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Risque sanitaire

Publié le 15/02/2013

Le risque sanitaire correspond à la probabilité que survienne un événement nuisible à la santé d'un individu ou d'un groupe d'individus. Son identification et son analyse sont des éléments de détermination de la politique de santé publique. Plusieurs critères sont retenus : le degré de gravité, le fait d'être attendu ou fortuit, d'être accepté ou subi. On parle de risque individuel lorsque c'est la personne elle-même qui a une conduite à risque (addictions) et de risque collectif lorsqu'un nombre important de personnes est concerné par la menace (épidémies, pandémies, altérations environnementales).
Le risque absolu représente, pour une personne donnée et compte tenu de ses caractéristiques, la probabilité de survenue d'un événement sur une période. Par exemple, le risque absolu coronarien dans les 10 ans en cas d'hypercholestéromie et de tabagisme voisine les 11%. Le risque relatif est le rapport de l'incidence d'un événement dans un population exposée à un facteur de risque à l'incidence dans une population non exposée. Par ex. l'individu qui fume a 1,5 fois plus de risque d'avoir un accident coronarien qu'un non fumeur.
Les risques sanitaires susceptibles d’affecter la santé de la population peuvent résulter : d’agents infectieux (virus, bacilles), de produits chimiques (amiante, pollution) ou de substances radioactives, de produits utilisés dans le système de soins (médicaments, sang, organes), d’actes thérapeutiques ou de dysfonctionnements des organisations de soins (maladies nosocomiales). L'exposition aux risques sanitaires peut dépendre : d'écosystèmes et de milieux "naturels" (exposition solaire pour le mélanome, vecteurs pathogènes du paludisme, aléas d'inondation, de séisme, etc.) ; de prédispositions héréditaires, génétiques ; des conditions de travail (mésothéliome de l'amiante, silicose des mineurs, ...) ; des polluants d'origine anthropique (micro-particules atmosphériques ou pesticides) ; des modes de vie de responsabilité individuelle (tabagisme, addictions).
La gravité du risque et sa fréquence dans une population sont fonction de la longueur et de l'intensité de l'exposition (voir l'entrée toxicologie) et elle justifie l'établissement des normes réglementaires. Cependant, la perception sociale des risques n'est pas toujours rigoureuse et proportionnée. L'information (voire la surinfomation) de l’opinion publique ne conduit pas nécessairement à une juste évaluation des risques sanitaires : surestimation, dramatisation de certains risques statistiquement peu probables mais fortement médiatisés et inversement sous-estimation de risques beaucoup plus avérés.

De ce point de vue, la situation des pays développés diffère très sensiblement de celle des pays en développement car leurs niveaux de vulnérabilité sont très différents. Et, à l'intérieur même des pays développés, la situation diffère d'un groupe socio-spatial à l'autre.
Dans les pays du Nord, comme la France, alors que la qualité de l'air, de l'eau, se sont considérablement améliorées depuis le début du XXe siècle, on observe une inquiétude croissante du public à l'égard des risques pour la santé. Un certain catastrophisme, parfois très médiatisé, amplifie certains risques, réels mais aux portées collectives limitées. Au demeurant, les risques environnementaux sur la santé sont en partie mal évalués.
Par contre, la situation sanitaire de certaines populations des pays du Sud est alarmante. Les risques de diffusion non contrôlée de certains virus y sont réels : fièvres hémorragiques de Lassa et de Marburg, virus du SRAS (pneumonie atypique), virus Ebola, etc. Et bien entendu, l'épidémie de sida (virus HIV) qui paraît hors de contrôle dans certains pays, africains notamment.
L'analyse géographique épidémiologique peut s'appuyer sur l'étude de modèles de diffusion permettant d'en dégager certaines logiques spatiales.

Pour compléter, pour prolonger :
- Choléra : géographie d'une pandémie. Étude de cas : Haïti, 2010 - 2012 (Sylviane Tabarly)
- Lieux d’émergence et territoires de diffusion de la fièvre hémorragique à virus Ebola au Gabon et en République du Congo (Clélia Gasquet-Blanchard)
L’infection à VIH/sida, image de la fracture Nord-sud (Jeanne-Marie Amat-Roze)
- Rubrique "géographie vivante" du dossier Géographie de la santé : espaces et sociétés, Expertise, gestion du risque et santé publique 
Rubrique "géographie vivante" du dossier Risques et sociétés : La gestion du risque sanitaire de l'amiante : une comparaison France / États-Unis

Et aussi : 
- Le Journal du CNRS, Sur la piste des "nouveaux virus", n° 170 171, mars/avril 2004 : www2.cnrs.fr/presse/journal/1339.htm
- Pasteur, Le Mag', Sur la piste des virus émergents, octobre 2008,
http://www.pasteur.fr/ip/resource/filecenter/document/01s-000029-00f/pasteur-mag-6.pdf
- Les différents rapports sur la santé dans le monde de l'OMS : www.who.int/whr/fr et les "thèmes de santé" : www.who.int/health_topics/fr
, octobre 2008,

Mise à jour : juin 2012