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Le
détroit de Malacca : des flux maritimes
à la structuration d'une mer intérieure
(Nathalie Fau)
Le détroit de Malacca : porte
océane, axe maritime, enjeux stratégiques
(Nathalie Fau)
Le détroit de Malacca
: porte océane, axe maritime, enjeux stratégiques
(Nathalie Fau)
Un détroit
est un passage maritime exigu entre deux terres
faisant communiquer deux mers. C'est, au même
titre que l’isthme ou le canal, un axe à
la fois stratégique et structurant des
échanges maritimes mondiaux. Cet espace
particulier et complexe de l’interface maritime
et terrestre est devenu un enjeu majeur au XXe
siècle avec la volonté des États
riverains de se projeter de plus en plus loin
vers le large et d’étatiser les espaces
maritimes.
Un
couloir intense de circulation maritime
Les détroits
: des "portes océanes"
La concentration du trafic maritime international
dans les détroits, véritable "porte
océane" pour reprendre une heureuse
expression de Jean-Claude Lasserre (Lasserre,
2003), se renforce avec la maritimisation
de l’économie mondiale. Le trafic
maritime mondial augmente fortement avec la mondialisation
des échanges. Ses volumes augmentent de
67% entre 1970 et 2000 (2,3% par an), pour dépasser
les 5,88 milliards de tonnes en 2001. La flotte
marchande a vu son tonnage multiplié par
2,5 sur la même période et en 2000.
Le commerce maritime représente 75% du
commerce mondial en poids et 66% en valeur. La
forte croissance des échanges des biens
manufacturés à moyenne et haute
valeur ajoutée se traduit également
par l’essor du transport de conteneurs.
Points de passage obligés, les détroits
concentrent ces flux toujours croissants et constituent
des maillons sensibles des routes maritimes.
Le détroit de Malacca : un axe
majeur de la circulation maritime mondiale
Situation
du détroit de Malacca dans le système
de transport mondial
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|
Le détroit de Malacca est à la rencontre des
lignes transocéaniques entre l’Océan
Indien et le Pacifique, des lignes intra-asiatiques
et des routes maritimes circumterrestres
est-ouest de marchandises. En dépit
de son importance, le trafic dans le détroit
de Malacca n’a jamais été
connu précisément et on dispose
uniquement d’estimations ou d’études
ponctuelles. On estime ainsi qu’en
1997, le nombre moyen de navires en transit
est de 300 par jour. Cette évaluation
se fonde sur la croissance du nombre de
navires accostant dans le port de Singapour
: 130 333 en 1997, contre 21 999
en 1976, soit en tonnage une augmentation
de 630 761 tonnes. Le Système
d’Information du Trafic des Navires
(Vessel traffic international system - VTIS)
de Singapour comptabilise quotidiennement
une moyenne de 1 000 navires (tous
types de flux confondus) quittant ou se
dirigeant vers le port et empruntant le
détroit de Singapour. |
Le détroit de Malacca
est emprunté par les deux routes principales
de navigation qui relient l’Europe et le
Moyen Orient à l’Asie Orientale.
La plus importante et la plus ancienne est la
grande voie de navigation directe, venant de Suez
via la mer Rouge, doublant le cap Guardafui, traversant
les Maldives, contournant le Sri Lanka par le
sud et empruntant le détroit de Malacca
pour accéder à la mer de Chine méridionale.
La seconde a pour origine le Golfe Persique et
le détroit d’Ormuz. Elle dessert
de nombreux ports d’Asie Méridionale
(Karachi, Bombay, côte de Malabar, Colombo,
golfe de Bengale) avant de se rendre vers l’Asie
du Sud Est (Denécée, 1999, 84-86).
|
L’essor du trafic dans le détroit de Malacca
a pour origine la forte croissance du trafic
maritime en Asie Orientale, pour les flux
de conteneurs en particulier.
À l’échelle mondiale,
le trafic conteneur connaît une très
forte croissance ces vingt dernières
années : le nombre de conteneurs
manutentionnés est de 171,5 millions
d’EVP* en 1998 contre seulement 42,8
millions d’EVP en 1992, soit une multiplication
par cinq de ce trafic. Or, le volume total
des conteneurs transitant par les ports
de l’Asie Orientale a augmenté
de 270% entre 1985 et 1995. Le trafic conteneur
de l'Asie Orientale est désormais
deux fois plus important qu’en Europe.
En 1997, les ports d’Asie Orientale
concentrent ainsi 43,1% des conteneurs manutentionnés
dans le monde, tandis que la part de ceux
de l’Union Européenne est de
22,7% et celle de l’Amérique
du Nord de 14,4%. De même, si, sur
la période 1990-1997, le taux de
croissance du trafic conteneurisé
est de 8,5% à l’échelle
mondiale, l’Asie Orientale est bien
au-dessus de ce taux moyen avec un taux
de croissance de 15% par an. |

EVP
: Equivalent ving pieds,
mesure nominale de capacité des
navires porte-conteneurs, calculée
en nombre de conteneurs de 20 pieds de
longueur.
|
Le détroit de
Malacca : une artère vitale du commerce
intrarégional
Le détroit de Malacca profite également
du renforcement de la route maritime asiatique
et de l’intégration régionale.
Le trafic interrégional asiatique supplante
désormais en volume le commerce transatlantique
et les routes maritimes conteneurisées
qui concentrent les volumes de trafic les plus
importants convergent vers l’Asie. Si au
milieu des années 1980, la route transpacifique
(États-Unis/Asie) dépasse en volume
de flux conteneurisés la route transocéanique,
elle est à son tour concurrencée
par la route maritime régionale de l’Asie
Orientale (Frémont, 2003). Le
trafic intra-asiatique est de 8,5 millions d’EVP
en 2000 et son taux de croissance moyen annuelle
est de 10,1% entre 1992 et 1997, passant de 4,8
millions d’EVP à 7,7 millions d’EVP.
La crise économique de 1997 a ralenti cette
croissance ; à la différence des
autres routes maritimes mondiales, le flux de
conteneurs décline de 5,8% sur la route
de l’axe oriental. Ce déclin est
cependant temporaire et le taux de croissance
est de 11% en 1999.


Un espace stratégique
Conflits entre souverainetés
nationales et droit international
Les détroits internationaux ont également
une importance géopolitique. La proximité
des rives confère à ces lieux une
dimension géostratégique particulière.
La logique militaire a toujours justifié
de garder les détroits ouverts. Les détroits
des Dardanelles ou d’Ormuz sont ainsi restés
célèbres dans l’histoire.
Ils sont restés dans les mémoires
comme des enjeux majeurs pour les questions de
sécurité et pour le déploiement
des forces navales. Les détroits sont ainsi
souvent gardés par des bases militaires
et demeurent des "points chauds".
Dans les détroits reconnus internationaux,
les États riverains ne peuvent aménager
et gérer ces espaces sans tenir compte
du droit international. Ils ne peuvent pas ainsi
affirmer unilatéralement leur souveraineté
sur les eaux des détroits et restreindre
leur franchissement à des navires étrangers.
Ils ne peuvent pas non plus imposer des taxes
aux navires empruntant ces détroits ou
y entraver la circulation. Les détroits
présentent des enjeux non seulement pour
les États riverains, mais aussi et surtout
pour les États utilisateurs, parfois très
éloignés, et les compagnies maritimes.
Les tentatives d’appropriation du
détroit de Malacca par l’Indonésie
et la Malaisie
Les tentatives d’appropriation du détroit
de Malacca par l’Indonésie et la
Malaisie au lendemain de l’indépendance
ont ainsi échoué et cristallisé
les enjeux géopolitiques de la Guerre froide.
À la suite de la convention de Genève
de 1958, les gouvernements indonésien et
malaisien étendent la limite de leurs eaux
territoriales à 12 milles nautiques (22,2
km). Le détroit de Malacca, dont la largeur
est inférieure à 20 milles dans
sa partie la plus étroite, se trouve donc
recouvert par les eaux nationales des deux pays,
menaçant la libre circulation maritime.
Le 16 novembre 1971, les deux gouvernements déclarent
conjointement que le détroit de Malacca
n'est pas un détroit international, mais
ils autorisent son franchissement par des navires
étrangers en vertu du principe de "passage
innocent". Singapour prend note de cette
décision sans s'y associer (Leifert,
1978 : 48).
Cependant, en pleine période de Guerre
froide, la fermeture potentielle d'un détroit
porte directement atteinte au déploiement
des flottes navales et donc au maintien de l'équilibre
des puissances militaires dans un monde bipolarisé.
Les Américains et les Soviétiques
se retrouvent donc sur le principe de la libre
circulation, lors de la 3e Conférence des
Nations Unies sur le droit de la mer en 1974,
et dénoncent les tentatives de mainmise
des États riverains sur les détroits.
De plus, les Soviétiques rejettent le concept
de "passage innocent", sujet selon eux
à une interprétation trop subjective
et jouant en leur défaveur depuis le rapprochement
de l'Indonésie de Suharto avec les États-Unis.
Le gouvernement chinois soutient au contraire
les revendications de l'Indonésie et de
la Malaisie. Il prend la défense d'un droit
de la mer qui est favorable aux États côtiers
et qui interdit la traversée du détroit
aux bâtiments de guerre. Cette position
s'explique en grande partie par l'importance de
la présence navale soviétique en
Extrême-Orient et dans l'océan Indien,
qui menace la Chine d'encerclement. La fermeture
du détroit rendrait difficiles les liaisons
entre l'Europe et l'Extrême-Orient soviétique,
les autres voies étant moins fiables (le
Transsibérien longe la frontière
chinoise) ou impraticables une grande partie de
l'année (la route maritime du nord passe
par l'Arctique, voir la carte ci-dessus). (H.
Couteau-Bégarie, 1987 : 104-107; 190-195;
E. Dénecé : 169-171; 157-164).
La Convention de Montego Bay de 1982 règle
finalement ce différend en définissant
et légifèrant le régime de
passage en transit : cette disposition est un
compromis entre le "droit de passage inoffensif"
et "la libre circulation maritime et aérienne
en haute mer". Elle garantit la liberté
d’accès au détroit tout en
accordant aux États riverains des garanties
en matière de sécurité, de
souveraineté nationale et d’environnement.
La Malaisie et l’Indonésie sont donc
contraints d’adopter le régime du
"passage en transit" et de respecter
le libre passage des navires sur une voie navigable
internationale.
Une artère vitale pour le Japon
Le détroit de Malacca est une artère
vitale pour l'économie japonaise, tant
pour son approvisionnement en matières
premières que pour ses exportations vers
l'Europe de produits manufacturés. Par
lui transitent près de 41% des importations
totales de l'archipel nippon et notamment 80%
de son pétrole, en provenance du golfe
arabo-persique. La libre circulation et la sécurité
dans ce détroit sont donc une priorité
stratégique et le Japon met tout en oeuvre
pour coopérer avec les États riverains.
En 1968, le ministre japonais des transports,
en coopération avec des entreprises pétrolières,
des transporteurs et des organismes liés
au domaine maritime (assurances, constructions
navales, propriétaires de navires, etc.)
fonde le Malacca Strait Council (MSC) chargé
de l'amélioration des conditions de navigation
dans le détroit en proposant une aide technique
et financière. Sous son égide et
en coopération avec la Malaisie, l'Indonésie
et Singapour, les Japonais procèdent à
des campagnes de relevés hydrographiques
du détroit de 1968 à 1978 afin de
mettre en place un système de séparation
du trafic. Le MSC finance aussi le système
électronique d'aide à la navigation
et crée en 1981 un "Fonds pour
la prévention et la suppression de la pollution
dans le détroit de Malacca".
Les nouvelles ambitions de la Chine
Dans les années 1980, le détroit
de Malacca devient également un passage
stratégique pour la Chine du fait de ses
ambitions en mer de Chine méridionale.
Les accords signés avec le gouvernement
du Myanmar lui permettent d'occuper des bases
navales de la mer d'Andaman. Depuis 1992, la Chine
développe des infrastructures militaires
sur les petites îles de Hainggyi, à
l’embouchure du fleuve Irrawady et sur les
îles Coco, situées dans le golfe
du Bengale à 300 km au sud de la Birmanie
continentale. Elle est ainsi en mesure de contrôler
les flux entre l’Océan Indien et
la mer d’Andaman. Depuis l’été
1994, Rangoon accorde des facilités supplémentaires
d’installation à la République
Populaire de Chine dans les îles de Sittwe
et Zadetkyi, localisées au large de la
côte de Tenasserim, à proximité
de l’entrée nord du détroit
de Malacca. La Chine dispose ainsi d'une présence
militaire des deux côtés du détroit
de Malacca, et d'avant-postes maritimes défensifs
protégeant son flanc sud. Elle devient
donc une menace potentielle pour les pays de l'Asean
et pour le Japon : les flottes militaires chinoises
ont désormais la possibilité de
bloquer l'accès au détroit de Malacca.
Le renforcement de la présence
des États-Unis dans le détroit depuis
le 11 septembre
Après la chute du bloc de l’Est,
les États-Unis maintiennent leurs forces
militaires en Asie. Leur départ forcé
des bases des Philippines (1992) n’a guère
affaibli leur déploiement et de plus en
plus d’États leur octroient des facilités
navales. Ils ont conservé leurs alliances
bilatérales traditionnelles avec l’Australie,
le Japon, la Corée du Sud, la Thaïlande
et les Philippines. De plus, la politique indienne
de non-alignement, qui contestait naguère
la présence des bases américaines,
appartient au passé. L’Inde développe
une coopération de défense avec
les États-Unis de plus en plus active.
Après les attentats du 11 septembre 2001,
la militarisation de l’Océan Indien
et le rapprochement militaire entre les États-Unis
et l’Inde se sont accélérés
et le détroit de Malacca est placé
sous une surveillance accrue. Les marines nationales
américaines et indiennes ont notamment
intensifié leurs patrouilles communes dans
le détroit de Malacca : plus de 200 en
2002 contre seulement 25 en 1998.
Frontière
maritime et espace international
Les spécificités
d’une frontière maritime
La frontière maritime est un type de frontière
bien particulier "tandis que le dyade
de la frontière terrestre évolue
sur le plan de la double dimension, avec une ligne
et des contacts de part et d’autre, en travers,
la frontière maritime fonctionne en triade,
en espace de trois dimensions puisque s’y
ajoute le passage en long" (Pelletier,
2003). Cette troisième dimension joue
à plein dans le cadre d’un détroit
puisqu’elle participe directement aux relations
entre les États riverains et soulève
la question des relations entre riverains et États
utilisateurs. L’article 43 (voir note
1, infra) de la Convention de Montego Bay
(UNCLOS) de 1982 définit ainsi précisément
la responsabilité des États riverains
et des utilisateurs des détroits concernant
l’entretien et le financement des infrastructures
de navigation dans les détroits. Du fait
du statut international des détroits, le
droit international oblige les États riverains
à coopérer afin d’y assurer
la sécurité du trafic maritime.
Le détroit de Malacca : un espace
maritime commun
Depuis le communiqué commun du 16 novembre
1971, les États riverains du détroit
de Malacca sont responsables de la gestion du
détroit. Une coopération trilatérale
est donc indispensable. Elle suit deux orientations
principales.
|
La première concerne la sécurité de
la navigation. En février 1977 et
en décembre 1998, la Malaisie, Singapour
et l'Indonésie ont signé un
accord de séparation du trafic dans
le détroit avec la mise en place
de couloirs de navigation et de systèmes
d'aides à la navigation.
La seconde vise à lutter contre une
piraterie quasi-endémique dans le
détroit et en pleine recrudescence
au début des années 1990.
En 1992, les trois États riverains
signent une série d'accords bilatéraux
afin de coordonner les missions de surveillance,
d'organiser des patrouilles communes et
d'autoriser les forces navales à
poursuivre les pirates dans leurs eaux territoriales
respectives. En coopération avec
la fédération internationale
des armateurs, ils créent également
en février 1993 à Kuala Lumpur
un centre régional de lutte contre
la piraterie (Chalk, 1998 et Frécon,
2003). |

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Les difficultés
d’une coopération transnationale
En dépit de la nécessité
de gérer en commun le détroit de
Malacca, les concurrences entre les États
riverains demeurent. La sophistication des systèmes
de séparation du trafic implique certes
une gestion transnationale, mais pas une véritable
coopération à l’échelle
du détroit de Malacca. Les conférences
et les traités ratifiés depuis 1971
envisagent en effet le détroit de Malacca
uniquement comme un axe international, en oubliant
qu’il est aussi une mer intérieure.
Cette différence de perception du rôle
du détroit entre Singapour d’une
part, et la Malaisie et l’Indonésie
d’autre part, attise les conflits entre
les États riverains.
Lors de la deuxième conférence internationale
sur les détroits de Malacca et de Singapour
organisée, à Singapour en 1999,
conjointement par le Singapore’s Institute
of Policy Studies et l’Organisation
Maritime Internationale (OMI), les prises de position
des représentants indonésiens, malaisiens
et singapouriens soulignent explicitement la permanence
des tensions et des revendications. Les discussions
tournent majoritairement autour de l’article
43 de la convention de Montego Bay de 1982, notamment
sur la responsabilité des États
riverains et des utilisateurs dans l’entretien
et le financement des infrastructures de navigation
des détroits de Malacca et de Singapour.
Une question est récurrente dans la majorité
des interventions : qui doit payer la maintenance
et la construction des infrastructures de navigation
? Elle débouche inévitablement sur
deux autres questions connexes : qui sont les
utilisateurs du détroit ? Qui profite des
améliorations de la navigabilité
du détroit de Malacca ? La question avait
déjà été posée
lors de la première conférence internationale
de 1996. Gerard Peet (1997) identifie alors trois
types d’intérêts. Le premier
est celui des ports riverains du détroit
de Malacca qui accueillent les flux internationaux
et en tirent donc des dividendes directs. Le second
est celui des compagnies maritimes internationales,
dont la sécurité de navigation dans
le détroit est assurée par des améliorations
techniques et un bon entretien des infrastructures
existantes. Le dernier est celui des États,
dont la régularité des flux et le
coût import - export dépendent directement
de la qualité de la navigation dans le
détroit de Malacca. Or sur ces trois points,
les intérêts des gouvernements indonésien,
malaisien et singapourien divergent très
nettement.
Dr. Hasjim Djalal (1999) et B.A. Hamzah (1999),
les représentants respectifs de l’Indonésie
et de la Malaisie, ont des discours similaires.
Ils remarquent tous deux que les compagnies maritimes
internationales ne s’arrêtent pas
dans leurs ports, mais privilégient surtout
le port de Singapour. Les retombées de
la navigation internationale sur leurs économies
portuaires demeurent donc marginales. D’autre
part, les infrastructures développées
dans le détroit de Malacca servent uniquement
aux grandes compagnies maritimes et aux flux de
transit, tandis qu’aucune coopération
n’est mise en place pour l’amélioration
des flux de cabotage et des flux maritimes entre
les deux rives. L’Indonésie et la
Malaisie ne possèdent pas de superpétroliers
de type VLCC (Very Large crude carrier)
ni de compagnies maritimes nécessitant
la qualité des infrastructures disponibles
dans le détroit. La sophistication et le
coût des équipements maritimes implantés
dans le détroit dépassent les besoins
de ces deux pays.
La nécessaire et tardive prise
en compte des flux internes au détroit
Il faut en fait attendre la ratification du dispositif
de séparation du trafic du 1er décembre
1998 pour que soit enfin soulevé le problème
de la diversité de la navigation interne
au détroit (flux de cabotage et flux transversaux)
et celui de la nécessité de légiférer
pour leur réserver des zones maritimes
distinctes. De même le nouveau projet d’autoroute
maritime électronique (note 2, voir
infra) qui émerge à la fin
des années 1990 ne vise pas seulement à
une amélioration de la sécurité
de la navigation dans les détroits. Il
est motivé également par un souci
environnemental. Les États riverains prennent
conscience de la dégradation rapide de
l’écosystème et des littoraux
du détroit de Malacca. Pour y remédier,
ils envisagent de lancer des études qui
intègrent enfin les littoraux et leurs
arrière-pays donnant sur les détroits.
Cette évolution pourrait donc être
le point de départ d'une intégration
spatiale transnationale plus élaborée.
Notes
:
1) L’Article 43 (voir note infra) de
la Convention de Montego Bay (UNCLOS) de 1982
:
"Navigational and safety aids and other improvements
and the prevention, reduction and control of pollution.
User States and States bordering a strait should
by agreement cooperate:
(a) in the establishment and maintenance in a
strait of necessary navigational and safety aids
or other improvements in aid of international
navigation ; and
(b) for the prevention, reduction and control
of pollution from ships."
2) Ce projet consiste en l’association de
plusieurs innovations technologiques majeures
(cartes marines digitales, système de positionnement
global, ordinateur à bord) à des
fins de gestion entièrement informatisée
des détroits de Malacca et de Singapour.
Références
bliographiques
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de la mer de Chine méridionale et des bassins
adjacents - Paris, L'Harmattan - 1999
- Fau N. - "Enjeux et organisations spatiales
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régionales en Asie Orientales sous la direction
de Christian Taillard - Les Indes Savantes, pp.
295-315 - 2004
- Fau N. - Le nord de Sumatra : une périphérie
indonésienne sur le détroit de Malacca.
Un espace partagé entre intégration
nationale et recompositions transnationales -
Thèse d'Université de Paris X Nanterre
- 2003
- Fau N. - Le rôle des infrastructures
dans l’organisation spatiale du détroit
de Malacca (Indonésie, Malaisie, Singapour)
- Cahier du GEMDEV n° 29, Développement
durable : quelles dynamiques ?, pp. 163-184, 2003
- Herbert V. - La Malaisie et le détroit
de Malacca, gestions, conventions, coopération
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- Herbert V. - Le trafic maritime dans le
détroit de Malacca et ses effets sur la
côte occidentale de la Péninsule
Malaise - Thèse université
de Nantes - 1999
- Lasserre J.-C. - Le Pas-de-Calais et le
détroit de Gibraltar. Quels enjeux géopolitiques
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Volume XXXIV, pp. 195-213 - 2003
- Pelletier Ph. - "L’Extrême
Océan, enjeux territoriaux dans les mers
entourant le Japon", Intégrations
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la direction de Christian Taillard - Les Indes
Savantes, pp. 239-263 - 2004
- Pelletier Ph. - "L'Extrême Océan,
enjeux territoriaux dans les mers entourant le
Japon" - Nouvelles Organisations Régionales
en Asie orientale, Vol. II, à paraître
- 2003
- Picouet P., Renard J.-P. - Les détroits
: de nouveaux territoires ? L’exemple du
Pas de Calais - Mappemonde, 65, pp. 7-11
- 2002
- Renard J.-P. - Le Pas-de-Calais, un espace
terraqué - BAGF-Géographie,
n°2, pp. 113-125 - 2003
www.mgm.fr/PUB/Mappemonde/M102/Picouet-Renard.pdf
- Segaud M. - Channel’s fate : terraqué
? - Hommes et Terres du Nord, n°2, pp.3-6.
- 2002
Numéros spéciaux sur
les détroits :
- Les détroits maritimes des enjeux
stratégiques majeurs, sous la direction
de Frédéric Lasserre et Claude Comtois,
Études Internationales, Volume XXXIV, n°
2, juin 2003.
Sommaire de ce numéro : www.iqhei.ulaval.ca/Pdf/Sommairejuin03.pdf
- Les détroits, sous la direction
de V. Hébert et P. Picouet, Hommes et Terres
du Nord n°2, 2002
Sommaire de ce numéro : http://193.55.107.45/sommaire/FRE/homnord.htm#no29
Pour
compléter, des ressources sur le Web
Un site consacré
au détroit de la Manche :
- L'Atlas Transmanche / Cross
Channel Atlas résultant d'une collaboration
scientifique franco-britannique (Universités,
CNRS, INSEE, Ministère de l'Équipement
du côté français - Universités
du côté anglais) afin de contribuer
à la connaissance des dynamiques d'une
zone transfrontalière d'intégration
européenne forte. L'Atlas Transmanche couvre
le sud de l'Angleterre et le Nord-Ouest de la
France. Il comprend cartes, textes, photos, tableaux
et graphiques.
http://infodoc.unicaen.fr/OhRAGE/atlas/Presentation/geographes.html
Compléments sur les transports
maritimes dans le monde
- Les cartes du Centre d’Étude
en Transports Maritimes : Trafics conteneurisés
2003 (Asie Pacifique, Europe, Amérique
du Nord, Est-Ouest). Les géants de la manutention
mondiale. Les pollutions maritimes depuis 1967.
www.isemar.asso.fr/bibliotheque/cartographie.htm
- Des cartes ressources sur le site de l'Isemar
:
> Trafic conteneurisé Est-Ouest
www.isemar.asso.fr/bibliotheque/pdf/Trafic%20conteneurs%20Est%20Ouest%202003.pdf
> Trafic conteneurisé de l’Asie
Pacifique 2003
www.isemar.asso.fr/bibliotheque/pdf/Trafics%20conteneurs%20ports%20Asie%20Pacifique%202003.pdf
> La répartition du trafic conteneurisé
mondial en 1998 et évolution depuis 1978
www.isemar.asso.fr/bibliotheque/pdf/carte7.PDF
- Une mallette pédagogique du Ministère
des Transports, février 2002
> Lexique sur le transport maritime
www.ac-nancy-metz.fr/enseign/TransportsLP/PDF/lexique%20maritime.pdf
> Les acteurs d’un port : clients, services
aux navires, services administratifs, services
aux marchandises, entreprises de manutention,
transports terrestres.
www.ac-nancy-metz.fr/enseign/TransportsLP/PDF/gens%20du%20port.pdf
> La conteneurisation
www.ac-nancy-metz.fr/enseign/TransportsLP/PDF/conteneur%20mer.pdf
> Les échanges de marchandises dans
le monde par voie maritime
www.ac-nancy-metz.fr/enseign/TransportsLP/PDF/avantagesmaritime.pdf
> Les ports français au cœur de
l’espace maritime européen
www.ac-nancy-metz.fr/enseign/TransportsLP/PDF/atouts%20ports%20français.pdf
> Les fiches pratiques sur les transports
(routiers, ferroviaire, aérien, maritime,
multimodal) de l’Académie de Nancy
Metz : www.ac-nancy-metz.fr/enseign/TransportsLP/pedagotrans.htm#Transport%20routier
- Revue Stratégies
de la DREE : Ports de transbordement régionaux
: un nouveau modèle de développement
logistique face à l'explosion du trafic
de conteneurs :
www.dree.org/documents/303/73841.pdf
- Les enjeux du développement des corridors
de transport au Moyen-Orient, en Amérique
Latine, Afrique et CEI - Revue Stratégies
Transport&Infrastructures n°12
www.missioneco.org/Pages/documents.asp?Num=69026&site=Comext
Nathalie
Fau, maître de conférences en géographie,
Université de Paris 7 Denis Diderot, LASEMA,
UPR 297 du CNRS et SEDET, UMR 7135,
pour Géoconfluences le 15/11/2004

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| Mise
à jour : 29-11-2004
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