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Espaces-déchets, wastelands et junkspaces

Publié le 18/10/2018

Les wastelands, espaces-déchets, ne représentent pas seulement les espaces sacrifiés pour l’entassement et le traitement des déchets, c’est-à-dire les décharges, mais plus généralement les espaces qui sont consommés comme des produits puis « jetés » après usage.

Les géographes Marie-Noëlle Carré et François-Michel Le Tourneau, qui se sont intéressés au cas des wastelands nord-américains et en ont proposé la traduction française « espaces-déchets », ont montré que ce mode de consommation de l’espace, particulièrement courant en Amérique du Nord, repose sur le « mythe de l’abondance, de l’immensité et de la sous-occupation humaine ».

Ils citent comme exemple « les terres dégradées, les cimetières d’infrastructures, les villages fantômes, les mines orphelines ». Ils y ajoutent les espaces « considérés comme des résidus » après qu’une exploitation intensive de leur ressource en a dégradé durablement l’environnement, citant la forêt primaire amazonienne, les terres agricoles salinisées, ou les terrains livrés à l’extraction de sables bitumineux en Alberta.

Ils précisent la différence avec les junkspaces de l’architecte Rem Koolhaas, ces derniers étant les espaces de mauvaise qualité produits par la standardisation, mais qui restent fonctionnels : centres commerciaux, fast-foods, parkings en fonctionnement…

Les deux auteurs distinguent trois types d’espaces déchets, par accumulation (décharges et « cimetières » industriels), par construction (ruines, friches et infrastructures abandonnées) et par dégradation (espaces pollués, défrichés, dégradés, et « zones mortes » marines).

Octobre 2018.

Références
Pour compléter