Vous êtes ici : Accueil Vocabulaire et notions générales Système de villes, système urbain

Système de villes, système urbain

Publié le 15/03/2013

L'étude des systèmes de villes (ou systèmes urbains) met l'accent sur les aspects relationnels, les interactions et interdépendances entre les villes d'un réseau urbain. Les villes, organisées en systèmes, mettent en jeu différents types de relations :
- relations fonctionnelles (échanges physiques d'informations, de marchandises, de personnes),
- relations hiérarchiques (commandements emboîtés ou sécants, fonctions d'encadrement des territoires),
- relations de concurrences et/ou de synergies.
Ce système est un territoire plus ou moins vaste selon la taille des villes : le plus souvent régional ou national, il peut être continental voire mondial, dans le cas des métropoles.
L'évolution des systèmes urbains fait alterner des phases de stabilité et des bifurcations.

Pour compléter :
- Aurélien Delpirou et Dominique Rivière, Réseau urbain et métropolisation en Italie : héritages et dynamiques, 2013

- Sandrine Berroir, Nadine Cattan, Marianne Guérois, Fabien Paulus, Céline Vacchiani-Marcuzzo, Les systèmes urbains français et leur métropolisation. DATAR, Travaux en ligne n°10, 2012.

- Denise Pumain, Anne Bretagnolle, Céline Vacchiani-Marcuzzo, « Les formes des systèmes de villes dans le monde », in MATTEI M.-F., PUMAIN D. (dir), Données urbainesParis, Anthropos, 2007, ch. 5, pp. 301-314.

Mise à jour : avril 2015
 

Système urbain indien | Système urbain russe

Système urbain indien

Le premier système urbain remonte à l'empire moghol, durant la période médiévale, quand, sur les trois quarts de l’espace indien, la maîtrise du territoire est assurée par les villes. Lorsque les Britanniques prennent le contrôle du sous-continent, leur administration continue de s’appuyer sur les différents centres déjà en place et développe trois grandes métropoles portuaires, capitales de leur empire indien, Madras, Bombay et Calcutta, au détriment des autres villes du système. Durant la première moitié du XXe siècle, Delhi reprend un statut de capitale nationale, appuyé sur le nouveau quartier planifié de New Delhi. Cette restructuration de la trame urbaine se poursuit tout au long du XXe s. et stabilise le système.
Depuis l’accès à l'Indépendance, se produit un rééquilibrage progressif des sous-systèmes urbains régionaux en ce sens que les écarts entre le développement très important des plus grandes métropoles et le reste des villes indiennes se réduit. Il en résulte la forme actuelle du système urbain indien.

Voir :
Joël Querci & Sébastien Oliveau, Le système urbain indien : une construction ancienne en changement rapide, 2015.

Mise à jour : avril 2015


Système urbain russe

À quelles conditions l’espace post-soviétique peut-il s’insérer dans l'espace-monde ? À l'échelle de la Fédération, sur quelles bases un réseau urbain peut-il se recomposer en tenant compte de l’héritage d’une période pendant laquelle Moscou, la ville-capitale, siège du pouvoir, commandait tous les développements urbains dans le cadre d'un espace de développement autarcique.
Le système urbain russe compte 13 villes de plus d'un million d'habitants. Moscou compte 9 millions d'habitants et Saint-Pétersbourg 5 millions. Mais les autres villes, même les plus grandes, n'étaient conçues que comme des agrégats de combinats industriels et comme lieu de résidence de la main d'œuvre nécessaire. Ainsi, à la fin des années 1980, la grande ville soviétique différait profondément de la grande ville occidentale (Marchand, 2001). Chaque unité territoriale de l'Union avait son centre, mais ce pôle était réduit à la surveillance administrative et à des fonctions universitaires et hospitalières ; ses compétences ne débordaient pas sur les unités voisines. On avait ainsi une sorte d'"égalitarisme spatial", dans lequel même les grandes villes millionnaires centres d'oblast n'exerçaient pas plus d'influence que des villes hiérarchiquement et démographiquement inférieures. Seules émergeaient Novossibirsk (pôle scientifique de premier ordre) et Leningrad (pôle scientifique et culturel).
La nouvelle Russie de 1991 n'a pas vraiment rompu avec cette tradition. Or, dans un monde globalisé, où les métropoles et leurs régions sont des acteurs de l'économie mondiale, l'espace russe ne peut fonctionner selon des schémas anachroniques. Compte tenu de ses dimensions, il est trop vaste pour être animé par une seule métropole de rang international. La présence d'un certain nombre de métropoles extérieures à proximité des frontières de la Russie peut conduire des régions frontalières russes à passer sous l'influence économique de ces centres métropolitains (Riga, Tallin, Helsinki, Istanbul, voire, à terme, Kiev, à l'ouest ; Sapporo, Harbin, à l'est).
Des villes pourraient cependant être candidates aux fonctions de métropole, par exemple, à l'ouest, Saint-Pétersbourg, Nijni Novgorod, Kazan, Novossibirsk, voire Rostov au sud. À l'est, le poids démographique d'Irkoutsk, de Khabarovsk et de Vladivostok semble insuffisant. Mais trois obstacles freinent les dynamiques de métropolisation : l'hypercentralisation moscovite, le fractionnement de l'espace économique russe, les incertitudes politico-économiques.
L'institution, par le décret présidentiel n° 849 du 13 mai 2002, de sept représentants plénipotentiaires du président (dits "Polpreds") et donc du pouvoir fédéral, à la tête de sept nouveaux districts fédéraux (Moscou, Saint-Pétersbourg, Rostov, Nijni Novgorod, Ekaterinbourg, Novossibirsk et Khabarovsk) couvrant l'ensemble du territoire auraient pu participer à une stratégie de métropolisation de l'espace russe.
La réussite d'une métropolisation supposerait aussi de lancer une véritable politique d'aménagement du territoire en Russie, s'inspirant des expériences réussies dans le monde tout en les adaptant aux spécificités russes : politiques d'accompagnement de pôles de croissance, création d'externalités favorables à l'exercice des fonctions de hub de la métropole (infrastructures de transport, formation, etc.), allègement des contraintes administratives, nouveaux outils législatifs.
L'affirmation d'un réseau de métropoles de niveau mondial en Russie favoriserait la diffusion du développement et de l'innovation et lui permettrait peut-être de sortir du dualisme qui a marqué toute son histoire.

D'après P. Marchand, Métropoles et développement économique en Russie - Rubrique Papers du Pôle d'Études des Politiques Sociales et Économiques (PEPSE) :
http://cemi.ehess.fr/docannexe.php?id=740

Pour compléter :
en corpus documentaire : Institutions et maillages territoriaux de la Fédération de Russie


Mise à jour : février 2005