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Agrobusiness, agro-exportations

Publié le 26/02/2013

L'agrobusiness brésilien (ou "agronegócio"), basé sur la production agroalimentaire du pays et tourné vers la commercialisation et les exportations, représente environ le 1/3 de son PIB. Il y a, au Brésil, trois sources principales de croissance de l'agronegócio : l'insertion dans le processus de modernisation de nouvelles terres et de nouveaux producteurs, la croissance du marché intérieur et celle de la demande à l'exportation.
Les exportations agroalimentaires du Brésil ont connu une croissance régulière depuis le milieu des années 1980, avec une véritable explosion depuis 2001. Entre 2001 et 2005, elles ont ainsi progressé de 16,3% par an en moyenne, cette augmentation ayant été encore plus soutenue, s'établissant à 26% par an, à destination de certains pays émergents, comme la Russie ou la Chine. Conséquence de cet accroissement des échanges agroalimentaires, leur solde, excédentaire, s'est élevé, en 2006, à 42,7 milliards de dollars, soit 93% de l'excédent de la balance commerciale brésilienne (46,1 milliards de dollars). Le Brésil est parvenu, au fil des ans, en tête des exportations mondiales de soja, de sucre et d'éthanol, de boeuf, de poulet, de tabac ou de jus d'orange.
Le Brésil exporte environ 40% de sa production agricole vers l’Union européenne. Mais, en 2009, la Chine est devenue son premier partenaire commercial (devant les États-Unis et l'Argentine), et le premier importateur de biens brésiliens, toutes origines confondues. Les exportations du Brésil vers la Chine ont, en valeur, été multipliées par quinze entre 2000 et 2008. Or, elles sont principalement constituées de matières premières (soja, minerai de fer).
Ces filières agro-exportatrices sont portées par de puissants groupes brésiliens tels que le géant Brasil Foods (BRF, issu de la fusion de Sadia et Perdigão en 2009) ou par des firmes transnationales d'origine étrangère très présentes au Brésil (Monsanto, Syngenta, Unilever, Nestlé, Bunge, Danone, Cargill, Bayer, Doux par sa filiale brésilienne Frangosul, etc.).
D'après les "Perspectives agricoles 2008 - 2017" de l'OCDE et de la FAO, l'épicentre de la production agricole mondiale va continuer à se déplacer vers les pays émergents comme le Brésil ou l'Argentine, grâce à leurs réserves foncières mais surtout grâce à leur gains de productivité. La part excédentaire de leurs productions pourra faire l'objet d'exportations croissantes.

Pour prolonger, dans ce dossier :
- L'agriculture brésilienne en mouvement : performances et défis (Hervé Théry)
- Le cadre général des échanges internationaux : organisation des marchés, fluctuations des cours avec l'exemple du sucre et du soja.
- Le Brésil acteur et stratège dans les négociations agricoles internationales (Martine Guibert)