisé hors des limites,
en périphérie d'une ville,
suggérant une relation de dépendance,
historique et fonctionnelle, à l'égard
de la ville-centre.
Au fil de l'expansion urbaine, des banlieues
ont été absorbées progressivement
par la ville-centre : la "petite banlieue"
parisienne des débuts du XXe siècle
fait partie intégrante de la ville.
Mais, au fil des excroissances urbaines
successives, du desserrement
des activités, et dans une optique
de zonage fonctionnel des espaces, les différenciations
spatiales ont conduit à distinguer
différents types de banlieues : industrielles,
résidentielles, mixtes, etc.. Les
banlieues de type résidentiel sont
très diversifiées en fonction
du type de construction et des formes d' habitat
dominant, des classes sociales représentées
et de leurs niveaux de ségrégation,
des distances euclidiennes ou des distances
- temps ou des distances mentales qui les
séparent des espaces centraux (ou
de la centralité), enfin, de leur
mode d'intégration à l'agglomération.
Au début du XXIe siècle, le
terme de banlieue est souvent associé
aux difficultés rencontrées
dans certains quartiers (le "mal des
banlieues"), dans certains "grands
ensembles" et des Zones à urbaniser
en priorité (ZUP) des années
1960. Le malaise repose tout à la
fois sur des sentiments d'éloignement,
de ségrégation, d'abandon,
de dégradation du cadre de vie, d'insécurité,
de difficultés économiques,
de manque d’emploi et de montée
du chômage. La "politique de
la ville", mise en
place depuis plus de vingt ans, tente d'y
porter remède.
Dans ce dossier :
> Hervé Vieillard-Bar on - La banlieue au risque des définitions
>
La politique de la ville en France
(Les Zones urbaines sensibles, quelques
indicateurs)
Mise à jour : juillet 2005 |
Bassins, zones
(d'emploi, de vie, etc)
L'INSEE a opéré un découpage
complet de la carte administrative de
la France en 348 Zones d'emploi, à
l'aide de méthodes de classification
hiérarchique appliquées
aux migrations alternantes mesurées
lors des Recensements
généraux de la population
(RGP). Ce sont des espaces dans lesquels
une majeure partie de la population habite
et travaille et qui délimitent
l'aire d'influence des grand pôles
d'emploi.
La notion de bassin d'emploi correspond
à un découpage plus fin
des zones d'emplois. Un bassin d'emploi
est un regroupement de communes proches
ayant entre elles de fortes relations
économiques ou liées par
des migrations alternantes domicile -
travail importantes. Bien que certains
bassins d'emploi soient devenus des cadres
d'animation du développement territorial,
ce ne sont pas des unités d'aménagement
du territoire pertinentes mais seulement
une maille pour la production
statistique de données agrégées.
Prenons l'exemple de la Normandie : certaines
zones d'emploi sont découpées
en deux bassins d'emploi (Caen et Bayeux,
Avranches et Granville, Alençon
et Argentan, Mortagne-au-Perche et L'Aigle).
Les autres bassins d'emploi coïncident
à une seule zone d'emploi (Lisieux,
Vire, Flers, Saint-Lô, Coutances
et Cherbourg).
La notion de bassin de vie
a été activée
en vue de la création des "pays".
La définition simplifiée
de l'INSEE est la suivante : " un
bassin de vie est le plus petit territoire
sur lequel les habitants ont accès
à la fois aux équipements
et à l’emploi".
De nombreuses études ont été
publiées pour tenter de cerner
ce qu'on appelle "bassin de vie"
et montrer les multiples facettes de cette
"aire géographique de proximité
des emplois et services" davantage
considérée comme un territoire
d'observation que comme un territoire
d'action. Les uns proposaient d'asseoir
cette entité sur les zones d'emploi
telles qu'elles ont été
définies par l'INSEE et le Ministère
du travail en 1982, d'autres, d'après
les zones de petite chalandise également
définies par l'INSEE, d'autres
encore évoquent un plus ancien
découpage de l'INSEE, les "zones
de peuplement industriel et urbain"
(ZPIU).
En 2004, le découpage du territoire
de la France métropolitaine comporte
un total de 1 916 bassins de vie : 1 745
dans les petites villes et les bourgs
et 171 dans les grandes agglomérations.
L'étude de l’évolution
des bassins de vie, sur quatre périodes
intercensitaires (1962-1975, 1975-1982,
1982-1990 et 1990-1999), a permis de définir
six profils-types en fonction des équipements
et des services dont ils disposent : équipements,
services et commerces du secteur concurrentiel
; équipements et services du secteur
non concurrentiel ; équipements
et services de santé ; équipements
et services d'éducation.
- INSEE, les zonages en bassins de vie
en 2004 :
www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/bassins_vie/bassins_vie.htm
et
www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP953.pdf
Mise à jour : juillet 2005 |
Campagnes
Le terme campagne est de nature descriptive,
voire émotive, idéelle. Par
opposition à la ville,
dont il est une sorte de symétrie,
il renvoie à la disponibilité
d'espace, aux faibles densités, mais
il est aussi associé à diverses
représentations et valeurs de type
hédoniste : le silence, le "naturel"
et la "terre" (les champs, les
bois et forêts, etc.), des rapports
différents au temps et aux territoires.
Le terme de campagne peut se confondre avec
celui de rural, davantage
objet d'analyses et d'études que
d'émotions.
Les rapports villes / campagnes et agriculture
/ campagnes sont, depuis plusieurs décennies,
en rapide mutation. En 1994, Jean-Pierre
Charvet évoquait une "France
agricole en état de choc". En
2005, les ondes de ce choc continuent à
se propager. La mondialisation et les réformes
de la PAC, en cours ou à venir, vont,
à plus ou moins court terme, avoir
de nouveaux impacts sur le monde rural.
La promotion, à partir des années
1980, de la notion de développement
durable, invitait à repenser
la place et les missions de l'agriculteur
dans les campagnes. À côté
de la seule production de biens alimentaires,
la gestion "raisonnée"
des territoires ruraux et de leurs ressources
pouvait être reconnue par les pouvoirs
publics. Les démarches de qualité et de traçabilité se sont imposées au tournant des années 1990 alors que des crises de sécurité alimentaire se sont succédé (en 1996 et en 2001, l'encéphalopathie spongiforme bovine / ESB, en 1999, la contamination de la filière poulet en Belgique par de la dioxine, depuis 2006, la fièvre catarrhale ovine / FCO qui touche les ruminants, etc.), démontrant les limites de l'agriculture productiviste. Des politiques visant la mise en œuvre de pratiques respectueuses de l'environnement, de Mesures agro-environnementales (MAE), ont débuté avec le règlement européen du 30 juin 1992 qui rendait obligatoire sa transposition par les États membres. En France, les dispositifs agro-environnementaux se sont succédé : Opérations locales agro-environnementales (OLAE), Contrats territoriaux d’exploitation (CTE) puis Contrats d’agriculture durable (CAD) articulés avec les politiques européennes, notamment, depuis 2000, avec le "second pilier" de la PAC (règlement de développement rural de l’UE et Plan de développement rural national français de 2000-2006). Les contenus du Plan de développement rural pour la période 2007-2013 ont été renouvelés par de nouvelles MAE, dont les MAE territorialisées (MAET) mises en place en 2007.
Ces mesures se sont inscrites, à des niveaux divers, dans les réflexions et les politiques sur la multifonctionnalité de l’agriculture, sur le développement intégré rural/ urbain, sur l’agriculture durable.
L'usage agricole des sols avait diminué
de 5% entre 1984 et 2004 au profit des terrains
urbanisés et des infrastructures,
de l'enfrichement, des sols sans usages,
et surtout du reboisement, réponse
à la déprise agricole. Mais il faut remarquer que le
nombre d’actifs agricoles a diminué
beaucoup plus que la Superficie Agricole
Utilisée (SAU).
Dans un rapport de 2003, "Quelle France
rurale pour 2020 ?", la DATAR proposait
une typologie des campagnes : les "campagnes
des villes", denses, aux dynamiques
démographiques positives, à
la ruralité choisie ; les "campagnes
fragiles" cumulant les handicaps d'une
faible densité de population, du
déclin démographique, des
activités menacées, à
la ruralité subie ; les "nouvelles
campagnes", multifonctionnelles, bénéficiant
d'aménités climatiques, paysagères,
au potentiel touristique, en recherche d'équilibre.
Dans ce dossier :
- Agriculture durable et territorialisation.
Une illustration à partir de la région des Pays de la Loire, un article de Geneviève Pierre et Armand Djimet-Baboun
- en corpus documentaire, Du champ à l'usine, production et transformation d'une denrée agricole : la pomme de terre et le "système" McCain
- Le rapport de la DATAR , téléchargeable
dans la rubrique dossiers > rural :
www.datar.gouv.fr
- Sur le site de la FNSEA, les CTE / CAD
:
www.cte.fnsea.fr/carte/cte_signes_carte.htm
- Sur la nouvelle PAC (Luxembourg - 2003)
:
www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/nouvelle_pac.pdf
Mise à jour : décembre 2009 |
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Centres,
centralités
La centralité qualifie la
capacité d'action d'un élément
central (le centre urbain,
la métropole) sur sa périphérie
en termes de desserte, de services, d'attractivité,
d'une manière générale,
de polarisation. W.E. Christaller, en 1933,
a cherché à rendre compte
de la taille, de l'espacement et du nombre
des villes dans le cadre
de son étude des lieux centraux.
Depuis, de nombreux travaux se sont succédé
pour analyser, mesurer les phénomènes
de polarisation liés à la
centralité, dont, plus récemment,
parmi les géographes, ceux de P.
Claval, D. Pumain, C. Rozenblat, T. Saint-Julien,
par ex. dans une approche dynamique.
Les villes et les métropoles, comme
places centrales, agissent aussi comme des
pôles de développement
dans leur environnement régional
ou international (voir les travaux de l'économiste
François Perroux)
Mise à jour : juillet 2005 |
Compétitivité (des territoires)
De récents changements de dénominations sont significatifs d'une évolution des conceptions. Ainsi, à l'échelle nationale, la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR) est-elle devenue la Délégation à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT) et les Comités interministériels d'aménagement et de compétitivité des territoires (CIACT) ont remplacé les Comités interministériesl d’aménagement et du développement du territoire (CIADT). Le CIADT du 14 septembre 2004 décidait un programme de sélection de "pôles de compétitivité" sur le territoire français.
À l'échelle européenne, les anciens Objectifs structurels de convergence 2 et 3 ont été remplacés par un "Objectif Compétitivité régionale et emploi".
Autant que d'aménager il s'agit de renforcer les capacités des territoires à faire face à une compétition qui se fait à des échelles élargies, européennes et mondiales. Et, à ce jeu, certaines localisations sont beaucoup plus avantagées que d'autres avec des arbitrages délicats à la clef : faut-il renforcer les territoires qui bénéficient déjà d'avantages comparatifs dans la compétition internationale ou plutôt aider ceux qui sont déjà handicapés ?
Voir :
- en corpus documentaire de ce dossier :
> Territoires de l’innovation et de la compétitivité en région PACA :
le projet ITER, de l'international au local
>
Industrie,
recherche et innovation, de nouvelles dynamiques
territoriales.
Pôles de compétitivité, systèmes
productifs locaux
- Dans le dossier De villes en métropoles, des articles de Jacques Fache et Marion Gobin : Des territoires métropolitains à l'heure de l'économie de la connaissance (autre dossier, nouvelle fenêtre)
- Le site de la Délégation à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT) :
www.diact.gouv.fr
Mise à jour : janvier 2009
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Contrat
de projet État - région (CPER)
Une logique de
contractualisation, avec l'État mais
aussi avec l'Union européenne, préside
de plus en plus au financement des politiques
d'aménagement du territoire
en France.
La décentralisation a généralisé la pratique
de la contractualisation. Si l'État
garde la maîtrise d'un socle de
compétences pour lesquelles, compte
tenu du caractère limité
de ses ressources, il pourra avoir besoin
du concours des régions : réseau
routier national dit structurant, ports
autonomes ou aéroports d'intérêt
national. La contractualisation fait converger
les interventions de l'État et
des régions dans les domaines où
leurs compétences sont partagées
ou complémentaires (développement
économique, aménagement
du territoire, formation). Cette évolution
rejoint le contexte général
d’émergence d’un État
animateur, chargé d’impulser
les directives nationales, d’accompagner
les initiatives locales, et de coordonner
les actions locales au niveau national
dans un souci de garantie de l’ égalité
et de l’équité territoriales.
Les Contrats de plan État-région (CPER) ont été un mode de gestion publique par lequel l'État et une ou plusieurs régions s'engagent sur la programmation et le financement pluriannuels de projets importants. D'une durée de cinq à sept ans, les contrats de plan État-région ont été créés par la loi du 29 juillet 1982 portant réforme de la planification ils duraient de cinq à sept ans. Le gouvernement, par l'intermédiaire du préfet de région, s'accordait avec l'exécutif de la région sur la réalisation de projets relatifs à l'aménagement du territoire régional et sur la part de chaque instance dans le financement. Depuis leur mise en place quatre générations de CPER se sont succédées, le dernier Contrat de plan ayant couvert une période de sept ans (2000-2006).
Le Comité interministériel d’aménagement et de compétitivité des territoires (CIACT) du 6 mars 2006 a décidé leur transformation en "Contrats de projet État-région" et leur contenu est restreint à trois priorités harmonisées avec les grandes orientations de l'Union européenne : compétitivité et attractivité du territoire ; promotion du développement durable ; cohésion sociale et territoriale. En plus de l’emploi, de la rénovation urbaine, du développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) et des transports publics, chaque région devra disposer d’un inventaire des émissions de gaz à effet de serre. L'enveloppe des mandats de négociations remis aux préfets de région pour négocier les Contrats de projet 2007-2013 s'élève à 1,381 milliard d’euros par an, en baisse de 10% par rapport aux Contrats de la période 2000-2006. Trois champs d’application principaux ont été définis : constructions universitaires et programmes de recherche (24,6% des crédits) ; politiques environnementales (17,4% des crédits) ; transports collectifs (25% des crédits). Les contrats feront l’objet d’une révision annuelle et pourront être modifiés à mi-parcours, c’est-à-dire en 2010, selon leur degré d’application.
- À partir du site Vie publique :
www.vie-publique.fr/actualite/alaune/etat-region-contrats-projet-pour-2007-2013.html
-
Sénat, session extraordinaire
de 2003-2004, séance du 16 juillet
2004 - Rapport d'information à
l'aménagement et au développement
durable du territoire (1) sur les orientations
définies lors du CIADT :
www.senat.fr/rap/r03-418/r03-418.html
Mise à jour : juillet 2005
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Contrat de
pays
Les Contrats de pays
de première génération
sont apparus en 1975, dans le cadre d’une
convention entre l'État et les
collectivités locales en vue d'actions
d'aménagement
et d'incitation sur de petits territoires.
La collectivité régionale
y a été associée
à partir de 1983, soit en partenariat
avec l’État, soit à
titre principal. Les procédures
d'élaboration des Contrats de pays
de cette génération font
une place importante aux propositions
des forces vives locales et valorisent
la logique ascendante du développement
territorial. La commission chargée
de la préparation du dossier est
coprésidée à égalité
par le sous-préfet et le président
de l’instance intercommunale.
La signature du contrat est locale avant
que le document ne soit envoyé
au Préfet de région qui
le transmet au Comité interministériel
d’aménagement du
territoire (CIAT) pour signature
par le Premier ministre ou le Ministre
de l’intérieur. Il s’agit
d’un pas en avant décisif
de l’État vers la reconnaissance
des pouvoirs de représentation
et de décision locaux en matière
d’aménagement rural.
La loi Pasqua de 1995 a réactualisé
les Contrats de pays qui ont été
renforcés par la loi Voynet de
1999. Le Contrat de pays permet la déclinaison
d'actions structurantes (tourisme,
développement local, culture, environnement,
...) sur un territoire intercommunal
présentant une cohésion
géographique, culturelle, économique,
sociale. La loi prévoit que les
communes d'un pays élaborent une
Charte de pays, document d'orientation
du développement durable
prenant en compte les dynamiques locales.
Les Contrats de pays sont intégrés
dans le volet territorial du Contrat
de plan État-région.
Ainsi, les communes du pays, après
s'être regroupées en Établissement
public de coopération intercommunale
(EPCI), en GIE (Groupement d’Intérêts
Economiques) de développement local,
ou en syndicat mixte, peuvent conclure
un Contrat de pays dans le cadre des Contrats
de plan État-région.
Voir
l'article d'Emmanuelle Bonerandi
: Les
pays ont dix ans ... retour sur expérience
Mise à jour : juillet 2005 |
Contrat de
ville / Contrat d'agglomération
Les contrats entre l'État et une
ou plusieurs collectivités territoriales,
expérimentés dans le cadre
du Xe plan (1990 - 1994, treize premiers
contrats) généralisés
à partir du XIe (1994 - 1999),
sont devenus le cadre de base de la politique
de la ville. Ces contrats
portent sur un programme pluriannuel de
Développement social urbain (DSU)
à l'échelle d'une commune
urbaine ou d'une agglomération.
L'objectif est de lutter contre l'exclusion
dans les quartiers en difficulté
et de les réintégrer physiquement
et socialement dans la ville.
Les Contrats de ville sont couplés
avec les Contrats de plan
État-région, mais souvent
négociés en marge de ceux-ci.
Ils s'ajoutent aux Programmes d'aménagement
concerté du territoire (PACT) concernant
des villes moyennes, des vallées
et des bassins. Les orientations
de la dernière génération
de Contrats de ville (période 2000
- 2006) donne la priorité aux quartiers
dégradés et prend en compte
l'échelle globale des agglomérations,
même si les actions mises en œuvre
demeurent bien souvent encore d’échelle
communale.
Le Contrat d'agglomération est
porté par une Communauté
d'agglomération. Il permet l'adoption
d'actions structurantes (développement
économique, politique de la ville...
) sur une aire urbaine de plus de 50 000
habitants ayant adopté la taxe
professionnelle unique (TPU). Il est intégré
dans le volet territorial du Contrat
de plan État-région.
Mise à jour : juillet 2005 |
Conversion,
reconversion
Transformation des activités d'un
territoire en vue de son adaptation à
un nouvel environnement économique,
technologique, géopolitique.
Les premières régions concernées
par des politiques de conversion ont été
les régions anciennement industrialisées
ou d'agriculture traditionnelle confrontées
à la modernisation.
En France, on a parlé officiellement,
pour la première fois, de Zones
de conversion en 1967 à propos
des zones minières (Nord, Lorraine,
Massif central). Puis, le problème
s'est étendu à la sidérurgie,
à l'industrie textile, aux chantiers
navals, aux industries de l'armement.
Progressivement, le traitement des territoires
en difficulté est passé
de logiques sectorielles à des
logiques de projet centrées
sur les territoires.
Les politiques structurelles de l' Union
européenne (Objectif 2)
ont également joué leur
rôle.
Pour compléter,
pour prolonger :
- dans le
corpus documentaire de ce dossier, "Industrie,
recherche et innovation, de nouvelles
dynamiques territoriales ".
Mise à jour : juillet 2005
|
Décentralisation
La France est un
pays de forte tradition centralisatrice.
Aussi, après l'échec du
référendum de 1969 sur la
régionalisation, la décentralisation
entreprise par les lois Defferre de 1982
- 1983 ("Acte I de la
décentralisation"),
apparaissait-elle en rupture,
tout en s'inscrivant dans un processus
de plus longue durée. La loi constitutionnelle
consacrait de manière irréversible
le rôle des collectivités
territoriales en inscrivant dans l'Article
I de la Constitution le principe selon
lequel "l'organisation de la République
est décentralisée"
et en décidant que les régions
figureront désormais, aux côtés
des communes, des départements
et des collectivités d'outre-mer,
parmi les collectivités territoriales
de la République énumérées
dans la Constitution.
Ces lois ont allégé la tutelle
de l’État sur les collectivités
locales, donnant au département
et à la région une autorité
exécutive élue et une autonomie
budgétaire. Le principe de subsidiarité
est pris en compte. Mais la politique
de décentralisation est alors aussi
une politique publique impulsée
et conduite par le sommet de l’État
: "en matière de décentralisation,
le pouvoir politique gouverne de façon
centralisée" (Jean-Claude
Thoenig, 1992).
Les compétences transférées
alors aux collectivités ont concerné
l’urbanisme et le logement, la formation
professionnelle, l’aménagement
du territoire, l’action sociale,
la santé et les transports. En
contrepartie de ces transferts, des aides
financières sont accordées
par l’État aux collectivités
sous la forme de dotations (dotations
globales de fonctionnement, d’équipement,
de décentralisation). La procédure
des contrats de plan
État-régions institutionnalise
et généralise les collaborations.
La décentralisation de 1982 avait
alourdi les responsabilités des
maires et les villes-centres qui avaient
vu leurs charges de centralité
(équipements bénéficiant
à toute l'aire urbaine en matière
de transports, en matière culturelle,
etc.) s'alourdir. Inversement, certaines
communes de la périphérie,
bénéficiant de surfaces
disponibles, disposaient, sans la redistribuer,
de la taxe professionnelle versée
par les entreprises qu'elles accueillaient.
Les incitations à l'intercommunalité
(loi Chevènement de 1999) s'efforcent
de corriger ces effets pervers de la décentralisation.
Depuis 2003, plusieurs textes législatifs
ont marqué un nouveau tournant
parfois qualifié d' "Acte
II" de la décentralisation".
La Loi constitutionnelle
du 28 mars 2003, relative à l'organisation
décentralisée de la République,
modifie l'article I de la Constitution
qui stipule désormais que "l'organisation
de la République est décentralisée". L'article 72 de la Constitution,
modifié par la loi, explicite le
principe de subsidiarité : "Les
collectivités territoriales ont
vocation à prendre les décisions
pour l'ensemble des compétences
qui peuvent le mieux être mises
en œuvre à leur échelon."
Inspirée
par l'idée que "la décentralisation
des compétences doit aller de pair
avec le développement de la faculté
d'expression directe dont disposent les
citoyens au niveau local", la loi
introduit dans la Constitution deux nouveaux
principes de démocratie directe
: le droit désormais reconnu
aux collectivités d'organiser des
référendums décisionnels
- et non plus seulement consultatifs -
sur des questions relevant de leurs compétences
et le "droit de pétition"
des électeurs.
Enfin, dernière étape, la
Loi relative aux libertés
et responsabilités locales
du 13 août 2004 énumère
l’ensemble des nouvelles compétences
transférées par l’État
aux collectivités locales.
Pour développer, compléter,
des documents de synthèse et des
ressources en ligne dans cette page du
corpus documentaire :
Actes I et II de
la décentralisation :
évolution
des compétences des collectivités
territoriales
La décentralisation
des activités consiste
à réduire la concentration
des activités sur un pôle,
une agglomération. Pour la France,
il s'agit avant tout de Paris et de la
région Île-de-France .
Historiquement, la décentralisation
des activités a concerné,
dans l’entre-deux guerres, le déménagement
d’activités jugées
stratégiques de la région
capitale ou des zones frontalières
dans des régions jugés plus
sûres. C’est le cas du transfert
des activités aéronautiques
civiles et militaires vers le Bassin Aquitain,
et plus spécifiquement Toulouse.
Il peut s'agir d'activités publiques
ou privées, comme en témoigne
la vague massive de décentralisation
des activités industrielles vers
le Grand Ouest français initiée
dans les années 1960, notamment
dans les secteurs de l’industrie
automobile et des biens de consommation
(électro-ménager et télécommunications).
Ce mouvement a été largement
encouragé par l’État,
qui a mis en place des mécanismes
incitatifs (indemnité de décentralisation
industrielle de 1964 jusqu’en 1981,
puis de nouveau à partir de 1995)
et coercitifs (demande d’agrément
pour toute extension ou création
de nouvelle surface industrielle puis
tertiaire en Région parisienne,
de 1955 jusqu’au milieu des années
1980).
Du côté des activités
publiques, le 7 novembre 1991, le Comité
interministériel à l'aménagement
du territoire (CIAT) présidé
par Édith Cresson alors Premier
ministre, avait annoncé 19 décisions
de délocalisation (4 000 emplois
environ), parmi lesquelles l'ENA, l'ONF,
la SEITA, la Manufacture des Gobelins,
les Voies navigables de France (VNF),
la DIACT (ex-DATAR), l'INPI et la Française
des Jeux. Un deuxième CIAT, en
janvier 1992, a annoncé la délocalisation
de 70 organismes (7 000 emplois) et le
mouvement a été poursuivi
ultérieurement, par exemple, par
la décision de délocaliser
le Centre national de documentation pédagogique
(CNDP) de Paris à Chasseneuil-du-Poitou
en 2002, ou, en 2004, avec le déménagement
du CNASEA d’Issy-les-Moulineaux
à Limoges, etc.
Mise à jour : juillet 2005 |
|
Déconcentration
La déconcentration
consiste à déléguer
les pouvoirs et les moyens de décision
gouvernementale (administration centrale)
à des autorités administratives
implantées localement. Elle a pour
objet de réduire le volume des décisions
du pouvoir exécutif et des directions
centrales pour en laisser l'appréciation
et l'exercice aux représentants de
l'État sur le terrain (hauts fonctionnaires
tels que les préfets ou les Secrétaires
généraux pour les affaires
régionales / SGAR). La déconcentration
permet de prendre le maximum de décisions
au plus près des intérêts
locaux et de chercher les solutions appropriées
aux problèmes rencontrés.
La décentralisation des activités
et la déconcentration administrative
ont contribué au développement
régional par le renforcement des
métropoles.
Géographes et aménageurs constatent
les déséquilibres du territoire
français dès le début
des "trente glorieuses" (Paris
et le désert français de Jean-François
Gravier date de 1947). La
déconcentration, effective depuis
1964, concerne la création de services
administratifs sectoriels au niveau régional
et départemental dans un souci de
rapprochement des usagers et de couverture
complète du territoire national.
Les services administratifs déconcentrés
sont regroupés en Directions régionales
et Directions départementales, placées
sous l’autorité du préfet
(de région, de département).
On peut citer les Directions régionales
(et départementales) de l’Équipement,
du Travail, de l’Emploi et de la Formation
Professionnelle, de l’Agriculture,
etc.
Un rapport des géographes Hautreux
et Rochefort (1963) permet à l'ex-DATAR
d'identifier huit villes
(ou villes en réseaux), désignées,
à partir de 1964, comme métropoles
d'équilibre : Lille-Roubaix-Tourcoing,
Nancy-Metz, Strasbourg, Lyon-Grenoble-Saint-Etienne,
Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes-Saint-Nazaire.
Par la suite, quatre autres villes furent
associées : Rennes, Clermont-Ferrand,
Dijon, Nice. Ces métropoles bénéficièrent
d'une politique volontariste destinée
à rééquilibrer le poids
de Paris, à impulser des processus
de développement régional
plus autonomes. Elles furent dotées
d'équipements, d'investissements
publics renforcés. Mais, dès
les années 1970, le bilan semblait
mitigé et plutôt décevant
: la croissance hypertrophique de l'Ile-de-France
ne ralentissait guère et les métropoles
d'équilibre gênaient plutôt
le développement des villes moyennes
de leur système urbain qui, en définitive,
ont connu parfois une croissance plus rapide.
Mise à jour : juillet 2005 |
Délocalisations,
localisations
Souvent, délocalisations rime avec
désindustrialisation. Les traumatismes
subis par les personnels concernés,
parfois, par des bassins
d'emploi entiers, sont indéniables.
Au-delà de l'émotion, quelles
sont les réalités, quels
sont les faits ?
La désindustrialisation ne résulte
que très partiellement des délocalisations
mais plus largement des évolutions
des modes de production et de consommation.
Si, en termes d'avantages comparatifs,
de concurrence internationale, la France
(comme les autres pays développés)
est pénalisée sur le plan
des salaires, elle l'est moins sur ceux
de la productivité, de la valeur
ajoutée, de la formation, du fonctionnement
des infrastructures. Dans ce contexte,
les territoires les plus
vulnérables, les plus touchés,
sont ceux dont les spécialisations
économiques étaient avant
tout industrielles, parfois mono-industrielles
et dont les activités reposaient
peu sur les services.
Globalement, la part de l'emploi industriel
est passée de 24% de la population
active en 1980 à 15,2% en 2002,
en valeur, la part de la production industrielle
dans le PIB est passée de 25% en
1970 à 16,1% en 2002. Il faut cependant
remarquer que cette baisse est en large
partie due à l'externalisation,
par les entreprises industrielles, de
différentes tâches relevant
des services (nettoyage, comptabilité,
logistique, etc., ce que l’on appelle
le tertiaire industriel) et aux gains
de productivité (4,1% par an depuis
1990). C'est ainsi que les activités
de services aux entreprises (incluant
l'intérim) représentent
3,1 millions d'emplois en 2002 contre
1,5 en 1980 (source INSEE).
Il convient de faire aussi le bilan entre
les activités qui se délocalisent
et celles qui s'implantent sur le territoire
français, résultat de l'Investissement
direct étranger (IDE) en France.
Il faut aussi distinguer vraies et fausses
délocalisations. Lorsqu'une entreprise
investit en Asie, c'est pour se rapprocher
de marchés, de consommateurs. Ce
n'est pas forcément une délocalisation.
En 2003, les délocalisations "véritables"
n'ont représenté que 4%
de l'ensemble des investissements français
à l'étranger. Inversement,
l'emploi industriel en France bénéficie
d'investissements étrangers (voir
des exemples sur le site de l'AFII *)
Au demeurant, les phénomènes
de délocalisation ne peuvent être
niés et ils pourraient concerner
de plus en plus le secteur des services
dans les décennies à venir,
comme en témoigne la délocalisation
des centres d’appels téléphoniques
ou des services de maintenance informatique.
Le cabinet de conseil Katalyse, dans une
étude pour le compte de la Commission
des finances du Sénat*, estime
que 200 000 emplois de services pourraient
être délocalisés d'ici
à 2010. Parallèlement, combien
pourraient être créés
?
Que ce soit à l'échelle
nationale ou européenne, la quête
de nouvelles politiques industrielles
s'impose. Elles ne pourront aboutir qu'en
s'appuyant sur d'importants efforts en
R&D. Or, à l'échelle
européenne, il n'y a pas, pour
l'industrie ou les services, l'équivalent
de la PAC. Le Conseil européen
de Barcelone (2002) avait fixé,
pour 2010 et dans la continuité
du "processus de Lisbonne",
pour objectif une augmentation de plus
de 50% en valeur réelle des dépenses
totales en R&D de l'UE (elles passeraient
ainsi à 3% du PIB), dont 67% pour
la part du secteur privé. L'objectif
est loin d'être atteint. De son
côté, la France s'engage
dans une nouvelle politique volontariste
d'industrialisation par l'innovation en
lançant de nouveaux " Pôles
de compétitivité".
- Sur Géoconfluences (article indépendant, nouvelle fenêtre) :
Technologies de l'information et de communication
: quels effets sur les territoires ?
- L'Agence française pour les investissements
internationaux (AFII) :
www.investinfrance.org/France/?l=fr
et
www.logistics-in-europe.com/fr/index.html
- Rapport d'information du 10 mai 2005
par la Commission des finances, de l'économie
générale et du Plan à
l'Assemblée nationale, Les
outils de la politique industrielle
:
www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2299.asp
- Site du Sénat :
> Rapport d'information n° 416
(2004-2005) de Jean Arthuis, fait au nom
de la commission des finances du Sénat
(22 juin 2005) - La globalisation
de l'économie et les délocalisations
d'activité et d'emplois (tomes
1 et 2, annexes dont l'étude Katalyse
sur "Les délocalisations des
métiers de service" :
www.senat.fr/rap/r04-416-1/r04-416-1.html
et
www.senat.fr/rap/r04-416-2/r04-416-2.html
> Rapport d'information n° 374
(2003-2004) de M. Francis Grignon, fait
au nom de la commission des affaires économiques
(23 juin 2004) - Délocalisations
: pour un néo-colbertisme européen
:
www.senat.fr/rap/r03-374/r03-374.html
- Sur le site de La documentation française
, le rapport Beffa, Pour une nouvelle
politique industrielle :
www.ladocfrancaise.gouv.fr/brp/notices/054000044.shtml
- Baromètres annuels de l'attractivité
française et européenne
- Études d'Ernst & Young :
www.ey.com/global/content.nsf/France/0605_Etude_Attractivite_France_Europe
Mise à jour : juillet 2005 |
Déprise
agricole
La déprise agricole est une composante
de l'évolution des territoires
ruraux. Elle contribue
à transformer certaines campagnes
en profondeur : apparition de friches,
reboisements, réaffectation à
d'autres usages ( tourisme,
zones de protection de la nature - parcs
ou autres), arrivée de néo-ruraux
profitant d'espaces aux disponibilités
foncières attractives. "La France
du vide", selon l'expression du géographe
poitevin Roger Béteille* en 1981),
est celle des faibles densités, inférieures
à 45 hab/km² en moyenne (voire
de 25 ou 20 hab/km² selon certains
géographes spécialistes de
ce champ d'étude) pour les densités
des espaces à dominante rurale. Ils
se concentrent, majoritairement , sur une
diagonale Nord-est / Sud-oue st
(qualifiée parfois de "diagonale
du vide") incluant des zones
de montagne comme la Lozère, département
le moins densément peuplé
de la France métropolitaine (14 hab/km²).
Cette "diagonale"
a cependant tendance à se fractionner.
Ainsi, l’étalement urbain toulousain
gagne l’arrière-pays ariégeois,
bien au-delà de la seconde couronne
de périurbanisation.
Dans les espaces ruraux profonds, l'exode
rural est un processus ancien. Il a parfois
commencé dès 1846, qui aurait
été l'année du maximum
démographique des campagnes françaises.
Dans les cantons les plus touchés,
la population est vieillie, l'exode rural,
qui se poursuit, touche tout particulièrement
les plus jeunes, les femmes, les agriculteurs
restants souvent célibataires. La
continuité territoriale des services
publics, l'installation et l'entretien des
réseaux (routiers, énergétiques,
de télécommunications) deviennent
très onéreux, les commerces
et les services du secteur marchand disparaissent.
Les territoires les plus touchés
par la déprise peuvent bénéficier
de mesures particulières telles que
le dispositif des Zones de revitalisation
rurale (ZRR) et celui des Territoires Ruraux
de développement prioritaire mis
en place par la LOADT de 1995. Des opérations
de reboisement ont pu être entreprises,
parfois financées dans le cadre de
la PAC.
- Voir l'article de Clément Dodane : De la déprise au boisement, les nouvelles forêts ardéchoises
Mise à jour : octobre 2010
|
Desserrement
Le desserrement répond au manque
d'espace dans le centre des agglomérations.
Il conduit les activités et les populations
à se déplacer en périphérie.
C'est un mouvement de courte distance (quelques
dizaines de kms au maximum), distinct de
la décentralisation des
activités d'une région vers
une autre. Le mouvement a d'abord concerné
l'industrie à la recherche de disponibilités
foncières à un coût
attractif. Le desserrement des activités
tertiaires a suivi ultérieurement,
centres de recherche, grande distribution,
universités ont migré vers
les périphéries.
Le desserrement peut être favorisé
par des politiques volontaristes : en région
Île-de-France , les villes
nouvelles ont impulsé le desserrement
à partir des années 1960.
Mise à jour : juillet 2005
|
Déterritorialisation
Le territoire, comme substrat de la localisation
des activités humaines, peut sembler
dépassé : investissements,
activités productives paraissent
de plus en plus s'affranchir de certaines
logiques territoriales de nature "physique"
(distances euclidiennes, ressources).
Dans le fonctionnement du capitalisme
contemporain, capital et territoires,
multinationales et États-nations
sont assez largement découplés,
les investissements paraissent s'affranchir
de toute contingence topologique. Par
ailleurs, les nouveaux réseaux,
fondés sur les technologies des
télécommunications et sur
l'informatisation, multiplient les possibilités
de travail à distance. Aussi, certains
"territoires" ne sont plus topologiques
mais fonctionnent en réseau.
La déterritorialisation peut aussi
se penser en termes d'affaiblissement
des identités territoriales à
l'heure de la globalisation. Ce qui peut
susciter, en retour, en réaction,
une demande sociale accrue de local.
On observe également un retour
du local dans les logiques d’implantation
des activités économiques
par le biais d’aménités
territoriales spécifiques, dans
un contexte de concurrence des territoires
(voir l'entrée terroir).
À suivre : le 16e Festival international
de géographie (FIG) en 2005 avait pour
thème "Le monde en réseaux,
lieux visibles, liens invisibles"
-
http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2005
Mise à jour : juillet 2005 |
Développement
durable des territoires (urbains, ruraux)
En France, c'est
la Loi d’orientation pour l’aménagement
et le développement durable du territoire
LOADDT (ou loi Voynet) de
1999 qui organise la prise en compte des
dimensions environnementales
et de durabilité dans les politiques
de développement territorial.
Elle a été suivie par d'autres
dispositifs particuliers. Par exemple, la
Charte forestière de territoire.
Créée par la loi d'orientation
sur la forêt du 9 juillet 2001, la
Charte forestière de territoire vise
à mettre en place une gestion durable
de la forêt. Le législateur
n'a fixé aucun territoire type a
priori, mais, à l'échelle
d'un pays ou d'un parc,
la Charte forestière constitue le
volet forestier de la Charte du territoire.
Les Contrats d'agriculture durable (CAD),
créés par décret le
22 juillet 2003, sont des outils d'encouragement
à la multifonctionnalité de
l'agriculture : préservation des
ressources naturelles ; aménagement
de l'espace rural. Les
CAD sont passés entre un exploitant
agricole, l'État et, le cas échéant
des collectivités territoriales pour
une durée de 5 ans. Les actions agroenvironnementales
font partie du Plan de développement
rural national, adaptées
au niveau régional. Il s'agit par
exemple de reconvertir les terres arables
en prairies, de créer des zones tampons,
d'implanter des éléments fixes
du paysage comme les haies, de créer
ou conserver des zones d'expansion de crues,
d'implanter des cultures d'intérêt
faunistique ou floristique reconnu, de conserver
les modes d'occupation des sols à
intérêts paysager et patrimonial.
Les CAD permettent aussi l'adoption de mesures
dont l'intérêt dépasse
le cadre territorial : conversion à
l'agriculture biologique, protection des
races menacées par exemple.
Voir :
- le dossier (nouvelle fenêtre) :
Le développement durable, approches
géographiques
- en corpus documentaire : Aspects et impacts territoriaux du Grenelle Environnement
- L'évaluation des CTE :
www.agreste.agriculture.gouv.fr/default.asp?rub=etudes&hauteur=455
- Par le Ministère de l'agriculture
:
www.agriculture.gouv.fr/spip/ressources.themes.exploitationsagricoles_r29.html
- Le dossier consacré aux Contrats
d'agriculture durable (CAD) :
www.fnsea.fr/dossiers/CAD/default.asp
- Sur Entreprises Territoires
et Développement (ETD, soutenu par
la DIACT et la Caisse des dépôts
et consignations) :
www.projetdeterritoire.com/spip/article.php3?id_article=1353
Mise à jour : juillet 2005 |
Environnement
et territoires
La prise en compte des dimensions environnementales
des territoires est une des dimensions
du développement durable,
clairement impulsée par la Loi
d’orientation pour l’aménagement
et le développement durable du
territoire LOADDT (ou loi Voynet) de
1999. D'autres dispositifs invitent aussi
à cette prise en compte, par le
biais des directives européennes
ou des territoires patrimoines de l'Unesco,
par exemple.
Des formes particulières d'aménagement
à forte dimension environnementale
se sont imposées en France : les
Parcs nationaux et les Parcs naturels
régionaux.
Les Parcs nationaux ont
été initiés par la
loi du 22 juillet 1960. Il s'agit de territoires
de protection de la nature, gérés
par l'État, inspirés par
les préconisations de l'UICN ( IUCN,
World Conservation Union) qui les
décrit ainsi : " territoires
relativement étendus, qui présentent
un ou plusieurs écosystèmes
généralement peu ou pas
transformés par l'exploitation
et l'occupation humaine, où les
espèces végétales
et animales offrent un intérêt
spécial du point de vue scientifique
et récréatif".
Ils font l'objet de mesures de préservation,
de protection.
Les Parcs nationaux sont des
dispositifs complexes à monter
pour tenir compte équitablement
des acteurs locaux. Il existe, en 2007,
neuf Parcs nationaux aux superficies variables
: Vanoise, Port-Cros, Pyrénées occidentales, Cévennes, Écrins, Mercantour, Guadeloupe, amazonien de Guyane (3,4 millions d'ha avec une zone cœur de 2 millions d'ha) et Hauts de l'île de la Réunion. Ces deux derniers ont été créés en mars 2007. Restent à l'étude et en débats
plus
ou moins délicats, voire houleux
: la mer d'Iroise, la Corse,
les calanques à l'est de Marseille.
Un Parc national stricto sensu se compose d’une "zone centrale" ou "cœur" (ou "parc proprement dit" selon la terminologie officielle), où une réglementation stricte protège les milieux (faune, flore, paysage) et d’une "zone périphérique" ("pré-parc") où l’Établissement Public ne dispose pas de pouvoir particulier mais où la loi lui impose d’aider aux actions de développement social et économique. Il ne peut cependant qu’être consulté et formuler un avis : " les réalisations d’ordre social, économique et culturel sont élaborées sous la responsabilité du Ministère de l’équipement et sous la direction du Préfet en liaison avec l’établissement et après consultation des collectivités locales intéressées" (décret du 31 octobre 1961, article 27). Ces deux composantes sont doublées d’autres mesures de protection, comme les sites inscrits ou classés, les ZNIEFF. Au-delà de ces deux zones, une zone de "libre adhésion" est laissée à l'appréciation des collectivités.
Des Réserves naturelles peuvent être associées aux deux "zones", comme forme de transition de l’une vers l’autre ; elles se situent bien souvent sur les pourtours de la zone centrale. Moins strictes en termes de protection, elles sont plus restrictives en termes d’interdictions que la zone périphérique.
Les Parcs naturels régionaux
(PNR) sont des territoires
protégés et habités,
majoritairement situés dans des
zones fragiles à haute valeur environnementale.
Ils ont une double vocation : la protection
et le développement économique
"durable". Ils sont régis
par décrets (1967, 1988) mais les
lois de décentralisation, puis
la loi du 8 janvier 1993 sur la protection
et la mise en valeur des paysages, leur
ont donné une base législative.
Elle pose le principe que, sur le territoire d'un PNR, "les documents d'urbanisme doivent être compatibles avec les orientations et les mesures de la charte" des parcs qui concourent "à la politique
de protection de l'environnement, d'aménagement
du territoire, de développement
économique et social et d'éducation
et de formation du public".
Leur appellation, proche de celle de Parc national, peut porter à confusion.
Ils ont
des objectifs plus larges et diversifiés : sauvegarde
du patrimoine naturel et culturel ; loisirs
et aménités pour les populations
de la région ; aménagement
des espaces ruraux, développement
économique maîtrisé.
S'appuyant avant tout sur les élus locaux et les tissus associatifs, ils sont localisés sur des territoires peuplés mais souvent dévitatlisés par l'exode rural. Ce sont des territoires de projet
et d' aménagement beaucoup plus que de protection, dotés d'une
charte constitutive adoptée par
décret, qui en fixe les limites
spatiales, en détermine les objectifs,
les programmes d'équipements, les
mesures à adopter, les règles
de fonctionnement et de gestion. Les PNR
peuvent être créés
à l'initiative des communes, des
départements ou des régions.
Leur agrément est valable dix ans,
renouvelable mais aussi révocable
en cas de non-respect de la charte. Ce
fut, par exemple, le cas du Marais poitevin,
labellisé dès 1979, mais
déclassé fin 1996 pour sa
complaisance à l'égard de
l'agriculture intensive. Depuis, il est
un simple parc interrégional et
s'efforce de reconquérir son label
de PNR.
Il y a, en 2007, 45 PNR sur environ 13% du territoire métropolitain, le dernier arrivé étant celui des Alpilles (décret du 30 janvier 2007).
Les Parcs naturels régionaux sont
organisés au sein de la Fédération
nationale des PNR (FPNR), dont l’objectif
est d’assurer une certaine unité
et une lisibilité générale
aux différentes structures (par
exemple dans la couleur des logos).
La loi de 1960
sur les Parcs nationaux avait vieilli car leur modèle ne correspondait plus
aux enjeux contemporains d'un développement
durable des territoires. En mars 2006 une "loi relative aux Parcs nationaux, aux Parcs naturels marins
et aux Parcs naturels régionaux" introduit un nouvel esprit de la conservation
de la nature cherchant à
protéger les sites mais en impliquant
davantage les populations locales. Cette nouvelle loi renforce la protection juridique des Parcs nationaux. Elle modifie les dispositions des articles L. 331-1 du code de l'environnement et suivant relatifs aux Parcs naturels nationaux, parcs qui peuvent être crées à partir d'espaces terrestres ou maritimes quand ils comportent un intérêt spécial et qu'il faut en assurer la protection.
Elle crée des instruments spécifiques de protection pour les espaces marins comme "l'Agence des aires marines protégées".
De plus, elle aménage le régime des Parcs naturels régionaux.
Enfin, elle institue un établissement public coordonnateur nommé "Parcs nationaux de France".
(voir L. Laslaz, 2007).
D'autres dispositifs ont des objectifs
de protection environnementale des territoires
et de préservation de la biodiversité.
Les Réserves naturelles, créées par
la loi du 1er juillet 1957 (modifiée
par celle du 10 juillet 1976), sont des
parties du territoire d'une ou plusieurs
communes pour lesquelles des mesures spéciales
de protection sont adoptées afin
d'y conserver des espèces animales
ou végétales ou des milieux
menacés. Elles sont gérées
par une association ou par un syndicat
de communes. Le classement en réserve
naturelle résulte d'un décret,
après enquête publique, à
la demande d'une administration, d'une
collectivité territoriale, d'une
association.
Les Zones naturelles d’intérêt
écologique, faunistique et floristique
(ZNIEFF) ont été
instituées en 1982 dans la perspective
d’un recensement général
des richesses naturelles du territoire
français. L'inventaire est réalisé
à l'échelle régionale.
Les ZNIEFF sont entièrement cartographiées.
Si elles ne sont pas opposables à
des tiers, elles sont, la plupart du temps,
prises en compte dans les projets d'aménagement
du territoire (POS / PLU par exemple).
Le Conseil européen
du 21 mai 1992 (92/43/CEE) a engagé la constitution
d'un réseau écologique de
zones spéciales protégées dénommé " Natura
2000". Celui-ci est destiné avant tout à préserver l'habitat naturel d'espèces animales et végétales menacées dans l'Union européenne et recensées dans les directives "oiseaux" de 1979 (zones ZPS) et "habitats" de 1992 (zones pSIC / ZSC). Le classement en zone Natura 2000 n'interdit pas la poursuite d'activités économiques ou de loisirs compatibles avec leur protection et le zonage des sites du réseau, en ZPS ou en pSIC/ZSC, est un compromis entre les impératifs scientifiques, socio-professionnels et politiques.
Pour compléter sur Géoconfluences
:
- Dans le corpus documentaire de ce dossier : Natura 2000 : où en est-on en France ?
- Dans ce dossier Autour de la nouvelle loi sur les Parcs nationaux français : enjeux et conflits (Lionel Laslaz, 2007)
En nouvelle fenêtre :
- D'après la thèse d'Antoine
Da Lage, dans le dossier L'aménagement
régional et la forêt,
le cas du PNR du Vexin français.
Et parmi les articles indépendants : La forêt guyanaise française, entre valorisation et protection (Patrick Blancodini)
Voir aussi :
- la Fédération
des parcs naturels régionaux :
www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr
- Le Syndicat mixte du Parc interrégional
du Marais Poitevin :
www.parc-marais-poitevin.fr
- les Parcs nationaux de France :
www.parcsnationaux-fr.com
- Les sites Natura 2000 en France :
http://natura2000.environnement.gouv.fr
- La préservation de la biodiversité
dans l'Union européenne, le réseau
Natura 2000 :
http://europa.eu.int/scadplus/leg/fr/s15006.htm
- Le patrimoine mondial de l'Unesco : http://whc.unesco.org/pg.cfm?CID=31&l=FR
- L'UICN ( IUCN, World Conservation
Union) :
www.iucn.org
Mise à jour : juillet 2005 |
| Équité,
égalité territoriale
Le principe d’égalité
est un des fondements constitutifs de la
République française. Le constat
des inégalités territoriales
du point de vue des revenus, des activités,
des équipements, du développement,
incite à aller au delà. Il
légitime des revendications d'équité
territoriale, supposant de faire plus pour
les territoires qui ont moins. L'évaluation
de ces inégalités, l'appréciation
des systèmes de péréquation
nécessaires sont délicates.
Cette réflexion se fait à
différents niveaux d'échelle
: régionale, nationale, européenne.
En France, le constat des disparités
a d'abord porté sur l'opposition
Paris - province (Gravier J.-F., 1947) ce
qui inspira une politique de décentralisation
industrielle au cours des années
1960 et 1970 principalement. Puis, les besoins
de la conversion s'imposèrent.
Les enjeux d’équité
territoriale se sont reportés depuis
une dizaine d’années sur la
gestion et l’aménagement des
territoires locaux : agglomérations
et pays.
- Sénat - Rapport d'information n°
342 (2003-2004) fait au nom de la Délégation
à l'aménagement du territoire,
le 9 juin 2004 - La péréquation
interrégionale, vers une nouvelle
égalité territoriale
:
www.senat.fr/rap/r03-342/r03-342.html
Mise à jour : juillet 2005 |
Friches
Les friches sont des terrains qui ont
perdu leur fonction, leur vocation, qu’elle
soit initiale ou non : friche urbaine,
friche industrielle, friche commerciale,
friche agricole. Laissées momentanément
à l'abandon, ces surfaces peuvent
fournir l'opportunité de repenser
l' aménagement du territoire,
tant en milieu rural qu'urbain.
En milieu rural, la définition
de la friche est assez ambiguë, polysémique,
variable en fonction des spécialistes.
On peut
s'accorder sur le fait qu'elle désigne
un espace agricole récemment abandonné,
qui a été cultivé.
Il est donc, statistiquement,
sorti de la Surface agricole utilisée
(SAU) et laissé à
la végétation spontanée.
La friche est une situation temporaire
car elle est destinée à
devenir un bois, une forêt, des
landes, etc. ou à être cultivée
à nouveau. Il faut se méfier
des statistiques sur la friche, tantôt
attribuée aux formations forestières,
tantôt à des usages agricoles,
ce qui provoque des biais de lecture et
d'interprétation.
Il arrive que l'on confonde la jachère,
pratique de mise en repos de la terre
pour des raisons biologiques ou économiques
(dans le cadre de la politique de la PAC
par exemple), avec la friche.
La friche est souvent connotée
péjorativement, associée
à des terrains à fortes
contraintes (pente, sol, etc.). L'ouvrage
du journaliste Éric Fottorino,
"la France en friche", publié
en 1989, témoignait d'une forme
de psychose, la nature ayant horreur du
vide. Il existe de fait des visions contrastées
de la friche. Par exemple, pour les agriculteurs,
c'est le symbole de l'abandon, de la désolation,
du renoncement. Pour les écologues,
c'est un milieu aux riches potentialités
biologiques.
En milieu urbain, on
peut distinguer différents types
de friches. Les friches de la périphérie
urbaine, désaffectées par
les activités agricoles, industrielles
ou logistiques (penser aux vastes emprises
de la SNCF), sont en attente d'une utilisation
de type urbain et d'une valorisation sous
l'effet de la pression foncière.
Les friches urbaines en espace bâti,
sont en réserve et en attente de
réaffectation et de projet d'urbanisme
de rénovation
ou de réhabilitation. Ces friches
peuvent résulter de la démolition
d'espaces résidentiels déclassés
ou d'espaces d'activités industrielles
ou commerciales désaffectées.
Des quartiers entiers font l'objet d'opérations
mixtes État, collectivités
et UE par le biais d’établissements
publics en charge des opérations
de réaffectation (portage financier,
maîtrise d’ouvrage, appui
technique, etc). La rénovation
de certaines friches industrielles a pu
se faire en bénéficiant
des fonds structurels de l'Objectif 2
de l'UE. Par exemple, dans ce cadre, en
région Île-de-France , le
ratio des friches industrielles par habitant
sur une zone éligible de 100 000
hab. doit passer de 21,5 ha/hab en 2000
à 16 ha/hab en 2006.
- Voir l'article de Clément Dodane : De la déprise au boisement, les nouvelles forêts ardéchoises
- Sur le site de l'Union nationale des
fédérations d'organismes
Hlm (
www.union-hlm.org
- Union sociale pour l'habitat) : Habitat
et Union européenne - Les fonds
structurels en France et dans votre région
:
www.union-hlm.org/structu/m-europe.nsf/.../?OpenDocument
- Différents articles de Pierre
Dérioz (Université d'Avignon
et des Pays de Vaucluse) :
www.geo.univ-avignon.fr/Site%20Avignon/pages/labo/Ac%20DERIOZ.html
Mise à jour : octobre 2010 |
Frontalier
/ Transfrontalier
À la suite de la signature en 1982,
puis de la ratification, en 1984, de la
Convention-cadre européenne sur la
coopération transfrontalière
des collectivités ou des autorités
territoriales, la France a progressivement
conclu des accords autorisant la coopération
décentralisée transfrontalière :
accord de Rome en 1993, de Bayonne en 1995,
de Karlsruhe en 1996 et franco-belge en
2002.
L'UE, à travers ses objectifs de
cohésion sociale et territoriale,
a encouragé une politique volontariste
de transgression des frontières nationales
du point de vue de la circulation des marchandises
(marché unique), de celle des capitaux
et de la monnaie (zone euro), des réseaux
(transports, énergie, télécommunications)
et des hommes (espace Schengen). Des "Programmes
d'initiative communautaire" (PIC) encouragent
les coopérations transfrontalières.
Ainsi, d'Interreg (Interrégional),
un des programmes de la politique régionale
de l'UE. Créé en 1990, il
est dans sa troisième tranche, Interreg
III (2000 - 2006).
- Le site interministériel de la
Mission opérationnelle transfrontalière
(MOT) :
www.espaces-transfrontaliers.org/indexsite.php
> Les projets transfrontaliers Interreg
III :
www.espaces-transfrontaliers.org/indexsite.php
Mise à jour : juillet 2005
|
Gouvernance
territoriale
Ensemble des processus et des institutions
qui participent à la gestion publique
d'une société ou d'un territoire,
le terme de gouvernance est en usage dans
différents champs des sciences sociales
: sociologie politique, économie
(gouvernance d'entreprise) et économie
du développement, par exemple.
La gouvernance territoriale désigne
un mode de gestion politique locale. Elle
s'appuie sur la mobilisation des ressources
humaines, sur la capacité à
réguler un territoire dans le cadre
d'un système partenarial avec des
acteurs multiples. Elle veille à
ce que les priorités politiques,
sociales et économiques soient fondées
sur un large consensus social et à
ce que les voix des plus démunis
puissent se faire entendre.
C'est un chantier de recherche qui permet
de formuler des questions : Comment les
collectivités locales peuvent-elles
améliorer les conditions de vie de
leurs administrés ? De quelle manière
leur rendent-elles des comptes, quelle transparence
donnent-elles à leurs activités
? De quelle manière la démocratie
locale, l'implication des différents
acteurs, peuvent-elles s'exercer ?
La gouvernance territoriale, qu'elle qu'en
soit l'échelle (État, régions,
départements, communes), peut aussi
renvoyer aux "bonnes pratiques"
de gestion financière accompagnées
de dispositifs d'évaluation efficients.
Dans ce cas la gouvernance territoriale
renvoie essentiellement à une "saine
gestion des affaires publiques". En
France, la loi organique 2001-692 relative
aux lois de finances (LOLF) du 1er août
2001 remplace l'ordonnance du 2 juin 1959
et entrera en application en 2006. La LOLF,
destinée à renforcer les pouvoirs
de contrôle du Parlement sur la dépense
budgétaire, s'efforce d'accompagner
la décentralisation
et la généralisation des pratiques
contractuelles entre l'État et les
collectivités. Un de ses objectifs
est d'améliorer la gestion
publique en introduisant la notion de performance
et en privilégiant une approche de
la dépense en fonction de ses résultats,
mesurés par de nouvelles pratiques
d’évaluation. Le pilotage par
contrats et par objectifs
prend une dimension territoriale dans la
mesure où les collectivités
sont directement responsabilisées.
Ainsi, devraient émerger des compétences
davantage tournées vers les territoires.
Voir :
- en corpus documentaire, Quelles échelles de gouvernance pour quels territoires métropolitains ? L'exemple de la région métropolitaine lyonnaise
Pour compléter :
- l'article "gouvernance" de Patrick
Le Galès in
Dictionnaire de la géographie
et de l'espace des sociétés
- Lévy J. et Lussault M. (dir.),
Belin, 2003
- Par le Ministère de l'économie,
des finances et de l'industrie, une présentation
de la LOLF :
www.minefi.gouv.fr/lolf/index1.html
Mise à jour : mars 2009
|
Habitat
En géographie,
l'habitat peut être défini
comme l'organisation des habitations sur
un espace donné. L'habiter renvoie
à la capacité des acteurs
à organiser leur habitat, aux pratiques
de vie qu'en ont les individus et les groupes
qui l'occupe. La question du logement n'épuise
pas celle de l'habitat mais elle s'y inscrit.
Il y a des habitats sans logement, ceux
des SDF par exemple.
L'habitat est, en France, l'objet de mutations
permanentes et on peut observer des phénomènes
complexes, parfois paradoxaux. Tout d'abord,
l'étalement des zones résidentielles
en périphérie urbaine
et en rural périurbain
traduit un phénomène généralisé
de desserrement. Mais aussi,
parfois, les densifications des centres,
variables selon les types de concentration
urbaine. La situation peut
fortement varier selon la taille des agglomérations,
entre la situation francilienne, les métropoles
régionales et les villes
petites et moyennes.
On observe aussi la désaffection
généralisée à
l'égard des "grands ensembles"
qui font l'objet d'opérations de
démolition parfois spectaculaires
(par exemple : Les
Grandes Bornes à Goussainville, 95
; Le Blanc-Mesnil et La Courneuve, 93 ;
La Duchère en périphérie
nord de Lyon, 69; etc.) au profit de rénovations
et de formules résidentielles de
type lotissement pavillonnaire ou petits
collectifs.
La résidence pavillonnaire est une
forme spécifique de la résidence
individuelle. Elle s'inscrit dans un lotissement,
forme précise d'appropriation et
d'organisation de l'espace, avec une voirie
garantissant une bonne accessibilité
automobile. Ce type de résidence
s'est particulièrement développé
en France alors que d'autres pays développés
ne connaissent pas le même phénomène.
La pavillon est doté d'attributs
emblématiques : la maison en elle-même,
qui condense les valeurs de la vie intime
et familiale, et qui, derrière une
revendication de personnalisation, répond
à des standards précis ; le
jardin, au cœur de l'image et de l'imaginaire
attachés au pavillon ; le rapport
à l'autre, au pavillon voisin, la
délimitation physique de la parcelle
étant une des spécificités
du modèle pavillonnaire français,
si on le compare au modèle nord-américain
par exemple.
Si ce modèle pavillonnaire de l'habiter
continue à exercer une forte attractivité,
il entraîne néanmoins des déséconomies
d'échelle, à la fois pour
ses habitants et pour la collectivité,
qui pourraient poser des problèmes
croissants dans des périodes de moindre
disponibilité en ressources nécessaires
(énergétiques par exemple)
pour le faire fonctionner.
Enfin, les programmes immobiliers "sécurisés"
ont un succès croissant auprès
de certaines catégories de population,
classes moyennes et aisées principalement.
La diffusion de ces nouvelles pratiques
résidentielles pourraient, à
terme, modifier les modes du "vivre
ensemble" en France (F. Madoré*).
Le dispositif de Programme local
de l'habitat (PLH), par
la Loi d'orientation pour
la ville du 13 juillet
1991 était devenu un outil de programmation,
sur cinq ans, articulant aménagement
urbain et politique de l'habitat. Il s'agissait
de favoriser une répartition "équilibrée
et diversifiée" de l'offre de
logement pour éviter les excès
de la ségrégation entre communes
et entre quartiers. La loi de 1991 a été
modifiée par la Loi relative à
la diversité de l’habitat du
21 janvier 1995 puis par l'article 55 de
la Loi solidarité et renouvellement
urbains (SRU, 2000) du 13 décembre
2000 qui a renforcé les obligations
des communes en matière de réalisation
de logements locatifs sociaux. Elle a étendu
le champ géographique du dispositif,
augmentant ainsi le nombre de communes concernées
: il s’applique aux communes de plus
de 3 500 hab. (1 500 en région
Île-de-France ) situées dans
une agglomération de plus de 50 000
hab. comprenant au moins une commune de
plus de 15 000 hab. (définition
de l’INSEE).
Le législateur a par ailleurs adopté
une définition restrictive du logement
social, ce qui se traduit par une diminution
des logements existants pris en compte.
La loi SRU met en place des dispositifs
contraignants pour imposer à certaines
communes un effort de solidarité,
pénalisant celles qui ont moins de
20% de logement social (article 55).
Il s'agit de permettre la réalisation
de logements sociaux dans les secteurs où
leur nombre est insuffisant c'est à
dire inférieur à 20% du nombre
des résidences principales et/ou
le nombre des bénéficiaires
d’aide au logement (allocation logement
et aide personnalisée au logement)
est inférieur à 18%.
Enfin, la loi SRU supprime l'alternative
entre le versement d'une contribution et
l'élaboration d'un PLH.
Le bilan de l'efficacité de ces dispositifs
est à venir.
Voir, dans ce dossier,
>
l'article de François Madoré
: Nouveaux territoires de l'habiter en France
: les enclaves résidentielles fermées.
>
La politique de la ville en France
: Les étapes de la politique de la
ville en France / Aspects de la rénovation
urbaine / Les Zones urbaines sensibles :
quelques indicateurs
Mise à jour : juillet 2005 |
Intercommunalité
(communautés
urbaine, de communes, d’agglomération)
Peu retouché au cours des XIXe
et XXe siècles, le découpage
communal français est le reflet
des anciennes communautés. La commune
y correspond largement à l'ancien
territoire (ou finage)
d'un village, d'une paroisse.
Environ 32 000 communes sur les 36 564 existantes (en 2003
en France métropolitaine)
comptent moins de 2 000 habitants, la
population moyenne des communes est de
1 600 habitants. Ce cadre territorial
traditionnel constitue un obstacle à
la rationalisation et à la modernisation
de l'administration publique au niveau
local. C'est aussi un obstacle à
la mise en œuvre de projets de développement,
les ressources des communes, isolées,
ne suffisant pas à les porter. Aussi les différentes
formes d'incitation à l 'intercommunalité
se sont-elles succédé.
Le Syndicat intercommunal (loi de 1884),
établissement public créé
à l'initiative des communes, est
la forme la plus courante de regroupement
communal, surtout en milieu rural.
Il peut être soit à vocation
unique (SIVU, créés en 1890)
pour une compétence spécialisée,
soit à vocation multiple (SIVOM,
créés en 1959).
Plus récemment,
le mouvement de coopération intercommunale
a été relancé par
la Loi administration territoriale de
la République de 1992. Puis, la
loi Chevènement (12 juillet 1999)
a clarifié les formules de regroupement possibles à travers trois types d'"Établissements
publics de coopération intercommunale"
(EPCI) : communautés de communes,
communautés d'agglomération,
communautés urbaines, les anciennes formules
des districts et des communautés
de villes étant
appelées à disparaître.
Elle impose aussi une taxe professionnelle
unique (TPU) sur tout le territoire des
EPCI. Les districts, ancienne formule
d'intercommunalité (loi du 31 décembre
1978), et les communautés de villes
ont dû se fondre, comme prévu
par la loi, dans ce dispositif, en 2002.
La communauté d'agglomération est donc une innovation de la
loi Chevènement. C'est un EPCI
qui regroupe plusieurs communes formant,
à la date de sa création,
un ensemble de plus de 50 000 habitants
d'un seul tenant et sans enclave autour
d'une ou plusieurs communes - centre de
plus de 15 000 habitants. Ce seuil
ne s'applique pas lorsque la communauté
d'agglomération comprend le chef-lieu
du département.
Les compétences obligatoires de
la communauté d'agglomération
sont au nombre de quatre : développement
économique, aménagement
de l'espace communautaire, urbanisme et
transports (Schéma directeur, ZAC,
transports urbains), équilibre
social de l'habitat et politique de la
ville. La communauté d'agglomération
doit en outre exercer trois des compétences
optionnelles suivantes : voirie, assainissement,
eau, environnement, cadre de vie, équipements
culturels et sportifs (ainsi que les bâtiments
du culte en Alsace-Moselle). Elle perçoit
la TPU et le produit du "versement
transport ". Cette nouvelle formule
connaît un grand succès.
La communauté urbaine
a été instituée par
la loi de 1966 pour gérer les agglomérations.
C'est un EPCI regroupant plusieurs communes,
d'un seul tenant et sans enclave. Douze
communautés urbaines existaient
avant la loi de 1999. Depuis, la loi de
1999 toute nouvelle communauté
urbaine doit comprendre à sa création
au moins 500 000 habitants. C'est la forme
la plus achevée de la coopération
intercommunale. Au 1er janvier 2005, il
y a 14 communautés urbaines : Bordeaux,
Lille, Lyon, Strasbourg, Alençon,
Arras, Brest, Cherbourg, Dunkerque, Le
Creusot-Montceau-les-Mines, Le Mans, Nancy,
Marseille et Nantes.
La communauté de communes
a été créée
par la loi de 1992. Elle exerce de plein
droit, à la place des communes
membres, des compétences obligatoires
relevant de l'aménagement de l'espace
et du développement économique.
Ses compétences optionnelles relèvent
d'au moins un des groupes suivants : environnement,
logement/cadre de vie, voirie, équipements
culturels et sportifs, d'enseignement
préélémentaire et
élémentaire (et les équipements
cultuels en Alsace-Moselle). Elle est
dotée d'une fiscalité propre
et peut instituer une taxe professionnelle
de zone à taux unique sur parties
ou totalité de son territoire,
ou une taxe professionnelle unique. Des
villes importantes ont choisi cette formule
: Marseille, Grenoble, Clermont-Ferrand
par exemple.
Au 1er janvier 2005, 88% des communes
françaises (Métropole +
DOM), soit 32 311, sont membres d'un
EPCI à fiscalité propre,
c'est-à-dire d'une communauté
de communes, d'une communauté d'agglomération,
d'une communauté urbaine ou d'un
syndicat d'agglomération nouvelle.
Elles regroupent 84% de la population
totale, soit 52,2 millions d'habitants.
La couverture du territoire par des structures
intercommunales à fiscalité
propre est donc en passe d'être
achevée. L'intercommunalité
à fiscalité propre s'est
imposée plus lentement en région
Île-de-France et ne représente
encore que 54% de ses habitants (hors
Paris), soit 4,8 millions de personnes,
mais elle poursuit son implantation rapide
et à grande échelle : on
y recense désormais 94 EPCI à
fiscalité propre.
Pour compléter :
- en corpus documentaire de ce dossier : Quelles échelles de gouvernance pour quels territoires métropolitains ? L'exemple de la région métropolitaine lyonnaise
- Ministère de l'intérieur,
Bilan de l'intercommunalité
au 1er janvier 2005 :
www.interieur.gouv.fr/rubriques/c/c6_collectivites_locales/.../2005_02_17_bilan_intercom
et, en .pdf :
www.interieur.gouv.fr/rubriques/c/c6_collectivites_locales/.../dossier_intercom_2005.pdf
- Voir le lexique proposé par la
DIACT : www.diact.gouv.fr
Mise à jour : mars 2009 |
| Local
et localisme
Plus petite échelle d'un axe qui
va jusqu'au global, le local s'est imposé
comme principe d'organisation de la territorialité.
Paré de toutes les vertus, il a inspiré
les contestations du pouvoir central, les
politiques de décentralisation
et les politiques de projet,
selon la formule consacrée "small
is beautiful" ! Il a légitimé
la redéfinition du rôle de
l'État, le "génie local"
valant mieux que l'argent public. Le local
est alors conçu comme un espace de
mobilisation synergique des acteurs qui
doivent "penser globalement mais
agir localement". Projet local,
développement local, échappant
aux lourdeurs hiérarchiques et administratives,
proches des "administrés",
ont tous les gages de la réussite.
Mais l'idéologie du local, le localisme,
poussée à l'extrême,
peut trouver ses limites en favorisant l'isolement,
le repli sur son pré-carré.
Certaines réticences à la
coopération intercommunale
peuvent en être des exemples.
L'expression "collectivité
locale" désigne
officiellement, en France, les institutions
gérant un territoire limité
(commune, département), les "collectivités
territoriales" renvoyant
plutôt à la région et
à des exécutifs élus
au suffrage universel. Dans la pratique,
il y a souvent confusion et fusion entre
les deux dénominations.
Mise à jour : juillet 2005
|
Maillages et
découpages territoriaux
La France est réputée pour
la complexité de ses mailles territoriales,
pour leur superpositions jugées
redondantes. De fait, les découpages
des territoires y sont de nature variée.
Mais ils répondent à des
objectifs qui ne se chevauchent pas toujours
et il convient parfois de relativiser
les discours sur leurs enchevêtrements.
On distinguera donc : les maillages de
nature élective, les circonscriptions
électorales (cantons, circonscriptions
législatives) ; les maillages administratifs,
cadres des actions des pouvoirs publiques,
par exemple, les circonscriptions d’action
sociale (CAS) pilotés par les Conseils
généraux ; les zonages d’intervention
très diversifiés, par exemple
ceux de la Prime d’aménagement
du territoire (PAT), ceux des territoires
de projet.
Le maillage administratif et électoral
en 36 564 communes
de la France métropolitaine est une première strate à
grande échelle. Indéniablement
leur émiettement peut être
un handicap mais le mouvement de l' intercommunalité
change progressivement la donne
et leur administration peut être
un gage de proximité avec les administrés.
Le département, cadre territorial
hérité de la Révolution,
est une collectivité territoriale
siège de l'institution préfectorale
et d'un grand nombre de services extérieurs
des différents ministères
(DDE, DDA, etc).
La division de la France en régions
s'est faite, en 1955 et en 1962, en combinant
plusieurs critères : de taille
(entre 10 000 et 50 000 km²) ; de
cohésion (tradition historique
ou modes de polarisation). La loi du 2
mars 1982 avait fait des régions
des collectivités territoriales.
La loi constitutionnelle du 28 mars 2003,
relative à l'organisation décentralisée de la République, consacre clairement
la région dans son article 72.
Elle devient une collectivité territoriale
de la République au même
titre que la commune et le département.
Ce découpage régional pose
aujourd'hui certains problèmes,
et à l'échelle de l'UE,
les régions françaises peuvent
paraître d'un "poids"
(richesse, démographie) insuffisant.
Le débat se situe entre,
d’une part, la recherche d’un
optimum territorial, qui serait la parfaite
adéquation entre territoire de
vie et territoire de gestion, qu’elle
soit administrative et/ou élective
(Baudelle, 2000), et, d’autre part,
la mise en avant d’une complexité
territoriale, témoin et ferment
de la vitalité des territoires
de projets (Giraut, Vanier, 1999). Le
débat porte plus généralement
sur la réforme des maillages, des
zonages et des circonscriptions, en résumé
des découpages territoriaux qui
semblent se surimposer et poser la question
de leur légitimité, entre
structures administratives, structures
électives et structures de projet,
autour du serpent de mer de la nécessité
d’en supprimer quelques-uns, à
commencer, chez certains auteurs, par
le département (Laurent, 2002).
On cite souvent l'exemple de la division
de la Normandie : la réunification
de la Haute et de la Basse - Normandie
est un thème récurrent mais
elle n'aboutit jamais. La division date
de plusieurs siècles. Mais des
partenariats ont pu voir le jour : un
seul Comité régional du
tourisme (CRT) est basé à
Evreux ; un pôle universitaire normand
évite les doublons des formations
de Rouen, Caen et Le Havre. On remarque
que les élus opposent toujours
davantage de résistances aux unifications
que les populations.
D'autres projets de fusion entre mailles
territoriales sont débattus de
manière récurrente, sans
aboutir : la fusion départementale
entre Savoie et Haute-Savoie, pour constituer
une région Savoie ; la fusion
entre Haute-Corse et Corse du Sud, par
exemple.
Certains maillages du territoire français
peuvent paraître décalés
des nouvelles situations territoriales.
Il en est ainsi, par exemple, des arrondissements,
circonscriptions support des sous-préfectures,
dont la réforme est souvent annoncée,
sans cesse repoussée.
Rappelons par ailleurs
les principes de l'organisation territoriale
de la France dans le cadre de la Nomenclature
des Unités Territoriales Statistiques
(NUTS) de l'UE : les NUTS 1 sont
les ZEAT (Zone d’étude et
d’aménagement du territoire)
; les NUTS 2, les régions ; les
NUTS 3, les départements ; les
NUTS 4, les cantons et les NUTS 5, les
communes.
- Voir, dans ce dossier :
> en corpus documentaire, Quelles échelles de gouvernance pour quels territoires métropolitains ? L'exemple de la région métropolitaine lyonnaise
>
en Géographie vivante
Enchevêtrements des maillages et
action territoriale,
l'exemple de la Meurthe-et-Moselle.
- Le glossaire (entrée Nomenclature
... NUTS) du
dossier "Territoires européens
..."
- Cartes d'aperçu de la NUTS et
des régions statistiques de l'Europe
:
http://europa.eu.int/comm/eurostat/ramon/nuts/home_regions_fr.html
- INSEE Méthodes - Dixièmes
entretiens Jacques Cartier : les découpages
du territoire, n°76-78 - 1998
Mise à jour : juillet 2005 |
Pays
Le pays est une notion ancienne en géographie.
On assisterait de nos jours au "retour
des pays", le pays se définissant
alors comme une catégorie constitutive
de l’imaginaire nationale (Sylvestre,
2002).
Concrètement, les pays font leur
retour en 1975, dans le cadre des Contrats
de pays, définis par
la DATAR, afin d’enrayer le dépérissement
de certaines zones rurales
et de répondre aux besoins de proximité
immédiate. Les récentes
lois d’ aménagement
du territoire (loi Pasqua, 1995,
loi Voynet, 1999) en font une entité
et un outil de dynamisation des territoires.
Cette évolution consacre, d’une
part, l’élargissement des
acteurs institutionnels en matière
d’aménagement et de développement
du territoire et, d’autre part,
la procédure contractuelle qui
ira dorénavant en se généralisant.
Il s’agit d’un pas en avant
décisif de l’État
vers la reconnaissance des pouvoirs de
représentation et de décision
locaux en matière d’aménagement
rural.
L’État entend par "pays",
"un ensemble formé d’une
petite ville (généralement
entre 5 et 15 000 habitants) et sa zone
d’influence géographique,
soit un ou plusieurs cantons". La
constitution d’une association de
communes ou d’un Établissement
public de coopération intercommunale
(EPCI) est un préalable obligatoire.
Trois thèmes d’action sont
privilégiés : l’emploi,
avec la création de zones industrielles,
le sauvetage d’activités
en difficulté et les acquisitions
foncières pour aménager
des zones d’activités ; les
services et équipements collectifs
publics ou privés ; le cadre de
vie avec des opérations en direction
du tourisme, de l’environnement,
et de l’ habitat.
En conclusion, on note que la définition
des pays a évolué au fil
du temps, depuis la politique des Contrats
de pays de 1975. Ainsi observe-t-on la
constitution de pays urbains, ce qui est
différent de la logique de 1975
qui avait institué les pays dans
la suite des Plans d’aménagement
ruraux (1970), pendant des SDAU définis
dans la Loi d’Orientation Foncière
de 1967.
Voir
l'article d'Emmanuelle Bonerandi
: Les pays ont dix
ans ... retour sur expérience.
Mise à jour : juillet 2005 |
Péréquation
Le produit de la fiscalité locale
directe (taxes d'habitation, taxe sur
le foncier bâti et non bâti,
taxe professionnelle) engendre de fortes
inégalités de richesse entre
les communes françaises, estimées,
par une étude du Commissariat au
Plan datée de 2002, à un
rapport de 1 à 12 000 entre la
commune la plus riche et la commune la
plus pauvre, situation sans équivalent
dans l'UE. L'exiguïté du maillage
communal en France en est une raison,
car il limite les effets de lissage et
renforce les effets de discontinuité.
Pour tenter de corriger ces inégalités,
des mécanismes de péréquation
financière différenciée
se sont succédés depuis
les années 1960, partant d'une
réflexion en termes d' équité
et d'égalité territoriales.
La Dotation globale de fonctionnement
(DGF) se compose d'une dotation forfaitaire
et d'une dotation d'aménagement
et elle évolue chaque année
en fonction d'un indice. La Dotation forfaitaire
(DF) a représenté, en 2002,
65% de l'effort financier annuel de l'État
pour la réduction intercommunale
des inégalités et elle est
perçue par chaque commune. La Dotation
d'aménagement regroupe une dotation
au bénéfice des groupements
de communes, une Dotation de solidarité
urbaine et de cohésion sociale
(DSUCS, ex DSU) pour
les villes les plus pauvres
ou Dotation de solidarité rurale (DSR) pour les communes rurales. On peut aussi ajouter l’écrêtement
de la taxe professionnelle pour les communes
les plus riches au profit des communes
les plus pauvres.
Ce système peut sembler opaque.
Par ailleurs, les dotations de l'État
ne comblent qu'un tiers du fossé
entre les communes les plus pauvres et
les plus riches. Après péréquation,
les communes pauvres le restent, les riches
aussi, que ce soit à travers les
services publics ou la fiscalité
locale. La péréquation semblerait
plus favorable aux communes de faible
population qu'aux communes urbaines, selon
l'étude, et son fonctionnement
n'est plus très bien adapté
aux nouvelles réalités territoriales,
l'échelon communal isolé
n'étant plus vraiment pertinent
compte-tenu des dynamiques de l' intercommunalité.
Pour approfondir, dans le corpus documentaire
de ce dossier,
La politique de la ville en France
: Les Zones urbaines sensibles, quelques
indicateurs
Mise à jour : juillet 2005
|
Périurbain
Le terme est parfois imprécis, flou.
On peut s'accorder sur la définition
suivante : tout ce qui entoure la ville-centre
mais qui, fonctionnellement en fait partie
(activités, modes de vie) et qui
est en continuité physique du bâti,
ce qui n'est pas le cas du rurbain.
Le périurbain correspond aux espaces
d'interpénétration ville -
campagne où s'observent des phénomènes
de mitage, de friches.
Les formes d' habitat peuvent
y être diversifiées, par exemple
: collectifs populaires, voire affectés
à des populations délaissées,
souvent qualifiés alors de banlieue
sur un mode péjoratif ; lotissements
pavillonnaires pour des catégories
sociales de condition variée ; espaces
résidentiels des populations aisées,
jusqu'au cas limite des quartiers ou îlots
clôturés ( gated communities).
Le périurbain accueille aussi bon
nombre d'activités, résultat
du desserrement urbain
ou d'implantations ex-nihilo : surfaces
commerciales, centres de recherche, zones
d'activités diverses.
Ces espaces bénéficient d'une
forte dynamique démographique. On
y relève une sur-représentation
des familles avec enfants, une forte dépendance
à l'égard des contraintes
de la mobilité.
Voir, sur Géoconfluences, dans le
dossier De villes en métropoles
:
>
La croissance démographique et spatiale
de métropoles régionales
en France : Toulouse - Bordeaux
> Dans ce dossier :
à Villeneuve-Loubet (Alpes maritimes)
, un exemple d'enclave résidentielle
clôturée en territoire périurbain.
Mise à jour : juillet 2005
|
Planification
Processus qui fixe des objectifs d'aménagement
du territoire à atteindre,
les moyens nécessaires, les étapes
de réalisation, et plus récemment,
les méthodes de suivi et d'évaluation.
La France a pratiqué aux lendemains
de la Deuxième guerre mondiale
une planification incitative.
Au niveau de l'administration centrale,
le Commissariat général
du Plan, créé en 1946 afin
d'accompagner la reconstruction et la
modernisation de la France sous la houlette
d'un État keynésien, s'est
vu progressivement vider de sa substance
décisionnelle pour devenir un lieu
de réflexion à long terme,
de rencontre et d'échange entre
différents acteurs publics, privés,
du monde associatif et syndical. Il doit
être transformé, en 2005,
en un Conseil d'analyse stratégique.
Depuis la loi Rocard du 29 juillet 1982,
la planification accorde une place plus
grande aux régions et elle tient
compte de la décentralisation.
Les présidents des Conseils régionaux
sont membres de droit de la Commission
nationale de planification et peuvent
y faire des propositions. L'harmonisation
entre la planification nationale et la
planification régionale se fait
par le biais des Contrats de plan
État-région (CPER).
En matière urbaine,
on est passé des Schémas
directeurs d'aménagement et d'urbanisme
(SDAU) de 1967 aux Schémas de cohérence
territoriale (SCOT) prévus dans
le cadre de la loi Solidarité et
renouvellement urbain (SRU) de 2000. Le
glissement sémantique traduit le
passage d'intentions directives à
des intentions de mise en cohérence,
vision plus pragmatique de l'aménagement.
Sur le site du Commissariat au Plan (futur
Conseil d'analyse stratégique),
diverses publications (analyses, regards
prospectifs, etc.) :
www.plan.gouv.fr
Mise à jour : juillet 2005 |
Pôles
Les pôles sont des lieux ou localités,
voire des régions, qui, du fait des
activités qui y sont installées,
exercent un effet d'attraction et d'entraînement.
Un pôle de développement favorise
et suscite le développement économique,
la modification des structures de production.
Le concept a été développé
par l'économiste François
Perroux dans le cadre des théories
de la croissance et de la polarisation et
il s'appuie sur les processus de diffusion,
d'impulsion.
La notion de technopôle (nom masculin) est apparue vers 1970, à
l'initiative de la DATAR, comme application
de ces théories. Un technopôle
réunit, sur un site le plus souvent
suburbain, des activités qui ont
en commun de recourir à des technologies
innovantes sur des thématiques communes
(génie génétique et
biotechnologies, informatique, sciences
de la matière par ex.). S'y trouvent
rassemblés des centres universitaires
ou de recherche, des entreprises (souvent
petites ou moyennes, formant "pépinières").
L'objectif est de faciliter les transferts
de technologie, la "fertilisation croisée"
entre tous ces acteurs. En France, les premiers
exemples en ont été le Parc
international d'activités de Valbonne
Sophia-Antipolis (arrière-pays de
Nice - Cannes - Antibes), dont le plan d'aménagement
avait été approuvé
en 1974, la Zone d'innovation et de recherche
scientifique et technique (ZIRST) de Meylan,
près de Grenoble, mais beaucoup d'autres
ont suivi, constituant un temps l’arc
des technopôles de la "sun
belt" française. La nature
et le degré de réussite de
ces technopôles sont variés.
Ils peuvent être restés de
simples pôles sans innervation réelle
dans le tissu régional, leur objectif
de diffusion de l'innovation n'a donc pas
toujours été atteint. Certains
relèvent davantage d'un souci d'image
de modernité, de marketing urbain sans rapport avec les réalités.
En 2005, on dénombre 47 technopôles
réunis au sein de l'Association France
technopoles (FTEI). Sophia-Antipolis, le
pionnier, regroupait, en 2003, sur 2 300
ha : 4 000 chercheurs, 1 276 entreprises
(dont 170 à capitaux étrangers)
générant 26 635 emplois. Les
technologies de l'information y représentent
43% des emplois. Mais on y observe une croissance
plus modérée ces dernières
années, selon une enquête du
Symisa, syndicat rassemblant les acteurs
institutionnels du parc.
Parallèlement, les Centres européens
d'entreprises et d'innovation (CEEI) se
sont développés, à
l'initiative de la Direction des politiques
régionales de l'UE (DG XVI). Depuis
près de quinze ans, les CEEI jouent
un rôle d'appui à la création
d'entreprises innovantes.
Les technopoles (nom féminin),
territoires urbains plus vastes que les
technopôles, résultent également
des volontés locales de dynamiser
les territoires par l'innovation. Depuis
plus de quinze ans, les technopoles entretiennent
dans ce but des partenariats novateurs entre
collectivités, CCI et Universités.
On cite régulièrement l’exemple
de Montpellier ("la surdouée")
comme modèle de technopole.
À ces dispositifs, il faut à
présent ajouter les "pôles
de compétitivité",
décidés par le Comité
interministériel de l’aménagement
et du développement du territoire
(CIADT) du 14 septembre 2004, pour répondre
aux incitations de la "stratégie
de Lisbonne" de l'UE. Le 12 juillet
2005, 67 Pôles de compétitivité
ont été présélectionnés.
Le terme de pôle a aussi été
employé, à propos des pôles
de conversion industrielle,
voir cette entrée du glossaire.
Pour compléter :
- dans le
corpus documentaire de ce dossier, "Les
pôles de compétitivité, nouveaux venus des dynamiques territoriales
en France" (Industrie, recherche et innovation :
de nouvelles dynamiques territoriales)
- L'entrée "recherche et développement"
du glossaire :
Territoires européens : régions,
États, Union (nouvelle fenêtre)
- France Technopoles Entreprises Innovation
(FTEI) :
www.reseauftei.com/consult.php3?id=1
- Site ministériel dédié
à la promotion et au développement
des pôles de compétitivité
:
www.competitivite.gouv.fr
- Journal du CNRS :
> Les grandes vallées technologiques
françaises (juin 2005) :
www2.cnrs.fr/presse/journal/2251.htm
> Opticsvalley en région Île-de-France
(avril 2005) :
www2.cnrs.fr/presse/journal/2096.htm
- Montpellier Méditerranée
Tehnopole :
www.tech-montpellier.com/defaut.php3
Mise à jour : juin 2008 |
Posturbain
Adjectif proposé par F. Choay,
corrélat de "postindustriel",
inspiré aussi du " post
city age" de Melvin Webber relevant
que la ville, au sens
traditionnel de territoire discret et
limité, tendait à disparaître.
Cette évolution résulte,
tout d'abord, de la révolution
technique des communications (transports
mais aussi technologies de l’information
et de la communication). Elle résulte
aussi d'une organisation spatiale de plus
en plus fondée sur une société
de services.
Le terme de "posturbain" pointe
les nouvelles formes d'urbanisation engendrées
par la synergie d'un ensemble d'innovations
techniques et par leur application au
développement des grands réseaux
techniques d'aménagement. Le double
mouvement de dilatation des espaces urbains
et de concentration investissant des périphéries
toujours plus largement irradiées,
signe la fin des entités urbaines
discrètes. Le divorce d 'urbs
et de civitas serait consommé
(Merlin P., Choay F., 2000*).
Pour compléter
:
- le glossaire du dossier
De villes en métropoles
- Merlin P. et Choay
F. - Dictionnaire de l'urbanisme et
de l'aménagement - PUF - 2000
Mise à jour : juillet 2005 |
Projet (territoire
de)
L' aménagement du territoire
a longtemps été concentré
sur des actions structurantes à
pilotage centralisé, ou sur des
actions sectorielles de grande envergure.
Il s'est progressivement réorienté,
à la faveur des politiques de décentralisation
notamment, vers des approches dites "de
projet". Les collectivités
territoriales sont alors placées
au premier rang de la prise de décision
et de l'action.
Les Parcs naturels régionaux (PNR)
en avaient été une première
forme. Les structures intercommunales
de dernière génération
(communautés de communes et communautés
d’agglomération), ainsi que
les pays encouragés
par les lois Pasqua (1995) et Voynet (1999)
une forme plus récente. On considère
ainsi que l’on est passé
d’une intercommunalité de
services (SIVU, SIVOM) à une intercommunalité
de projet.
Les territoires de projet doivent être
mis en relation avec l'évolution
des stratégies de développement
local : la souplesse
opposée à la rigidité
et au centralisme des formes d'organisation
antérieures ; la diversification
des activités sur un territoire
donné à partir de ses ressources
et de ses énergies propres mais
toujours à prendre en compte dans
un système ouvert. Cette notion
exprime l'idée d'une économie
flexible, d'une gouvernance territoriale
réactive, capable de s'adapter
à des données changeantes,
à la différence de grandes
unités et structures.
Mise à jour : juillet 2005
|
Recensements
et statistiques
Le Recensement général de
la population (RGP), réalisé
par l'INSEE, est un outil précieux,
non seulement pour le suivi démographique
et migratoire de la population française,
mais aussi pour le suivi de différentes
pratiques sociales et territoriales (modes
d'habitat, de mobilité, etc.). Le
dernier RGP a été celui de
mars 1999. Mais, compte tenu de la lourdeur
de la procédure, l'INSEE procède
désormais à un recensement
étalé dans le temps. Depuis
janvier 2004, le recensement de la population
résidant en France est annuel. Une
nouvelle méthode de recensement remplace
le comptage traditionnel organisé
tous les huit ou neuf ans. Le recensement
général de la population de
1999 aura été le dernier recensement
concernant toute la population en même
temps. Les communes de moins de 10 000 habitants
réalisent désormais une enquête
de recensement exhaustive tous les cinq
ans, à raison d'un cinquième
des communes chaque année. Les communes
de 10 000 habitants ou plus réalisent
tous les ans une enquête par sondage
auprès d'un échantillon de
8% environ de leur population. Ces nouvelles
procédures ne sont pas sans poser
quelques problèmes concernant la
validité des données statistiques
pour les petites communes : la connaissance
de leurs dynamiques démographiques
peut avoir des enjeux financiers importants.
D'autres sources de statistiques territorialisées
peuvent être signalées : Recensement
g énéral de l'agriculture
(par le SCEEES, Ministère de l’agriculture,
le dernier RGA date de 2000), Inventaire
Communal (INSEE), Enquête Logement
(INSEE), Kompass (annuaire privé
des établissements industriels),
Fichiers des allocataires des minima sociaux
(CAF et MSA), enquêtes SESSI des statistiques
industrielles, etc. Mais l'accès
à certains fichiers est limité
en raison de leur caractère nominatif
et du respect de la loi Informatique et
liberté, du secret statistique pour
les plus petites communes (cf. INSEE) et
du coût des données qui sont
désormais souvent payantes, même
si paradoxalement on trouve nombre de données
communales accessibles en ligne sur le site
de l’INSEE.
- Site de l'INSEE - Le recensement de la
population depuis 2004 :
www.insee.fr/fr/recensement/nouv_recens/vous/bref.htm
- Le Conseil national de l'information statistique
(CNIS) :
www.cnis.fr/index.htm
Mise à jour : juillet 2005 |
Réhabilitation
/ Restauration / Rénovation urbaine
La réhabilitation consiste à
rénover sans détruire, sans
raser, à la différence de
la rénovation. Elle suppose le
respect du caractère architectural
des bâtiments et du quartier concerné.
Il s'agit parfois de "trompe l'œil"
: la façade extérieure respecte
les apparences d'un bâtiment qui
est entièrement restructuré,
réaffecté, à la différence
de la restauration impliquant un retour
à l'état initial.
Souvent coûteuses, les opérations
de réhabilitation bénéficient,
en France, de financements et d'encadrements
dédiés tels que ceux de
l'Agence nationale pour l'amélioration
de l'habitat (ANAH) et autres dispositifs
spécifiques (PACT-ARIM, ZPPAU,
etc.)
La rénovation urbaine
prête souvent à
confusion avec la réhabilitation.
Il s'agit ici, bel et bien, de démolir,
de raser pour reconstruire. La
rénovation urbaine est une opération
lourde qui nécessite une intervention
massive des pouvoirs publics. Cependant,
les rénovations "au bulldozer"
ont parfois laissé la place à
des interventions plus douces et plus
respectueuses du passé. Les grandes
opérations de rénovation
urbaine ont aujourd'hui tendance à
prendre la forme de reconversion ou de
remodelage d'un ou plusieurs îlots
lorsqu'ils concernent les centres des
villes. Dans les quartiers périphériques
dont l'urbanisation date des années
1960 et 1970 en général,
les grandes barres et les tours d'immeubles
sont progressivement détruites.
Le Comité interministériel
à la ville (CIV)
du 14 décembre 1999 a introduit
la notion de renouvellement urbain en
lançant un programme qui comprend
: 50 Grands projets de ville (GPV) pour
des projets de grande ampleur ; 40 Opérations
de renouvellement urbain (ORU) concernant
des sites ou des projets plus modestes
que les GPV, dénommés alors
Grands projets de renouvellement urbain
(GPRU).
Un second CIV, en octobre 2001, ajoute
30 nouvelles ORU à ce programme.
Ces opérations, qui s’inscrivent
dans les Contrats de ville
2000-2006, prennent le relais des Grands
projets urbains (GPU) en y apportant cette
fois la dimension sociale. Les projets
doivent dorénavant intégrer
toutes les composantes de la vie quotidienne
des habitants : emploi, éducation,
santé, droit, etc. et non plus
se contenter d’intervenir sur le
bâti.
Le Programme national de rénovation
urbaine (PNRU), défini par la loi
du 1er août 2003 (loi Borloo), prévoit
de réhabiliter 400 000 logements
locatifs sociaux et d'en démolir
250 000 logements pour la période
2004-2011. Installée en 2004, l'Agence
nationale pour la rénovation urbaine
(ANRU) se présente comme un "guichet"
permettant de simplifier les procédures
d'accès au PNRU.
Ainsi, les démolitions spectaculaires
de barres et d'immeubles de grande hauteur,
rendez-vous médiatiques ritualisés,
se succèdent-elles en France :
Les Grandes Bornes (Goussainville, 95),
Le Blanc-Mesnil et La Courneuve (93),
La Duchère (périphérie
nord de Lyon, 69), par exemple.
Pour compléter, dans le corpus
documentaire du dossier,
>
Lyon-Confluence, un exemple de rénovation
urbaine
>
La politique de la ville en France
: Les étapes de la politique de
la ville en France / Aspects de la rénovation
urbaine
Mise à jour : juillet 2005 |
Renaissance
rurale
Le terme de renaissance rurale correspond
au processus de repeuplement des espaces
ruraux. Ce renversement de tendance s’observe
dans les campagnes de la
plupart des pays industrialisés à
partir des années 1970. Après
des décennies, parfois un siècle,
de déclin démographique, la
courbe de population rurale amorce une remontée.
La reprise démographique des espaces
ruraux français est constatée
lors de la publication des résultats
du recensement de la population
de 1982, en comparaison des résultats
du recensement de 1975. Dès 1976,
le géographe américain Brian
Berry propose l’expression de counterurbanization
pour décrire les processus conjoints
de croissance démographique des zones
non métropolitaines, incluant campagnes
et petites villes, et de
régression démographique ou,
au moins, de stagnation, des grandes villes.
Cependant, la renaissance rurale n’affecte
qu’une partie des espaces ruraux,
à commencer par ceux en situation
de proximité urbaine, le mouvement
correspondant à un déversement
de la population d’origine urbaine
dans les communes rurales. Il se traduit,
dans un premier temps, par un solde migratoire
largement positif (arrivées de population
supérieures aux départs),
puis un solde naturel positif (naissances
supérieures aux décès)
du fait de l’arrivée massive
dans les communes rurales de jeunes couples
en âge d’avoir des enfants,
à la recherche d’un logement
plus spacieux en accession à la propriété
et d’un cadre de vie plus agréable.
La renaissance rurale rejoint donc les phénomènes
de périurbanisation et de rurbanisation,
renforçant la fonction résidentielle
de l’espace rural.
La renaissance rurale touche également
des espaces ruraux plus isolés, suite
à l’arrivée de nouvelles
populations, liée notamment aux migrations
définitives de retraités d’origine
nationale ou étrangère (en
France, le phénomène d’installation
des Britanniques dans les campagnes du Massif
Central, par exemple). La renaissance rurale
entraîne de nombreuses conséquences
structurelles sur les campagnes,
au-delà du seul phénomène
de reprise démographique : réhabilitation
de logements vacants, urbanisation des campagnes
par le développement de nouveaux
lotissements, maintien et/ou création
d’équipements et de services
à la population, développement
de nouvelles associations d’habitants,
changement de composition des conseils municipaux.
La renaissance rurale participe du changement
social et de l’apparition de nouvelles
fonctions productives, davantage tournées
vers le tertiaire. Afin de mesurer au mieux
ce processus dynamique, l’INSEE a
modifié la nomenclature spatiale
des communes en 1996, en distinguant l’espace
à dominante urbaine
(pôles urbains et
communes périurbaines formant les
aires urbaines et communes multipolarisées)
et l’espace à dominante rurale
(rural sous faible influence urbaine, pôles
ruraux, périphérie des pôles
ruraux et rural isolé).
- Bernard Kayser - La renaissance rurale.
Sociologie des campagnes du monde occidental
- Colin- 1990
Mise à jour : juillet 2005 |
Réseau
de villes
L'idée de réseaux urbains
est apparue dans les documents de la DATAR
en 1989, puis à travers une circulaire
ministérielle de 1991. Les réseaux
de villes ont été consacrés
par la loi Pasqua de 1995. Il s'agit d'encourager
des dynamiques et des synergies territoriales
nouvelles. Une charte d'objectifs, qui
peut servir à l'élaboration
des Contrats de plan
État-région ou des Contrats
de ville, précise les
projets d'intérêt national
commun aux villes du réseau que
l'État peut soutenir. Elle affirme
une volonté de solidarité
et de coopération institutionnellement
souple. Les réseaux de ville peuvent
se situer à une échelle
plus vaste que la région et s'intégrer
dans des entités telles que celles
d'Arc atlantique, méditerranéen,
etc.
- Les travaux de Frédéric
Tesson (SET, Université de Pau
et des Pays de l’Adour) :
www.ades.cnrs.fr/article.php3?id_article=41
- Le Club national des réseaux
de villes :
www.reseaux-de-villes.org
Mise à jour : juillet 2005 |
Résidentialisation
La résidentialisation
est un terme d’urbanisme qui désigne
une démarche d'aménagement
destinée à améliorer
l'image d'un quartier et à réduire
le sentiment d'insécurité
et d'abandon. Pour lui donner des dimensions
plus humaines, l'habitat urbain est réorganisé
en petites unités résidentielles
confortables. En fonction des programmes,
diverses options sont envisageables : matérialisation
des limites de la résidence ; aménagement
d'espaces de transition entre l’espace
public, la rue et les parties communes de
l’immeuble ; organisation de stationnements
réservés aux habitants de
la résidence, d'espaces verts, de
jeux pour les enfants, etc.
Pour approfondir, dans le corpus documentaire
de ce dossier :
La politique de la ville en France
: Aspects de la rénovation urbaine
/ Les Zones urbaines sensibles : quelques
indicateurs
Mise à jour : juillet 2005 |
Rural (mutations
des territoires ruraux)
Pour l'INSEE, les espaces
ruraux sont tous ceux qui ne sont ni urbains,
ni périurbains. Tels qu'ils
apparaissent, à l'aube du XXIe siècle,
ces territoires résultent de mutations
qui se sont succédées au cours
des dernières décennies.
Aux lendemains de la Deuxième guerre
mondiale, les campagnes
étaient encore largement organisés
en fonction des activités agricoles.
Leur mutation s'est engagée, à
travers des réformes socio-économiques,
dès les années 1940 et 1950
: réforme des statuts du métayage
et du fermage et création de l'INRA
(1946) ; création, en 1950, de l’Office
national interprofessionnel des céréales
(ONIC), régularisant les prix aux
producteurs par des politiques d'achat et
de stockage ; création de la Société
interprofessionnelle du bétail et
des viandes (SIBEV) en 1954.
Mais c'est surtout à partir des années
1960 que la mutation s'est accélérée.
D'une part, sous l'effet de réformes
nationales. Ainsi, les grandes lois d'orientation
agricoles de 1960 et 1962 avaient pour objectif
d'accroître la productivité
et de moderniser les exploitations en favorisant,
à la fois, l’exode rural et
l’installation des jeunes. Elles ont
donné naissance aux Sociétés
d'aménagement foncier et d'établissement
rural (SAFER, articles L141-1 et R141-1
et suivants du code rural) chargées
d'agir sur les structures agricoles et sur
l’aménagement foncier rural
en régulant les flux d'achat et de
vente des terres.
Parallèlement, la Communauté
européenne, cinq ans après
la signature des Traités de Rome,
décida, en 1962, une Politique agricole
commune (PAC). Il s'agissait alors, non
seulement de relever le défi de l'autosuffisance
alimentaire, mais de partir à la
conquête de marchés mondiaux.
Le monde agricole s'est donc engagé,
le plus souvent, dans la voie de la productivité.
La concentration progressive des terres
sur un plus petit nombre d'exploitations
et le déclin démographique
des agriculteurs (Henri Mendras, La
fin des paysans, 1967), l'évolution
des techniques agricoles, avec, entre autres,
le développement de la mécanisation
et la nécessité croissante
d'irriguer, ont justifié des politiques
d' aménagement rural
global. Ces dernières se sont imposées,
au cours des années 1960, prenant
aussi en compte le développement
des activités non agricoles (tourisme,
industrie en milieu rural) afin de limiter
la désertification, l'exode rural,
et de maintenir la continuité territoriale
des services publics. De grandes opérations
d'aménagement ont été
engagées ou poursuivies, par exemple :
les aménagements hydrauliques du
Rhône, de la Provence, du Bas Rhône-Languedoc
; les aménagements régionaux
de la Corse, du Grand Sud-Ouest.
En 1967, un Fonds national de rénovation
rurale (devenu en 1979, le Fonds d'intervention
pour le développement et l'aménagement
rural - FIDAR) permettait d'engager des
opérations de rénovation et
de conversion rurale dans
des régions comme la Bretagne, le
Massif Central. Ces opérations reposaient
sur l'aménagement foncier : remembrement,
réalisation d'infrastructures (le
Plan routier breton, par exemple). En 1970,
l’État met en place les Plans
d’aménagement rural.
À partir de 1976, les Contrats
de pays engageaient l'aide de l'État
pour mener à bien diverses opérations
de revitalisation rurale. La procédure
a été régionalisée,
puis décentralisée
à partir de 1983 (Charte intercommunale
d’aménagement et de développement).
En 1995, la loi Pasqua
relance la notion de pays
et le FIDAR fusionne au sein du Fonds
national d'aménagement et de développement
du territoire (FNADT). La définition
et les modes d'élaboration des pays
seront précisés par la
loi Voynet de 1999. En 1996, des
Zones de revitalisation rurale (ZRR) et
les Territoires ruraux de développement
prioritaire (TRDP) incitent au développement
par le biais de mesures fiscales et de l'aide
à l'investissement dans les résidences
de tourisme. Ces ZRR concernent 40% du territoire
français, 4,5 millions d'habitants
( recensement de 1999).
L'aménagement rural a pu aussi bénéficier
des dynamiques de l' intercommunalité.
Au début du XXIe siècle, quel
bilan peut-on faire des mutations des territoires
ruraux ? Le monde agricole, une de ses composantes
essentielles jusqu'à nos jours, s'est
rapidement modernisé mais doit revoir
son modèle sous l'effet de différentes
contraintes. Environnementales
d'une part. La gestion de l'eau et de l'air
cristallisent tout particulièrement
les enjeux. Économiques, financières
d'autre part. L'UE s'interroge, à
plus ou moins court terme, sur son "modèle
agricole" : hésitation entre
la poursuite du soutien des prix agricoles
ou une redistribution des aides en faveur
du développement rural global) et
d'autres financements, qui pourraient devenir
prioritaires, entrent en concurrence avec
le financement de la PAC. Ensuite l'UE,
comme d'autres producteurs des pays développés,
est invitée à revoir sa politique
agricole par une coalition de pays en développement
(négociations du cycle de Doha dans
le cadre de l'OMC). La question se pose
donc de définir le rôle de
l'agriculture, des agriculteurs dans le
monde rural. Pourrait-il y avoir "des
pays sans paysans"
selon une formule de la FNSEA ? Les accords
européens de Luxembourg de 2003 prévoient,
pour la période 2005 - 2007, le découplage
entre les aides d'une part, les volumes
produits et les surfaces d'autre part, sous
condition du respect de règles agro-environnementales
de développement durable.
Une première étape vers une
réforme en profondeur de la PAC qui
ne sera pas sans effet sur les territoires
ruraux.
Le découplage entre monde rural et
monde agricole s'est accentué. En
2003, on dénombrait, en France, 589 000
chefs d'exploitation en activité,
ils étaient 2,3 millions en 1955.
Les actifs agricoles représentent
3,5% de la population active française,
soit un peu moins d'1 million de personnes.
Les agriculteurs, deviennent largement minoritaires
dans les campagnes française, ne
représentant plus que 12% des ruraux.
Mais les statistiques montrent que les tendances
au déclin démographique du
monde rural sont souvent enrayées,
voire inversées. Depuis
1975, la population rurale a cessé
de reculer en chiffres absolus. Les
résultats du premier recensement
"en continu" de l'INSEE, en 2005,
montrent que des régions autrefois
emblématiques de l'exode rural, l'Auvergne
et le Limousin, commencent à regagner
de la population. Mais c'est souvent sous
l'effet de la rurbanisation,
de l'arrivée de citadins en mal de
campagne, voire d'investissements étrangers
(actifs ou retraités d'autres pays
de l'UE). Reste ce que l'on appelle parfois
le "rural profond", ces espaces
en marge des grandes infrastructures, frappés
par la déprise, fortement
déstabilisés par les fermetures
des services des secteurs marchand ou non
marchand.
Le 23 février 2005, une Loi relative
au développement des territoires
ruraux a été promulguée.
Elle vise à adapter les modes d’intervention
de l’État aux évolutions
récentes du monde rural en prenant
en compte la diversité des situations,
des campagnes traditionnelles à dominante
agricole et à faible peuplement jusqu’aux
zones périurbaines à dominante
résidentielle. Pour renforcer l’attractivité
des territoires ruraux, trois grand axes
sont privilégiés : encouragement
à l’emploi, relance du logement
et amélioration des services au public.
Des dispositions particulières sont
prévues pour la préservation
et la mise en valeur d’espaces spécifiques
: zones de montagne, forêts, zones
humides, espaces périurbains. Des
dispositions concernent également
la chasse.
Voir
:
- Clément Dodane : Les nouvelles forêts françaises. L'exemple ardéchois
-
Emmanuelle Bonerandi :
Les pays, de nouvelles
structures de développement territorial.
Retour sur expérience.
- À partir de Vie Publique, les documents
relatifs à la Loi relative au développement
des territoires ruraux :
www.vie-publique.fr/actualite/.../loi-relative-au-developpement-territoires-ruraux.html
- Les SAFER :
www.safer.fr
- Divers données statistiques sur
le monde rural à partir du portail
de l'INSEE :
www.insee.fr/fr/home/home_page.asp
- À propos des Zones de revitalisation
rurale (ZRR) :
>
www.carrefourlocal.org/vie_locale/cas_pratiques/finances/avantages.html
>
www.projetdeterrit
oire.com/spip/article.php3?id_article=1035
- À l'échelle de l'UE, l'exemple
du projet Rural Innova déposé
par la Région Limousin en mai 2004
dans le cadre du 3ème appel à
projet du programme européen de coopération
interrégionale Intereg III C :
www.cr-limousin.fr/article.php3?id_article=432
Mise à jour : juillet 2005 |
Rurbanisation
Néologisme, que certains jugent peu
élégant, qui désigne
le processus d'urbanisation rampante de
l'espace rural, d'imbrication
des espaces ruraux et des zones urbanisées.
La rurbanisation doit être distinguée
de la périurbanisation
(ou suburbanisation) qui suppose la continuité
physique de l'espace bâti aux franges
des villes et des agglomérations.
La rurbanisation peut se développer
à distance, parfois importante, de
ces dernières.
La rurbanisation s'organise autour des noyaux
de l' habitat rural, et
on observe des discontinuités de
l'espace bâti. L'habitat nouveau,
en lotissements pavillonaires, se développe
parfois à l'écart du bourg
initial. Ce nouveau mode d'habitat est lié
à différents phénomènes
: la quête mythique de " campagne"
et d'habitat individuel, la généralisation
du recours à l'automobile, et enfin,
de plus en plus, le coût des logements
devenu prohibitif, pour un grand nombre
de ménages, dans les localisations
de meilleure centralité,
La rurbanisation pose certains problèmes
parmi lesquels : le mitage des espaces dits
"naturels" ou agricoles ; la consommation
énergétique ; les déséconomies
d'échelle (coût des dessertes,
des infrastructures de réseau, du
maintien des services publics) ; les tensions,
les incompréhensions qui peuvent
apparaître entre "néoruraux"
et ruraux d'origine.
Pour compléter :
- un
article de Paul et Xavier Arnould
, Énergie éolienne : le
retard et le retour, un exemple de
jeu d'acteurs autour de questions d'aménagement
rural (en nouvelle fenêtre).
Mise à jour : juillet 2005
|
Schéma de cohérence territoriale (SCOT)
La loi sur la solidarité et le renouvellement urbain (loi SRU) du 13/12/2000 a prévu la mise en place, à partir du 1er janvier 2002, de Schémas de cohérence territoriale (SCOT) pour succéder aux Schémas directeurs (SD) à l'échelle des agglomérations. Les élus y définissent l'évolution de l'agglomération et les priorités en matière d'habitat, de commerce, de zones d'activité, de transports alors que les SD portaient essentiellement sur la destination des sols sans prendre en compte les autres politiques au niveau de l'agglomération (urbanisme, logement, déplacement).
Par ailleurs, les SCOT sont soumis à enquête publique avant approbation et font l'objet d'un examen périodique. Leur élaboration et leur révision sont simplifiées.
Pour compléter, sur site ministériel, la démarche "SCOT-témoins", une démarche d’observation et de suivi de sites jugés représentatifs de la diversité des contextes locaux et des problématiques qui sont au cœur de l’élaboration des SCOT (capitalisation et diffusion des pratiques, des savoir-faire et des expériences). On y trouvera également une carte mise à jour de l'avancement des SCOT.
www2.urbanisme.equipement.gouv.fr/actu/default.htm et
www2.urbanisme.equipement.gouv.fr/actu/scot/pdf/Scot2008.pdf
Mise à jour : juillet 2005 |
Systèmes
productifs locaux (SPL)
La notion de Système productif
local (SPL ou aussi Système local
de production) dérive des travaux
consacrés aux districts industriels
d'A. Marshall ( Principes d'économie
politique - 1890) et de ses successeurs.
Un SPL est une concentration, sur un territoire
géographiquement délimité,
d'unités productives de type PME-PMI,
spécialisées dans un secteur
d'activité, autour d'un métier
ou d'un type de produit, à la fois
concurrentes et complémentaires,
appuyées sur des structures d'animation,
des dispositifs de formation, en association
avec les autres acteurs du territoire.
Si elles ont une "communauté
de destin", l'intensité des
liens entre ces unités est néanmoins
variable. De telles logiques territoriales
permettent de dégager des économies
externes, des économies d'agglomération
et, bien souvent, de s'ouvrir plus facilement
aux marchés extérieurs,
car elles offrent aux entreprises une
taille critique suffisante pour envisager
le partage de services de tertiaire industriel
(R&D, marketing, communication, etc).
Il existe différentes variantes
de ces formes territoriales de développement
économique, la plus commune étant
le district industriel.
D'autres dynamiques s'appuient davantage
sur l'innovation technologique et scientifique
comme les "grappes" technologiques (ou clusters) qui désignent une concentration géographique d’activités relevant d’un même secteur ou d’une même filière, ayant développé des liens de coopération et/ou de complémentarité entre elles. Selon l’économiste américain Michael Porter, cette forme d’organisation du système productif est plus efficace, plus compétitive et donne de ce fait un avantage compétitif aux villes et aux régions dans lesquelles elle se développe. Concrètement, un cluster peut regrouper des centres de recherche publics et/ou privés, des entreprises de tailles variées unies par des intérêts communs : moyens logistiques, brevets de fabrication, veille technologique et stratégies de promotion et d'expansion. Les pouvoirs publics sont associés à des degrés variables.
Leur spécialisation,
qui fait la force des SPL, peut être
aussi source de fragilité. Certaines
situations mono-industrielles peuvent
être vulnérables, plus particulièrement
touchées par les mécanismes
des délocalisations.
Certains
de ces territoires ont pu être éligibles
à la nouvelle politique des " Pôles
de compétitivité".
Pour compléter,
pour prolonger :
- dans le
corpus documentaire de ce dossier, "Industrie,
recherche et innovation, de nouvelles
dynamiques territoriales
: pôles de compétitivité,
systèmes productifs locaux, bassins
et districts industriels.
Mise à jour : juillet 2005 |
Territoires,
territorialisation, territorialité
Le territoire est un espace délimité,
approprié par un individu, une
communauté, sur lequel peut s'exercer
l'autorité d'un État, d'une
collectivité. L'appropriation peut
être juridique et économique
(la propriété) ou symbolique
(le sentiment d'appartenance, de connivence).
La notion de territoire implique, en principe,
l'existence de limites précises.
Mais, dans certaines de ses acceptions,
symboliques ou fonctionnelles, le territoire
peut avoir des limites plus floues ou
peut correspondre à une organisation
réticulaire : territoires
de la mobilité, de l'appartenance
communautaire (les diasporas), territoires
virtuels par exemple.
La territorialité exprime, outre
un contenu juridique d'appropriation,
un sentiment d'appartenance et un mode
de comportement au sein d'une entité,
qu'elle qu'en soit l'étendue, quel
que soit le groupe social qui le gère.
Mise à jour : juillet 2005 |
Terroir
Terroir et finage ont longtemps constitué
deux des mots pivots de la géographie
rurale. Le terroir est
un territoire dont les
caractères physiques et l'aménagement
agricole sont homogènes et distincts
de ceux des territoires voisins. D'abord
utilisé au sens de " pays"
et de territoire, le terroir désigne
aujourd'hui la combinaison entre milieu
local et savoir-faire qui donnent ses spécificités
à une production, en général
alimentaire. Le terroir est devenu un véritable
objet "marketing", placé
au centre des publicités de certains
produits, précisément dénommés
"produits de terroir". Autant
que de qualités gustatives, c'est
d'image qu'il s'agit et de valorisation
de la typicité.
Pour prolonger :
- Dans le corpus documentaire
de ce dossier,
Les produits de terroir : entre typicité
et intensification
(l’exemple des fromages des Alpes
du Nord)
- Parmi les brèves,
Un vignoble en crise : la viticulture française
et marché mondial du vin
- À travers les pages d'un dossier : Le vin entre sociétés, marchés et territoires
Mise à jour : juillet 2005 |
Tourisme, loisirs
et territoires
Le tourisme, qu'il
soit national ou international, participe
au développement de nombreux territoires
en France qui vivent, dans des proportions
variables, du tourisme, mais aussi, des
loisirs. La définition du touriste,
selon les normes internationales retenues
par la commission statistique de l’ONU,
englobe toute personne voyageant hors
de son domicile habituel pour au moins
une nuit et au plus un an. Le motif du
voyage n'importe pas : affaires, vacances,
santé, ... Les loisirs, par contre,
ont des temporalités différentes
: journée, soirée par exemple.
Rappelons que le seul tourisme international
(toute personne résidant habituellement
dans un autre pays et passant au moins
une nuit en France) pèse beaucoup
dans l'économie française.
C'est, en 2003, le pays le plus visité
au monde avec 75 millions de touristes,
mais il n'est que troisième par
les recettes (37 milliards d'USD, derrière
l'Espagne et les États-Unis).
Du point de vue du tourisme et des loisirs
domestiques, d'après
une étude réalisée
pour le compte de l'Agence française
de l'ingéniérie touristique
(AFIT) et d'autres commanditaires, 44%
des Français se sont rendus dans
un parc de loisirs entre novembre 2002
et novembre 2003 dont, près du
1/4, dans des parcs d'attractions ou des
parcs animaliers, 1/5e dans des parcs
à thème ou des parcs aquatiques.
Sur un total de 44 millions d'entrées,
environ le 1/4 sont des visiteurs étrangers
dont 7 millions se rendent à Disneyland-Paris.
Les formes d’inscription spatiale
des activités touristiques et de
loisirs sont diverses. Diffuses dans le
cas des espaces à dominante rurale
(tourisme vert du Gers). Zonales pour
les parcs nationaux ou les parcs naturels
régionaux. Ponctuelles pour les
Center Parcs en Sologne ou Normandie,
les parcs-aventures en développement,
les parcs à thème (Vulcania,
Le Puy du Fou, Disney Parc de Marne-la-Vallée,
etc. ). Réticulaires dans le cas
des villages de vacances (Club méditerranée
ou autres).
La nature des parcs à thème
est très variée : de loisirs,
d'attraction, aquatiques, animaliers,
patrimoniaux (écomusées,
patrimoine industriel ou minier), les
dénominations varient. Ils ont
des points communs : ce sont des lieux
clos, d'accès payant (ce qui les
différencie des parcs naturels,
en France du moins), proposant un certain
nombre d'activités récréatives.
Tous sont des territoires aménagés
dont l'intégration peut être
poussée (Disneyland Paris propose
aussi des hébergements par exemple),
régulés en permanence.
Certains de ces Parcs se trouvent en difficulté
en 2005 : Vulcania en Auvergne, Cap'Découverte
dans le Tarn par exemple. Les collectivités
locales et territoriales qui s'engagent
dans ce type d'aventures, particulièrement
en région rurale trop éloignée
des grandes agglomérations, peuvent
éprouver des difficultés
à apporter les investissements
nécessaires au maintien de l'attractivité
du projet. Les zones de chalandise du
parc peuvent être trop locales,
trop étroites pour que l'opération
soit profitable.
Pour quelques visites virtuelles et pour
compléter :
- Cap'Découverte :
www.capdecouverte.com
- Disneyland Paris :
www.disneylandparis.com/fr/introduction.htm
- Futuroscope :
www.futuroscope.com
- Parc des oiseaux (Dombes) :
www.parc-des-oiseaux.com
- Puy du Fou :
www.puydufou.com
- Vulcania :
www.vulcania.com
- Grands sites archéologiques en
France :
www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/fr
- Agence française de l'ingéniérie
touristique :
www.afit-tourisme.fr
- Sites ministériels :
> Des données diverses :
www.tourisme.gouv.fr/fr/z2/stat/chiffres/chiffres_cles.jsp
> Veille Info tourisme :
www.veilleinfotourisme.fr
- L'Organisation mondiale du tourisme
(OMT) :
www.world-tourism.org/francais/index.htm
Mise à jour : juillet 2005 |
Union européenne
et développement régional
Les régions, à l'échelle
européenne, qu'elles soient de
nature fonctionnelle ou administrative,
ont des niveaux de développement
et de richesse différents. Un des
objectifs de l'Europe communautaire, dès
ses origines (Traités de Rome),
était de combattre ces inégalités
entre territoires à partir d'une
Politique structurelle de cohésion
économique et sociale (PCES). À
côté
de la Politique agricole commune (PAC),
les Fonds structurels et le Fonds de cohésion se sont efforcés de réduire les écarts
de développement participant ainsi
à l'objectif de cohésion.
Certains types de Fonds structurels étaient
affectés au développement
territorial : le Fonds européen de développement
régional (FEDER) soutenait la
réalisation d'infrastructures,
des investissements productifs créateurs
d'emplois notamment à destination
des entreprises et des projets de développement
local ; le Fonds européen d'orientation
et de garantie agricole (FEOGA), disposait
d'une section "orientation"
soutenant des actions de développement
rural et d'aide aux agriculteurs
implantés dans les régions
en retard de développement.
L'élargissement progressif du territoire de l'UE a nécessité des adaptations régulières de la politique de cohésion économique et sociale qui a dû être assez profondément remaniée pour faire face à l'arrivée de 12 nouveaux membres entre 2004 et 2007. Afin d'améliorer l'efficacité
des interventions communautaires au cours
de la période 2000-2006, l'Agenda
2000 de la Commission avait déjà initié
une réforme importante de la politique
structurelle et de ses zonages pour renforcer la
concentration des aides et pour simplifier
leur procédure d'attribution et
de gestion en réduisant les objectifs
prioritaires d'intervention.
Pour la période 2007-2013 une nouvelle politique de cohésion sociale a inspiré les choix budgétaires et financiers de l'UE et les modalités d'attribution des fonds structurels ont été redéfinies.
Quatre Programmes d'initiative communautaire (PIC) répondaient à des priorités
définies par la Commission : Equal pour l'égalité des chances et lutte contre les
discriminations ; Urban pour le développement urbain ; Leader pour le développement rural ; Interreg pour la coopération territoriale. Ils ont "disparu" en tant que tels et ont été redistribués.
Les programmes d'initiative nationale étaient des actions nationales et régionales financées par les fonds
structurels répondant à des Objectifs (1, 2 ou 3) ont été ainsi réorganisés :
- l'"Objectif Convergence" s’apparente à
l’ancien Objectif 1. Pour la France, il ne concerne plus que les Collectivités d’Outre Mer.
- l'"Objectif Compétitivité régionale et emploi" s’apparente aux anciens Objectif 2 et 3 et aux priorités de l’ancien
PIC Equal.
Il est destiné à promouvoir le changement économique de certaines zones prioritaires (programmes régionaux) et l’emploi
(programmes nationaux).
L'ensemble du territoire français est concerné par cet objectif. La Corse et le Hainaut bénéficieront de mesures complémentaires pour compenser leur sortie de l'objectif "Convergence" en raison de l' "effet statistique" car ces territoires bénéficiaient pendant la période 2000-2006 des fonds de l'objectif 1.
- l'"Objectif Coopération territoriale européenne" reprend le PIC Interreg.
Il est destiné à promouvoir : la coopération transfrontalière le long des frontières terrestres et maritimes ; la coopération transnationale sur des priorités stratégiques (recherche, société de l'information et environnement, etc) et la coopération interrégionale permettant aux régions de continuer à coopérer en réseau à l'échelle européenne.
La France, après avoir bénéficié de 16 milliards d'euros dans la programmation 2000-2006, devrait en recevoir encore 12,75 milliards dans la programmation 2007-2013, dont 3 milliards pour les DOM mais selon des conditions d'éligibilité différentes, moins fondées sur le zonage territorial que sur la nature des aides.
Jusqu'en 2000, les fonds structurels avaient bénéficié surtout aux régions rurales en déclin et aux régions industrielles en reconversion. La programmation 2000-2006 avait élargi les fonds aux zones en difficultés structurelles, y compris aux zones urbaines, de telle sorte que toutes les régions, y compris les plus riches, étaient éligibles. Ce mouvement va être amplifié puisque 75% des fonds structurels devraient être ciblés sur l'économie de la connaissance, l'innovation, la recherche ... ce qui profitera plus aux régions riches qu'aux régions rurales déjà pénalisées par la baisse des aides au développement rural. Cette évolution modifie la vision traditionnelle de solidarité entre territoires au cœur de la politique de cohésion européenne depuis 1988 ... une révolution "douce" ?
Enfin, la
France, recevant moins de fonds structurels, pourrait être tentée de ne pas céder sur ce qu'elle reçoit par le biais de
la PAC.
Pour compléter, sur Géoconfluences, dans le dossier "Territoires européens : régions, États, Union" (nouvelles fenêtres) :
- Un article d' Agnès Bénassy-Quéré, Quelle Europe des régions ?
- en corpus documentaire : La nouvelle politique de cohésion sociale de l'UE (2007 - 2013)
Autres ressources en ligne :
- Inforégion, la politique régionale
dans l'UE :
http://europa.eu.int/comm/regional_policy/index_fr.htm
- Atlas des fonds de cohésion : http://ec.europa.eu/regional_policy/index_fr.htm et
http://ec.europa.eu/regional_policy/atlas2007/fiche/fr_fr.pdf
- Toute l'Europe : www.touteleurope.fr/fr/.../regions/programmes-2007-2013.html
Mise à jour : juillet 2005 |
Urbanisme
et planification urbaine
C'est au cours des années 1960 et
1970 que furent engagées des politiques
de planification urbaine de grande ampleur.
Elles ont donné naissance, par exemple,
aux Zones d'aménagement concerté
(ZAC, 1967), aux Schémas directeurs
d'aménagement et d'urbanisme (SDAU,
1969), aux Plans d'occupation des sols (POS,
1970). C'est aussi en 1965 qu'était
lancée une politique de desserrement
des grandes concentrations urbaines autour
de neuf villes nouvelles
(dont cinq en Ile-de-France), à partir
du Schéma directeur d'aménagement
et d'urbanisme de la région parisienne
(Sdaurp) et des travaux des Oream (Organismes
Régionaux d’Étude des
Aires Métropolitaines).
À partir de 1983, les lois de décentralisation
ont eu des conséquences sur l'urbanisme,
les communes étant désormais
libres et responsables de leurs politiques.
Mais l'adoption de Schémas directeurs
(qui remplacent les SDAU) s'est raréfiée
et, afin de garantir une harmonisation minimum
entre politiques d'aménagement, les
Directives territoriales d'aménagement
(DTA, loi Pasqua de 1995) se sont imposées
aux documents d'urbanisme tels que les POS,
puis les PLU.
La décentralisation a ses vertus
: meilleure proximité avec les élus
et les citoyens, meilleures réactivités.
Mais elle a aussi ses effets pervers, encourageant
une pratique dévoyée des POS.
Lorsque le Conseil municipal définit
au départ un POS peu contraignant,
il est ensuite aisé de le faire évoluer
au fil des opérations souhaitées,
au gré des sollicitations de promoteurs,
des rendez-vous électoraux, sans
stabilité, sans règles durables
ni vision urbanistique globale et sur la
durée. Aussi, la loi "Solidarité
et renouvellement urbains" (SRU, 2000)
prévoit le remplacement du Schéma
directeur par un Schéma de cohérence
territoriale (SCOT) et celui du POS par
un Plan local d'urbanisme (PLU) de portée
plus large.
Le Schéma de cohérence
territoriale (SCOT) est un
document d'urbanisme aux objectifs plus
larges que le Schéma directeur avec
la prise en compte des politiques du logement,
de transport et d'équipement commercial.
Les autres plans d'urbanisme (les PLU, les
Plans de déplacement urbain, PDU
par exemple) doivent être mis en conformité
avec les SCOT. Le SCOT est élaboré
par un Établissement public de coopération
intercommunale (EPCI) ou par un syndicat
mixte. Les services de l'État sont
associés à son élaboration.
Il est approuvé après enquête
publique.
Le Plan local d'urbanisme (PLU)
est un document
appelé à remplacer le Plan
d'occupation des sols (POS). C'est un projet
de développement dont l'objet est
plus large que celui du POS. Il doit être
un cadre de cohérence des différentes
actions d'aménagement du territoire
: développement urbain, préservation
des espaces naturels et des paysages, mixité
urbaine et sociale, maîtrise et gestion
des déplacements, des nuisances sonores,
maîtrise environnementale (qualité
de l'air, de l'eau, etc.).
Le PLU doit être compatible, s'il
y a lieu, avec : le SCOT ; la Charte de
Parc naturel régional ; le Plan de
déplacements urbains (PDU) ; le Programme
local de l'habitat (PLH)
; les Directives territoriales d'aménagement
(DTA) ; les lois "montagne" ou
"littoral" ; le Schéma
de mise en valeur de la mer. Il couvre l'intégralité
du territoire communal ou de l'intercommunalité.
Il est élaboré par la commune
ou, de plus en plus, l'intercommunalité.
Pour prolonger :
- L’Euro 2016, révélateur des enjeux de l’aménagement des
grands
stades en France (Stéphane Merle)
- en corpus documentaire, Les grands stades et l'aménagement du territoire, deux études de cas :
Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne, un stade rénové sur fonds publics / OL Land à Lyon, un stade ex nihilo sur fonds privés
- en corpus documentaire : Quelles échelles de gouvernance pour quels territoires métropolitains ? L'exemple de la région métropolitaine lyonnaise
-
l'entrée "mobilités urbaines"
du glossaire
Mobilités, flux et transports
(nouvelle fenêtre)
Mise à jour : nov. 2011 |
Ville / Politique
de la ville
Dans les années
1980, une succession d'émeutes
urbaines (Lyon, Paris, Marseille, Avignon)
révélaient le mal-être
de certains quartiers, de certaines banlieues.
Ces territoires coïncidaient souvent
avec ceux des "grands ensembles"
(barres, immeubles) tels qu'ils s'étaient
développés au cours des
années 1950 et 1960 (dans le cadre
des ZUP par exemple). Il s'agissait alors
de traiter une situation d'urgence. Mais
ces grands ensembles se sont par la suite
dégradés et ont fini par
concentrer les populations en difficulté
(étrangers, groupes socialement
défavorisés, familles mono-parentales,
etc.), en raison du départ des
catégories moyennes assurant, à
l'origine, une certaine mixité
sociale. Ainsi se sont constitués
autant de cercles vicieux de plus en plus
difficiles à briser. Depuis lors,
différentes politiques se sont
succédées, avec des succès
inégaux, certainement insuffisantes
pour résoudre l'ensemble des problèmes
socio-économiques (fort taux de
chômage, faiblesse de l’offre
en emplois) rencontrés.
Dès 1972 des opérations
"Habitat et vie
sociale", directement pilotées
par l'État, avaient été
expérimentées puis généralisées
en 1977. Les premières démolitions
d'immeubles ont suivi les émeutes
des Minguettes à Vénissieux
en 1981. Entre 1983 et 1989, un Fonds
social urbain (FSU) a permis d'améliorer
l'image de certaines banlieues en les
aménageant (Orly par exemple) et
la politique de Développement social
des quartiers (DSQ) a concerné
148 quartiers. Le Ministère de
la ville est créé en 1990.
À partir de 1994, les Grands projets
urbains (GPU) concentraient les actions
sur treize sites particulièrement
difficiles (quartiers nord de Marseille,
le Val Fourré à Mantes,
les friches industrielles
de la plaine Saint-Denis, Roubaix-Tourcoing,
Dreux, etc.). Le Pacte de relance pour
la ville (PRV) de 1996 prend le relais
de la Loi d'orientation sur la ville (LOV)
de 1991, dont la mise en œuvre avait
avorté, en adoptant ses grands
principes : le souci d'assurer la mixité
de l'habitat dans les différents
quartiers de l'agglomération et
de répondre à la question
foncière.
Le Comité interministériel
des villes (CIV) de décembre 1999
lance les Grands projets de ville (GPV)
destinés à intervenir sur
des secteurs urbains dont le degré
de disqualification et de dégradation
urbaine, mais aussi sociale et économique,
ne peuvent être résolus par
les seules "procédures classiques
de la politique de la ville".
La Loi relative à la Solidarité
et au renouvellement urbain (SRU, 13 décembre
2000) actualise
les dispositions de la Loi d'orientation
foncière de décembre 1967
en y introduisant de nouveaux outils d'aménagement.
Elle reprend et précise par ailleurs
les dispositions de la Loi d'orientation
sur la ville (LOV, 1991), notamment en
ce qui concerne l'équilibre du
logement social dans les agglomérations.
Elle tente d'imposer aux communes des
agglomérations urbaines une offre
d'au moins 20% de logements sociaux sur
leur territoire.
Institué par l'article 1
de la loi SRU, le Schéma de cohérence
territoriale (SCOT) est obligatoire dans
les aires urbaines afin de moderniser
la planification spatiale. Le plan de
déplacement urbain (PDU) est intégré
à la loi SRU (titre III) et doit
être en adéquation totale
avec le SCOT. L'ensemble de ces dispositifs
vise à donner un cadre législatif
favorisant le développement
durable des villes et métropoles.
La Loi Urbanisme et Habitat (2 juillet
2003) introduit davantage de liberté
dans l’élaboration des SCOT.
Elle simplifie la procédure de
constitution d’un pays,
réaffirme l’échelle
des bassins de vie ou
d’emploi comme échelle de
référence. La Loi n°
2003-710 du 1er août 2003 d'orientation
et de programmation pour la ville et la
rénovation urbaine (loi Borloo),
consacrée à la lutte contre
les inégalités sociales
et territoriales, prévoit la création
d'une Agence nationale pour la rénovation
urbaine (ANRU).
Les Contrats
de ville (parallèles aux Contrats de plan État-région),
en se généralisant, sont
devenus la base de la politique de la
ville dans le cadre du XIe plan (1994
- 1999) avec des moyens, des méthodes,
des résultats très divers.
Le pacte de relance de 1996 établissait
une hiérarchie des zones d'intervention
en mettant l'accent sur l'emploi et l'installation
d'entreprises : Zones urbaines sensibles
(ZUS), Zones de redynamisation urbaine
(ZRU), Zones franches urbaines (ZFU).
En 2005, 751 ZUS, où se cumulent
les problèmes sociaux et urbains,
rassemblent 4,46 millions d'habitants
(sur la base des données du RGP
de 1999) dont 820 000 immigrés
(19% de la population immigrée
vivant en France). Le dispositif des ZFU,
établi en 1997, puis oublié,
a été réactivé
et amplifié en 2002 pour une programmation
allant jusqu'en 2008. Les entreprises
qui s'installent dans les ZFU bénéficient
d'avantages fiscaux et d'exonérations
de charges. Au total, il existe 85 ZFU
en 2005.
La succession dans le temps et la superposition
de tous ces dispositifs peut laisser perplexe.
Les rapports se succèdent pour
juger de leur efficacité et l'on
s'interroge sur la pertinence des niveaux
d'échelle des interventions. Et
si le mal-être urbain était
le reflet d'un mal-être plus global
de l'ensemble de la société
française ? Si le traitement des
questions sociales par les territoires
n'était pas suffisant ? Dans ce
cas, ni l'échelle du quartier,
ni celle de la ville ou de l'agglomération
ne sont les bonnes échelles d’intervention.
Pour approfondir, dans le corpus documentaire
de ce dossier,
La politique de la ville en France : Les étapes de la politique de
la ville en France / Aspects de la rénovation
urbaine / Les Zones urbaines sensibles
: quelques indicateurs
Mise à jour : juillet 2005 |
Principales sources du glossaire : voir
la
partie "ressources
" de ce dossier ainsi que la page consacrée
aux
notions générales
.
- Merlin
P. et Choay F. - Dictionnaire de l'urbanisme et
de l'aménagement - PUF - 2000
- Lévy J. et Lussault M. (dir.) - Dictionnaire
de la géographie et de l'espace des sociétés
- Belin - 2003
- Sur Vie-Publique.fr, dans le cadre d'un dossier
sur les politiques publiques de décentralisation
:
www.vie-publique.fr/politiques-publiques/decentralisation/glossaire
- Le glossaire d' "Entreprises
Territoires et Développement" (ETD)
:
www.projetdeterritoire.com/spip/glossaire_terr_serv.php
- À la demande de la Conférence
permanente du développement territorial
wallon (CPDT), un Glossaire du développement
territorial :
www.lepur.geo.ulg.ac.be/Cpdt/Pages/Glossaire/Glossaire.html
Glossaire
proposé par Sylviane Tabarly (DGESCO, ENS
LSH),
avec la collaboration d'Emmanuelle Bonerandi,
ENS LSH

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à jour partielle : mars 2009
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