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Tôkyô Disney Resort et Disneyland Resort Paris : deux modèles originaux d’aménagement touristique au Japon et en France

Publié le 04/02/2011
Auteur(s) : Raphaël Languillon-Aussel, université de Lyon (Lumière Lyon 2), UMR 5600 "Environnement, ville, société"

1. Tourisme en France, tourisme au Japon : des modèles différents

2. Disney dans deux villes mondiales : Paris et Tôkyô

3. Les réceptions nationales des complexes Disney en France et au Japon

Si la mondialisation est un mouvement d'extension d'un phénomène à l'échelle mondiale, le processus se substitue rarement aux contextes nationaux et locaux sur lesquels il se surimpose. Les spécificités socio-spatiales indigènes et premières s'expriment généralement jusque dans la façon dont s'importent et s'adaptent les grands modèles globaux, dans un rapport qui s'oppose à l'idée d'homogénéisation des espaces et des sociétés (Goetz et Clarke, 1993 ; Knox et Taylor, 1995 ; Eade, 1997).

Dans ce contexte, plus que jamais, les formes géographiques mondialisées n'ont de sens que dans la singularité des lieux. Elles participent de cette grande geste géographique qui façonne l'espace des sociétés, geste marquée par des jeux d'acteurs, des pratiques, par l'expression d'identités spécifiques à chaque espace en tant que construit original de chaque société. Entre homogénéisation et spécificité, l'étude comparée de Tôkyô Disney Resort (Tôkyô DR) et Disneyland Resort Paris (DR Paris) a pour objectif d'illustrer l'irréductible diversité au sein des espaces franchisés de la mondialisation.

Tourisme en France, tourisme au Japon : des modèles différents

Temporalités, représentations et pratiques : des différences

Le tourisme en France a une histoire bien spécifique qui le rend original. Il relève d'une double filiation commune à l'ensemble des tourismes occidentaux : celle du tourisme de villégiature aristocratique, fixe ; celle du tour, initié par les lords britanniques, itinérant. Cette double filiation a été reprise par le tourisme de masse français, qui tire sa coloration nationale de l'image ambivalente des premiers congés payés, à la fois positive dans l'émancipation des classes travailleuses, et négatives selon la perception des élites qui jugent le tourisme dégradant (aux niveaux écologique, paysager, patrimonial, esthétique voire éthique), et le touriste idiot (Urbain, 1991).

Le tourisme au Japon est très différent dans son histoire comme dans ses pratiques. Il est beaucoup plus tardif qu'en France et correspond à l'émergence de la société de consommation de masse des années 1960 (Hirota Isao, 1993). Il est aussi beaucoup moins considéré, jusqu'à une période très récente qui remonte à la fin des années 1980. Le tourisme, et dans une moindre mesure les loisirs, étaient perçus comme s'opposant aux valeurs traditionnelles du travail mais aussi aux valeurs du groupe au sein duquel se structure et se pense l'individu japonais. Concernant les loisirs plus spécifiquement, on pouvait opposer deux formes de loisirs : les goraku (distractions, amusements) auxquels on peut ajouter l'asobi (le jeu) qui s'inscrivaient dans la continuité du travail et qui étaient très attachés à l'idée d'éducation et d'utilité sociale et professionnelle ; les yoka (loisirs au sens propre) relevant de l'idée de pur plaisir, voire d'oisiveté, étaient perçus très négativement, car inutiles, improductifs et individualistes.

En pop-up : Tourisme et loisir(s), pour une brève définition

Comme tout geste ou rituel sociaux, tourisme et loisirs sont des pratiques qui s'inscrivent non seulement dans une société donnée, mais aussi dans un contexte spatial et temporel bien spécifique. Ce relativisme est néanmoins de plus en plus parasité par, d'un côté la mondialisation des modèles, des pratiques sociales et des comportements, d'un autre côté la confusion croissante entre tourisme et loisirs suite à la complexification récente des pratiques individuelles et collectives, mais aussi des stratégies marketing des acteurs et des aménageurs. (...)

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Avec l'avènement de la société de consommation, il s'est opéré un double mouvement au Japon. Les loisirs ont glissé de la catégorie des goraku à celle des yoka, connotés de plus en plus positivement, à laquelle s'ajoute les rejâ, japonisation du terme leisure (loisirs). Dans les années 1970, le développement des loisirs devient un des objectifs du gouvernement japonais et dans les années 1980 vient le tour du tourisme, avec en 1987 la loi sur les rizôtô (les resorts), dans un grand mouvement de planification touristique du territoire (Yamamuro Kiyoko, 1993 ; Kobori Iwao et Seko Yuriko, 1993). Cette planification avait pour but de promouvoir le développement de régions atones, autant que de permettre au peuple japonais de mener une vie équilibrée sur le modèle de vie des Occidentaux, dans une perspective de rattrapage de la qualité de la vie. Ainsi, les loisirs et le tourisme se sont développés au Japon lorsque les Japonais ont perçu les vertus collectives et sociales de l'industrie du tourisme pour le développement de leur pays autant que pour leur épanouissement personnel, associant par là intérêts national et individuel, l'épanouissement du Japonais s'accomplissant dans l'épanouissement collectif du groupe.

En pop-up : La loi des rizôto et la perception du tourisme au Japon

La loi japonaise des rizôto date de 1987. Cette loi a trois objectifs : permettre l'enrichissement des activités de loisirs, favoriser le développement économique des régions, et répondre à l'augmentation de la demande intérieure. (...)

La loi des rizôto avait pour but d'aménager les zones rurales, surtout littorales et montagnardes concernées par le problème de dépeuplement. Ces deux espaces (littoral et montagne) reprennent les thématiques de rizôto les plus répandues. On distingue ainsi le kôgen rizôto (station montagnarde de villégiature), et le kaigan rizôto (station balnéaire) que l'on développe dans les deux cas suivants. (...)

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Néanmoins, les pratiques touristiques des Japonais restent marquées, jusqu'au tournant des années 2000, par un certain nombre de caractéristiques sociales, comme les voyages organisés où prévalent l'enfermement sur son groupe d'appartenance, la réduction maximale des incertitudes liées au hasard, le refus de l'aventure, la neutralisation du groupe extérieur par la création d'enclaves protégées et isolées, des temps de séjour très courts pour ne pas léser les collègues restés travailler, des départs dans le cadre de l'entreprise (Claude Lévi-Alvarès, 1993). De nos jours, si ces pratiques restent majoritaires, de nouvelles compétences mobilitaires se sont développées, avec l'apparition de voyages individuels ou hors circuits. Les pratiques touristiques des Japonais évoluent néanmoins relativement lentement (Sylvie Guichard-Anguis, 2001).

Contrairement aux goraku, les rejâ et les yoka opèrent un découplage entre l'espace domestique, l'espace professionnel et l'espace de la détente à l'intérieur de l'espace urbain et de l'espace-temps du quotidien. Ce découplage participe de la fragmentation urbaine en aires spécifiques. Les yoka introduisent donc des transformations radicales dans l'espace-temps de la ville, qui traduisent ce changement social lié à l'avènement de la société de consommation. Ainsi, spécifiquement au Japon, des équipements comme le complexe Disney, qui se structurent comme des mondes fermés faisant l'apologie de la liberté où le temps et l'individu sont libérés des contraintes sociales et professionnelles de l'extérieur, sont à cheval sur les trois notions de rejâ, asobi et tourisme. Fusion culturelle entre un modèle américain et une application japonaise, Tôkyô Disney Resort est une con-fusion sémantique et conceptuelle que la comparaison avec Disneyland Resort Paris permet de mettre en lumière.

Pourquoi comparer Tôkyô DR et DR Paris ? Un bref état de la recherche

La firme Disney est un des emblèmes de la culture américaine dont l'extension à l'échelle mondiale relève d'une mondialisation et d'un soft power américain. Dans cette perspective, les complexes Disney constituent des objets privilégiés pour étudier les modalités d'une mondialisation des aménagements touristiques, mais aussi des pratiques et des comportements touristiques, ainsi que des acteurs du "tourisme mondial", si tant est qu'il existe à cette échelle.

L'étude des complexes Disney est à la croisée de plusieurs travaux et champs de réflexions géographiques, sociologiques, économiques et juridiques. Des années 1970 aux années 1990, les études portant sur Disney ont insisté sur les modèles de technologies et d'organisation utopiques que les parcs proposaient. Les parcs étaient alors regardés comme des territoires en soi, coupés de leur environnement immédiat, des enclaves (Louis Marin, 1977 ; Mark Gottdiener, 1982 ; JC Wolfe, 1979 ; Sharon Zukin, 1991).

À partir des années 1990, la globalisation et l'américanisation sont par ailleurs de plus en plus dissociées dans ces études. Elles posaient jusque là les parcs Disney comme des modèles de l'acculturation des pays qui accueillaient sur leur territoire ce "mouton noir" ("black ship", Aviad E. Raz, 1999) de la culture américaine. En ce qui concerne Tôkyô DR, c'est Aviad E. Raz, dans son ouvrage Riding the Black Ship : Japan and Tôkyô Disneyland (Harvard University, 1999) qui, le premier, a développé les idées de japonisation et de "glocalisation", autant au niveau de l'aménagement du complexe qu'au niveau de sa réception par les touristes. Les années 1990 voient aussi l'émergence de toute une bibliographie axée sur l'étude des loisirs au Japon, avec la révision de la légende sur le travail japonais et le mythe du stakhanovisme nippon. Enfin, les complexes Disney s'inscrivent également dans le champ d'étude portant sur les acteurs de la construction urbaine et de l'aménagement touristique en France et au Japon (en ce qui concerne les parcs et les villes Disney aux États-Unis, voir les travaux de Sophie Didier, 2001).

Disney dans deux villes mondiales : Paris et Tôkyô

Une bulle maritime fermée VS un parc terrestre ouvert

Les deux complexes Disney ont la même situation métropolitaine : ils se situent tous les deux dans l'Est d'une ville mondiale. DR Paris est aménagé dans la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, en dehors des limites administratives de la ville de Paris, mais bien intégrée dans l'agglomération parisienne (documents ci-dessous). De la même façon, Tôkyô DR se trouve à l'Est de Tôkyô, dans la nouvelle ville d'Urayasu (préfecture de Chiba), en dehors des limites administratives de la ville de Tôkyô mais bien intégré dans l'agglomération tokyoïte (document ci-dessous).

Localisations et contexte spatial

  Pointeur kmz sur l'image Google Earth ci-contre : 48°52'10.89"N / 2°47'4.01"E

  Pointeur kmz sur l'image Google Earth ci-contre : 35°37'50.11"N / 139°53'1.96"E

DR Paris dans un cadre verdoyant

Repères : 1) Parc Disneyland Paris 2) Parc Disney Studios 3) Parking 4) Gare TGV 5) Bâtiments de gestion 6) Espace hôtelier Disney 7) Disney Village 8) Golf Disney 9) Zone commerciale Val d'Europe

Tôkyô DR s'avançant dans la baie de Tôkyô

Repères : 1) Parc Tôkyô Disneyland 2) Parc Tôkyô Disney Sea 3) Zone hôtelière 4) Gare ferroviaire Maihama 5) Ligne ferroviaire Keiyô 6) Autoroute Shuto expressway Wangan line 7) Quartier de Maihama 8) Zone de parking 9) Terre-pleins industrialo-portuaires

En revanche, les sites sont bien différents comme le montrent les documents ci-dessus. DR Paris est construit au milieu de terres agricoles, dans un contexte très terrestre, assez ouvert et verdoyant. Par contre, Tôkyô DR est construit sur un terre-plein artificiel, dans la baie de Tôkyô, et apparaît comme un espace fermé, enclavé, sans réserve foncière pour d'éventuelles extensions futures, dans un contexte densément urbanisé et densément bâti. Le site de Tôkyô DR pose la question de son accessibilité et de son insertion dans son environnement immédiat, c'est-à-dire de la fragmentation de l'espace local auquel il participe. Contrairement à DR Paris, Tôkyô DR est coupé du reste de la ville qui l'accueille par une série d'effets barrière (voies de communication superposées, enchevêtrées), qui s'ajoutent au principe inhérent aux parcs d'attractions en faisant des espaces clos. Cet effet barrière qui coupe Tôkyô DR du Nord de son site (et du quartier résidentiel de Maihama à proximité) est le résultat de la présence d'une route nationale, d'une autoroute, d'une ligne de train et de routes locales (image Google Earth ci-dessus).

L'aménagement des deux complexes de DR Paris et Tôkyô DR est lui aussi différent. DR Paris est constitué de deux parcs : Disneyland (ouvert en 1992) et Walt Disney Studio (ouvert en 2002), ce dernier étant consacré aux dessins animés Disney. En plus des six hôtels Disney, DR Paris propose un espace marchand (Disney Village), un golf, un cinéma UGC.

À ces équipements s'ajoutent d'autres équipements que possède la compagnie gestionnaire du complexe, comme le centre commercial du Val d'Europe, un centre de congrès, un camping. DR Paris est donc un complexe diversifié, ouvert sur son espace local (tableau ci-contre). Tôkyô DR offre un tout autre visage. Il est lui aussi constitué de deux parcs : Tôkyô Disneyland (ouvert en 1983), et Tôkyô Disneysea (ouvert en 2002). Tôkyô Disneysea est fondé sur l'imaginaire lié aux espaces maritimes, insulaires, ainsi qu'à l'eau. En plus des deux parcs, Tôkyô DR propose un ensemble d'hôtels, dont trois hôtels Disney, et un centre commercial inclus dans le complexe (Ikspiari, ouvert en 2000).
Comparaison entre DR Paris et Tôkyô DR en 2009

Sources : www.disneylandparis.fr/# et www.tokyodisneyresort.co.jp/tdr/.../index.html

Tôkyô DR est plus compacte que DR Paris et ne présente aucun équipement de grande taille comme le golf de DR Paris, ou le lac. Tôkyô DR dissémine  beaucoup moins bien ses activités dans l'espace local que DR Paris, comme s'il ignorait la ville d'Urayasu. Ainsi, si DR Paris est un complexe structurant pour Marne-la-Vallée, Tôkyô DR n'est pas structurant pour Urayasu dont il est coupé tant sur le plan paysager que fonctionnel. Cette différence reflète réellement un parti pris urbanistique, car la stratégie urbaine et immobilière de la firme Disney à Paris est à peu près la même que celle que la firme mène aux États-Unis, à Anaheim ou Celebration, alors même que ces parcs américains sont antérieurs à celui de Tôkyô et de Paris. S'il n'y a pas de politique urbaine au Japon, c'est parce que le développement du parc Disney ne s'est pas fait pas la firme Disney, mais par une firme japonaise (la Oriental Land Company) qui a bien séparé ses activités immobilières et touristiques. Le fait que le parc de Paris soit inséré dans un programme de développement urbain, comme aux États-Unis (avec, spécifiquement en France, la participation exceptionnelle de l'État français et des collectivités territoriales), tient au fait que le parc français a été développé directement par la firme Disney, ce qui n'est pas le cas au Japon. Le Japon est en cela un cas à part dans la géographie des parcs Disney dans le monde.

La place de la Walt-Disney Company dans la gestion des deux complexes

Les deux complexes Disney en France et au Japon tiennent leurs différences des acteurs qui les ont aménagés et de leurs stratégies. L'acteur central des complexes Disney est la Walt Disney Company. En  France, le complexe de DR Paris est géré et aménagé par Euro Disney SCA (ED SCA), une filiale de la Walt Disney Company qui détient 40% des actions (document ci-dessous). L'État français et les collectivités territoriales ne sont donc que des partenaires et non des propriétaires du complexe, celui-ci restant sous le contrôle de la maison mère américaine.

Au Japon, ces relations sont très différentes. La Walt Disney Company ne détient aucune part dans l'actionnariat de la société qui gère et aménage le complexe Disney, la Oriental Land Company (OLC). Cette société, appartient principalement à trois entités : une entreprise privée de chemin de fer, ou ôtemintetsu (la Keisei Electric Railway), une entreprise immobilière (la Mitsui Fudôsan), et dans une moindre mesure une collectivité territoriale (la préfecture de Chiba, qui accueille Tôkyô DR) (document ci-contre). Cette configuration, rassemblant les acteurs traditionnels de la construction urbaine, est assez classique au Japon. Dans ce cas, la Walt Disney Company est partenaire et OLC lui verse chaque année des subsides à hauteur de 10% des entrées de Tôkyô DR et de 5% des ventes de biens dans Tôkyô DR. En revanche, la gestion et l'aménagement du complexe lui échappent.
L'actionnariat de DR Paris et de Tôkyô DR

Réalisation : R. Languillon-Aussel. Sources :

Ainsi, les deux structures de gestion de DR Paris et Tôkyô DR sont opposées : pour l'une, la Walt Disney Company est propriétaire et la puissance publique est partenaire ; pour l'autre la Walt Disney Company est partenaire et les compagnies japonaises ainsi que la puissance publique sont propriétaires. L'appropriation plus importante du complexe par les acteurs japonais renvoie à leur plus grande frilosité vis-à-vis des investissements étrangers.  L'indigénisation, ou la glocalisation, des complexes Disney est plus développée côté japonais que français.

Tôkyô DR et DR Paris : deux stratégies d'aménagement touristique et urbain de l'espace

Les deux complexes Disney relèvent de stratégies très différentes d'aménagement de l'espace. Le complexe français s'inscrit dans une politique d'aménagement du territoire de la part de l'État, avec la création des villes nouvelles en région parisienne pour structurer le développement de Paris. Dans l'organisation de Marne-la-Vallée, DR Paris devait ainsi constituer un pôle de développement et d'emplois du secteur IV de la ville nouvelle, le Val d'Europe, avec le souci d'instaurer un rapport équilibré entre emplois et habitants et ainsi éviter des mobilités trop importantes vers le centre parisien.

Ainsi, DR Paris structure un bassin d'emplois important dans l'Est parisien et il a généré la création de 55 000 emplois dont 14 500 au sein du "resort". Près de 40% de ces emplois sont situés dans le département de Seine-et-Marne (tableau ci-dessous). En tenant compte des activités courantes, un emploi à DR Paris a généré 2,78 emplois permanents ailleurs en France.

Les nouveaux emplois générés par DR Paris représentent 11% des nouveaux emplois salariés créés en Seine-et-Marne et 2,5% des nouveaux emplois salariés privés créés en Ile-de-France depuis 1992. DR Paris remplit en ce sens les objectifs du Projet d'Intérêt Général, établit par le contrat entre Euro Disney SCA et les partenaires publics pour développer le Val d'Europe dans trois domaines principaux : le tourisme, l'activité économique et l'urbanisme. En ce sens, DR Paris joue un rôle structurant à plusieurs échelles.

 

Impacts économique et social du pôle Disneyland Paris, 2008

 

Seine et Marne Ile de France hors S&M France hors Ile de France
Impact social (nombre d'emplois)* 6 164 28 445 21 179
Répartition de la valeur ajoutée générée 35,3% 53,4% 11,3%

* Nombre total d'emplois directs, indirects et induits en 2008 : 55 788. Source : étude d'impact de DR Paris, délégation interministérielle au projet Euro Disney, EPA France, 2009

L'impact généré par DR Paris ne se limite pas à l'emploi. En 2008, la production annuelle directe, induite et indirecte résultant de l'activité de DR Paris s'est élevée à 6,5 milliards d'euros, dont 1/3 en Seine-et-Marne (tableau ci-dessus). Les dépenses liées à DR Paris [2] sont à l'origine de 6,5% du total (38 milliards d'euros) des recettes en devises du tourisme en France en 2008. Au niveau des apports fiscaux, la TVA sur les activités et les retombées économiques de DR Paris s'élèvent à 350 millions d'euros en 2008, les autres impôts s'élèvent à 60 millions d'euros.

Si, à l'échelle locale et régionale, DR Paris dynamise le Val d'Europe en offrant des emplois et des retombées économiques et s'il polarise le développement de l'agglomération parisienne, à l'échelle nationale et européenne, c'est un complexe touristique dynamique et attractif, à proximité de l'Angleterre, de l'Allemagne, de la Belgique et du Luxembourg. En ce sens, l'État français a développé DR Paris comme un hub touristique, en aménageant une série d'équipements de transport : un RER pour relier le parc à Paris dans une perspective de loisirs ; une gare TER pour le relier au reste du Bassin parisien ; une gare TGV à deux pas de l'entrée du complexe pour le relier au reste de la France et à l'Europe du Nord. Des relations privilégiées avec l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle existent par ailleurs pour accueillir des touristes de l'ensemble de l'Europe.

En s'implantant à Paris, la stratégie de la Walt Disney Company est double. D'une part, il s'agit d'établir en Europe un parc Disney susceptible de drainer un espace touristique le plus large possible. Plusieurs choix s'offraient à la firme, dont celui de Barcelone, mais ce dernier a été abandonné du fait de sa position européenne plus excentrée. D'autre part, au niveau local, la firme déploie une stratégie foncière en relation avec les communes qui viabilisent les terrains et les entreprises immobilières qui les lotissent selon un cahier des charges déterminé par la firme dont le parti pris architectural est d'inspiration néo-haussmannienne. La Walt Disney Company possède un périmètre assez étendu autour des parcs pour mener sa stratégie de développement foncier (document ci-dessous à droite).

On peut ainsi dire que DR Paris est un véritable initiateur d'urbanité et constitue un puissant moteur, non seulement dans l'avancée du front urbain et dans la structuration du Val d'Europe, mais aussi dans la cohérence de cette partie IV de la ville nouvelle. L'urbanisme, tout comme l'urbanité, du Val d'Europe sont engendrés par le rôle structurant de DR Paris qui met en place un véritable projet urbain.

Les implantations Disney à Tôkyô à gauche) et à Paris (à droite)

Ci-dessus : Plan de la ville d'Urayasu, de son expansion progressive, et de l'insertion de Tôkyô DR. La nouvelle ville d'Urayasu s'est développée, passant de simple village de pêcheur (mura), à communauté urbaine (machi) en 1909, puis à ville (shi) en 1981.

Ci-contre : Plan du complexe de DR Paris, des possessions de Euro Disney SCA et des équipements impulsés par la firme Disney en temps qu'initiatrice d'urbanité.

Réalisations : Raphaël Languillon - Aussel, 2010

Avec Tôkyô DR, la stratégie de développement est très différente. Oriental Land Company (OLC) qui gère Tôkyô DR n'avait pas, à l'origine, vocation à construire le complexe Disney. C'était une entreprise qui menait une stratégie foncière en accord avec les pratiques japonaises de l'époque. Ainsi, OLC appartient aux trois acteurs traditionnels de la construction urbaine au Japon : une ôtemintetsu [3], une entreprise immobilière, et une collectivité locale. La préfecture de Chiba a construit les terre-pleins, OLC les a ensuite loti, puis vendu à des particuliers. C'est sur ce principe que la nouvelle ville d'Urayasu s'est développée, passant de simple village de pêcheur (mura), à communauté urbaine (machi) en 1909, puis à ville (shi) en 1981 (document ci-dessus à gauche).

Il y a donc bien une stratégie foncière avec OLC, mais qui n'a pas de lien ni avec la Walt Disney Company, ni avec Tôkyô DR. Tôkyô DR est un projet qui est apparu presque inopinément dans une perspective de diversification des activités d'OLC à laquelle s'ajoute une politique de transport de la part de la Keisei (l'actionnaire majoritaire de OLC). Il n'y a donc aucune volonté d'ancrer Tôkyô DR dans son environnement immédiat ou de créer un pôle de développement dans la banlieue Est de Tôkyô, contrairement à la situation parisienne.

L'État japonais, traditionnellement peu aménageur, a cependant construit un certain nombre d'équipements de transport dont Tôkyô DL a bénéficié, sans que ces équipements n'aient été construits exclusivement pour le complexe. Ainsi, le premier axe qui a porté la croissance de Tôkyô DR a été l'autoroute Tokyo Expressway Wangan Line, ce qui explique l'importance atypique de la route dans le développement de Tôkyô DR, dans un pays où le rail a été un puissant moteur de développement urbain et touristique. Construite dans les années 1980 entre Tôkyô et Soga, au sud-ouest de Chiba, pour un parcours de 43 km, la ligne Keiyö a ouvert partiellement en 1986 et a été complétée en 1990. La gare de Maihama qui dessert Tôkyô DR a été inaugurée en 1988. Elle est actuellement contrôlée par la JR East, héritière de la privatisation des lignes publiques JR (Japan Railway). Cette ligne part de la gare de Tôkyô en utilisant le terminal 2 construit à l'origine pour la ligne de shinkansen (TGV japonais) entre Tôkyô et l'aéroport international de Narita mais qui n'a jamais été réalisée (document ci-dessous à gauche).

Le complexe de Tôkyô Disney Resort : anatomie et transports

Réalisations : R. Languillon-Aussel

Ainsi, contrairement à DR Paris, Tôkyô DR n'est pas directement relié au reste du pays, mais est principalement greffé sur les réseaux de Tôkyô et du Kantô. Tôkyô DR ne structure pas l'urbanisme, et encore moins l'urbanité, de la nouvelle ville d'Urayasu, qui s'étend sans relation avec le complexe Disney fonctionnant à une autre échelle, plus métropolitaine que locale.

Synthèse du rôle de chaque acteur dans l'aménagement des complexes Disney

Les réceptions nationales des complexes Disney en France et au Japon

La réussite du complexe japonais

À l'échelle mondiale, les plus grands parcs à thème sont les parcs Disney (document ci-contre). DR Paris et Tôkyô DR sont les plus grands parcs à thème de leurs continents respectifs. Néanmoins, contrairement à DR Paris, la réussite de Tôkyô DR est incontestable. C'est le parc d'attraction le plus rentable du Japon et du monde : il n'arrive en seconde position derrière Walt Disney World à Orlando (Floride) qu'en terme de fréquentation.

Le secteur des parcs à thème est plutôt dynamique au Japon. Entre 2000 et 2004 il a augmenté de plus de 70%, passant de 473 milliards de yens à 632 milliards (document ci-dessous à droite). Dans le même temps, la place de Tôkyô DR gagne près de 3 points sur l'ensemble de ses concurrents, pour atteindre près de 40% des parts du marché, soit largement plus du tiers du secteur. En comparant avec la fréquentation touristique des autres grands parcs à thème au Japon, la fréquentation de Tôkyô DR était, en 2005, le triple du deuxième, Universal Studios Japan (source OLC).

La fréquentation des plus grands parcs d'attractions au monde en 2007 [4]

Réalisation : R. Languillon-Aussel. Source : TEA (Themed Entertainment Association), rapport 2009 www.teaconnect.org/etea/TEAERA2008.pdf

La fréquentation de Tôkyô DR de 1983 à 2005 est presque en hausse continue (document ci-dessous à gauche). Celle-ci peut se découper en trois phases. On repère trois périodes. De 1983 à 1990 le complexe démarre en pleine euphorie de la bulle spéculative japonaise des années 1980. Les années 1990 marquent une stagnation (autour de 16 millions de visiteurs par an) correspondant à une période de crise économique du Japon durant laquelle bon nombre de parcs d'attractions font faillite. Une troisième période s'ouvre avec les années 2000 qui voient le redémarrage de l'économie japonaise. L'ouverture d'un second parc en 2002 fait exploser la fréquentation, jusqu'au seuil de saturation de 25 millions de visiteurs par an atteint en 2003, marquant une nouvelle période de stagnation conjoncturelle.

Caractéristiques de la fréquentation de Tôkyô DR (évolution, poids économique, origine géographique)

Réalisations : R. Languillon-Aussel Source : Oriental Land Company, www.olc.co.jp

Dans le détail de cette fréquentation, les 2/3 des visiteurs de Tôkyô DR viennent de la région métropolitaine de Tôkyô, ce qui renforce la dimension urbaine de Tôkyô DR et en fait un espace de loisirs urbains avant d'être un espace touristique (document ci-dessus à droite). Néanmoins, pour un peu plus du tiers des visiteurs, le complexe est un lieu de vacances et suppose une rupture spatio-temporelle avec le quotidien, ce qui tient bien du tourisme. En fonction de la population considérée, la nature de Tôkyô DR change : espace touristique exotique pour certains, espace de loisirs urbains pour d'autres. D'une façon plus générale, près de 80% des visiteurs viennent d'une des trois grands aires urbaines du Japon : les aires urbaines de Tôkyô, d'Ôsaka et de Nagoya. La très faible part d'étrangers fait de Tôkyô DR un complexe plus national qu'international, qui relève plus des loisirs urbains que du tourisme (documents ci-dessus).

Sociologiquement, la majeure partie de la fréquentation de Tôkyô DR est féminine (75%) et adulte (67%), 50% des visiteurs étant des femmes adultes. Ce taux atypique fait la spécificité de Tôkyô DR et correspond à un phénomène social japonais assez unique : la figure de la burikko (littéralement femme-enfant) caractérisée par un mode de vie féminin qui consiste à prolonger une attitude enfantine au-delà de l'enfance, durant l'adolescence et l'âge adulte.

Tôkyô DR a su exploiter au maximum sa situation au sein d'une aire urbaine dans laquelle 30 millions d'habitants vivent dans un périmètre de 50km de rayon, mais, la véritable réussite de Tôkyô DR tient à la fidélisation de la clientèle. Les visiteurs de Tôkyô DR sont à 80% des habitués qui sont déjà venus au moins une fois. Contrairement au complexe de Paris qui souffre de ne pouvoir le faire, Tôkyô DR a construit sa réussite sur le très fort taux de "revenants" (repeaters : 80% à Tôkyô contre 50% à Paris) qui explique sa croissance presque ininterrompue.

En pop-up : Japonisation et patrimonialisation à Tôkyô Disney Resort

Au Japon, le complexe Disney traduit, à la base, une fascination pour les États-Unis autant que pour le monde de Disney. Si on regarde le décor des parcs, surtout de Tôkyô DL qui a été le premier à ouvrir, les États-Unis sont omniprésents : drapeaux, bâtiments, technologies. À l'origine, le séjour à Tôkyô DR était présenté comme un séjour à l'étranger et le Japon y était nié. Toute référence au contexte urbain extérieur ou à la civilisation japonaise était taboue. Par exemple, le parc interdit les bentô (repas/pique-nique) dans le complexe. OLC a aussi interdit les hanbaiki (distributeurs automatiques japonais) qui envahissent les rues des villes du Japon et sont devenus identitaires du paysage urbain et des pratiques de consommation japonaises. (...)

La japonisation et l'américanisation sont ainsi deux notions en tension dans le complexe de Tôkyô DR. (...) Lire l'article complet

Les difficultés du complexe européen

Malgré les efforts d'aménagement de l'État et des collectivités territoriales, DR Paris connaît de graves difficultés financières qui résultent autant d'une mauvaise gestion interne que d'une fréquentation en deçà des prévisions. Ainsi, la fréquentation de DR Paris représente la moitié de celle de Tôkyô DR, avec 15 millions de visiteurs en 2008 (document ci-dessous à droite). Si en 2008, les résultats financiers d'Euro Disney SCA deviennent positifs, avec un gain de 1,7 millions d'euros, contre une perte de 42 millions d'euros en 2007, les résultats de 2009 sont redevenus négatifs suite à la crise, avec une perte nette de 63 millions d'euros. Au total, la dette du groupe est de près de 2 milliards d'euros (EuroDisney SCA, rapport financier semestriel de mars 2009).

Néanmoins, DR Paris offre un certain nombre de points forts. C'est la première destination touristique de France et d'Europe. Avec ses 15 millions de visiteurs, sa fréquentation est le double de celle du Louvre (8,5 millions en 2009), de la Tour Eiffel (6,6 millions en 2009) ou de Versailles (6 millions en 2008). DR Paris est par ailleurs bien plus attractif que ses principaux concurrents français : en 2006, le parc Astérix a enregistré 1,7 millions d'entrées (10 fois moins que DR Paris), le Futuroscope 1,4 millions et le Puy du Fou 1,2 millions. DR Paris constitue également le cinquième pôle hôtelier de France, avec 8 000 unités d'hébergement, derrière Paris, Lourdes, Nice et Lyon. En tout, DR Paris représente 5% des capacités hôtelières de France et 10% du total des nuitées d'Ile-de-France.

Origine des visiteurs et fréquentation de DR Paris

Sources : à droite, site EuroDisney SCA http://corporate.disneylandparis.fr/index.xhtml ; à gauche, EuroDisney SCA, rapport financier semestriel de mars 2009, http://corporate.disneylandparis.fr/.../fr-2009-rapport-financier-semestriel.pdf

Contrairement à Tôkyô DR, la fréquentation de DR Paris est très internationale avec une forte composante de touristes d'Europe du Nord (document ci-dessus à droite). Ainsi, moins de 50% des touristes sont français. Le fait que le réservoir de touristes de DR Paris soit européen est un facteur de force (320 millions de visiteurs potentiels à 2h d'avion, en plus des 17 millions de visiteurs potentiels à 2h de train ou de voiture), mais aussi de vulnérabilité : la fréquentation étrangère a baissé durant ces dernières années suite à la crise. L'attractivité de DR Paris est importante : cette visite est la motivation unique de 55% des visiteurs étrangers et de 78% des visiteurs français de province. Contrairement à Tôkyô DR, DR Paris est donc véritablement un complexe touristique (et non de loisirs urbains) de dimension internationale, mais il reste un complexe en difficulté financière.

En conclusion :

L'étude comparée entre Tôkyô DR et DR Paris fait apparaître des éléments importants du processus de mondialisation des pratiques et des équipements touristiques ainsi que des formes spatiales de la mise en tourisme.

L'étude met en lumière des facteurs d'aménagement convergents, tant au niveau de la scénographie qu'au niveau de l'aménagement des parcs en eux-mêmes mais aussi d'importants facteurs divergents, à plusieurs niveaux : les acteurs de l'aménagement touristique sont fort différents, la place de la firme Disney dans le système financier et dans le développement des complexes est différente, tout comme les pratiques touristiques ("revenants" ou pas), la fréquentation (nationale ou internationale), la gestion des complexes et le thème des seconds parcs.

Au-delà de la forme spatiale proprement dite qui est assez identique, des éléments non visibles mais qui sous-tendent le dynamisme et pour ainsi dire supportent le sens de chaque complexe Disney, diffèrent entre Paris et Tôkyô. Cette conclusion confirme, comme d'autres travaux ont pu le faire ailleurs, que le visible, le paysage, la forme concrète, ne suffisent pas à appréhender le sens géographique d'une forme spatiale, refusant par là de réduire la géographie à la seule science du visible.

Il est vain de nier une certaine homogénéisation des formes et des pratiques, imputable à la mondialisation. Mais il est tout aussi vain de nier les fortes dissemblances imputables aux cultures nationales, aux aléas divergents et aux effets d'aubaine liés aux conjonctures propres à chaque espace, aux spécificités de chaque système d'acteurs, en un mot, à la singularité de chaque lieu, indépendamment de l'apparente homogénéité des formes qu'a contribuée à mettre en lumière la comparaison entre Tôkyô DR et DR Paris.

Notes

[1] Raphaël Languillon-Aussel, normalien de l'ENS de Lyon, agrégé de géographie, doctorant à l'Université Lumière Lyon 2 (Université de Lyon), UMR 5600 "Environnement, ville, société"

[2] En 2008, chaque visiteur de DR Paris a dépensé en moyenne 215 euros hors du site, dont 70 euros hors hôtellerie et restauration.

[3] Otemintetsu : compagnie de chemin de fer privée japonaise, contraction de l'expression ôte minkan tetsudô, littéralement "principales compagnies ferroviaires privées". Voir l'article de Natacha Aveline : "Tôkyô, métropole japonaise en mouvement perpétuel", septembre 2006, http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/urb1/MetropScient3.htm

[4] Un projet de parc Disney à Shanghai pourrait voir le jour dans les prochaines années. Au terme de dix années de discussions de dix ans entre Disney et les autorités chinoises, un protocole d'accord a été approuvé par le Conseil d'État chinois en novembre 2010 et un accord détaillé a été signé avec les autorités locales pour définir les modalités de gestion conjointe de Shanghai Disneyland, un groupe d'investissement contrôlé par la municipalité de Shanghai en détiendrait une part majoritaire. D'autres autorisations sont encore nécessaires pour que le chantier puisse être engagé et son ouverture ne peut guère être envisageable avant 2014 ou 2015. Le parc qui s'étendrait sur une superficie de 500 hectares (3,5 fois la superficie du site de Hong Kong) sur la ville de Chuansha, dans le district de Pudong, à proximité de l'aéroport international, devrait nécessiter l'expropriation de nombreux agriculteurs. Le parc, dont le coût a été évalué à 2,6 milliards de dollars, serait le premier en Chine continentale et le sixième dans le monde, après ceux des États-Unis (Californie et Floride), du Japon, de la France et celui installé à Hong Kong.

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Références webographiques

pour Géoconfluences le 4 février 2011

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