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Tourisme macabre ou morbide, dark tourism

Publié le 21/06/2021

Le tourisme macabre ou morbide, traduction française du « dark tourism » est une expression dénonçant un système touristique (impliquant pratiques et acteurs) exploitant de façon indécente la notoriété négative de certains lieux. Parmi les types de lieux concernés, dont la liste varie selon les auteurs, on peut relever les lieux de catastrophes (Tchernobyl, vestiges liés au passage d’un ouragan), les lieux de détention (bagnes, camps de concentration), les lieux liés à des crimes de masse (camps d’extermination, lieux de l’esclavage), des lieux d’accidents ou de faits divers morbides, ou des lieux de grande pauvreté (bidonvilles).

Toute mise en tourisme des types de lieux énumérés ci-dessous ne relève pas nécessairement de tourisme macabre. La visite d’un camp d’extermination peut par exemple relever du tourisme mémoriel, si les conditions de visite sont décentes, respectueuses du site et confrontent les visiteurs à une mise en perspective historique. C’est lorsque les acteurs touristiques recherchent le spectaculaire dans le macabre, et que les visiteurs sont placés en position de voyeurisme, qu’il y a lieu d’employer cette expression. Elle relève du jugement de valeur moral d’une pratique qu’elle condamne explicitement.

Dans le champ du patrimoine, la patrimonialisation de sites liés à une mémoire douloureuse doit viser éviter toute forme de tourisme macabre. C’est d’autant plus vrai lorsque la mise en tourisme d’un site officialise des pratiques de visites informelles (d’exploration urbaine par exemple) qui existaient préalablement. L’objectif par les acteurs en charge du site est alors de désamorcer les situations qui risqueraient de placer les visiteurs en position de voyeurs, par des actions de médiation scientifique.

(JBB) avril 2021.


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