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Le Japon : les fragilités d'une puissance

La reconstruction du Tôhoku (nord-est du Japon) après les catastrophes du 11 mars 2011

Publié le 22/11/2017
Auteur(s) : Rémi Scoccimarro, géographe, maître de conférences en langue et civilisation japonaises, Université de Toulouse Jean Jaurès
Le 11 mars 2011, le violent séisme qui a frappé les fonds océaniques au large du Japon a déclenché un tsunami qui a lui-même provoqué une catastrophe nucléaire. L'explosion de plusieurs réacteurs de la centrale de Fukushima n° 1 a contaminé durablement la région et contraint des milliers d'habitants à se réfugier dans des conditions difficiles. La reconstruction des territoires locaux vise à mieux protéger la région du risque sismique et des tsunamis, mais aussi à développer d'autres sources d'énergie que le nucléaire. Cependant, le sort des habitants n'est pas toujours bien pris en compte.

Bibliographie | citer cet article

Le séisme, le tsunami, et la catastrophe nucléaire qui ont frappé le Nord-Est du Japon en mars 2011 ont profondément affecté les territoires et les populations. Quel avenir est possible pour des territoires qui ont subi la destruction des vagues, la contamination radioactive ou les deux à la fois ? Ce corpus montrera les circonstances des catastrophes et leurs différents facteurs, avant d’aborder le problème des réfugiés puis celui de la difficile reconstruction.

1. Les catastrophes du 11 mars 2011

Les territoires frappés par la catastrophe du 11 mars 2011 correspondent à une bande côtière qui court sur un peu plus de 650 km, le long de la façade pacifique du nord-est de l’archipel. Plus que le séisme, pourtant un des plus fort enregistré dans le monde depuis le début des mesures (magnitude 9,1), c’est le tsunami, survenu quelques dizaines de minutes après, qui a causé l’essentiel des destructions et des victimes, mortes noyées pour 92 % d’entre elles.

1.1. Le séisme et le tsunami

Figure 1 : Carte du Tohoku et de la côte du Sanriku, le territoire du nord-est de Honshu

Rémi Scoccimarro — Carte séisme et tsunami 11 mars 2011

Réalisation : Rémi Scoccimarro, 2016.((Tous les documents de ce corpus sont libres de droits pour l'usage pédagogique en classe. Pour tout autre usage, nous contacter.))

Dans l’agglomération de Sendai (1,2 million d’habitants), située à 120 km de l’épicentre, les destructions dues au séisme sont restées mineures et peu spectaculaires comparé à ce que fut le séisme de Kôbe en 1995.

Sur le littoral, le séisme a cependant fragilisé les sols, surtout ceux conquis sur la mer, et provoqué une subsidence de 50 cm à 1,2 m, abaissant d’autant les digues de protection. Les vagues du tsunami sont arrivées sur les côtes entre 30 et 45 minutes après les premières secousses, selon la distance à l’épicentre et les configurations topographiques. Elles ont provoqué une inondation des zones basses côtières, jusqu’à 15 mètres, comme à Ôfunato ou Rikuzentakata. Les vagues ont, elles, atteint des hauteurs de 40 mètres comme à Miyako ou Onagawa. Les surfaces inondées sont très variables selon la topographie : de quelques centaines de mètres sur les côtes basses, comme près de la centrale de Fukushima n° 1, à plus de dix kilomètres dans les vallées côtières qui caractérisent la région du Sanriku.

1.2. La destruction du Sanriku par le tsunami

Figure 2 : Destruction d’une digue géante dans le Sanriku

Rémi Scoccimarro — Photographie consigne d'évacuation à Kamaishi

Au premier plan, consignes d’évacuation en cas de séisme.

Photographie prise par l’auteur en 2011.

La région du Sanriku, dans le nord-est du Japon, est à la fois exposée et vulnérable à l’aléa de tsunami. Situé à proximité de la zone d’occurrence principale des séismes du Japon (la côte Pacifique nord-est), son littoral, découpé en rias étroites et longues, multiplie la force et la hauteur des flots des tsunamis. La surnommant « tsunami Sanriku », les ouvrages de géographie scolaire du Japon consacrent tous un chapitre à cette région. La survenue régulière des tsunamis est cependant bien intégrée par les populations historiques des bourgs de pêcheurs installés sur ces côtes aux grandes richesses halieutiques. La mémoires des derniers grands tsunamis (1960, 1933 et 1896) se transmet entre les générations, et des stratégies d’adaptation face à l’aléa existaient : disposition de certaines structures sur les hauteurs, en particulier les écoles et les mairies, marquage des zones inondables par des stèles commémoratives et des sanctuaires refuges, connaissance des signes avant-coureurs des tsunami (retrait subit des eaux après un séisme) et dictons sur l’attitude à adopter en cas de séisme majeur comme le ten den ko : sauve qui peut, vers les hauteurs, et chacun pour soi.

Ces principes ont été complétés par l’ingénierie civile depuis les années 1950, qui s’est employée à ériger un complexe de protections solide : digues géantes, brise-lames, et amas de tétrapodes protégeaient la totalité des bourgs et des villes moyennes du Sanriku. Ces ouvrages, complétés par des dispositifs d’alerte, ont permis la conquête des zones basses côtières pour l’expansion urbaine, industrielle et portuaire.

1.3. L’échec des ouvrages de protection (Photo digue détruite de Tôni (Kamaishi) 2011)

Figure 3 : Digue détruite de Tôni, à Kamaishi

Rémi Scoccimarro — Photographie digue détruite de Tôni

Photographie prise par l’auteur en 2011.

Le tsunami du 11 mars 2011 a détruit et/ou submergé la totalité des digues de protection. Celles peu élevées (8 m) et fragiles (levées de terres recouvertes de parapets) de la plaine de Sendai, mais aussi les digues plus élaborées, comme celles de Tarô, Ôtsuchi ou Kamaishi, qui culminaient pourtant à 11 mètres. Les quartiers construits derrière la digue ont été rasés par les vagues, consacrant l’échec de ce que l’on pourrait dénommer « l’urbanisme sous la digue », permis par la foi dans la capacité de l’ingénierie à protéger efficacement les zones basses du risque de tsunami.

Dans la plaine de Sendai et d’Ishinomaki, les zones conquises sur la mer pour la riziculture à l’époque moderne ont été progressivement transformées en quartiers urbains ou en zones industrielles après-guerre. Ils hébergeaient des populations peu au fait du risque de tsunami. Proches physiquement de la mer, mais lui tournant le dos, elles furent particulièrement vulnérables. La plupart n’a ainsi pas pris la fuite lors des premières minutes du séisme, au contraire des habitants du Sanriku. C’est le plus souvent la vue des vagues submergeant la digue ou les pinèdes littorales qui a initié le mouvement. Mais dans ces vastes étendues situées à un ou deux mètres au-dessus du niveau de la mer, les hauteurs pour se réfugier sont trop éloignées, de plusieurs kilomètres, laissant peu de chance de survie.

2. L’accident nucléaire de Fukushima et la contamination radioactive du nord du Japon

Dans la centrale de Fukushima n° 1 (fig. 4), l’inondation par les eaux du tsunami a provoqué une perte de contrôle des quatre réacteurs, les plus anciens, sur les six que compte le site. L’ennoyage des moteurs diesel de secours n’a pas permis d’assurer l’arrêt à froid des réacteurs 1, 2 et 3, alors en service (fig. 5), contrairement à ce qu’il s’est passé pour les centrales de Fukushima n° 2, de Tokai et d’Onagawa (fig. 6). Celles-ci, d’une conception intégrant l’aléa de tsunami majeur, n’ont pas connu de détérioration catastrophique. Les explosions survenues dans les réacteurs de Fukushima n° 1 entre le 12 et le 15 mars 2011 ont provoqué la formation de nuages radioactifs qui ont contaminé les abords directs de la centrale, mais aussi de vastes portions du territoire japonais, dont le nord et l’est de la région de Tokyo, et jusqu’aux zones frappées par le tsunami. Une grande partie de leurs habitants ont été exposé à des radionucléides toxiques, tels l’iode 131 dans les semaines qui ont suivi la catastrophe, et sur le long terme, aux retombées de césium 134 et 137. Ces dernières persistent plus longtemps dans l’environnement, jusqu’à 300 ans pour le césium 137. Si on considère le seuil des 30 000 becquerels par m² retenu par exemple pour délimiter les zones contaminées aux abords de la centrale de Tchernobyl, c’est presque 7 % du territoire japonais qui a été concerné par cette pollution (fig. 7). 180 000 personnes ont été progressivement évacuées des zones les plus contaminées, au nord-ouest de la centrale, grossissant le flot des 380 000 réfugiés du tsunami. En 2016 ont comptait cependant encore 170 000 déplacés à la suite de la catastrophe du 11 mars 2011, dont 80 000 pour le département de Fukushima.

Figure 4 : La centrale nucléaire de Fukushima et le Tohoku

Rémi Scoccimarro — Carte Fukushima et le Tohoku

Réalisation : Rémi Scoccimarro, 2017. 

Figure 5 : L’inadaptation des réacteurs nucléaires de Fukushima n° 1 au risque de tsunami

Rémi Scoccimarro — Centrale de Fukushima inadaptation des réacteurs

Source : Tokyo Shinbun du 7 mars 2012.  Réalisation : Rémi Scoccimarro, 2017.

Figure 6 : Le tsunami dans le cas de la centrale nucléaire d’Onagawa

Rémi Scoccimarro — Centrale d'Onagawa

Source : Tokyo Shinbun du 7 mars 2012.  Réalisation : Rémi Scoccimarro, 2017.

Figure 7 : La contamination du nord du Japon et le déplacement des nuages radioactifs au Japon

Rémi Scoccimarro — Carte contamination radioactive

Source : Hayakawa Yukio (université de Gumma) et ministère japonais de l’Éducation, des sports, de la culture et des sciences. Réalisation : Rémi Scoccimarro, 2017. 

2.1. L’assignation à résidence des habitants

Figure 8 : Hameau de réfugiés et préfabriqués de Nihonmatsu

Rémi Scoccimarro — Photographie hameau de réfugiés

Photographie prise par l’auteur en 2015.

D’abord recueillis dans les refuges, écoles et mairies non détruites, les évacués du tsunami, comme ceux du nucléaire, ont été transférés progressivement dans des logements d’urgence, les kasetsu jûtaku. Ces préfabriqués construits à la hâte (figure 8), souvent de mauvaise facture, ont été mis à disposition sur les seuls lieux disponibles : les terrains publics. Départements (To-dô-fu-ken) et communes (shi-chô-son) ne disposent en effet pas des moyens légaux pour réquisitionner immédiatement des propriétés privées. Il s’est ainsi formé de petits hameaux, éparpillés sur les territoires des communes frappées au gré des disponibilités foncières. Les conditions de vie, déjà précaires, ont ainsi été aggravées par la dispersion des familles et des communautés locales, l’éloignement des commerces et le désœuvrement. Ce n’est que très lentement que les familles ne pouvant pas réintégrer leur logement ont pu se voir proposer un habitat de meilleure qualité, dont elles doivent cependant régler les loyers.

Dans le département de Fukushima, la situation est plus critique du fait de la radioactivité. Les hameaux temporaires sont ainsi situés sur les terrains municipaux d’autres communes, celles qui ont bien voulu céder à l’insistance des autorités départementales pour accueillir les habitants déplacés par la catastrophe nucléaire.

2.2. Le problème des réfugiés

 
Figure 9 : Carte des zones d’évacuation de 2016 du Tohoku à la suite de la contamination nucléaire

Rémi Scoccimarro — carte Zones d'évacuation 2016

Sources : département de Fukushima et ministère japonais de l’Éducation, des sports, de la culture et des sciences.  Réalisation : Rémi Scoccimarro, 2017.

 
Figure 10 : Carte des zones d’évacuation de 2017 du Tohoku à la suite de la contamination nucléaire

Rémi Scoccimarro — carte Zones d'évacuation 2017

Source : département de Fukushima.  Réalisation : Rémi Scoccimarro, 2017.

 

Pour les réfugiés de Fukushima, l’éparpillement géographique est encore plus important, doublé de tensions avec les populations des communes d’accueil. Les familles refugiées sont pourtant contraintes de rester dans ces logements, sous peine de voir disparaitre les indemnités financières qu’elles perçoivent de Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima n° 1. Il n’y a en effet pas de système de compensation pour les terres, les commerces ou les maisons abandonnées, mais seulement des indemnités mensuelles pour « préjudice psychologique et social ». Ainsi, les familles qui quittent les logements temporaires pour élire domicile dans d’autres communes perdent ce droit aux indemnités, ce qui constitue une double peine avec les difficultés d’adaptation professionnelle ou sociale dans leur nouveau lieu d’installation. Cela explique en partie que certains, les plus faibles socialement et les plus âgés, restent dans les refuges. Ces conditions de vie précaires dans les hameaux pour les réfugiés du nucléaire conduisent à une surmortalité (figure 11) qui dépasse aujourd’hui le nombre de victimes du tsunami dans le département de Fukushima. C’est une situation qu’on n’observe pas seulement pour les victimes du tsunami. Cela explique en partie l’attachement des autorités à faire revenir les populations déplacées dans les zones rouvertes à l’habitation (figure 12), qui permet de faire d’une pierre trois coups : résorption du problème des réfugiés, allègement des sommes dévolues aux indemnités et démonstration, aux riverains des autres centrales, que l’on peut revenir habiter dans son village natal, même après un accident nucléaire majeur.

 
Figure 11 : Cartes de la surmortalité des régions touchées par le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima

Rémi Scoccimarro — Cartes surmortalité directe et indirecte

Sources : département de Fukushima, ministère japonais de l’Intérieur.  Réalisation : Rémi Scoccimarro, 2017.

Figure 12 : Hameau destiné aux habitants revenant habiter à Tomioka

Rémi Scoccimarro — photographie Hameau de réfugiés

Photographie prise par l’auteur en 2017.

 

3. Quel aménagement du territoire après la catastrophe ?

La catastrophe de 2011 oblige l’État et les acteurs de l’aménagement du territoire japonais à repenser les habitudes qui ont prévalu au XXe siècle, en tenant compte de deux logiques : l’adaptation au risque tsunami, et la remédiation au risque nucléaire.

3.1. Le remodelage de l’archipel

Un chantier titanesque est en cours pour la reconstruction des régions frappées par la catastrophe. Sans surprise, le premier réflexe des autorités gouvernementales a été de lancer un vaste programme de travaux publics, destinés à stimuler l’économie locale et à désenclaver ces territoires. Une voie express, la Fukkôdôro (« Route de la reconstruction ») double désormais la nationale 45 qui longe le littoral de Hachinohe à Sendai. Dans les villes détruites, l’heure est au grand remodelage : arasement des montagnes pour installer les zones résidentielles (figure 13) et, avec les déblais, rehaussement de 10 mètre des zones basses. Celles-ci sont désormais interdites à l’habitat, mais doivent héberger les centres de « villes compactes », adaptées au déclin démographique et au faible taux de retour des habitants. Le tout est protégé par des digues portées à 14,7 mètre (figure 14) et bénéficiant des dernières évolutions technologiques en la matière. Ce schéma se répète sur tout le littoral. Financée par le gouvernement central, la protection par digues reste ainsi un élément majeur du dispositif de protection du littoral.

 
Figure 13 : Arasement des collines et comblement des zones basses à Rikuzentakata

Rémi Scoccimarro — photographie arasement des collines au Japon

Photographie prise par l’auteur en 2015.

Figure 14 : Reconstruction de la digue à Yamada portée à 14,7 m

Rémi Scoccimarro — photographie rehaussement de la digue

Photographie prise par l’auteur en 2015.

 

3.2. Le tonneau des Danaïdes de la décontamination de Fukushima

Figure 15 : Sacs de terre contaminée entreposés provisoirement dans un champ à Namie

Rémi Scoccimarro — photographie sacs de matériaux radioactifs

Photographie prise par l’auteur en 2017.

Dans le département de Fukushima, les grands travaux, en plus de celui de la centrale qui mobilise 6 000 travailleurs par jour, prennent aussi la forme de la décontamination du territoire. Celle-ci est limitée cependant aux abords des habitations, des champs destinés à la culture, et dans certains points chauds, dont les retenues d’eau pour l’agriculture, qui concentrent par ruissellement la radioactivité stockée dans les reliefs. C’est un chantier sans fin, qui engouffre une grande partie des sommes dévolues à la reconstruction : à chaque pluie, de nombreux terrains se retrouvent de nouveau contaminés et doivent être à nouveau traités. Ainsi, en plus des alignements des cuves d’eau radioactive issue du refroidissement permanant des réacteurs, le département de Fukushima se couvre d’amoncellement de sacs de terre raclée des sols contaminés, la plupart sur des parcelles agricoles condamnées par la radioactivité. C’est aussi un moyen de les rentabiliser…

3.3. La transition énergétique : photovoltaïque et aménagement du territoire

Figure 16 : Panneaux solaires dans les champs hautement contaminés à proximité de la centrale de Fukushima n° 1, en arrière-plan à gauche

Rémi Scoccimarro — panneaux photovoltaïques

Photographie prise par l’auteur en 2017 à Ôkuma.

Avec dix réacteurs à démanteler, le département de Fukushima n’en a pas fini avec le nucléaire. Le chantier de la centrale n° 1 pourrait ainsi durer une centaine d’années et, en l’état, le césium 137 emmagasiné dans les reliefs et dans les sacs de terre restera actif jusqu’au début des années 2300 (10 demi-vies de 30,15 ans). Par conséquent, le département de Fukushima a décidé de bannir la production électronucléaire pour devenir une région pionnière dans le développement des énergies propres (figure 16). L’objectif est fixé à 40 % d’énergie renouvelables pour 2020 et 100 % pour 2040. En 2015, le taux s’élevait à 26 %, essentiellement par le développement du solaire photovoltaïque (54 %). Cette politique incite les grands groupes japonais (Panasonic, Toshiba, Mitsubishi, Kyocera...), avec l’aval du METI, à tester leurs technologies dans ce vaste terrain d’essai. Le solaire tire son épingle du jeu car il est le plus facile à mettre en œuvre. Il permet de convertir rapidement en fermes solaires les champs impropres à la culture, assurant un revenu aux agriculteurs. Cette conversion ne se fait pas sans opposition, et des résistances apparaissent dans tout le Japon face aux transformations paysagères que ces choix impliquent. On retrouve en effet le développement massif du solaire photovoltaïque dans la reconstruction des villes compactes du Sanriku, mais aussi plus largement dans tout le Japon comme outils pour valoriser les territoires en déclin économique et démographique.

Conclusion

La catastrophe de mars 2011 a donc vu se rencontrer deux risques. Le risque sismique, associé au risque tsunami, a démontré une capacité destructrice accentuée par certains aménagements littoraux, contraires à une culture du risque pourtant présente dans la tradition de ces territoires. Le risque nucléaire, lié à une mauvaise prise en compte par la société du risque naturel, s'est surajouté, apportant avec lui les irréparables conséquences de la radiation. L'après-catastrophe n'implique donc pas seulement une reconstruction des dégâts, mais aussi de repenser le rapport de la société japonaise à son littoral – et à son approvisionnement énergétique.

 

Bibliographie indicative

Sitographie 

 

 

 

 

Rémi SCOCCIMARRO,
géographe, maître de conférences en langue et civilisation japonaises, Université de Toulouse Jean Jaurès

 

Mise en web : Jean-Benoît Bouron

 

Pour citer cet article :

Rémi Scoccimarro, « La reconstruction du Tôhoku (nord-est du Japon) après les catastrophes du 11 mars 2011 », Géoconfluences, octobre 2017.
URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/japon/corpus-documentaires/reconstruction-territoires-nord

 

 

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