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Délocalisation, localisation, relocalisation

Publié le 15/02/2013

Transfert, déplacement, abandon d'une localisation, au profit d'une autre, plus ou moins lointaine, par une entreprise, pour une activité. La mobilité des entreprises vise à mettre à profit les avantages comparatifs de ces nouvelles destinations : coût de main d'oeuvre, législations et fiscalités, nouveaux marchés.

Souvent, délocalisations rime avec désindustrialisation. Les traumatismes subis par les personnels concernés, parfois, par des bassins d'emploi entiers, sont indéniables. Au-delà de l'émotion, quelles sont les réalités, quels sont les faits ?
La désindustrialisation ne résulte que très partiellement des délocalisations mais plus largement des évolutions des modes de production et de consommation. Si, en termes d'avantages comparatifs, de concurrence internationale, la France (comme les autres pays développés) est pénalisée sur le plan des salaires, elle l'est moins sur ceux de la productivité, de la valeur ajoutée, de la formation, du fonctionnement des infrastructures. Dans ce contexte, les territoires les plus vulnérables, les plus touchés, sont ceux dont les spécialisations économiques étaient avant tout industrielles, parfois mono-industrielles et dont les activités reposaient peu sur les services.
Globalement, la part de l'emploi industriel est passée de 24% de la population active en 1980 à 15,2% en 2002, en valeur, la part de la production industrielle dans le PIB est passée de 25% en 1970 à 16,1% en 2002. Il faut cependant remarquer que cette baisse est en large partie due à l'externalisation, par les entreprises industrielles, de différentes tâches relevant des services (nettoyage, comptabilité, logistique, etc., ce que l’on appelle le tertiaire industriel) et aux gains de productivité (4,1% par an depuis 1990). C'est ainsi que les activités de services aux entreprises (incluant l'intérim) représentent 3,1 millions d'emplois en 2002 contre 1,5 en 1980 (source INSEE).
Il convient de faire aussi le bilan entre les activités qui se délocalisent et celles qui s'implantent sur le territoire français, résultat de l'Investissement direct étranger (IDE) en France. Il faut aussi distinguer vraies et fausses délocalisations. Lorsqu'une entreprise investit en Asie, c'est pour se rapprocher de marchés, de consommateurs. Ce n'est pas forcément une délocalisation. En 2003, les délocalisations "véritables" n'ont représenté que 4% de l'ensemble des investissements français à l'étranger. Inversement, l'emploi industriel en France bénéficie d'investissements étrangers (voir des exemples sur le site de l'AFII *).

Après avoir avant tout concerné certaines fabrications de biens et d'équipements dans des secteurs tels que l'habillement, l'électro-ménager, l'électronique, etc., les délocalisations touchent aujourd'hui également des activités de services à distance : télé-opérateurs, conseils et assistances téléphoniques, centres d'appels, par exemple.

Que ce soit à l'échelle nationale ou européenne, la quête de nouvelles politiques économiques s'impose. Elles ne pourront aboutir qu'en s'appuyant sur d'importants efforts en R&D. Or, à l'échelle européenne, il n'y a pas, pour l'industrie ou les services, l'équivalent de la PAC. Le Conseil européen de Barcelone (2002) avait fixé, pour 2010 et dans la continuité du "processus de Lisbonne", pour objectif une augmentation de plus de 50% en valeur réelle des dépenses totales en R&D de l'UE (elles passeraient ainsi à 3% du PIB), dont 67% pour la part du secteur privé. L'objectif est loin d'être atteint. De son côté, la France s'engage dans une nouvelle politique volontariste d'industrialisation par l'innovation en lançant de nouveaux "Pôles de compétitivité".

- Sur Géoconfluences (article indépendant) :
Technologies de l'information et de communication : quels effets sur les territoires ?

- L'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) : www.investinfrance.org/France/?l=fr
- Rapport d'information du 10 mai 2005 par la Commission des finances, de l'économie générale et du Plan à l'Assemblée nationale, Les outils de la politique industrielle :
www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2299.asp
- Site du Sénat :
> Rapport d'information n° 416 (2004-2005) de Jean Arthuis, fait au nom de la commission des finances du Sénat (22 juin 2005) - La globalisation de l'économie et les délocalisations d'activité et d'emplois (tomes 1 et 2, annexes dont l'étude Katalyse sur "Les délocalisations des métiers de service" : www.senat.fr/rap/r04-416-1/r04-416-1.html et www.senat.fr/rap/r04-416-2/r04-416-2.html
> Rapport d'information n° 374 (2003-2004) de M. Francis Grignon, fait au nom de la commission des affaires économiques (23 juin 2004) - Délocalisations : pour un néo-colbertisme européen :
www.senat.fr/rap/r03-374/r03-374.html
- Sur le site de La documentation française , dossier Les grands axes de la politique industrielle française, janvier 2012
- Baromètres annuels de l'attractivité des territoires - Études d'Ernst & Young : http://www.ey.com/FR/fr/Issues/Business-environment

Mise à jour : juillet 2005

 

 


Corrélats :

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