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Friches

Publié le 15/02/2013

Les friches sont des terrains qui ont perdu leur fonction, leur vocation, qu’elle soit initiale ou non : friche urbaine, friche industrielle, friche commerciale, friche agricole. Laissées momentanément à l'abandon, ces surfaces peuvent fournir l'opportunité de repenser l'aménagement du territoire, tant en milieu rural qu'urbain. La situation n'a pas de caractère irréversible : la friche peut être réaffectée à une activité comparable ou être réaffectée à une autre activité (anciennes usines réhabilitées en ensembles résidentiels, de bureaux ; terrils en espaces de loisir, etc.). Il s'agit donc souvent d'un temps d'attente, d'une situation transitoire entre un usage et un autre.

En milieu rural, la définition de la friche est assez ambiguë, polysémique, variable en fonction des spécialistes. On peut s'accorder sur le fait qu'elle désigne un espace agricole récemment abandonné, qui a été cultivé. Il est donc, statistiquement, sorti de la Surface agricole utilisée (SAU) et laissé à la végétation spontanée. La friche est une situation temporaire car elle est destinée à devenir un bois, une forêt, des landes, etc. ou à être cultivée à nouveau. Il faut se méfier des statistiques sur la friche, tantôt attribuée aux formations forestières, tantôt à des usages agricoles, ce qui provoque des biais de lecture et d'interprétation.
Il arrive que l'on confonde la jachère, pratique de mise en repos de la terre pour des raisons biologiques ou économiques (dans le cadre de la politique de la PAC par exemple), avec la friche.
La friche est souvent connotée péjorativement, associée à des terrains à fortes contraintes (pente, sol, etc.). L'ouvrage du journaliste Éric Fottorino, "la France en friche", publié en 1989, témoignait d'une forme de psychose, la nature ayant horreur du vide. Il existe de fait des visions contrastées de la friche. Par exemple, pour les agriculteurs, c'est le symbole de l'abandon, de la désolation, du renoncement. Pour les écologues, c'est un milieu aux riches potentialités biologiques.
En milieu urbain, on peut distinguer différents types de friches. Les friches de la périphérie urbaine, désaffectées par les activités agricoles, industrielles ou logistiques (penser aux vastes emprises de la SNCF), sont en attente d'une utilisation de type urbain et d'une valorisation sous l'effet de la pression foncière. Les friches urbaines en espace bâti, sont en réserve et en attente de réaffectation et de projet d'urbanisme de rénovation ou de réhabilitation. Ces friches peuvent résulter de la démolition d'espaces résidentiels déclassés ou d'espaces d'activités industrielles ou commerciales désaffectées. Des quartiers entiers font l'objet d'opérations mixtes État, collectivités et UE par le biais d’établissements publics en charge des opérations de réaffectation (portage financier, maîtrise d’ouvrage, appui technique, etc). La rénovation de certaines friches industrielles a pu se faire en bénéficiant des fonds structurels de l'Objectif 2 de l'UE. Par exemple, dans ce cadre, en région Île-de-France , le ratio des friches industrielles par habitant sur une zone éligible de 100 000 hab. doit passer de 21,5 ha/hab en 2000 à 16 ha/hab en 2006.

- Voir l'article de Clément Dodane : De la déprise au boisement, les nouvelles forêts ardéchoises

Mise à jour : octobre 2010